La Fédération des producteurs forestiers du Québec s'associe à une lettre ouverte adressée aux chefs des partis politiques, sur un point précis : le Québec doit se doter d'une vision gouvernementale pour sa forêt dans les 90 premiers jours suivant la nomination du conseil des ministres.
Vue aérienne de lots forestiers privés du Québec avec limites cadastrales

Le Québec ne manque ni d’analyses ni de propositions. Il manque d’ambition. Cette vision devra se traduire par un plan d’action qui tient compte des vocations du territoire tant en forêt privée qu’en forêt publique.

Neuf signataires, un même appel

Publiée le 9 septembre 2026 dans Le Soleil, la lettre réunit neuf signataires du milieu forestier : la Fédération québécoise des municipalités et son Regroupement des communautés forestières, le Conseil de l’industrie forestière du Québec, l’Alliance de l’écosystème industriel forestier du Québec, l’Alliance des communautés forestières, l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec, l’Association des grands propriétaires forestiers du Québec, les Groupements forestiers Québec et la Fédération, représentée par son président, Gaétan Boudreault.

Les signataires invitent les chefs de partis à s’engager : le futur ministre responsable des Forêts devra réunir les partenaires et proposer cette vision dans les 90 premiers jours de son mandat. Le plan d’action qui en découlera devra notamment moderniser le régime forestier, adapter la forêt aux changements climatiques, doter le Québec d’une stratégie industrielle du bois et permettre de créer et de mieux répartir la richesse tirée de cette ressource renouvelable.

Les demandes de la forêt privée

La Fédération conserve ses propres demandes, celles des 162 900 propriétaires de forêt privée : un accès prioritaire et équitable au marché du bois, un accès réel au marché du carbone, et des règlements cohérents sur la production de bois.

Un accès prioritaire et équitable au marché. Les forêts privées couvrent 17 % des forêts productives du Québec, mais fournissent 23 % de l’approvisionnement en bois des usines. Or, les décisions de l’État sur les volumes, les prix et l’attribution du bois des forêts publiques concurrencent directement le bois des producteurs. La Fédération demande une application concrète du principe de résidualité inscrit dans la loi, notamment en ajustant l’offre de bois public aux fluctuations du marché et lors de catastrophes naturelles.

Un accès réel au marché du carbone. Quelque 90 970 hectares de plantations sont admissibles au marché du carbone Québec-Californie, ce qui représente un revenu estimé à 43 M$ à court terme. Le protocole québécois est toutefois si complexe et si coûteux qu’il bloque la délivrance de crédits par les producteurs. Pendant ce temps, les entreprises québécoises achètent chaque année environ 80 M$ de crédits compensatoires issus de projets forestiers aux États-Unis.

Des règles municipales cohérentes. Règles provinciales et municipales qui se superposent, réglementations qui varient d’une municipalité à l’autre, exigences adoptées sans égard aux coûts : cet environnement alourdit le coût de production en forêt privée. La Fédération demande d’harmoniser la réglementation sur l’aménagement forestier à l’échelle des MRC et d’en assurer la compatibilité avec les normes provinciales.

L’enjeu dépasse les boisés : en 2025, les producteurs forestiers ont livré 6,2 Mm³ de bois rond à l’industrie, pour des ventes de 534 M$, et quelque 24 300 emplois dépendent des activités des forêts privées.

La plateforme de la forêt privée pour le scrutin du 5 octobre