Le marché du bois en proie aux flammes

L’environnement économique est de nature imprévisible. De façon inattendue, le secteur forestier a amplement profité de la pandémie où la limitation des déplacements de la population et de faibles taux d’intérêt ont dopé le secteur de la construction. L’euphorie a depuis laissé la place à la mélancolie, alors que la hausse des taux d’intérêt pour lutter contre une crise d’inflation a sabré les perspectives du secteur. Pris depuis avec une demande lancinante, le secteur fait maintenant face à une crise imprévisible des approvisionnements alors que les forêts brûlent partout au Canada. Quelles sont les conséquences pour le secteur en général et les producteurs forestiers en particulier?

L’économie toujours à risque d’une récession

Le contexte économique actuel, marqué par une inflation élevée, des politiques monétaires restrictives et une hausse des taux d’emprunt, entraîne un ralentissement du secteur immobilier. On estime que le rythme des mises en chantier aux États-Unis baissera de 16 % en 2023 pour atteindre 1,31 million d’unités, et diminuera de 5,7 % en 2024. Une observation ne modifiant pas pour autant une tendance; le rythme de construction s’est accéléré de 22 % d’un mois à l’autre en juin, reflétant une confiance accrue des entrepreneurs en construction malgré un contexte difficile.

Le secteur de la rénovation souffre également de la conjoncture économique alors que les dépenses consacrées aux améliorations baissent (-8,9 % sur 1 an). Néanmoins, celles-ci restent historiquement élevées en raison de l’appréciation de la valeur nette des logements, du manque de nouvelles maisons abordables et d’un parc de logements vieillissant.

Le ralentissement de ces deux secteurs d’activités, alors que la Réserve fédérale américaine continue d’augmenter les taux d’intérêt pour freiner l’inflation, entraînera une diminution de la demande de matériaux de construction en bois. À preuve, la demande nord-américaine de bois d’œuvre devrait fléchir d’environ 5 % cette année puisque la construction et la rénovation résidentielle accaparent 75 % de ce marché. Les prévisionnistes s’attendent néanmoins l’année suivante à un redressement d’un peu plus de 3 %, alors que la crise s’estompera.

Une offre de bois qui part en fumée

En contrepartie, et pour diverses raisons, l’offre de bois d’œuvre se resserrera en 2023. En Colombie-Britannique, des scieries ferment définitivement en raison d’un manque de fibre, d’une hausse du coût d’approvisionnement et de la contraction du prix du bois d’œuvre. Partout au pays, particulièrement au Québec et en Alberta, une saison des incendies précoce et intensive ralentit la production.

Soit les infrastructures sont en danger, soit l’accès aux forêts est défendu ou bien les communautés sont carrément évacuées. Une part non négligeable de la capacité industrielle est donc hors de combat à court terme, et une autre part pourrait être compromise à plus long terme alors que des entrepreneurs forestiers déplorent déjà que leurs équipements aient été incendiés.

La situation est d’autant plus critique que les réserves de bois des scieries sont généralement faibles à ce temps de l’année, ce qui pourrait contraindre certaines d’entre elles à réduire partiellement ou complètement leurs activités dans les semaines à venir. Comble de malheur, de nombreux experts canadiens estiment que le pays battra un record en termes de nombre de feux en raison des conditions chaudes et sèches qui devraient persister jusqu’à la fin de l’été.

Au Québec, la production de bois d’œuvre résineux accuse déjà un retard de 9,4 % au premier trimestre de 2023. La situation actuelle se traduira nécessairement par un ralentissement de la production de bois d’œuvre, et ce, malgré les efforts de récupération du bois qui seront déployés à très brève échéance. Difficile de rattraper un retard, encore plus difficile si certains entrepreneurs forestiers se retrouvent sur les lignes de côté en attente de nouveaux équipements.

Le prix du bois d’œuvre s’enflamme à court terme

Le prix du bois d’œuvre se trouve dans une phase descendante alors que la demande est structurellement plus faible. La hausse des mises en chantier en mai, conjuguée aux incendies, semble avoir ravivé ponctuellement le prix du bois d’œuvre. À preuve, il a augmenté d’environ 9 % depuis le début de mois de juin. Difficile de juger combien de temps cette conjoncture pourrait durer alors que tôt ou tard, nous observerons un retour à la tendance. Sur l’année, on planche sur une baisse de prix de 46 % en 2023 avant un rebond de 19 % l’année suivante.

