Réaction des producteurs forestiers au retrait du projet de loi 97 sur la réforme du régime forestier

Longueuil, le 26 septembre 2025 – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) a pris connaissance de la décision du premier ministre François Legault d’abandonner le projet de loi 97 visant à réformer le régime forestier et demande que la relance des consultations inclue explicitement les producteurs forestiers ainsi que les différents acteurs de la forêt privée.

« Il est regrettable que le nouveau régime forestier soit relégué sur la voie d’accotement en raison des dissensions visant la gestion de la forêt publique, car le projet de loi 97 proposait certaines solutions plus consensuelles et intéressantes en forêt privée », a déclaré Gaétan Boudreault, président de la FPFQ.

La FPFQ recommande au ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Jean-François Simard, de conserver deux avancées du projet de loi 97. L’uniformisation à l’échelle des MRC des règlements visant la protection du couvert forestier en forêt privée répond à l’impératif de simplifier l’environnement réglementaire. Autrement, l’établissement d’un mécanisme permettant au ministère de diminuer les volumes récoltés en forêt publique advenant qu’une perturbation en forêt privée entraîne la destruction de massifs forestiers, et ce dans le but d’assurer une récupération accélérée du bois en péril sans déstabiliser les marchés, mériterait aussi d’être adopté. Un tel mécanisme témoignerait de l’ouverture du gouvernement à faire avancer le principe de la résidualité, qui confère un caractère « résiduel » au bois de la forêt publique par rapport aux autres sources d’approvisionnement dans l’établissement des scénarios d’approvisionnement des usines de transformation du bois, afin que la concurrence du gouvernement à l’égard des producteurs forestiers soit à tout le moins balisée.

« Notre objectif demeure l’adoption d’un régime forestier clair, prévisible et équitable qui préserve les perspectives de mise en marché pour les producteurs, encourage la mise en valeur des forêts privées et répond aux attentes des citoyens en matière de retombées économiques et de conservation. Néanmoins, certaines solutions pour la forêt privée pourraient être adoptées à plus brève échéance considérant le contexte économique marqué par le conflit du bois d’œuvre », a ajouté M. Boudreault.

La FPFQ est déterminée à travailler de concert avec le gouvernement, le ministre Simard et l’ensemble des parties prenantes pour mettre en place des solutions adaptées aux réalités de la forêt privée.

Consulter le mémoire de la FPFQ sur le PL97

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Renseignements :
Charles-Philippe Tremblay-Bégin
Conseiller aux communications
Fédération des producteurs forestiers du Québec
Relations publiques, médiatiques et gouvernementales
T. 450 679-0540, poste 8661 |cptremblaybegin@upa.qc.ca  foretprivee.ca

Recul généralisé de la production canadienne de bois d’œuvre résineux : le Québec en première ligne

La production nord-américaine de bois d’œuvre a baissé de 2,2 % au premier semestre de 2025 par rapport à l’année antérieure. Cette diminution est principalement due au fort déclin de la production canadienne ce premier semestre, alors qu’aux États-Unis la production est légèrement en hausse.

D’après Statistique Canada, la production canadienne de bois d’œuvre a fortement diminué (-5,8 %), pour totaliser 10,12 milliards de pieds mesure de planche (G PMP) après 6 mois en 2025. La production a chuté dans toutes les provinces canadiennes.

Une légère baisse a été observée en Alberta (-0,4 %), au Nouveau-Brunswick (-1,1 %) et dans les autres provinces (-3,1 %). Mais ailleurs le recul est majeur, notamment en Colombie-Britannique (-7,1 %) et en Ontario (-7,5 %). Au Québec, la chute observée est la plus importante avec une baisse de (-8,8 %), soit environ 265 MPMP, ce qui équivaut à la capacité de production annuelle d’une scierie de bonne envergure. Ce recul est exacerbé par le fait que le premier semestre 2024 avait été marqué par une performance robuste au Québec.

Notons aussi que les livraisons québécoises ont fortement baissé (-9,0 %), tout comme les inventaires (-17 %).

