Longueuil, 20 avril 2017. – Dans l’anticipation de droits compensateurs qui seront imposés au bois d’œuvre canadien exporté aux États-Unis, la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) déplore que les dizaines de milliers de propriétaires forestiers fournissant du bois rond aux scieries fassent les frais de ce conflit. À la lumière des conflits précédents, le bois rond destiné aux scieries subira une baisse de prix pour absorber une partie des taxes qui seront imposées. Déjà, ce phénomène est amorcé par les scieurs canadiens devant se constituer une réserve financière pour des droits compensateurs qui pourraient être rétroactifs. Ces répercussions affaibliront partiellement l’impact recherché par les Américains, soit diminuer la compétitivité du bois d’œuvre canadien aux États-Unis.
La FPFQ revendique un statut distinct pour le bois provenant des forêts privées dans les négociations sur le futur accord sur les exportations de bois d’œuvre aux États‑Unis. Environ 27 % des approvisionnements en bois résineux des scieries de la province proviennent de forêts privées canadiennes ou américaines.
La situation des 450 000 propriétaires canadiens s’apparente à celle vécue par les 10 millions de propriétaires forestiers américains. Ceux-ci tentent de maximiser leur revenu lorsqu’ils récoltent ou font récolter du bois sur leurs propriétés. Puisque la majorité des propriétaires forestiers québécois ne sont pas familiers avec le marché du bois, ils se sont dotés d’associations régionales pour accroître leur pouvoir de négociation face aux industriels forestiers. « Notre modèle devrait donc être valorisé par les ententes de commerce entre nos deux pays puisqu’il s’appuie sur des mécanismes de marché », a déclaré le président de la FPFQ, M. Pierre-Maurice Gagnon.
Cette demande vise davantage que l’exemption qui fut accordée aux scieries frontalières, dans le précédent accord, où ces dernières s’approvisionnaient exclusivement de bois des forêts privées québécoises et américaines. Un mécanisme devrait être inclus dans un éventuel accord pour tenir compte du pourcentage d’approvisionnements des usines canadiennes provenant des forêts privées afin d’exempter de taxes et quotas le bois d’œuvre qui résulte de ces achats.
Pierre-Maurice Gagnon conclut qu’il s’agit d’une « solution plus que valable, car ce n’est pas la gestion des boisés des propriétaires forestiers qui est à l’origine du conflit entre les deux pays ».
À propos de la FPFQ La Fédération des producteurs forestiers du Québec est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 30 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses treize syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires.
Renseignements:
Marc-André Côté
Directeur général
T. 450 679-0530, poste 8200
macote@upa.qc.ca
Longueuil, 31 mars 2017. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec a dévoilé les statistiques de vente de bois récolté dans les forêts privées du Québec en 2016. Entre janvier et décembre, les propriétaires et producteurs forestiers québécois ont mis en marché 6,0 Mm3 solides de bois d’une valeur de 354 M$. Il s’agit d’une septième année de hausse consécutive pour ces derniers qui ont vu le volume de vente s’accroître de 16 % par rapport à l’année 2015. Ces volumes représentent environ 17 % des approvisionnements des usines de transformation du bois du territoire.
« Le volume de bois vendu indique un retour à la normale pour une première fois depuis la crise qui a frappé le secteur forestier, il y a déjà une décennie », souligne M. Pierre-Maurice Gagnon, président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec. Du même souffle, il déplore néanmoins que « les sacrifices consentis par les propriétaires et producteurs forestiers pendant la crise forestière n’ont toujours pas été récupérés puisque le prix du bois demeure inférieur à ce qu’il était à l’époque ».
Malgré les progrès accomplis, des incertitudes planent toujours sur le secteur forestier, ce qui pourrait détériorer l’environnement d’affaires des producteurs forestiers et freiner la mise en marché du bois. Parmi ceux-ci, M. Gagnon note le conflit du bois d’œuvre aux États-Unis, l’insuffisance de budgets d’aménagement forestier comparativement aux besoins, la concurrence des forêts du domaine de l’État, l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette qui prend de l’ampleur, le manque d’usines de transformation du bois pour certaines catégories de produits et les réglementations municipales qui restreignent de plus en plus les activités d’aménagement forestier. La bonne nouvelle est que les gouvernements peuvent agir sur plusieurs de ces enjeux et favoriser une utilisation optimale des forêts privées dans l’économie des régions du Québec.
