Québec · 5 octobre 2026
Élections la position de la forêt privée
Le 5 octobre, les citoyens du Québec se rendront aux urnes. À quelques jours du scrutin, la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) rappelle l'importance d'aller voter et de faire entendre la forêt privée auprès des candidats. Cette édition de Forêts de chez nous PLUS reprend les trois priorités soumises aux partis et renvoie à leurs engagements.
Depuis 1970, la Fédération des producteurs forestiers du Québec représente les intérêts des producteurs et des propriétaires forestiers qui aménagent durablement leurs boisés. En tout et pour tout, 162 900 individus, familles et entreprises possèdent des boisés sur le territoire du Québec. La mise en valeur de ces forêts privées est un vecteur pour le développement économique rural.
En 2025, les producteurs forestiers du Québec ont acheminé 6,2 Mm³ de bois rond à l'industrie forestière. Pour le Québec, les retombées économiques de l'activité forestière en forêt privée s'élèvent à 534 M$ en vente de bois à l'industrie et à 4,69 G$ en revenus d'aménagement, de récolte et de transformation des bois ; 24 300 emplois dépendent des activités des forêts privées.
Même marché, mêmes règles, même soutien
Les producteurs et propriétaires forestiers sont prêts à accroître leur contribution et comptent sur leur prochain député pour appuyer le dynamisme de la forêt privée et corriger les obstacles qui bloquent leur travail.
Les engagements pris durant la campagne auront des effets directs sur les dizaines de milliers de familles et de communautés rurales qu'elles soutiennent.
Trois priorités sont particulièrement urgentes
1
Protéger l'accès aux marchés du bois de la forêt privée
23 %
de l'approvisionnement des usines provient de la forêt privée : avec ses vastes forêts publiques, l'État concurrence directement le bois des producteurs et réduit leurs débouchés.
La priorité
Au Québec, les forêts privées représentent 17 % des forêts productives, et procurent 23 % de l'approvisionnement en bois des usines. Or, les décisions de l'État sur les volumes, les prix et les règles d'attribution du bois issu des forêts publiques créent une concurrence directe avec le bois des producteurs, en réduisant les débouchés et en hypothéquant les conditions offertes en forêt privée.
Ce que la Fédération demande
Assurer un accès prioritaire aux marchés pour la forêt privée, en ajustant l'offre de bois issu des forêts publiques aux fluctuations du marché et lors de catastrophes naturelles. La Fédération requiert une application concrète du principe de résidualité inscrit dans la loi.
2
Débloquer l'accès au marché du carbone forestier
80 M$/an
Faute d'un protocole de carbone forestier viable, les entreprises d'ici achètent leurs crédits compensatoires aux États-Unis.
La priorité
Selon les estimations, 90 970 ha de plantation d'arbres de la province sont admissibles au marché du carbone Québec-Californie (SPEDE), ce qui représente un revenu à court terme de 43 M$, auquel s'ajouterait une rente périodique au fur et à mesure de l'accroissement des arbres. Or, le protocole du gouvernement du Québec pour vendre des crédits est si complexe et coûteux qu'il bloque la délivrance de crédits par les producteurs. Pendant ce temps, les entreprises québécoises achètent annuellement environ 80 M$ de crédits compensatoires issus de projets forestiers aux États-Unis, faute d'alternatives québécoises.
Ce que la Fédération demande
Simplifier les protocoles gouvernementaux afin de permettre un accès rentable au marché du carbone, de contrer la fuite de capitaux vers les États-Unis et de renforcer nos communautés.
3
Corriger les incohérences réglementaires
Harmoniser la réglementation à l'échelle des MRC.
La priorité
La transformation du bois génère des retombées économiques significatives pour les communautés rurales, mais les activités d'aménagement forestier génèrent peu de rentabilité pour les producteurs. Or, le coût de production en forêt privée est affecté par un environnement réglementaire complexe, en raison :
d'une superposition de règles provinciales et municipales ;
de réglementations très variables d'une municipalité à l'autre ;
d'exigences sans considération des coûts engendrés ;
de règlements municipaux incompatibles avec les normes provinciales reconnues pour l'aménagement durable des forêts privées.
Ce que la Fédération demande
Adopter les modifications proposées dans le projet de loi 97 sur la réforme du régime forestier exigeant une harmonisation à l'échelle des MRC des réglementations municipales sur les activités d'aménagement forestier en plus d'assurer leur compatibilité avec les normes provinciales reconnues pour la mise en valeur des forêts privées.
Où se situent les partis ?
La Fédération a invité les formations politiques à prendre position sur ces trois priorités. Leurs réponses, à l'intention des propriétaires forestiers du Québec, sont publiées sur la page des élections.
Il reste quelques jours pour interpeller les candidats de votre circonscription : la page réunit les questions à leur poser et un message prêt à envoyer.
Le président de la Fédération, Gaétan Boudreault, revient sur ces trois demandes dans son éditorial de la revue Forêts de chez nous de septembre 2026.
Consultez dès maintenant nos sources d’information et les ressources mises à votre disposition sur
foretprivee.ca