La détérioration récente de la production canadienne et québécoise s’explique en partie par l’anticipation d’une hausse brutale des droits américains sur le bois d’œuvre canadien. Cette hausse s’est concrétisée en août 2025, les droits passant de 14,54 % à 35,19 % en l’espace de deux semaines. Ce niveau tarifaire, inédit depuis le début du conflit commercial en 2016 et record depuis les années 1980, met à rude épreuve la résilience du secteur forestier. Le différend entre le Canada et les États-Unis continue de peser lourdement sur les perspectives du secteur, alors que près de 38 % de la production québécoise de bois d’œuvre résineux est destinée au marché américain.

Les conséquences sont immédiates et préoccupantes : après plusieurs annonces de fermetures et de ralentissements, une nouvelle vague frappe. L’usine Domtar de Maniwaki suspendra ses opérations dès le 10 octobre, la Scierie St-Michel, principal employeur de Saint-Michel-des-Saints, a annoncé l’arrêt de ses activités, tout comme Arbec Port-Cartier. Dans ce contexte, il est raisonnable de penser que la situation risque de continuer à se dégrader d’ici la fin de l’année, alors que les effets des droits américains plus élevés se font sentir.

Ces fermetures montrent la fragilité croissante des entreprises face à la pression commerciale, et rappellent l’urgence d’une action politique et économique pour soutenir les emplois, les communautés et la filière bois.

Nouveau leadership au ministère des Ressources naturelles et des Forêts

Longueuil, le 10 septembre 2025 – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) souhaite la bienvenue à M. Jean-François Simard, nouveau ministre des Ressources naturelles et des Forêts.

« Nous saluons la nomination de M. Jean-François Simard et espérons qu’il saura reconnaître l’importance stratégique de la forêt privée dans l’économie forestière québécoise. La FPFQ offre sa collaboration au nouveau ministre afin de travailler sur des politiques qui miseront sur les multiples potentiels de la forêt privée et mettront à profit les actifs, le savoir-faire et le dynamisme des 162 900 propriétaires forestiers québécois », a déclaré M. Gaétan Boudreault, président de la FPFQ.

La FPFQ identifie plusieurs priorités pour le nouveau ministre. D’abord, il s’avère crucial d’améliorer la cohérence de la réglementation municipale afin de faciliter la production de bois en forêt privée, comme sa prédécesseuse l’a identifié dans le projet de nouveau régime forestier. Puis, il faut améliorer certaines dispositions de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier pour s’assurer que l’industrie forestière s’approvisionne prioritairement en bois issu des forêts privées, conformément à l’esprit de la loi qui attribue un caractère résiduel au bois provenant des forêts publiques.

Par ailleurs, la FPFQ appelle à une vigilance accrue face à la détérioration du marché du bois rond alors que les fermetures d’usines se succèdent. Le contexte fragilise la situation financière des producteurs forestiers et de l’ensemble de leurs sous-traitants œuvrant en forêt privée. Si cette situation devait se prolonger, des mesures de soutien ciblées devront être envisagées pour éviter des pertes irréversibles dans le secteur.

« La Fédération offre sa collaboration à M. Jean-François Simard afin de soutenir les producteurs forestiers et d’assurer la vitalité du secteur forestier québécois. Nous tenons également à remercier Mme Maïté Blanchette Vézina pour son leadership et son engagement envers les producteurs forestiers et la forêt privée au cours des trois dernières années. Son écoute et sa sensibilité aura permis de faire avancer plusieurs dossiers importants et nous espérons que son successeur pourra en faire autant », a ajouté le président M. Gaétan Boudreault.

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La revue Forêts de chez nous – septembre 2025 : Nouveaux producteurs : l’essentiel pour faire soi-même ses travaux

Éditorial du président – Forêts privées et élections municipales : faites entendre votre voix
• Actualités
• Nouveaux producteurs : tout pour faire soi-même ses travaux
• Carbone en forêt : ce que chaque propriétaire devrait savoir

Consultez l’édition de septembre 2025 en version PDF.

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec les Producteurs et productrices acéricoles du Québec. Pour nous faire part d’un commentaire ou pour nous suggérer un sujet d’article, écrivez-nous!