À propos de la FPFQ La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 35 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses 13 syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires.
Renseignements:
Marc-André Côté
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T. 450 679-0530, poste 8201
macote@upa.qc.ca
Entre janvier et décembre 2016, les producteurs forestiers visés par les 13 plans conjoints de producteurs de bois du Québec ont mis en marché environ 6,0 Mm3 solides de bois, toutes essences confondues, soit une hausse de 16 % par rapport à l’année 2015. Ce volume représente un retour à la normale pour une première fois depuis la crise qui a frappé le secteur forestier. En 2016, 72 % des livraisons du bois en provenance de la forêt privée furent destinées aux usines de sciage, 18 % aux usines de pâtes et papiers et 10 % aux usines de panneaux et autres utilisations.
Globalement, 70 % des bois mis en marché provenaient d’essences résineuses alors que les feuillus représentaient 30 % du volume des livraisons. La mise en marché de résineux a augmenté de 16 % en 2016, alors que celle des feuillus a progressé de 15 % par rapport à 2015. Ces volumes ne tiennent pas compte de la récolte de bois de chauffage estimée à 1,8 Mm3.
Volume de bois mis en marché en 2016 par les producteurs de la forêt privée
La valeur du bois mis en marché en 2016 est évaluée à 354 M$ comparativement à 306 M$ en 2015. En 2016, le revenu total des producteurs, soit la valeur des bois livrés à l’usine moins la somme consacrée au transport et aux contributions aux plans conjoints, s’est chiffrée à 270 M$, comparativement à 231 M$ en 2015.
Analyse et rédaction
Vincent Miville, ing. f, M.Sc.
Longueuil, 29 mars 2017. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est soulagée que le gouvernement provincial s’investisse dans la lutte contre l’épidémie des bourgeons de l’épinette qui ravage déjà 13 % du territoire forestier privé québécois. Le ministre des Finances, Carlos J. Leitão, a ainsi entendu les acteurs du secteur forestier en annonçant hier l’octroi de 10 M$ pour gérer les conséquences de cette épidémie. À cela s’ajoutent des fonds supplémentaires pour la production de plants forestiers.
Carlos J. Leitão
Ces montants favoriseront la mise en œuvre d’une partie d’un vaste plan prévoyant des visites chez les propriétaires forestiers touchés, la récolte des forêts matures infestées, la protection des jeunes forêts par des arrosages d’insecticides biologiques et la plantation d’arbres pour assurer le renouvellement de la forêt.
« On compte actuellement 14 000 propriétaires forestiers de l’Abitibi-Témiscamingue, du Bas‑Saint‑Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie et du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui subissent les conséquences de cet insecte défoliateur. D’autres régions seront bientôt touchées, car l’épidémie est en progression », a indiqué M. Pierre-Maurice Gagnon, président de la FPFQ. « L’ampleur de cette catastrophe naturelle nécessitera l’implication de tous les acteurs du secteur forestier québécois et aujourd’hui, le gouvernement du Québec répond présent. Il demeurera cependant à trouver les sommes pour réaliser le grand effort de reboisement qui est devant nous », a mis en garde M. Gagnon.
Cette annonce s’ajoute à la mesure d’étalement du revenu forestier du Budget du Québec de l’an dernier, qui permet aux propriétaires de réduire l’impact fiscal des revenus tirés de la récolte de leurs forêts attaquées par l’épidémie. Rappelons que 16 % des forêts québécoises sont détenues par 134 000 propriétaires localisés dans toutes les régions du Québec.
À propos de la FPFQ La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 35 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses 13 syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires.
Renseignements : Marc-André Côté
Directeur général
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Dans leur ensemble, les propriétaires forestiers changent et leur nouveau profil modifie la production de bois, les paysages ruraux, et conséquemment, les services environnementaux générés par les forêts privées. Ce phénomène n’est pas unique au Québec puisqu’il se produit ailleurs dans les pays industrialisés, renforçant les conclusions tirées ici. Ces constats, provenant d’une analyse des données recueillies lors d’un sondage téléphonique réalisé auprès de 2 215 propriétaires forestiers dans toutes les régions du Québec en 2012, ont récemment fait l’objet de deux publications dans des revues spécialisées dans les politiques forestières.