Les producteurs forestiers du Québec ont été largement épargnés par les incendies eux-mêmes, bien qu’ils aient aussi eu à subir des arrêts de récolte. Dans l’immédiat, leurs forêts et marchés majoritairement situés plus au sud sont protégés. Néanmoins, à brève échéance, l’ampleur des plans spéciaux de récupération du bois en forêt publique devrait entraîner une hausse non négligeable des approvisionnements disponibles pour l’industrie forestière. Devant l’ampleur de la tâche et le manque de ressources, certains entrepreneurs forestiers œuvrant généralement en forêt privée pourraient être attirés afin de participer à cet effort de guerre. La production de bois rond des forêts privées pourrait incidemment s’en trouver affectée cette année.

Les changements climatiques créeront des conditions plus chaudes et plus sèches qui prolongeront la saison propice aux incendies et, incidemment, la menace des grands feux au Canada. Dans cette optique, il est donc essentiel que les agents du secteur forestier prennent compte de l’augmentation des risques dans sa globalité et réfléchissent à des solutions et des stratégies permettant de les atténuer.

Plus largement, le secteur devra se pencher sur des plans de prévention et d’intervention des catastrophes naturelles où des stratégies d’écoulement du bois devront être mises en place afin d’éviter un déséquilibre entre l’offre et la demande de bois sur les marchés.

Dans tous les cas, il sera important de surveiller attentivement l’évolution de la situation économique, car l’industrie forestière et les producteurs de bois peuvent s’attendre à une période difficile.

Moderniser nos relations

Plusieurs organismes du secteur forestier s’engagent par nécessité dans une course à la modernisation afin de demeurer concurrentiels ou pertinents. L’industrie forestière rénove ses équipements et se consolide, les conseillers forestiers se lancent dans une transition numérique, les entrepreneurs optimisent l’intégration de leurs opérations avec les transporteurs forestiers, alors que les organismes de conservation redoublent d’ingéniosité pour diffuser leurs idées.

L’effervescence est aussi palpable à la Fédération et chez ses affiliés, et ce, autant dans nos propres processus internes que dans nos rapports externes. Ce remue-méninges nous amène parfois à revisiter la relation fournisseur-client existante entre les propriétaires, producteurs, entrepreneurs, transporteurs et conseillers, et l’industrie forestière.

Effectivement, devant des marchés en mutation, trois syndicats de producteurs de bois se sont fermement engagés dans une volonté de négocier collectivement les conditions de mise en marché du bois de sciage. En cherchant à encadrer la relation entre les producteurs et les acheteurs, ces syndicats tentent d’assurer un développement harmonieux de la filière. Ces efforts collectifs et les gains qui en témoignent reposent avant tout sur la volonté de voir la situation des producteurs progresser. Pourrait-on les blâmer?

Bien qu’il insuffle un peu d’espoir aux producteurs, ce changement draconien laisse peu d’acteurs indifférents puisque la formalisation de ces relations se traduit généralement par un encadrement des libertés individuelles. L’immobilisme dans les positions de certains doit parfois être confronté à la volonté collective du changement, la dictature du statu quo ne pouvant prédominer par défaut.

Le respect des champs de compétence et la volonté de faire évoluer ces relations au bénéfice de tous constituent à mon avis l’assise d’un secteur qui cherche à se renouveler et à se développer. Dans tous les cas, l’écoute et l’ouverture sont de mise afin d’assurer que la relation évolue de façon fructueuse entre les parties.

Pour les producteurs et leurs syndicats, cela présuppose l’amélioration de l’offre de service aux industriels forestiers en ajustant le rythme, le niveau ou la qualité des livraisons aux besoins escomptés. Ne nous leurrons pas; ce n’est qu’en devenant les meilleurs fournisseurs que nous nous assurerons que notre matière première devienne effectivement une ressource prioritaire.

Pour les acheteurs de bois? Des conditions de mise en marché satisfaisantes pour les fournisseurs, c’est-à-dire compétitives, lucratives ainsi que prévisibles. On peut présumer que cela inclut aussi le respect des achats prioritaires du bois des forêts privées au détriment de celui des forêts publiques.

En 2021, la récolte et la transformation du bois des forêts privées du Québec ont généré des revenus de 4,7 G$ et assuré près de 24 300 emplois, comme révélé dans le dernier Portrait économique des activités sylvicoles et de la transformation du bois des forêts privées. Nul doute, les producteurs forestiers constituent un atout incontournable pour le secteur forestier, les régions et le Québec. Nous pouvons en être fiers, mais j’ai la prétention de penser que nous pourrions faire encore mieux en modernisant nos relations.

Gaétan Boudreault
Producteur et président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de mai 2023.

La revue Forêts de chez nous – mai 2023 : La multiplication des catastrophes naturelles change la donne

• Éditorial du président – Moderniser nos relations
• Actualités
• Bilan de la mise en marché du bois de la forêts privée 2022
• Changements climatiques et assurances : des dommages de plus en plus prévisibles

Consultez l’édition de mai 2023 en version PDF.