La vulnérabilité du secteur forestier à l’exportation

Le constat est clair : les tensions commerciales s’intensifient et sont là pour durer. Le libre-échange laisse maintenant cours aux droits de douane, aux enquêtes commerciales et autres barrières commerciales non tarifaires qui caractérisent le protectionnisme. Faut-il présumer du pire pour un secteur forestier reposant en grande partie sur les marchés d’exportation? Pour saisir les implications des mesures tarifaires, considérons d’abord l’exposition du secteur forestier à l’exportation. Puis, explorons les prévisions pour chacune des familles de produits.

Forêts privées et élections municipales : faites entendre votre voix

En roulant sur les chemins de campagne à l’automne, il n’est pas rare d’apercevoir un producteur forestier à l’œuvre. La chute des feuilles offre une vue dégagée de nos boisés et sur tout ce qu’il reste à faire avant l’hiver : récolte de bois de chauffage, entretien des sentiers, préparation d’un chantier hivernal. Toutefois, derrière ces gestes concrets se cache une réalité moins visible : un cadre réglementaire de plus en plus lourd, qui limite notre liberté d’action et régit chacune de nos activités.

Votre fédération promeut une vision cohérente et durable de la forêt privée. Une vision qui respecte les écosystèmes forestiers, les milieux humides et hydriques, la biodiversité, tout en demeurant ancrée dans la réalité de celles et ceux qui vivent et travaillent la forêt.

Le rôle des municipalités est plus crucial que jamais pour appuyer ou freiner les efforts des producteurs. La ministre des Ressources naturelles et des Forêts l’a compris : son projet de loi 97 vise à uniformiser les règlements d’aménagement forestier à l’échelle des MRC pour simplifier notre travail sans pour autant donner carte blanche aux vrais contrevenants. Cette harmonisation, nous la défendons depuis longtemps, mais le travail ne s’arrête pas là.

Parmi les moyens concrets à la portée du monde municipal, pensons à la reconnaissance de la saine gestion des boisés par un allègement du taux de taxation des immeubles forestiers. Malheureusement, cet outil fiscal puissant est encore trop peu utilisé. En 2023, seulement 42 municipalités ont réduit le taux de taxation des immeubles forestiers, offrant en moyenne une baisse de 18 %. Pourtant, une adoption généralisée permettrait aux producteurs d’économiser collectivement près de 10 M$ annuellement, soit environ 295 $ par producteur reconnu, sans grever significativement les budgets municipaux. Pour plus de 600 municipalités, l’impact sur les recettes fiscales serait inférieur à 1 %.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Mais pour que ces mesures se concrétisent, elles doivent être connues, comprises… et portées. C’est pourquoi je vous invite, chers producteurs forestiers, à aller à la rencontre de vos candidates et candidats aux élections municipales alors que la campagne électorale s’amorce. Parlez-leur de votre boisé, de vos efforts, de vos attentes. Aidez-les à voir la forêt autrement que par la lorgnette réglementaire : comme un vecteur de développement, de résilience et de fierté régionale.

Je me suis moi-même engagé en politique municipale ces dernières années, convaincu que mon expérience et mon savoir pourraient se traduire par des mesures tangibles pour ceux qui vivent de la terre et des forêts comme nous. À vous de faire entendre votre voix là où elle peut faire une différence. Avec plus de 10 000 élus municipaux au Québec, nous avons collectivement l’occasion de bâtir des ponts. Engageons le dialogue, activons les bons leviers et faisons de la forêt privée un enjeu des décisions locales.

Gaétan Boudreault
Producteur et président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de septembre 2025.

Se former pour mieux gérer sa forêt : un investissement durable

La gestion d’un boisé repose d’abord sur l’engagement et la fierté des propriétaires, mais elle gagne toute sa force quand elle s’appuie sur des connaissances à jour. En effet, les réalités de la forêt privée évoluent rapidement, tant sur le plan des pratiques forestières, des connaissances environnementales ou des pratiques administratives. Dans ce contexte, la formation continue s’impose comme un outil essentiel. C’est pourquoi les syndicats de producteurs forestiers de partout au Québec proposent aux propriétaires un large éventail de formations pratiques et accessibles qui leur permettent non seulement de mieux gérer leur boisé aujourd’hui, mais aussi d’en préserver la valeur pour demain.