Une source d’inquiétude pour l’industrie forestière
Une première étude publiée dans la revue Small-scale Forestry établit une corrélation entre la décision de récolter du bois et les caractéristiques sociologiques du propriétaire forestier. Ainsi, des propriétaires plus instruits détenant de plus petites superficies forestières et vivant plus loin de leurs boisés s’engageront moins activement dans des activités de récolte de bois. Les femmes seront aussi moins susceptibles de récolter ou faire récolter du bois sur leurs propriétés (voir tableau 1).
Principalement en raison de leur contribution à l’approvisionnement de l’industrie des produits forestiers, plusieurs études ont tenté de décrire les profils, les motivations et les comportements des propriétaires forestiers, mais peu ont détaillé les différences entre la nouvelle génération et la précédente. Afin de bien comprendre ces différences, une analyse des données récoltées par sondage téléphonique auprès d’un échantillon représentatif (n = 1 723) des 134 000 propriétaires forestiers québécois (Canada) a été réalisée.
Les résultats mettent en évidence des distinctions entre les nouveaux (moins de 10 ans) et les anciens propriétaires forestiers (plus de 10 ans) ayant répondu au sondage. Au niveau du profil, la scolarité, le revenu familial, la formule d’acquisition du premier lot boisé et sa distance avec le lieu de résidence sont significativement différents entre les deux catégories de propriétaires. Des différences dans leurs motivations à posséder un boisé et à y réaliser des travaux d’aménagement forestier ont également été identifiées. Certains comportements comme l’intensité de récolte et les sources d’informations forestières consultées sont significativement différents chez les nouveaux propriétaires forestiers participants au sondage par rapport aux anciens.
En somme, un mouvement vers des propriétaires forestiers plus scolarisés ayant une occupation professionnelle et habitant plus loin de leur boisé est en cours. L’intégration d’un boisé dans le mode de vie de ces nouveaux propriétaires forestiers se fait alors différemment puisqu’elle s’inscrit dans les temps libres de l’individu plutôt que dans son temps d’occupation principale. Cette diversification de propriétaires forestiers demande une nouvelle approche des organismes leur offrant des services et de la part du gouvernement souhaitant les inciter à récolter du bois dans leurs forêts.
Le Québec compte quelques milliers d’arbres remarquables dispersés sur son territoire. Ces trésors racontent l’histoire de notre patrimoine. Leur hauteur, leur grosseur ou leur port majestueux ne laissent personne indifférent. Suzanne Hardy consacre sa vie à les répertorier.
Certains d’entre vous se souviennent avec nostalgie d’un bel orme gigantesque planté au milieu d’un champ, là où les vaches venaient se protéger du soleil sous son vaste parasol. D’autres ont en mémoire l’histoire que leur grand-père se plaisait à raconter lorsque lui et son frère, bûcherons au godendard, sont arrivés devant un pin d’un diamètre tellement énorme qu’ils se demandaient s’ils pourraient abattre et transporter cet incroyable mastodonte. Il y a aussi ceux pour qui les multiples rendez-vous donnés au pied du vieil arbre du village à la curieuse silhouette ont égayé leur enfance tout en étant la source d’un incroyable imaginaire.
Sous la pression de la colonisation, de l’agriculture et de l’urbanisation, un grand nombre de ces arbres exceptionnels, indigènes ou introduits, sont toutefois disparus. Chaque année, d’autres tombent au combat à cause des incendies, du vent, de la foudre, d’une maladie, d’un ravageur ou des coupes d’arbres. Enfin, certains de ces arbres majestueux ont la chance de traverser les siècles pour finir par disparaître au bout de leur vie. Quelques milliers de spécimens de différentes essences déploient leur saisissante silhouette sur le territoire québécois. Les premiers rangs colonisés, les cimetières, les villages anglophones, les anciens sites de villégiature sont particulièrement pourvus de sujets d’exception. En plus de leur valeur unique, ces arbres sont souvent riches d’une histoire fascinante. Les endroits où il était jadis impossible pour les bûcherons d’aller les prélever sont aussi des sites de prédilection pour dénicher des spécimens imposants.
