On a besoin de vous!

Message du président extrait du journal L’Information du forestier – Janvier 2019

L’année 2018 vient juste de s’achever, et l’hiver est venu frapper à nos portes beaucoup plus tôt, en fait trop en ce qui me concerne! Je voudrais amorcer cette nouvelle année en vous rappelant certaines réalités de 2018 et voir avec vous ce que 2019 nous réserve.

On vient de vivre une campagne électorale au Québec et au moment d’écrire ces lignes, les députés et ministres font leur entrée à l’Assemblée nationale. Le nouveau gouvernement a été élu pour réaliser des changements et, en campagne électorale, il a montré une tendance à prioriser l’éducation, la santé et l’économie. Ces sujets sont importants pour la société et particulièrement l’économie pour les producteurs forestiers. Ces jours-ci, on entend les groupes environnementaux et plusieurs analystes politiques craindre que le gouvernement n’en fasse pas assez pour l’environnement. Pour ma part, j’ai pu constater, lors des réunions d’automne, que les propriétaires forestiers étaient inquiets des nouvelles normes environnementales qui pourraient émerger de ce gouvernement, notamment pour les milieux humides et les traverses de cours d’eau. Je partage ces inquiétudes. En 2019, nous devrons demeurer vigilants et participer aux consultations qui seront menées par le gouvernement, particulièrement par sa ministre responsable de l’Environnement.

Les propriétaires, afin de mettre en valeur leur patrimoine, doivent parfois traverser des cours d’eau et des milieux humides pour réaliser leurs activités d’aménagement forestier et de récolte de bois. Nous nous attendons à de nouveaux règlements qui feront appel à la logique et au bon sens afin de ne pas alourdir inutilement la mise en œuvre de leurs activités sur leur propriété privée. D’ailleurs, s’il existe encore beaucoup de milieux humides sur les lots boisés c’est parce que les propriétaires les ont bien protégés à ce jour et qu’ils veulent continuer à le faire sans contraintes administratives coûteuses et occasionnant des délais indus dans la réalisation de leurs opérations. À mon sens, le gouvernement doit envisager une rétribution aux propriétaires forestiers qui assurent la protection de ces milieux.

Parlant des réunions d’automne, j’ai remarqué une baisse marquée de la participation des propriétaires depuis trois ans qui est passée de plus de 200 personnes à 127 cet automne. Les raisons expliquant cette baisse sont nombreuses, mais la fin du marché de la « pitoune » en est probablement une des principales.

À la fin janvier, nous vous rencontrerons lors des assemblées de secteurs afin de nommer les délégués pour l’assemblée générale annuelle d’avril prochain. Je compte participer à la plupart des assemblées et j’espère vous voir en grand nombre, pour d’abord faire connaissance avec notre nouveau directeur général, et surtout pour prendre des positions fermes concernant le sciage et le déroulage. Nous avons besoin d’une grande participation de nos propriétaires et producteurs afin de montrer à l’industrie du sciage que vous êtes mobilisés et que vous appuyez les démarches de votre organisation.

À ce sujet, nous sommes actuellement en discussion avec quelques scieurs afin de nous entendre sur de nouveaux contrats individuels de mise en marché avec chacun d’eux. Ces ententes ont pour objectifs d’obtenir de meilleurs prix surtout dans les secteurs où la concurrence des bois de la forêt publique est plus importante. Pour les usines qui n’offrent pas des prix intéressants aux producteurs malgré la vitalité du marché, nous visons à négocier les prix affichés. La question des garanties de paiement demeure un point important dans nos discussions avec les scieurs.

La fin du marché du 4 pieds résineux marquera un tournant historique majeur pour la majorité d’entre vous. Soyez assurés que votre Syndicat multiplie les efforts pour dénicher des marchés de remplacement.

L’année qui s’est terminée marquera aussi l’histoire avec des prix pour le sciage résineux jamais atteints et une dégringolade durant l’automne. Cette situation a permis aux producteurs d’obtenir de meilleurs prix pour leurs billots, principalement sur la rive-sud de la région. Les démarches que nous entreprenons avec les scieurs devraient probablement aider les secteurs où la concurrence est moins forte.

Finalement, je voudrais vous inviter, en ce début d’année, à renouveler en grand nombre votre carte de membre du Syndicat. Ce geste exprime clairement votre mobilisation à participer à la santé de votre organisation. En plus, la carte de membre vous donne accès à plusieurs privilèges ainsi que la chance de gagner un des nombreux prix de participation offerts cette année.

