J’ai aimé être à votre service !

Éditorial extrait du journal L’Information du forestier – Juin 2018

À la mi-juillet, j’aurai quitté le poste de directeur général du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec. Pas pour prendre une retraite, mais pour « relever d’autres défis », comme le veut l’expression consacrée. Je rassure tout le monde, ces mots ne cachent aucun désaccord entre le Syndicat et moi. Mais pour reprendre une autre expression courante, « il est des offres qu’on ne peut refuser… »

En écrivant ce dernier éditorial, l’important n’est pas de vous entretenir de ce que je ferai dans le futur, mais plutôt de l’immense plaisir que j’ai eu à travailler, pendant plus de 25 ans, pour les propriétaires de forêt privée. Un plaisir qui s’explique de plusieurs façons. J’ai trouvé, au Syndicat et à la Fédération des producteurs forestiers, des patrons et des collaborateurs qui ont cru en moi et m’ont laissé développer et exercer mes compétences. J’ai évolué dans un milieu dont je partageais les valeurs de solidarité et de travail pour le bien commun. Je me suis frotté en votre nom à de nombreux problèmes, en ayant de grandes marges de manœuvre pour chercher des solutions. J’ai reçu de nombreux témoignages d’appréciation pour le travail accompli et pour la façon de l’accomplir. Des témoignages d’une grande sincérité, pour des gestes allant du plus simple au plus complexe. Bien sûr, j’ai aussi connu des échecs, rencontré de l’adversité, vécu de moments plus difficiles et subi la frustration de dossiers qui semblent impossibles à faire évoluer. Mais dans l’ensemble, ma carrière en forêt privée aura vraiment été stimulante et valorisante.

Lors de la récente séance de révision périodique des activités du Plan conjoint, devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec, j’ai affirmé que bien des choses changent en forêt privée : les propriétaires, les marchés, les façons de travailler, les attentes de la population; tout ça est en évolution rapide. Malgré tous ces changements, les principaux problèmes des producteurs de bois demeurent pourtant les mêmes : la compétition du bois de la forêt publique; les rapports inégaux avec les acheteurs; les conditions de vente du bois et l’accès aux marchés; l’absence de rentabilité financière de la sylviculture; le difficile équilibre à trouver entre le droit de produire et la protection des milieux forestiers. Un jeu et une patinoire qui restent passablement les mêmes, mais avec de nouveaux joueurs et de nouvelles règles auxquels il faut s’ajuster. Comment trouver désormais votre voie vers les succès? Votre réponse à cette question vaut la mienne, mais je n’hésite pas à me risquer à faire quelques affirmations : il n’y a pas de retour en arrière; il n’y a pas de solutions simples à des problèmes complexes; les façons de faire qui ne sont plus efficaces ne donneront pas de meilleurs résultats comme par miracle.

Votre Syndicat et votre Plan conjoint vous offrent des outils importants qui devraient demeurer à la base de vos décisions et de vos actions : la solidarité, la mise en commun de vos ressources, la défense prioritaire des intérêts du groupe. Mais le plan de match et les stratégies de jeu devront changer si vous voulez conserver votre place sur la patinoire. Et pour demeurer dans les analogies avec le hockey, assurez-vous d’éviter le piège de l’individualisme, si présent dans notre société. Même les joueurs les plus forts se retrouvent en mauvaise position quand ils jouent pour eux‑mêmes plutôt que pour l’équipe.

Voilà, une page se tourne pour moi! J’ai aimé défendre vos intérêts sur la place publique tout comme dans des rencontres plus discrètes. J’ai aimé négocier avec les entreprises en votre nom. J’ai aimé échanger avec vous lors de nos assemblées et réunions. J’ai aimé vous parler par le biais des éditoriaux. Bref, j’ai aimé travailler pour les propriétaires de forêt privée. Il me reste à vous remercier tous très chaleureusement, propriétaires, administrateurs, collègues et partenaires, pour votre accueil, votre collaboration et votre appréciation. Je vous dois à tous beaucoup!

Jean-Pierre Dansereau, ing. f.

Directeur général