Stabilisation des budgets de mise en valeur des forêts privées

La mise en valeur des forêts privées repose principalement sur une collaboration entre l’État et les propriétaires forestiers. Au Québec, le gouvernement intervient en forêt privée depuis plus de 60 ans afin d’inciter les propriétaires à protéger et mettre en valeur leurs boisés et ainsi accroître les retombées économiques de cette activité pour les communautés rurales. En 2023-2024, les sommes disponibles pour la réalisation de travaux sylvicoles ont, en tout et pour tout, atteint 81,6 M$, en hausse de 8,7 M$ par rapport à l’année précédente. Lors de son dernier budget, le Gouvernement du Québec a cherché à stabiliser le financement des mesures de soutien à la forêt privée jusqu’en 2028-2029.

Bois d’œuvre : Une reprise attendue d’ici la fin de l’année?

Le marché du bois d’œuvre est tombé abruptement de son nuage en 2023. L’euphorie et les records ont rapidement laissé place à la déception. La demande nord-américaine a glissé de 1,9 % alors que le marché immobilier subissait le choc d’une hausse des taux d’intérêt. Il n’en fallait pas plus pour que le prix du bois d’œuvre s’effondre de 44 %.

À première vue, le marché amorce l’année 2024 comme il a terminé 2023 : au ralenti et dans l’espoir de jours meilleurs. Il faut dire que l’inflation persistante en ce début d’année exerce une influence significative sur les décisions de la Réserve fédérale et de la Banque du Canada de maintenir les taux d’intérêt élevés. Les Nord-Américains attendent avec impatience des baisses de taux maintes fois annoncées par les prévisionnistes, mais sans cesse repoussées par les banques centrales. Comment peuvent-elles faire autrement?

L’économie américaine s’active au-delà de son potentiel et l’inflation demeure au-dessus du niveau désiré (bien qu’elle soit sur la bonne trajectoire descendante). Pendant ce temps, la Banque du Canada est forcée de retarder son action par crainte de créer un trop grand écart de taux avec nos voisins américains.

L’attentisme caractérise le marché de la construction. Après un trimestre en 2024, le rythme de mises en chantiers aux États-Unis a atteint 1,49 M d’unités, en hausse de 2,8 % sur un an, mais encore en deçà du niveau de construction réalisé au cœur de la pandémie.  Ce rythme demeure encore loin des 2,0 M d’unités nécessaires pour loger les nouveaux ménages formés chaque année et remplacer les logements obsolètes. D’après un consensus de prévisions, il manque au moins 2 M de maisons unifamiliales aux États-Unis et probablement 0,6 M de résidences multifamiliales pour loger l’ensemble des ménages. Il faut dire que le surplus de construction ayant causé la crise immobilière en 2008 a depuis longtemps été éliminé, car le rythme de mises en chantiers est toujours demeuré inférieur à celui de formation de ménages depuis.

La rareté croissante de logements devra se traduire par une hausse de la construction. Les constructeurs n’attendent qu’un retour en masse des acheteurs pour accélérer les mises en chantiers. Retour qui sera précipité par une baisse éventuelle de taux, encore qu’elle soit significative. Les banques centrales demeurent nébuleuses sur leurs intentions, mais les économistes anticipent une première baisse de taux en septembre ou novembre 2024. Toutefois, il y a fort à parier que les baisses seront lentes et graduelles afin d’éviter de tomber dans une spirale inflationniste.

On prévoit d’ailleurs que les mises en chantier américaines stagneront en 2024, puis progresseront de presque 4 % en 2025. Le segment des unifamiliales, si important pour la demande de matériaux en bois, fera toutefois mieux puisqu’il augmentera de 4,7 % en 2024 puis de 4,2 % en 2025.

Il reste à voir si cette embellie se traduira aussi par une amélioration de la construction résidentielle au Canada. En l’absence d’une baisse de taux pouvant stimuler l’activité immobilière, le gouvernement Trudeau a profité de son plus récent budget pour multiplier les annonces dans l’optique de résorber la crise du logement. Est-ce que ce sera suffisant pour stimuler la construction et incidemment la demande en matériau de bois?

Nous anticipons aussi une hausse des projets de rénovation qui ont représenté plus de 40 % de la consommation de bois d’œuvre ces dernières années. La demande en bois d’œuvre devrait donc s’améliorer suffisamment dès cette année pour rattraper la glissade de l’an dernier. Les prévisionnistes travaillent sur une croissance de la consommation de bois d’œuvre de 3,0 % en 2024, suivi d’une hausse de 4,5 % en 2025.

