Ça bouge dans le transport !

Message du président extrait du journal L’Information du forestier – Avril 2018

Bonne nouvelle ! Nous avons conclu le 2 mars dernier une entente de principe avec l’Association des transporteurs de bois à pâte de la région de Québec (ATBRQ). Cette entente est valide pour 2018 et 2019 et couvre principalement les livraisons aux usines de Kruger, Domtar et Arbec. Il y a bien eu quelques cahots dans le chemin qui nous a menés à cette entente et nous avons mis plus de temps que prévu pour y arriver, mais en fin de compte, cela en aura valu la peine. Nous avons une bonne entente, établie sur de nouvelles bases et avec la flexibilité nécessaire pour adapter nos opérations de transport à l’évolution des opérations forestières. Je remercie les membres de notre comité de négociation pour leur détermination et leur persévérance. Je remercie aussi nos partenaires de l’ATBRQ. Ils ont aussi été persévérants, mais, surtout, ils ont fait preuve d’ouverture d’esprit et de réalisme. Nous leur avons proposé des changements importants, qui bousculeront plusieurs façons de faire établies de longue date. Nous ne l’avons pas fait pour le plaisir de mettre de la pression sur les transporteurs, mais parce que nous étions convaincus qu’il fallait impérativement moderniser notre approche et nos pratiques. Malgré les frictions inévitables dans une telle négociation, je crois que nous en sortons tous avec un respect mutuel renouvelé.

Donnant, donnant

Résumer seulement en quelques mots la nouvelle convention n’est pas faisable. Mais je vous parle tout de même des modifications les plus importantes. En premier lieu, les nouveaux taux sont maintenant établis à l’aide d’un modèle mathématique basé sur la durée des composantes d’un cycle de transport (chargement, trajet, attente au poste de livraison, déchargement, etc.) et sur des tarifs et intrants bien identifiés (tarif horaire, masse moyenne transportée, vitesses de circulation, etc.). Cette façon de faire aura plusieurs utilités. Il faut signaler qu’elle permettra d’avoir des taux de transport équitables, quels que soient le trajet et le marché. Établie au fil des ans et de décisions parfois plus politiques que rationnelles, l’ancienne grille de taux montrait plusieurs faiblesses. Autres modifications importantes, la nouvelle convention permettra de décloisonner les territoires de transport. Ce décloisonnement pourra se faire à l’intérieur du territoire du Syndicat et entre les membres de l’ATBRQ, mais aussi entre territoires de syndicats voisins. Cette nouvelle flexibilité devrait jouer un rôle utile pour travailler sur l’efficacité du transport.

Dans une bonne négociation, on ne peut espérer tirer toute la couverte de son bord. La nouvelle convention prévoit des gains pour les transporteurs. Dans presque tous les marchés, des taux majorés s’appliqueront désormais. Apprendre cette nouvelle pourrait frustrer plusieurs producteurs, mais cela était inévitable. La même grille de taux de transport s’appliquait depuis 2013 et certains taux étaient tellement insatisfaisants qu’il y avait des menaces d’interruption de services. Nous savions dès le début de la négociation que des majorations devraient être consenties, tout en étant déterminés à ce qu’elles soient raisonnables et respectent notre capacité de payer. Je crois fermement que ces cibles ont été atteintes et que la nouvelle grille de taux est raisonnable pour les producteurs comme pour les transporteurs. Je remercie encore une fois notre comité de négociation, qui a su bien défendre nos arguments et trouver le juste équilibre.

Convenir de cette convention moderne était une étape d’une très haute importance. Nous pouvons maintenant nous tourner vers les suivantes, toujours animés de la conviction qu’il y a place à beaucoup d’autres améliorations dans le transport et que la collaboration et le partage des gains sont les meilleurs moyens de les obtenir.

Gaétan Boudreault,

Président