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec les Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

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Hausse ponctuelle des budgets de mise en valeur des forêts privées

La mise en valeur des forêts privées repose principalement sur une collaboration entre l’État et les propriétaires forestiers. Au Québec, le gouvernement intervient en forêt privée depuis plus de 60 ans afin d’inciter les propriétaires à protéger et mettre en valeur leurs boisés et ainsi accroître les retombées économiques de cette activité pour les communautés rurales. La majorité des programmes vise à partager les frais associés à l’aménagement forestier, l’aménagement faunique ou bien la conservation.

Le financement du soutien à la mise en valeur des forêts privées provient principalement du gouvernement provincial auquel s’ajoute une contribution de l’industrie forestière équivalente à 1 $/m³ de bois récolté en forêt privée. Ponctuellement, le gouvernement fédéral financera des initiatives contribuant à la mise en valeur des forêts privées. La part du producteur, estimée à environ 20 % du coût des travaux subventionnés, n’est généralement pas comptabilisée. Notez que le propriétaire devra, dans une majorité de cas, détenir le certificat de producteur forestier pour avoir accès à ces programmes.

Évolution des budgets d’aide à la mise en valeur des forêts privées

En 2022-2023, les sommes disponibles pour la réalisation de travaux sylvicoles ont, en tout et pour tout, atteint 71 M$, en baisse de 2,4 M$ par rapport à l’année précédente. Cette baisse provenait principalement de l’absence d’entente entre le gouvernement du Québec et celui du Canada en ce qui a trait au programme de boisement de 2 milliards d’arbres (-7,8 M$ en 2022-2023), partiellement contrebalancée par un fonds de suppléance ponctuel du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) pour compenser la hausse des prix du carburant (+3,0 M$).

Bilan du congrès des producteurs forestiers

Le 1er juin dernier, s’est tenu à Matane le congrès annuel de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ). Les discussions et les résolutions adoptées par les délégués ont mis en évidence l’importance de l’approvisionnement en bois issu des forêts privées. Les participants ont particulièrement apprécié la table ronde réunissant des représentants de l’industrie, des syndicats et offices de producteurs forestiers, des entrepreneurs et du ministère des Ressources naturelles et des Forêts qui ont échangé sur cet enjeu.

MM. Nicolas-Pascal Côté (MRNF), Jacques Tremblay (SPBSLSJ), Tommy Pelletier (Multiforêt Pelletier), Gilles Couturier (Uniboard) et Vincent Miville (FPFQ) lors de la table ronde sur les enjeux d'approvisionnement en forêt privée le 1er juin 2023 à Matane.

En soirée, le prix Henri-Paul-Gagnon a été remis à M. Raymond Thibeault qui a œuvré plus de 40 ans en syndicalisme forestier en tant que directeur du Syndicat des producteurs de bois de Nicolet puis du Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec.

Finalement, le président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, M. Gaétan Boudreault, a été élu par acclamation lors de l’assemblée générale annuelle des membres qui a eu lieu le lendemain. Il sera épaulé dans son rôle par M. André Roy qui conserve son poste de 1er vice-président ainsi que M. Pierre-Luc Arsenault qui devient 2e vice-président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec.

 

Consultez la section AGA et congrès annuel pour en savoir plus.

M. Raymond Thibeault, lauréat 2023 du prix Henri-Paul-Gagnon

Matane, le 2 juin 2023. – Monsieur Raymond Thibeault, qui a dédié sa carrière au service des producteurs forestiers a reçu le prix Henri-Paul-Gagnon lors du banquet du congrès de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) tenu à Matane ce 1er juin.

M. Raymond Thibeault a œuvré plus de 40 ans en syndicalisme forestier, dirigeant tour à tour le Syndicat des producteurs de bois de Nicolet puis le Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec. Il a su mener à bien ses mandats de porte-parole et de négociateur pour un groupe important d’offices au fil du temps et a contribué à des relations respectueuses et harmonieuses avec les partenaires régionaux, ses collaborateurs et ses équipes tout au long de sa carrière.

De 1974 à 1986, M. Thibeault a dirigé le Syndicat des producteurs de bois de Nicolet (maintenant du Centre-du-Québec). Puis, en 1986, il a rejoint le Syndicat des producteurs de bois de l’Estrie (maintenant du Sud du Québec) à titre de directeur général, poste qu’il quittera en 2015. Parmi ses réalisations, notons sa participation à la fin des années 70 à la mise en place des groupements forestiers dans le Centre-du-Québec et à la consolidation du territoire entre le Plan conjoint du Sud du Québec avec la portion montérégienne du territoire du Plan conjoint du Sud-Ouest. Autre réalisation notable, en 2009 il a participé à la mise en place de la certification forestière FSC® sur le territoire du Plan conjoint du Sud du Québec, soit un des plus grands certificats en Amérique du Nord en petite forêt privée.