Une demande atone et une saison de feux de forêt catastrophique au Canada ont ralenti la production des scieries l’année dernière (-2,0 % en 2023). La baisse a été plus marquée au Canada (-4,2 %) qu’aux États-Unis (-0,8 %). En particulier, le Québec (-7,8 %) a enregistré la plus forte diminution de production, principalement en raison des incendies de forêt qui ont perturbé les opérations. Les scieries s’approvisionnant principalement en forêt privée ont néanmoins été épargnées de ces déboires. En effet, le volume de bois de sciage de sapin-épinette mis en marché par les producteurs forestiers du Québec a stagné (+0,1 %) au cours de cette période.

Le début de 2024 semble marquer une reprise de la production de bois d’œuvre, mais serait-il un leurre ? Après 2 mois, la production québécoise a rebondi de 14%, cependant les inventaires atteignent un niveau inégalé en une décennie. Ces données préliminaires indiquent-elles un ralentissement des ventes contrairement aux attentes ? Pendant ce temps, la production canadienne a augmenté de 5,2%, tandis que celle des États-Unis s’est atténuée de 1,0%.

Les contraintes d’approvisionnement et la hausse des coûts de production ont poussé de nombreuses scieries à opérer à perte depuis un certain temps, comme en témoignent les nombreuses fermetures observées récemment. Il est légitime de craindre une reprise tardive qui provoquerait d’autres fermetures dans les mois à venir. Nonobstant, les prévisionnistes projettent une hausse de la production de bois d’œuvre de 1,4% en 2024 et d’environ 5% en 2025, bien que les incendies de forêt demeurent une menace pour l’été 2024.

Le prix du bois d’œuvre a chuté brutalement en 2023 (-44 %). Nous anticipons que le renforcement de la demande en raison d’un déficit structurel de logements soutiendra les prix dans les années à venir. Loin des records, il s’agira néanmoins d’une transition vers la croissance après une année 2023 décevante. Ce déclenchement sera tributaire d’une normalisation des taux d’intérêt. Malgré tout, pour l’instant, diverses prévisions permettent d’anticiper une hausse moyenne des prix de 7,8 % en 2024. Si la tendance se maintient, les prix pourraient même progresser de 8,1 % en 2025.

La revue Forêts de chez nous – mai 2024 : des perspectives de relance pour la forêt privée

  • Éditorial du président – L’avenir de nos boisés est entre nos mains
  • Actualités
  • Les tiques, la « hantise » des travailleurs forestiers
  • Bilan 2023 de la mise en marché du bois de la forêt privée
  • Des perspectives de relance pour la forêt privée

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Au sujet de la revue

Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec les Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

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L’avenir de nos boisés est entre nos mains

Le secteur forestier s’est mobilisé récemment afin de réfléchir sur l’avenir de la forêt. La scène d’une forêt qui brûle et de communautés en danger a servi de catalyseur pour amorcer cette discussion. Il faut dire que depuis belle lurette, plusieurs acteurs aux intérêts historiquement divergents convergeaient dans leur souhait de renouveler le système de gouvernance des forêts (publiques).

Force est de constater que les forêts du Québec en général, et les forêts privées en particulier, font face à des défis persistants. En ce sens, les tables de réflexion sur l’avenir de la forêt mises sur pied par la ministre auront permis à toutes les clientèles intéressées d’y aller de leurs recommandations pour préserver notre patrimoine.

Comme dans tous les débats visant la forêt, il nous faut d’abord extirper les enjeux de tenure privée de ceux du territoire public. Puis reconnaître les producteurs forestiers comme les seuls acteurs incontournables au regard de la protection et de la mise en valeur des forêts privées.

Les producteurs forestiers constituent un heureux mélange entre les mémoires de l’héritage et une vision claire de l’avenir. On ne saurait trouver des solutions durables sans d’abord écouter puis s’allier aux gestionnaires d’expérience de ce territoire.

Au cours des dernières semaines, les producteurs forestiers de toutes les régions ont proposé une vision d’avenir des forêts. Une forêt saine, luxuriante, aménagée et contribuant autant à l’économie des régions qu’à l’environnement des communautés. Ils ont aussi soumis plusieurs pistes de solutions pour accomplir cette vision.

Je retiens tout d’abord l’accroissement du soutien pour différentes initiatives en forêt privée telles que l’aménagement responsable de la biodiversité, la sylviculture d’adaptation des écosystèmes forestiers aux changements climatiques et la production de bois répondant aux attentes de la société pour des matériaux verts et renouvelables.