Washington durcit le ton : les droits compensateurs sur le bois canadien doublent

Le couperet est tombé à Washington. Le 8 août dernier – pour une deuxième fois en l’espace de quelques jours – le Département du Commerce des États-Unis annonçait une hausse de tarifs sur le bois d’œuvre canadien. Ainsi, les droits compensateurs pour la plupart des entreprises canadiennes passeront de 6,74 % à 14,63 %. Cette hausse donne suite à celle du 25 juillet, où les droits antidumping avaient augmenté de 7,66 % à 20,56 %, tel que discuté dans notre article du 5 août 2025.

Ainsi, en l’espace de deux semaines les droits sur le bois d’œuvre sont passés de 14,54 % à 35,19 %. Il s’agit du tarif le plus élevé depuis le début du conflit commercial en 2016, et d’un triste record depuis le début de ce différend au début des années 1980. Ce niveau de tarifs mettra à l’épreuve la résilience du secteur forestier canadien.

Cette double hausse n’a pas tardé à se répercuter sur les marchés. Au Canada, les indices de prix du bois d’œuvre ont enregistré une hausse d’environ 8 %, traduisant une réaction rapide des acheteurs américains face à la nouvelle structure tarifaire. Toutefois, cette augmentation demeure modérée en comparaison avec la hausse des tarifs, suggérant que les consommateurs n’ont pas absorbé l’intégralité de la hausse. Cette situation pourrait entraîner une fragilisation des marges pour les scieries canadiennes, déjà confrontées à une demande fragile en raison des mises en chantier décevantes. Il faut dire que les politiques économiques et commerciales du président Trump ne font rien pour rassurer les ménages.

En réponse, le gouvernement canadien a mis en place une stratégie ambitieuse pour transformer l’industrie du bois d’œuvre face aux mutations mondiales. Il prévoit 700 M$ en garanties de prêts pour soutenir les entreprises, 500 M$ pour diversifier les produits et les marchés, ainsi que des mesures favorisant l’usage de bois canadien dans les infrastructures publiques. Le gouvernement souhaite également élargir les exportations vers des marchés internationaux durables et investir 50 M$ pour former et accompagner les travailleurs affectés. Ces initiatives visent à renforcer la compétitivité, à moderniser l’industrie et à stimuler la croissance économique à long terme. Toutefois, ces mesures éludent la part de la filière qui s’occupe de l’approvisionnement en bois, dont les producteurs de bois œuvrant en forêt privée et leurs sous-traitants.

Des trajectoires opposées pour le marché résidentiel au Canada et aux États-Unis

D’après les données du Bureau de recensement des États-Unis, les mises en chantier ont légèrement progressé en juin 2025, atteignant 1,32 million d’unités sur une base annualisée, soit une hausse de 4,6 % par rapport à mai. Cette reprise reste toutefois fragile, les niveaux demeurant en léger recul de 0,5 % par rapport à juin 2024. Après 6 mois en 2025, le rythme de mises en chantier a glissé de 1,1 %.

Le segment multifamilial s’est particulièrement démarqué, avec une hausse de 31 % sur un mois et de 26 % sur un an, atteignant 414 000 unités. À l’inverse, les mises en chantier unifamiliales continuent de reculer, affichant une baisse de 4,6 % sur un mois et de 10 % sur un an, pour un total de 883 000 unités.

Ce recul dans le segment unifamilial reflète les difficultés rencontrées par les acheteurs face à des taux d’intérêt encore élevés et à une accessibilité à la propriété en déclin. Cette tendance est préoccupante pour l’industrie des matériaux de construction en bois, traditionnellement tributaire de la vigueur du marché unifamilial américain.

Les permis de construction — un indicateur avancé de l’activité attendue dans trois à quatre mois — sont restés stables à 1,40 million d’unités, témoignant d’un certain attentisme sur le marché de la construction. Selon les prévisions, les mises en chantier américaines devraient terminer l’année 2025 en recul de 2,4 %, avant de rebondir en 2026 avec une hausse de 4,6 %, atteignant alors 1,40 million d’unités.