Je voudrais souhaiter à tous les propriétaires et aux producteurs de Joyeuses Fêtes ainsi qu’une bonne et heureuse année 2019. J’ai bien hâte de vous rencontrer durant nos assemblées de secteurs. C’est un rendez-vous!

Gaétan Boudreault,

Président

Avoir de l’audace

Éditorial extrait du journal L’Information du forestier – Janvier 2019

L’audace évoquée par le nouveau premier ministre du Québec, M. François Legault depuis son arrivée en poste a inspiré le discours inaugural du président, M. Marcel Groleau, lors du 94e Congrès de l’UPA tenu en décembre dernier. Il a fourni une définition en cinq points de ce que serait pour lui l’audace en agriculture. De mon côté, son discours m’a inspiré pour notre secteur forestier. Je crois qu’il faut se joindre au convoi de l’UPA, car la définition de l’audace du président de l’UPA colle beaucoup à notre réalité de producteur forestier.

Je m’inspire donc de la définition et des mots du président de l’UPA afin d’exprimer mes souhaits pour 2019.

  1. L’audace de travailler étroitement avec les organisations de producteurs
    Je souhaite qu’un lien étroit soit recréé avec le gouvernement du Québec, qu’il aille plus loin que la simple consultation. La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) échange régulièrement avec le ministère sectoriel des Forêts, de la Faune et des Parcs. Il faut étendre ces échanges avec le ministère de l’Environnement, celui du Développement économique régional, et les autres qui prennent des actions touchant la forêt privée. Il faut plus que des échanges, on veut participer. Ces ministères devraient avoir le réflexe de solliciter notre participation en amont, avant l’élaboration de politiques et règlements touchant les propriétaires forestiers.
  2. L’audace d’avoir un vrai plan vert forestier
    Il faut passer d’un mode de réglementation de plus en plus serré vers un plan vert. Ce plan vert forestier convoité devrait rétribuer les services écologiques rendus par les propriétaires forestiers et inclurait de la recherche, entre autres, sur la captation de gaz à effet de serre (GES). Pour cet aspect, la forêt, surtout la forêt privée, peut y contribuer énormément, par le reboisement de friches, dont les plants capturent et emmagasinent le carbone. L’utilisation de bois, plutôt que le béton et l’acier, dans la construction institutionnelle où le carbone capté par les arbres est stocké dans les bâtiments pour de longues périodes est aussi une solution. La filière de la biomasse pour la production d’énergie de remplacement des énergies fossiles contribue également à la réduction des GES en substituant du carbone fossile.
  3. L’audace dans la gestion de risques
    Être producteur forestier comporte sa part de risques, la clé de l’investissement, c’est la gestion de risques.Les propriétaires forestiers doivent investir dans leur propriété, d’abord pour faire préparer un plan d’aménagement forestier, ensuite pour réaliser des travaux d’aménagement avec une espérance de revenus ultérieurs.Toute la question de la réglementation sur les milieux humides et hydriques, celle sur les traverses de cours d’eau sont au cœur de nos préoccupations et constituent des risques importants pour nos producteurs.
  4. L’audace de régler le dossier des taxes foncières en 2019
    Lors du Congrès de l’UPA, M. Groleau a été chaudement applaudi après avoir demandé à l’auditoire : « Êtes-vous prêts à régler le dossier des taxes foncières une bonne fois pour toutes » ? Si lors d’une de nos assemblées notre président avait posé la même question, vous auriez certainement eu la même réaction.Depuis trop longtemps, le fardeau fiscal des propriétaires forestiers augmente beaucoup plus que l’inflation. La valeur du fonds de terrain a plus que doublé depuis 10 ans amenant des hausses de taxes foncières. S’est ajouté des charges pour des services que les propriétaires forestiers n’utilisent pas comme la Sureté du Québec, la collecte des ordures et la récupération pour ne nommer que quelques-uns. Pourquoi nous faire assumer ce fardeau dont on ne bénéficie pas ?Si rien n’est fait, on estime que les producteurs forestiers et agricoles devront sortir 45 M$ supplémentaires de leurs poches en 2019.
  5. L’audace de la relève
    La relève est une autre grosse question pour tous les producteurs pour lequel il importe d’entreprendre dès maintenant une réflexion sur la direction à prendre. Que ce soit la relève de nos propriétaires, celle de nos délégués ou de nos administrateurs, cet enjeu nous interpelle tous.Comme vous le voyez, les sujets d’importance sont communs autant pour les agriculteurs que les propriétaires forestiers. Il est primordial de travailler de concert avec l’UPA pour faire avancer nos dossiers communs. L’UPA soutient les agriculteurs, oui, mais elle doit continuer à soutenir les propriétaires forestiers, car nos enjeux se rejoignent.

