Message du président extrait du journal L’Information du forestier – Avril 2017

Je vous parlais dans le journal de janvier dernier du bois orphelin et des difficultés de plus en plus grandes que nous rencontrons pour vendre certains types de bois. Mon message se terminait par un appel à la mise en commun de volumes de bois, pour tenter de stimuler le développement de nouveaux projets et par l’affirmation que nous travaillions sur le dossier.

Où en sommes-nous deux mois plus tard ? Et bien, les choses avancent. Nous avons contacté les syndicats voisins pour voir s’ils vivaient les mêmes difficultés que nous et pour leur proposer d’aller à la recherche de promoteurs pouvant être intéressés à notre petit bois résineux. Nous avons aussi fait des consultations auprès des grands propriétaires et de gros producteurs de notre territoire, dont les groupements forestiers afin de connaître leurs intérêts dans une démarche pour réunir les volumes de tout le monde et constituer une belle réserve de bois à vendre. La réponse à ces consultations à notre initiative a été très bonne. Autant les autres syndicats que nos principaux producteurs régionaux ont adhéré à la démarche et mis des volumes sur la table. En regroupant l’offre des régions du Sud-du-Québec (Estrie), du Centre-du-Québec, de la Mauricie, de la Beauce et de Québec, c’est plus de 450 000 m3 solides qui peuvent être offerts à d’éventuels promoteurs.

Pas n’importe quelle offre

Notre initiative de développement de marché va plus loin que de regrouper des volumes. Ce que les syndicats impliqués sont aussi prêts à faire, c’est de négocier des ententes sur de longues années, avec des volumes garantis. Les industriels, et surtout leurs banquiers, accordent beaucoup d’importance aux garanties d’approvisionnement. Nous avons donc décidé de rendre notre offre la plus alléchante possible en faisant savoir qu’un contrat de dix ans était négociable. Plus encore, cette entente à long terme pourrait aussi inclure des mécanismes de détermination des prix en fonction de l’évolution d’indices de marché. Une bonne négociation au début, puis des fluctuations de prix du bois qui suivent l’évolution du prix des produits finis. En résumé : nous offrons beaucoup de bois, pour longtemps, à des prix raisonnables !

Pas n’importe quel acheteur

Si notre offre se veut si intéressante, c’est que nous espérons attirer l’attention de promoteurs sérieux, capable de recevoir d’importants volumes dans une ou des usines à distance raisonnable des territoires des cinq syndicats impliqués. Nous sommes prêts à discuter avec des industriels de tous les secteurs, mais il est évident que nous aurons un parti pris favorable pour des projets innovateurs, axés sur des produits capables de valoriser la fibre de qualité contenue dans les petits billots de bois résineux. C’est ce qu’a fait l’industrie des pâtes et papiers pendant de nombreuses décennies et à très grande échelle, en s’approvisionnant de bois rond et de copeaux. Maintenant qu’elle n’y parvient plus, une bonne partie de la structure industrielle québécoise est affectée et cela se répercute de plus en plus sur les marchés pour notre bois. C’est pourquoi, il nous faut réagir et lancer cet appel à des promoteurs audacieux, qui verront dans nos plans conjoints non pas des perturbateurs de marché, mais des agrégateurs efficaces et des intermédiaires de marché aux coûts bien maîtrisés, qui s’efforcent de laisser aux producteurs la meilleure part possible du prix de vente.

Coup d’épée dans l’eau ou coup de génie, je ne peux vous dire ce qu’on retiendra de cette initiative. Mais je suis fier que nous la tentions et que nous le fassions avec quatre autres syndicats. Je vous tiendrai au courant des développements.

Gaétan Boudreault, président