Suzanne Hardy-Berger
La spécialiste des arbres remarquables, Suzanne Hardy, repère ceux-ci avec passion. Il y a 20 ans, elle a fondé Enracinart, un organisme à but non lucratif qui a pour mission de promouvoir et de stimuler la conservation de notre patrimoine végétal. Au fi l des inventaires qu’elle réalise, la phytotechnicienne diplômée de l’Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière répertorie les arbres remarquables puis sélectionne les meilleurs. « J’ai environ 5 000 arbres magnifiques, classés par région administrative, dans ma base de données », estime Mme Hardy. Auteure d’un ouvrage sur les arbres remarquables de la Capitale publié en 2009 et d’un autre sur ceux de Laval paru en septembre dernier, elle travaille maintenant à la préparation d’un livre qui traitera des arbres remarquables de tout le Québec. Consciente qu’il existe des vainqueurs dont elle ignore la présence, autant en milieu public que privé, elle lance un appel à tous.
Si tout va comme prévu, le livre Nos vainqueurs : au coeur des arbres remarquables du Québec sera publié au cours de l’année 2017. Autant que possible, l’auteure Suzanne Hardy désire y présenter tous les arbres remarquables du Québec habité. C’est pourquoi l’organisme Enracinart vous invite à devenir chasseur d’arbres remarquables. Si vous détectez un arbre que vous croyez digne de mention, n’hésitez pas à soumettre sa candidature, avec l’accord du propriétaire. L’information à fournir est la suivante : espèce d’arbre (si connue); circonférence du tronc (elle doit être mesurée à une hauteur de 1,4 m du sol; dans le cas d’un arbre fourchu qui se sépare sous 1,4 m de hauteur, il faut mesurer la circonférence à l’endroit le plus étroit du tronc sous la fourche, ainsi que celle des deux troncs à 1,4 m); localisation précise de l’arbre (coordonnées GPS si possible); nom et adresse du propriétaire du terrain. Remplissez le formulaire de candidature sur le site d’Enracinart, ou faites parvenir l’information à Enracinart, 2200, avenue Maufils, Québec (Québec) G1J 4K1.
QU’EST-CE QU’UN ARBRE REMARQUABLE?
Comment savoir si nous sommes en présence d’un arbre remarquable? « Cette dénomination subjective vient avant tout d’un caractère d’exception qui fait invariablement très forte impression, souligne Suzanne Hardy. L’âge avancé de l’arbre, ses dimensions hors du commun et sa rareté sont déterminants. S’y greffent la beauté de son port ou de sa forme ou sa valeur patrimoniale historique et culturelle.
Pour y voir clair, les experts ont développé un concept de «remarquabilité» des arbres. Les organismes de protection de la nature d’une région ou de l’autre de l’Europe ou de l’Amérique du Nord, comme le populaire American Forests National Big Tree, s’appuient sur à peu près les mêmes critères pour
inventorier les arbres. Selon l’espèce, chaque individu est classifié d’après le total des points reçus pour chacun des critères.
En 2005, lors d’un mandat de recensement des arbres remarquables se développant dans l’environnement immédiat du réseau de distribution d’Hydro-Québec, Suzanne Hardy a élaboré sa propre grille de «remarquabilité».
Pour déterminer ceux qui remportent la palme, la botaniste tient compte de critères biologiques tels la taille, l’âge et la forme de l’arbre, mais aussi de critères socioculturels comme ses rapports avec un lieu, une communauté ou un événement historique. La zone de rusticité est également un facteur important pour déterminer le caractère exceptionnel d’un arbre puisqu’une essence peut s’épanouir naturellement dans une région et très difficilement dans une autre.
L’âge et les dimensions d’un arbre sont mesurés selon les règles internationales reconnues, soit à partir de comparatifs ou par carottage, et d’après le diamètre à l’épaule (1,4 m du sol).