Impasse dans les négociations avec les scieurs

Vous savez sans doute que nous avons été dans une impasse dans nos négociations avec le Conseil de l’industrie forestière (CIFQ) en 2018, d’ailleurs nous vous proposons un suivi de ce dossier majeur en page 2 du journal.

Notre conseil d’administration a plutôt choisi de poursuivre un processus de négociation de contrats individuels directement avec les scieries de notre région. D’ailleurs, ce processus s’est enclenché à la fin de l’automne 2018.

En ce début d’année, où en sommes-nous ? Pour répondre à cette question, je vous invite en grand nombre aux assemblées de secteurs qui se tiendront près de chez vous du 22 janvier au 7 février prochains. Nous avons besoin de votre support pour mener à bien cette négociation primordiale avec les scieurs qui achètent du bois sur notre territoire et pour montrer à l’industrie régionale du sciage que les propriétaires et producteurs sont mobilisés.

Au plaisir de vous voir ou revoir dans les assemblées de secteurs.

Bonne année 2019 !

Jacques J. Tremblay, ing. f.

Directeur général

Nouvelle page Facebook

@spfrq

La page Facebook du Syndicat est un moyen rapide et très simple d’être bien informé sur les différentes activités ainsi que l’actualité reliées à la forêt privée de votre région. Tapez @spfrq dans le moteur de recherche sur le Web afin de vous brancher, d’aimer et de suivre votre organisation. Merci à tous de partager!

Toute bonne chose a une fin

Message du président extrait du journal L’Information du forestier – Septembre 2018

Je vous mentionnais cet hiver qu’ « une page de notre histoire se tournera bientôt ». Nous y sommes déjà! Au moment d’écrire ces lignes, nous finalisons l’octroi des derniers contingents de 4 pieds de résineux pour l’usine de Kruger Wayagamack.

La fin d’une grande ère

Il n’y aura plus de « pitoune » en 2019, et au même moment, notre responsable de la mise en marché depuis près de 40 ans nous quitte. J’ai eu l’occasion de côtoyer Gaétan Deschênes durant plusieurs années. Il a œuvré avec tout son cœur pour les propriétaires de notre région. Grand émotif, féroce négociateur, Gaétan a laissé une empreinte indélébile durant sa carrière au Syndicat. Il a toujours cherché à réaliser des gains importants pour les producteurs, avec succès! J’ai vraiment apprécié son travail, sa détermination et ses efforts constants pour rechercher les meilleures opportunités pour les producteurs.

Je ne peux pas encore souhaiter une bonne retraite à Gaétan puisqu’il a accepté de poursuivre l’aventure avec nous pour au moins un an. En effet, il va garder un lien à titre de consultant pour le Syndicat. Il pilotera des dossiers majeurs pour les producteurs qu’il explique dans un article en page 2.

Les dernières cordes de « pitoune » chez Kruger

Plusieurs d’entre vous aimeraient bien produire du 4 pieds de résineux cet automne. Cependant, ce ne sera pas possible pour la majorité. Nous n’allons autoriser qu’environ 150 voyages du 1er septembre au 19 octobre prochains. Pour le succès de l’opération, je vous invite à prendre connaissance de l’article de votre journal qui traite des contingents de 4 pieds (en première page).

« La perte de ce marché ne signifie pas que toute production forestière doit cesser, loin de là! » Cette phrase résume bien la situation actuelle. Au Québec, la production de 4 pieds représentait moins de 3 % de tout le volume produit en forêt privée l’an dernier. Alors, il ne faut pas se décourager et abandonner la production forestière.

Il faut plutôt envisager de produire du bois de sciage de qualité. Ce virage vers le sciage est déjà bien entamé dans notre région. Évidemment, c’est un changement de cap qui est plus facile à prendre quand les prix offerts sont intéressants. Pour y arriver, les négociations avec l’industrie du sciage se poursuivent malgré que nous rencontrons des difficultés sur certains points importants.