À l’inverse de la tendance observée aux États-Unis, l’activité dans la construction résidentielle au Canada s’est nettement intensifiée. En juin, les mises en chantier ont atteint 284 000 unités annualisées, en hausse de 7,6 % par rapport au mois précédent et de 18 % sur un an.

Cette progression est largement attribuable au segment multifamilial, qui a bondi de 8,7 % sur un mois et de 22 % sur un an, pour atteindre 226 000 unités. Le secteur unifamilial, de son côté, demeure plus stable, avec une hausse de 3,6 %, tant sur une base mensuelle qu’annuelle.

Cette vigueur s’inscrit dans un contexte où le gouvernement fédéral a affiché son ambition de doubler la cadence de construction résidentielle, afin d’atteindre 500 000 logements par an d’ici dix ans. Une telle cible pourrait entraîner un doublement de l’utilisation du bois d’œuvre résineux canadien dans la construction résidentielle neuve. À titre de comparaison, en 2024, environ 9,4 % du bois d’œuvre produit au Canada était destiné à ce segment. Le gouvernement s’est également engagé à recourir exclusivement au bois canadien dans la réalisation de ses projets résidentiels.

En parallèle, les intentions de construction sont également en hausse. En mai, la valeur des permis de construction délivrée au pays a bondi de 12 % pour atteindre 13,1 G$. Cette hausse est largement attribuable à l’Ontario, où les permis liés à la construction institutionnelle ont augmenté de 1,3 G$. La valeur totale des permis affiche une progression de 11,8 % sur un mois et de 5,1 % sur un an. Du côté des mises en chantier, les prévisions indiquent une légère augmentation de 0,6 % en 2025, suivie d’un repli de 1,6 % en 2026, contrastant avec la vigueur actuelle du marché et les intentions gouvernementales.

Annonce de Mark Carney pour soutenir l’industrie forestière : Un investissement majeur, mais la forêt privée est encore oubliée

Longueuil, le 7 août 2025 – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) salue les investissements annoncés par le gouvernement fédéral pour soutenir l’industrie du bois d’œuvre, mais déplore l’oubli des producteurs forestiers dans les mesures proposées.

Le 5 août, le premier ministre Carney a dévoilé un plan de 1,2 G$ visant à relancer l’économie forestière dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis, où les droits sur le bois d’œuvre canadien ont récemment doublé. Ottawa souhaite miser sur la construction résidentielle en bois, la diversification des marchés et le perfectionnement des travailleurs pour soulager le secteur. Il s’agit d’une annonce significative, mais la FPFQ déplore que les producteurs forestiers demeurent ignorés, tout comme leurs fournisseurs, dont les entrepreneurs forestiers et les transporteurs de bois.

Les producteurs en amont dans la filière sont pourtant parmi les premières victimes collatérales des représailles tarifaires américaines. La Fédération rappelle que l’imposition de droits tarifaires diminue la capacité d’achat du bois par les scieries au détriment des producteurs, quand elle ne ferme pas tout bonnement leurs marchés. Pourtant, les producteurs ne bénéficient d’aucun régime de compensation, ni de mécanismes de sécurité sociale adaptés à leur réalité.

« Il est regrettable que les mesures ne viennent pas en aide aux producteurs œuvrant en forêt privée, qui sont des victimes collatérales de représailles visant les redevances perçues sur le bois récolté en forêt publique. Les producteurs sont pris dans un conflit qui ne les concerne pas, sans accès aux soutiens offerts au reste de la filière. Cette injustice doit être corrigée » a déclaré le président de la FPFQ, M. Gaétan Boudreault.

La FPFQ réclame une reconnaissance du rôle stratégique de la forêt privée dans l’approvisionnement du secteur forestier canadien ainsi qu’un accès équitable aux mesures d’aide qui en découlent. De plus, elle revendique que le bois d’œuvre produit avec du bois issu des forêts privées soit exempté de taxes et quotas dans toute future entente sur le bois d’œuvre. La FPFQ réitère sa volonté de collaborer avec le gouvernement pour bâtir une filière forestière plus robuste, durable et équitable.

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Renseignements :
M. Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
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