De plus, il est nécessaire de régionaliser davantage les programmes proposés afin de permettre aux producteurs de s’attaquer aux menaces locales et de saisir des opportunités qui se présentent. D’autre part, les producteurs ne pourront pas façonner la forêt de l’avenir si l’environnement réglementaire ne leur accorde aucune marge de manœuvre pour réaliser les interventions forestières indispensables à l’atteinte des objectifs. La cloche de verre ne peut, à elle seule, être garante du futur de nos boisés.

Quoi qu’il en soit, il sera nécessaire de veiller à ce que les décisions prises contribuent à améliorer l’environnement d’affaires des producteurs forestiers puisqu’en définitive, il est primordial de soutenir les acteurs au centre de ce changement. La perspective de prospérité est un argument convaincant pour intéresser davantage de propriétaires à mettre en valeur leurs boisés. En ce sens, le resserrement du principe de résidualité, en le corroborant à la reconnaissance du coût de production en forêt privée, permettrait de s’assurer que les producteurs opèrent de manière rentable. Le développement d’une économie forestière verte, moderne, prospère et solidaire de toute sa filière aussi.

L’avenir de nos boisés est entre nos mains. À nous d’être porteurs de solutions.

Gaétan Boudreault
Producteur et président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

 

Chute des mises en chantier aux États-Unis en mars

Généralement, et ce fût encore le cas cette année, les feux sont davantage associés aux forêts résineuses nordiques, et donc principalement situées en territoire public (Lac-St-Jean, Côte-Nord, Abitibi-Témiscamingue, Nord-du-Québec et nord de la Mauricie). La vallée du St-Laurent et les Appalaches, dominées par les peuplements feuillus et mixtes, sont généralement moins susceptibles d’être perturbées par le feu, les incendies qui s’y développent demeurent limités pour deux raisons. Premièrement, les feuillus constituent des murs anti-feux efficaces en raison du contenu en humidité de leurs feuilles. Deuxièmement, la proximité des forêts privées et des infrastructures publiques accélère l’urgence et le temps de réponse des responsables de la sécurité publique (principalement la SOPFEU et les pompiers municipaux).

Sur le plan macroéconomique, les feux de forêts ont provoqué la fermeture de plusieurs usines de transformation du bois dans les régions nordiques. Cette baisse de l’offre de produits forestiers a eu lieu alors que la demande pour les produits du bois est chancelante. En effet, l’impact de la hausse des taux d’intérêt provoque un ralentissement du secteur immobilier. L’effet de la contraction de l’offre sur les marchés fût somme toute limité, comme en témoigne l’évolution du prix du bois d’œuvre.

La baisse des mises en chantier de logements aux États-Unis en mars souligne les défis persistants auxquels est confronté le marché immobilier. Les décisions de la Réserve fédérale de maintenir les taux d’intérêt élevés pour contrer l’inflation, les coûts de construction élevés et un marché immobilier hors de prix sont autant de facteurs qui influencent ce niveau d’activité. L’indice de prix des maisons aux États-Unis, le S&P CoreLogic Case-Shiller, a enregistré une augmentation annuelle de 6,0 % en janvier. Sur une base ajustée en fonction des variations saisonnières, les prix des maisons ont surpassé le niveau record établi l’année dernière.

Néanmoins, à mesure que la Réserve fédérale modérera son taux directeur, les mises en chantier devraient s’accélérer. D’après la National Association of Home Builder, les mises en chantiers de résidences unifamiliales devraient terminer l’année sur une hausse de 4,7 %, puis augmenter encore de 4,2 % en 2025. Du côté des résidences multifamiliales, on prévoit que les mises en chantier devraient fortement régresser en 2024 (-20 %), en raison de la difficulté d’accès du financement, puis se redresser légèrement en 2025 (+2.3 %). Malgré tous ces écueils, les prévisionnistes anticipent une croissance continue des prix des maisons d’environ 2,4 % en 2024.

Réflexion collective sur l’avenir des forêts privées

Les forêts du Québec font face à des défis multiples et persistants. Les changements climatiques érodent sa résilience, les perturbations naturelles deviennent plus fréquentes ainsi que violentes et la crise de biodiversité s’y manifeste. Ces changements globaux affectent toutes les forêts, autant publiques que privées.