La campagne électorale au Québec

J’écris ce mot au moment du déclenchement de la prochaine campagne électorale au Québec. Cette période, qui débute à peine, me donne l’occasion de rappeler aux partis politiques que seulement 50 % du potentiel de récolte de bois disponible chez les 134 000 propriétaires de lots boisés au Québec est mis en valeur. Pour notre région, cette proportion est même inférieure à 50 %, surtout dans les secteurs de Charlevoix et de la Côte-Nord. Des dizaines de communautés rurales aux quatre coins de notre grande région ne développent donc pas leur plein potentiel économique. Elles se privent ainsi des emplois et des autres retombées associées à la filière des produits forestiers qui sont pourtant matériau d’avenir.

Une foresterie bien réalisée permet de produire du bois, emmagasiner du carbone, améliorer des habitats fauniques et contribuer à la protection des bassins versants des cours d’eau.

Pour mettre en valeur le potentiel de la forêt privée, trois conditions principales m’apparaissent aujourd’hui essentielles :

  • Une fiscalité adaptée pour multiplier l’effort sylvicole sur les terres privées

Dans le cadre des travaux devant mener au nouveau pacte fiscal avec le monde municipal, il faut que la formation politique qui sera élue cet automne s’engage à créer un groupe de travail spécifique pour aborder la question de la fiscalité visant les boisés sous aménagement forestier.

Avec les hausses répétées de taxes foncières et les contraintes de protection environnementales, il devient de plus en plus inconfortable d’être producteur de bois en forêt privée. Cette situation doit être abordée de manière urgente.

  • Des réglementations environnementales mieux pensées

Les propriétaires forestiers gèrent depuis des siècles les forêts entourant les villes et les villages en respectant les règles dictées par chacune des époques. Les nouvelles réglementations environnementales ne reconnaissent pas suffisamment ce travail d’intendance des propriétaires forestiers du Québec.

À mon avis, le prochain gouvernement devrait s’engager à éviter de faire subir aux propriétaires des contraintes déraisonnables. Il devra plutôt travailler de concert avec les propriétaires en amont des réglementations et prévoir des mesures de financement pour l’éducation des propriétaires forestiers et la restauration ou la conservation des milieux sensibles. De son côté, le monde municipal, qui fait appliquer cette réglementation, doit le faire de manière à ne pas nuire à la production forestière.

  • Sécuriser les débouchés pour les bois de la forêt privée

Avec approximativement 70 % des parts de marché du bois rond, l’État québécois représente notre principal concurrent pour l’approvisionnement des usines. En 1989, le gouvernement a introduit le principe de « résidualité » qui accorde une priorité aux bois récoltés dans les forêts privées, mais qui, dans les faits, n’est peu ou pas respecté.

C’est pourquoi je souhaite que le prochain gouvernement s’engage à respecter la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier qui confère un statut prioritaire au bois des forêts privées dans l’approvisionnement des usines de transformation.

On remarque que plusieurs usines ont fermé depuis 10 ans. Dans notre région, il manque une usine qui prend des billes de faible diamètre en résineux et les débouchés pour la pâte feuillue se font rares dans Charlevoix et sur la Côte-Nord.

Le futur gouvernement devrait s’engager à demander à Investissement Québec d’entreprendre un démarchage agressif pour favoriser l’implantation d’usines de la nouvelle génération de produits forestiers dans notre région ou à proximité afin de recréer un débouché pour les résineux de faible diamètre et la pâte feuillue.

Finalement, je vous invite à interpeler les candidats de tous les partis dans vos comtés respectifs afin de les conscientiser à nos problèmes et relativement aux trois conditions essentielles pour assurer notre futur en tant que producteurs forestiers.

Gaétan Boudreault,
Président

Nomination

Le Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec a le plaisir de vous annoncer la nomination de M. Jacques J. Tremblay au poste de directeur général.

Titulaire d’un baccalauréat en sciences appliquées (génie forestier), monsieur Tremblay a occupé diverses fonctions de gestion au gouvernement du Québec, particulièrement au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec. Il a également été acheteur de bois pour la Scierie Leduc et a réalisé divers contrats comme consultant, notamment pour le Syndicat. Il a aussi occupé la fonction de président de l’Agence de mise en valeur des forêts privées de Québec 03.

Son expertise et sa connaissance du milieu forestier seront certainement des atouts dans le cadre de ses nouvelles fonctions.

Il entre en poste le 10 juillet. Nous sommes heureux de le compter parmi nous et lui souhaitons beaucoup de succès!