À CHACUN SA FORCE
«Les Hautes-Laurentides, le nord de l’Outaouais et le Saguenay–Lac-Saint-Jean sont des régions plus propices à la découverte de champions d’essences plutôt boréales telles que le peuplier baumier et le frêne noir, tandis que le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie sont des territoires de choix pour la recherche de spécimens de thuya occidental imposants, jusqu’à 1,5 m de diamètre, et très âgés. Les essences plus méridionales comme le micocoulier occidental, l’orme liège et l’érable noir, quant à elles, sont représentées par des arbres volumineux exclusivement dans les régions de l’Outaouais, de Laval, de Montréal, de la Montérégie et de Lanaudière», fait valoir l’auteure.
Les peupliers deltoïdes, souvent issus de petites branches enfoncées par l’humain dans le sol, sont devenus des arbres majestueux, atteignant parfois 2 m de diamètre à la souche. Le volume imposant de ces arbres est inversement proportionnel à leur courte espérance de vie puisque très peu de sujets peuvent vivre jusqu’à 125 ans. (crédit photo: Suzanne Hardy)
À l’image des régions, chaque espèce d’arbres possède ses caractéristiques particulières. Notre plus grand conifère, le pin blanc, peut dépasser 30 m dans une forêt, tandis que les saules blancs ou pleureurs se dressent rarement à plus de 20 m. Ainsi, une dimension intéressante pour une essence en particulier ne l’est pas pour une autre. Il en va de même pour l’âge. Le peuplier deltoïde, considéré comme l’espèce la plus massive au Québec, a une courte vie, mais il peut mesurer 1,8 m de diamètre de tronc à 37 ans. Le bouleau à papier, lui, arrive à maturité vers 70 à 80 ans, et certains bouleaux jaunes ont déjà atteint le demi-millénaire en âge en prenant du volume tout au cours de leur vie.
CHOIX DES ARBRES REMARQUABLES
Parmi les 5 000 arbres remarquables du Québec que Suzanne Hardy a répertoriés dans sa base de données, quels sont les meilleurs? Forêts de chez nous lui a demandé de révéler ses coups de coeur.
• Les plus vieux : des cèdres âgés de 850 à 1 000 ans presque tous accrochés à un fl anc de rocher sur une île du lac Duparquet en Abitibi, à un peu moins de 50 km au nord de Rouyn-Noranda. Il en reste peut-être une trentaine. Leur taille n’a pas en elle-même de quoi attirer l’attention, à peine 2,5 m de haut pour le plus vieux, mais cette longévité sous nos climats est en soi remarquable.
Le pin blanc croît rapidement et atteint parfois des dimensions impressionnantes. La majorité de ces arbres magnifiques ont été coupés pour l’industrie du bois dans les années 1800.
• Les plus hauts : un pin blanc de 40 m situé à Chelsea dans la région de Gatineau. Un orme d’Amérique de 35 m de hauteur, maintenant disparu, faisait aussi partie de la banque de Mme Hardy.
• Les plus gros : un noyer cendré et un chêne à gros fruits. Le pin blanc répertorié dans sa base de données n’est pas non plus à dédaigner avec son 1,3 m de diamètre.
Dans sa base de données, Suzanne Hardy a classé cette épinette blanche comme la plus impressionnante du Bas-Saint-Laurent.
• Les plus grosses épinettes blanches : la plus impressionnante de la province se situe dans les Cantons-de-l’Est et fait plus de 1,24 m de diamètre à la souche et plus de 1,1 m de diamètre à hauteur de poitrine (DHP), mesuré selon les normes à 1,3 m du sol. Le Bas-Saint-Laurent, l’Outaouais, Lanaudière et les Laurentides comptent cinq spécimens régionaux faisant plus de 90 cm de diamètre aux environs du DHP.
• Le plus rare : l’orme liège que l’on retrouve dans l’ouest de la province (Outaouais, Laurentides, Laval, Lanaudière, Montréal et Montérégie). Selon Mme Hardy, cet arbre indigène que l’on voit dans les sols calcaires a été largement décimé par l’exploitation des carrières. De plus, la maladie hollandaise de l’orme entraîne la mortalité des individus les plus âgés. Il est désigné menacé depuis 2005 en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du gouvernement du Québec.
• Le plus majestueux : sans contredit l’orme d’Amérique, dont le nombre a chuté radicalement au cours des ans à cause de la maladie hollandaise de l’orme.