Le secteur forestier est aussi confronté à des défis, alors que la récolte de bois se bute à la volonté de protéger les écosystèmes forestiers, de préserver l’habitat du caribou forestier ou de concilier les besoins de tous les usagers de la forêt. Il doit aussi faire partie de la solution si l’on souhaite aménager la forêt de l’avenir et soutenir la production du matériau vert qu’est le bois.

Une remise en question des idées s’avère nécessaire pour résoudre ces enjeux et aménager la forêt de l’avenir : verdoyante, en santé, multifonctionnelle, productive et pérenne.

L’avenir de la production de bois nécessitera de mobiliser davantage de propriétaires forestiers à aménager leurs forêts en améliorant et en diversifiant les mesures de soutien offertes aux producteurs, puis en protégeant mieux leurs marchés afin qu’ils puissent financer des stratégies d’aménagement forestier adaptées.

L’avenir des écosystèmes forestiers passera par une sylviculture réactive aux nombreux défis que posent les changements climatiques en encourageant la recomposition des peuplements forestiers afin d’améliorer leur résistance et leur résilience.

L’avenir de la biodiversité en forêt privée dépendra de mesures de conservation logiques et adaptées au contexte de l’activité forestière en forêt privée. L’adoption de plans d’aménagement forestier bonifié des éléments sensibles et de la biodiversité et une rétribution pour services environnementaux rendus permettrait de soutenir les producteurs qui répondent aux objectifs de conservation de la biodiversité.

Pour ce faire, il faudra que les producteurs obtiennent la souplesse réglementaire nécessaire pour intervenir dans leurs forêts afin d’appliquer les stratégies d’aménagement préconisées.

La mise en application de cette vision de la forêt de l’avenir nécessitera des propriétaires forestiers mobilisés, des acteurs du secteur forestier engagés et un gouvernement suffisamment convaincu pour insérer la gestion des forêts privées au cœur du régime forestier, plutôt qu’en périphérie ou en opposition à la forêt publique. Un nouveau sommet sur la forêt privée pourrait être requis pour accomplir cette vision.

Mémoire déposé au ministère des Ressources naturelles et des Forêts dans le cadre de la Démarche de réflexion sur l’avenir de la forêt

Avril 2024

Bilan de la mise en marché du bois de la forêt privée en 2023

Entre janvier et décembre 2023, les producteurs forestiers visés par les 13 plans conjoints de producteurs de bois du Québec ont mis en marché environ 6,0 Mm3 de bois, toutes essences confondues. Cette année, nous introduisons un nouveau secteur d’activité dans nos statistiques, celui de la biomasse. En 2023, 77 % des livraisons de bois en provenance de la forêt privée furent destinées aux usines de sciage, 9 % aux usines de panneaux et autres utilisations, 11 % aux usines de pâtes et papiers ainsi que 2 % aux usines de biomasse. Ce dernier secteur d’activité est introduit pour la première fois dans nos statistiques puisqu’il était auparavant associé aux autres utilisations.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec salue la promesse d’investir en sylviculture en forêt privée

Longueuil, le 13 mars 2024. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) tient à saluer une mesure phare du Budget 2024 dévoilé par le ministre des Finances du Québec, M. Éric Girard, soit un investissement significatif dans le soutien à la mise en valeur de la forêt privée.

Le Gouvernement du Québec prévoit injecter une somme de 147 M$ sur une période de cinq ans pour soutenir les investissements sylvicoles en forêt privée et incidemment y accroître l’approvisionnement en bois. Cette annonce permettra de valoriser le potentiel de récolte inexploité des forêts privées et de produire davantage de bois dans un contexte où l’approvisionnement de l’industrie forestière sera tendu, notamment en raison des feux de forêt de 2023.

« Nous remercions le ministre des Finances, M. Éric Girard, et la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Mme Maïté Blanchette Vézina, d’avoir pris la peine de miser avec aplomb sur le potentiel de la forêt privée », a indiqué le président de la FPFQ, M. Gaétan Boudreault.

Cette annonce répond à l’appel de la FPFQ qui avait souligné un manque à gagner d’environ 30 M$ dès cette année dans les budgets dédiés à la mise en valeur des forêts privées. L’investissement prévu permettra de sécuriser les activités de soutien aux producteurs afin qu’ils puissent aménager convenablement leurs boisés et soutenir l’industrie forestière. Toute action visant à améliorer les enveloppes budgétaires dédiées à l’aménagement des forêts privées permet à davantage de propriétaires forestiers de mettre en valeur leurs boisés en améliorant la qualité de leurs peuplements et en assurant le reboisement des sites récoltés.