Gaétan Boudreault
Président

J’ai aimé être à votre service !

Éditorial extrait du journal L’Information du forestier – Juin 2018

À la mi-juillet, j’aurai quitté le poste de directeur général du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec. Pas pour prendre une retraite, mais pour « relever d’autres défis », comme le veut l’expression consacrée. Je rassure tout le monde, ces mots ne cachent aucun désaccord entre le Syndicat et moi. Mais pour reprendre une autre expression courante, « il est des offres qu’on ne peut refuser… »

En écrivant ce dernier éditorial, l’important n’est pas de vous entretenir de ce que je ferai dans le futur, mais plutôt de l’immense plaisir que j’ai eu à travailler, pendant plus de 25 ans, pour les propriétaires de forêt privée. Un plaisir qui s’explique de plusieurs façons. J’ai trouvé, au Syndicat et à la Fédération des producteurs forestiers, des patrons et des collaborateurs qui ont cru en moi et m’ont laissé développer et exercer mes compétences. J’ai évolué dans un milieu dont je partageais les valeurs de solidarité et de travail pour le bien commun. Je me suis frotté en votre nom à de nombreux problèmes, en ayant de grandes marges de manœuvre pour chercher des solutions. J’ai reçu de nombreux témoignages d’appréciation pour le travail accompli et pour la façon de l’accomplir. Des témoignages d’une grande sincérité, pour des gestes allant du plus simple au plus complexe. Bien sûr, j’ai aussi connu des échecs, rencontré de l’adversité, vécu de moments plus difficiles et subi la frustration de dossiers qui semblent impossibles à faire évoluer. Mais dans l’ensemble, ma carrière en forêt privée aura vraiment été stimulante et valorisante.

Lors de la récente séance de révision périodique des activités du Plan conjoint, devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec, j’ai affirmé que bien des choses changent en forêt privée : les propriétaires, les marchés, les façons de travailler, les attentes de la population; tout ça est en évolution rapide. Malgré tous ces changements, les principaux problèmes des producteurs de bois demeurent pourtant les mêmes : la compétition du bois de la forêt publique; les rapports inégaux avec les acheteurs; les conditions de vente du bois et l’accès aux marchés; l’absence de rentabilité financière de la sylviculture; le difficile équilibre à trouver entre le droit de produire et la protection des milieux forestiers. Un jeu et une patinoire qui restent passablement les mêmes, mais avec de nouveaux joueurs et de nouvelles règles auxquels il faut s’ajuster. Comment trouver désormais votre voie vers les succès? Votre réponse à cette question vaut la mienne, mais je n’hésite pas à me risquer à faire quelques affirmations : il n’y a pas de retour en arrière; il n’y a pas de solutions simples à des problèmes complexes; les façons de faire qui ne sont plus efficaces ne donneront pas de meilleurs résultats comme par miracle.

Votre Syndicat et votre Plan conjoint vous offrent des outils importants qui devraient demeurer à la base de vos décisions et de vos actions : la solidarité, la mise en commun de vos ressources, la défense prioritaire des intérêts du groupe. Mais le plan de match et les stratégies de jeu devront changer si vous voulez conserver votre place sur la patinoire. Et pour demeurer dans les analogies avec le hockey, assurez-vous d’éviter le piège de l’individualisme, si présent dans notre société. Même les joueurs les plus forts se retrouvent en mauvaise position quand ils jouent pour eux‑mêmes plutôt que pour l’équipe.

Voilà, une page se tourne pour moi! J’ai aimé défendre vos intérêts sur la place publique tout comme dans des rencontres plus discrètes. J’ai aimé négocier avec les entreprises en votre nom. J’ai aimé échanger avec vous lors de nos assemblées et réunions. J’ai aimé vous parler par le biais des éditoriaux. Bref, j’ai aimé travailler pour les propriétaires de forêt privée. Il me reste à vous remercier tous très chaleureusement, propriétaires, administrateurs, collègues et partenaires, pour votre accueil, votre collaboration et votre appréciation. Je vous dois à tous beaucoup!

Jean-Pierre Dansereau, ing. f.
Directeur général

Des producteurs pris dans un étau

Message du président extrait du journal L’Information du forestier – Juin 2018

J’écris ce mot quelques jours après la tenue d’un conseil d’administration et du Congrès annuel de la Fédération des producteurs forestiers du Québec. Que ce soit lors des discussions avec les présidents des autres régions ou lors des interventions des délégués pendant le congrès, deux grands sujets ont retenu l’attention de l’ensemble des forestiers privés de la province : le fardeau que nous imposent les règlements pour la protection de l’environnement et l’absence de progression des prix pour notre bois.

