Je veux vendre du bois

Photo Nathalie Dansereau

Pour vendre du bois, consultez le syndicat/office/alliance/association de producteurs forestiers de votre région.

Vendre le bois récolté sur ses terres est une opération risquée pour un néophyte. Le marché est complexe et variable d’un mois à l’autre. De plus, le nombre restreint d’usines de sciage, de pâte et de panneaux par rapport aux milliers de producteurs de bois avantage les acheteurs lors des négociations.

Soucieux de pouvoir négocier des conditions de vente convenables, les propriétaires forestiers ont formé, dans l’ensemble des régions du Québec, des syndicats et offices de producteurs de bois.

Ces syndicats et offices sont chargés de négocier avec les usines, organiser le transport, effectuer le paiement du bois et faire connaître les modalités de façonnage des tiges qui assurent le meilleur revenu aux propriétaires forestiers.

Dans certaines régions, le syndicat ou l’office de producteurs de bois est ainsi responsable de la mise en marché de l’ensemble des bois des producteurs, tandis que dans d’autres seuls les bois de qualité pâte et panneau sont commercialisés par ces organismes.

Le producteur est alors responsable de trouver un débouché pour son bois de sciage et déroulage et le syndicat de producteurs de bois l’accompagne en lui communiquant les conditions d’achat des usines sur le territoire.

Avant de récolter du bois, il est donc conseillé de communiquer avec le personnel du syndicat ou office de producteurs de bois de votre région. De plus, ces organismes publient, quelques fois par année, un journal régional décrivant ces conditions d’achat.

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Voici cinq conseils d’un forestier d’expérience, M. Jean-Claude Nadeau, de Saint-Jacques-de-Leeds dans la région de Chaudière-Appalaches :

1. Le façonnage est l’une des clefs de la rentabilité.

« Il faut avoir de bonnes connaissances et prendre le temps de couper l’arbre aux bons endroits afin d’obtenir sa valeur maximale. Un bûcheron moins compétent ou négligent, qui coupe trop court, trop long, qui garde une section croche ou détériorée, fait tout simplement moins d’argent. Cette situation n’est pas rare et pénalise tout le monde : en grande partie le producteur, mais aussi les transformateurs et les scieries. Se former continuellement sur les procédés de façonnage et s’enquérir de la qualité recherchée par les acheteurs s’avère le meilleur moyen de réussir. Pour ceux qui désirent vivre de la forêt, je le répète la formation m’apparaît obligatoire. »

2. La mise en marché du bois ne doit pas être prise à la légère.

« Je conseille aux propriétaires d’aller aux assemblées des syndicats de producteurs de bois et de se renseigner continuellement. Certains me disent s’en être désintéressés, compte tenu de la situation actuelle. Mais s’informer est d’autant plus important en situation de crise. Par exemple, un producteur possédant du mélèze qui ignore qu’un nouveau débouché s’est ouvert pour cette essence sera le seul à blâmer pour l’opportunité manquée. Idem pour l’accumulation d’inventaire. Avant de couper, mieux vaut appeler des acheteurs, pour savoir quand et comment ils veulent le bois. Les débouchés multiressources méritent aussi d’être considérés. Par exemple, la location de terres pour la chasse peut se révéler intéressante. Bref, il importe d’être à l’affût de toutes les sources de revenus possibles et cesser d’attendre après le marché de la pitoune. »

3. Préserver son sol et ses arbres par des pratiques mieux adaptées.

« L’utilisation de grosses machineries crée des ornières, brise le sol et les racines. De plus, après plusieurs passages, les chemins de débardage peuvent mesurer 20 à 25 pieds de large. Si un producteur perd 25 % de son territoire pour les chemins de débardage, ce n’est pas rentable. »

4. L’entretien des lots les rend plus productifs.

« Je recommande premièrement de reboiser efficacement les endroits où la repousse naturelle est déficiente et par la suite de s’assurer de la progression des plantations nécessaires. Tous les ans, il est nécessaire de faire la tournée de chaque lot pour récupérer les arbres renversés. Les consommateurs désirent un produit sans défaut. Les forestiers doivent innover et devancer les attentes des clients. Et tout commence avec les arbres qui viennent de sortir de terre. »

5. De nos jours, si un producteur s’endette en achetant des terres pour produire du bois, il est certain de ne pas faire d’argent.

« Mieux vaut acheter des terres graduellement et minutieusement. C’est-à-dire des lots au prix raisonnable, au relief peu accidenté, présentant un bon chemin de pénétration et un sol fertile. »
 
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