 « Maintenant qu’une prévisibilité budgétaire est acquise, nous pourrons concentrer nos efforts avec le gouvernement sur d’autres enjeux criants pour la forêt privée, tels que l’adaptation des forêts aux changements climatiques, la mise en valeur de la biodiversité des écosystèmes forestiers et une harmonisation du contexte réglementaire lié aux activités forestières », a conclu M. Gaétan Boudreault.

La forêt privée québécoise appartient à 134 000 personnes, familles et entreprises. Tour à tour, ces propriétaires fournissent environ un cinquième de l’approvisionnement en bois rond de l’industrie forestière québécoise. Les activités sylvicoles effectuées en forêt privée et la transformation du bois qui y est récolté génèrent des revenus annuels de 4,7 G$ et près de 24 300 emplois.

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Renseignements :  Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
450 679-0540, poste 8201
vmiville@upa.qc.ca      foretprivee.ca

Consultation nationale sur le territoire et les activités agricoles

La forêt privée est sise au cœur du territoire agricole. Au même titre que les champs et pâturages, la forêt privée doit aussi être cultivée, protégée et mise en valeur si l’on souhaite maintenir le caractère productif de ce territoire et déployer tous ses attributs économiques ou environnementaux.

Depuis juin 2023, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) tient une consultation sur la mise en valeur du territoire et des activités agricoles. La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) et les syndicats de producteurs forestiers régionaux y participent activement puisque la forêt privée occupe 44 % de la zone agricole, alors que la Loi sur la protection du territoire agricole reconnaît le concept de sylviculture. Cette consultation s’imbrique dans un vaste chantier gouvernemental visant à moderniser la planification de l’aménagement du territoire privé, lequel a débuté par l’adoption de la Politique nationale de l’architecture et de l’aménagement du territoire.

1er juillet : date limite pour protéger les investissements sylvicoles contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette

Une épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette (tordeuse) sévit au Québec depuis 2006. Les propriétaires dont les boisés sont affectés par l’épidémie sont invités à récolter les peuplements matures vulnérables afin de limiter la perte de bois. Toutefois, les peuplements immatures ayant bénéficié d’investissements de l’État peuvent recourir au Programme de protection par pulvérisation aérienne d’insecticide biologique pour la petite forêt privée, financé par le ministère des Ressources naturelles et des forêts (MRNF). La mise en œuvre du programme est principalement confiée à la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM), mais la responsabilité de la protection des investissements sylvicoles contre la tordeuse en forêt privée incombe également aux propriétaires et aux conseillers forestiers. Les superficies à protéger doivent être identifiées avant le premier juillet de l’année précédant les arrosages. Voici un résumé du partage des responsabilités dans la protection des investissements sylvicoles.

Le partage des responsabilités dans la lutte contre la tordeuse en forêt privée

Le programme de protection des pulvérisations aériennes d’insecticide biologique contre la tordeuse pour la petite forêt privée

Pour bénéficier d’un arrosage dans le cadre du programme de protection contre la tordeuse pour la petite forêt privée, les peuplements forestiers doivent respecter les critères du MRNF suivants :

  • localisés sur des lots appartenant à des propriétaires reconnus comme producteurs forestiers;
  • composés principalement d’essences vulnérables à l’insecte, soit le sapin baumier, l’épinette blanche et l’épinette de Norvège;
  • issus d’investissements sylvicoles de l’État comme des plantations ou des éclaircies précommerciales et commerciales;
  • immatures âgés de 21 à 60 ans (non mûrs pour la récolte de prévention et de récupération);
  • affectés par l’insecte pendant au moins une année;
  • d’une superficie de plus de quatre hectares (la superficie minimale peut être composée de peuplements contigus);
  • le propriétaire s’engage à ne pas récolter son peuplement protégé dans un délai minimal de cinq ans à compter de la première année d’intervention.

En 2024, les régions admissibles par ce programme sont l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent, la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, la Côte-Nord, la Gaspésie, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Outaouais, les Laurentides, Lanaudière et la Mauricie. D’autres régions pourraient éventuellement bénéficier du programme de protection selon l’évolution de cette épidémie au cours des prochaines années.

Pour de plus amples renseignements, pour la recherche d’un conseiller forestier ou pour visualiser la progression de l’infestation dans votre région, nous vous invitons à consulter la section tordeuse du site Web de la Fédération des producteurs forestiers du Québec au www.foretprivee.ca/tordeuse.

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