Portrait de la forêt privée et de ses propriétaires

134 000 FORESTIERS EN ACTION !

Les forêts qui entourent nos communautés urbaines et rurales sont très majoritairement des boisés privés appartenant à quelque 130 000 propriétaires terriens. La majorité de ces forêts sont situées au sud du Québec, mais aussi en Abitibi-Témiscamingue, sur la Côte-Nord et au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L’ensemble de ces propriétés représente 16 % du territoire forestier productif du Québec.

Statistiques sur les propriétaires forestiers

Les motivations et activités des 134 000 propriétaires forestiers québécois sont déterminantes pour le développement de l’industrie des produits forestiers, de la villégiature et du tourisme, ainsi que pour la protection de l’environnement. Il n’est donc pas étonnant que des enquêtes soient périodiquement réalisées pour comprendre ces motivations et décrire leurs activités. Ainsi, la présente enquête provinciale, suit celles réalisées en 1973, 1985 et 1999.

Le sondage téléphonique mené en 2012, auprès de 2 215 propriétaires forestiers sélectionnés au hasard, a permis d’obtenir un portrait pour l’ensemble du Québec.

Enquête 2012 sur les propriétaires forestiers québécois

Comparaison de profils, motivations et comportements entre les nouveaux et les anciens propriétaires forestiers non industriels au Québec (Canada)
 

Répartition de la forêt privée au Québec par territoires de plans conjoints

La carte en format PDF.
L’économie de la forêt privée 

  • Les activités sylvicoles effectuées en forêt privée génèrent des revenus de 2,5 milliards de dollars et 25 000 emplois. Ces emplois sont occupés par les propriétaires de boisés travaillant à leur compte, les professionnels et les techniciens forestiers qui les accompagnent, les ouvriers sylvicoles, les camionneurs pour le transport du bois et la portion des travailleurs œuvrant en usines pour la transformation des bois récoltés chez l’un ou l’autre des 130 000 propriétaires forestiers au Québec.
  • Environ 36 000 propriétaires disposent de plans d’aménagement forestier et sont légalement reconnus comme producteurs forestiers. Les boisés visés par ces plans représentent 46 % du territoire de la forêt privée. Des centaines de travailleurs et professionnels forestiers accompagnent ces propriétaires dans la mise en valeur de leur patrimoine et le soutien gouvernemental en sylviculture s’élève à plus de 70 millions de dollars annuellement.
  • La mise en valeur de la forêt privée procure un revenu principal ou d’appoint à des milliers de propriétaires forestiers puisque 20 000 d’entre eux mettent du bois en marché au cours d’une année et 2 000 producteurs en tirent leur revenu principal. La valeur des bois récoltés par ces producteurs, et destinés aux usines de pâtes et papiers, de sciage, de déroulage et de panneaux, s’élève à plus de 300 millions de dollars en dehors la période de crise vécue actuellement. L’approvisionnement en provenance de la forêt privée correspond aujourd’hui à 20 % de l’approvisionnement total des usines de transformation du Québec.
  • La production de sirop d’érable génère des revenus de ventes de 300 millions de dollars annuellement pour les 7 300 producteurs acéricoles du Québec.
  • La production d’arbres de Noël génère des revenus de ventes de 30 millions de dollars annuellement pour les producteurs.
  • La pêche, la chasse et les activités fauniques sans prélèvement attirent 2 millions d’usagers qui dépensent 381 millions de dollars annuellement. On estime que la moitié de ces activités se pratiquent sur les terres privées générant des revenus de plusieurs millions de dollars pour les propriétaires de boisés et des taxes et impôts pour les gouvernements.

En aval, ces biens et services contribuent directement à d’importantes industries de la transformation alimentaire et forestière, de la récréation et du tourisme.

Portrait économique des activités sylvicoles en forêt privée, les emplois directs et le chiffre d’affaires

La forêt privée chiffrée 2016

Une valeur environnementale critique pour le Québec

On trouve la majorité des propriétés forestières privées dans le domaine bioclimatique de l’érablière à caryer cordiforme, de l’érablière à tilleul et de l’érablière à bouleau jaune, de même que dans le domaine bioclimatique de la sapinière à bouleau jaune. Enfin, une portion des propriétés forestières privées se trouve dans la forêt boréale, plus exactement dans le domaine de la sapinière à bouleau blanc. Dans l’ensemble du Québec, la forêt privée est relativement jeune puisque plus de 86 % des peuplements forestiers sont âgés de moins de 60 ans.

Enfin, plus de la moitié, soit 51 % de tous les écosystèmes forestiers désignés exceptionnels sur le territoire québécois, se trouve au sein des forêts privées.

L’avenir de certaines populations fauniques et floristiques dépendra également de l’action des propriétaires de forêts privées situées au sud de la province. La tortue des bois, le caryer ovale, le noyer cendré, le ginseng à cinq folioles, l’ail des bois et l’asaret gingembre en sont des exemples.

Conscient de la contribution des propriétaires forestiers à l’économie québécoise, l’État québécois a soutenu, au cours des quarante dernières années, la mise en valeur de la forêt privée par de multiples programmes. Aujourd’hui, le Québec doit veiller à la protection et l’aboutissement de ces investissements sylvicoles, qui prennent des décennies à pleinement se réaliser, afin d’en optimiser les retombés socio-économiques.

Un important réseau de conseillers composé de groupements forestiers, de firmes privées, de coopératives forestières et de syndicats de producteurs de bois s’est donc développé au fil des ans. Bien que ces organismes possèdent chacun leur propre formule, ils œuvrent tous à soutenir les propriétaires forestiers dans leurs activités d’aménagement forestier et faunique et de récolte des bois.