• Le grand gagnant: un ostryer de Virginie, situé dans un boisé près du lac Champlain. Cette espèce peut atteindre 20 m. On l’appelle aussi bois de fer, car il est presque impossible à fendre, son bois étant l’un des plus durs de nos essences indigènes. On a raconté à Mme Hardy qu’il fait des étincelles lorsqu’on le coupe à la scie mécanique.
Ce vénérable chêne à gros fruits, qui a vu grandir huit générations de Godin sur la terre qui leur a été concédée vers 1760 à Saint-Eustache, a rendu l’âme depuis peu après avoir produit annuellement une pluie de glands. Mais, en semant ces derniers en bordure de la montée Godin, les jumeaux Marc-André et Pascal cultivent les générations à venir.
L’érable noir, une espèce dont la situation est très préoccupante au Québec, se réfugie entre autres sur les îles de l’archipel Saint-François de la rivière des Mille Îles, où se trouvent de magnifiques spécimens comme celui-ci de l’Île aux Vaches.
LOUISE THÉRIAULT, AGR.
COLLABORATION SPÉCIALE
Article paru dans la revue Forêts de chez nous, novembre 2016
Fait méconnu, la juridiction des municipalités sur la gestion des forêts privées est plus importante que celle exercée par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs sur ce territoire. Ainsi, ce sont les municipalités qui disposent, en vertu de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, du pouvoir de réglementer l’abattage d’arbres et la protection du couvert forestier. Le pouvoir de taxation conféré par la Loi sur la fiscalité municipale vise également les boisés privés. Dans les deux cas, les décisions des élus municipaux affectent l’utilisation des forêts privées de leur territoire. D’un côté, des règlements trop contraignants et des taxes municipales trop élevées hypothèquent la rentabilité des opérations sylvicoles. Ces évolutions contribuent à ce que la production forestière soit délaissée. De l’autre, des réglementations bien rédigées permettent de concilier les divers usages de la forêt privée et un régime de taxation adapté pour les boisés sous aménagement favorise la production forestière selon des conditions recherchées, et dynamise l’économie régionale.
La FPFQ est donc d’avis que le législateur doive :
transférer le pouvoir d’établir des réglementations sur la protection du couvert forestier aux municipalités régionales de comté (MRC), plutôt qu’aux municipalités locales, afin d’harmoniser les réglementations existantes, faciliter les échanges entre les élus municipaux et les acteurs du secteur forestier, et mieux concilier les différents usages du territoire régional. Cette mesure suppose des modifications aux articles 79.1 et 113(12) de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme;
créer une catégorie d’immeuble pour les boisés sous aménagement enregistrés en vertu de l’article 130 de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier. Cette mesure demande une modification à l’article 244.30 de la Loi sur la fiscalité municipale.
Mémoire déposé dans le cadre de la commission parlementaire sur le projet de loi 122 visant à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs. Janvier 2017
Au sujet de la revue Notre revue Forêts de cheznous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.
La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.
Longueuil, 15 février 2017 – Aujourd’hui, la Fédération des producteurs forestiers du Québec comparait à l’Hôtel du parlement devant la Commission de l’aménagement du territoire pour défendre l’importance d’une intervention municipale qui favorise le développement d’une culture sylvicole chez les 134 000 propriétaires forestiers québécois.
À cet effet, deux mesures sont proposées aux parlementaires: l’établissement d’une réglementation sur la protection du couvert forestier à l’échelle de la MRC pour mieux favoriser le dialogue entre les élus municipaux et les acteurs du secteur forestier, et la création d’une catégorie d’évaluation et de taxation municipale spécifique pour les boisés sous aménagement forestier. « L’expérience des 20 dernières années montre que les réglementations sur la protection du couvert forestier adoptées à l’échelle du territoire de la MRC favorisent davantage la conciliation entre la vocation de production des terres et la protection des paysages forestiers, que celles adoptées à l’échelle de la municipalité locale », a mentionné M. Pierre-Maurice Gagnon, président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec. « De plus, les municipalités n’ont actuellement pas la possibilité de taxer différemment les boisés sous aménagement de ceux qui ne le sont pas, ce qui nous prive d’un levier pour encourager la sylviculture », a-t-il ajouté.
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