Si j’avais à choisir un mot pour décrire l’état d’esprit des participants au congrès de la Fédération, ça serait « indignation ». J’ai senti que tout comme moi, tout le monde était indigné du traitement qu’on nous réserve. D’un côté, on nous demande d’en faire toujours plus pour protéger l’environnement, sans pour autant nous offrir de soutien pour compenser les hausses de coûts et les pertes de revenus qui viennent avec les changements de pratiques qu’on souhaite nous voir adopter. Au contraire, on nous impose un fardeau fiscal toujours plus grand et l’on fait la sourde oreille à nos demandes pour une réforme d’un régime fiscal, sous prétexte qu’on ne peut demander aux autres citoyens d’assumer un plus lourd fardeau de taxes foncières. Si au moins on avait la même gêne avant de hausser notre fardeau à nous, au nom de « l’intérêt de la société et de l’environnement » ! Pourquoi est-ce à nous de payer pour ce qui profite à tous ?

D’autre part, les revenus que nous tirons de la vente de notre bois demeurent bien trop bas par rapport au travail que nous abattons — c’est le bon mot — pour approvisionner les usines. Ces prix pour nos billots qui bougent à peine sont insultants quand on regarde l’importante progression des prix du bois d’œuvre. Désolé pour les industriels, mais les excuses de bas prix des copeaux ou de la nécessité de se refaire des réserves ne sont plus crédibles. S’ils ne sont pas en mesure de nous offrir des prix décents dans un pareil marché, que mettront-ils sur la table quand ça ira mal ?

Deux mâchoires d’un redoutable étau

Vraiment, il n’est pas valorisant d’être un producteur forestier par les temps qui courent. Ni la société ni l’industrie ne semble intéressée à reconnaître notre travail. Pourtant, nos forêts sont loin d’être en danger et nos activités sont loin de poser les menaces les plus importantes à l’environnement. Et le bois que nous offrons à l’industrie est bien souvent d’une plus grande qualité que celui des forêts publiques. Entre les hausses de taxes foncières et les contraintes de protection d’une part et les marchés décevant d’autre part, il devient de plus en plus inconfortable d’être producteur de bois en forêt privée. Il faut vraiment être passionné et aimer ce qu’on fait pour continuer ; surtout quand on constate que tous les acteurs autour de nous s’en tirent mieux que nous ne le faisons. Certains militants environnementalistes seront peut-être heureux de la chose, mais si nos dirigeants et nos concitoyens n’y prennent garde, la production de bois privée pourrait bien s’éroder dans les prochaines années, alors que les propriétés changeront de main et ne seront plus détenues par des producteurs. Cette dynamique est déjà bien entamée et si on la laisse se poursuivre, ce sont notre société, nos collectivités et nos usines qui vont en souffrir le plus. Comment en serait-il autrement puisqu’il est démontré que ce sont elles qui tirent les plus grands bénéfices de notre production. Vous voulez mon opinion ? Il en est qui sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis !

Merci Jean-Pierre

Nous avons eu, il y a quelques semaines, un imprévu de taille. En effet, comme vous pouvez le lire dans son éditorial, notre directeur général, Jean-Pierre Dansereau, nous a annoncé son départ. Vous pouvez imaginer le lot des préoccupations des administrateurs pour faire face à cette situation et pour assurer une relève qualifiée pour la continuité de notre organisation !

Je remercie sincèrement Jean-Pierre pour tout le travail et le dévouement fournis pour les producteurs de bois de la région de Québec à l’occasion de ses deux périodes de travail chez nous.

Nous sommes tristes à l’idée de ne plus profiter de sa grande compétence et de ses connaissances de la forêt privée de tout le Québec. Il est reconnu comme un porte-parole crédible des propriétaires forestiers et des organisations de la forêt privée. Imaginatif dans la recherche de solutions novatrices, rigoureux, souci de transparence et une grande diversité d’expérience en foresterie lui confère un statut particulier que seuls quelques professionnels ont atteint.

Nous te souhaitons la meilleure des chances pour relever ce nouveau défi et sache que tu demeureras toujours un ami de la forêt privée, des producteurs, des administrateurs et des employés du Syndicat.

Gaétan Boudreault,
Président

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