Sa très grande foi en l’action collective l’a mené à organiser plusieurs manifestations en faveur des producteurs forestiers comme celle de 1990 à l’Assemblée nationale de Québec pour la majoration des budgets d’aménagement forestier ou celle à l’automne 1999 à Windsor contre la baisse des prix chez Domtar. Il a également été impliqué dans la manifestation de décembre 2008 en marge du Sommet sur la forêt à l’Assemblée nationale de Québec.

Le prix Henri-Paul-Gagnon
Le prix Henri-Paul-Gagnon est décerné annuellement à une personne ayant contribué de façon exceptionnelle à la vie syndicale dans le secteur de la forêt privée. Institué en 2010, le prix est attribué à la mémoire de M. Henri‑Paul Gagnon, originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, président fondateur de la fédération en 1970.

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Renseignements :
M. Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0540, poste 8201 | vmiville@upa.qc.ca

Bois à vendre en forêt privée!

La forêt privée dispose toujours d’importants volumes de bois qui permettraient à l’industrie forestière de combler ses besoins en approvisionnement et ainsi réaliser des opportunités d’affaires intéressantes. En tout et pour tout, environ 2,1 Mm³ de bois rond demeurent disponibles en forêt privée pour approvisionner plusieurs usines de transformation sur l’ensemble du territoire.

Pour la période 2023-2028, les 13 gestionnaires régionaux de plans conjoints de producteurs de bois et le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) ont conjointement évalué qu’il serait réaliste de mobiliser annuellement 8,1 Mm³ de bois par année en forêt privée, sur une possibilité de récolte forestière de 17,0 Mm³. Ce volume correspond à la somme de tous les produits, résineux et feuillus, de qualité trituration, sciage et déroulage. La récolte de bois de chauffage, estimée à 1,8 Mm³ par année, est exclue de cette évaluation.

Le volume mobilisable est déterminé à l’aide des données de possibilités de récolte forestière, des historiques de production, des conditions d’achat sur le marché, des ressources disponibles pour accompagner les propriétaires dans la récolte et le transport de bois, en plus d’une estimation de la volonté des propriétaires de récolter ou de faire récolter du bois dans leur boisé.

Toutes choses égales d’ailleurs, la comparaison entre la récolte réelle en 2022 et l’estimation du volume de bois mobilisable permet d’établir les volumes de bois sans preneur pouvant soutenir le développement de l’industrie forestière. À l’échelle de la province, toutes essences et qualités confondues, les propriétaires forestiers ont récolté 74 % du bois mobilisable en 2022.

Tordeuse des bourgeons de l’épinette – Les producteurs rassurés de la reconduction du programme de protection

Longueuil, le 4 mai 2023. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est rassurée de l’annonce de reconduction du programme de protection contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette pour la petite forêt privée par la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Mme Maïté Blanchette Vézina.

Au cours des 5 dernières années, près de 75 000 hectares de peuplements forestiers vulnérables ayant bénéficié d’investissements sylvicoles ont profité d’un arrosage d’insecticide biologique Btk. La prolongation pour une durée de 4 ans permettra de soutenir les producteurs forestiers désirant protéger leurs boisés face à cet insecte ravageur.

« Nous avons attendu avec impatience cette annonce de reconduction, car l’épidémie n’a pas pris de pause », a indiqué le président de la FPFQ, M. Gaétan Boudreault. La poursuite des opérations d’arrosage s’avère nécessaire, puisqu’en 2022 l’épidémie ravageait toujours 13 % de la superficie des forêts privées et affectait environ 21 000 propriétaires de boisés.

L’arrosage constitue la pierre d’assise d’une stratégie intégrée de lutte contre cet insecte ravageur, mais d’autres séries de gestes doivent l’accompagner. La FPFQ tient à rappeler aux producteurs l’importance de procéder à des coupes préventives dans les peuplements vulnérables, à défaut de quoi des volumes importants de bois devront être récupérés simultanément.

À cet effet, M. Gaétan Boudreault espère obtenir « la coopération du ministère pour mieux coordonner les récoltes en provenance des forêts publiques et privées afin d’éviter le gaspillage de cette ressource. Il faudra aussi prévoir les mesures de soutien pour remettre en production les sites affectés ».

La FPFQ invite les propriétaires forestiers à consulter le site foretprivee.ca/tordeuse afin de s’informer sur l’épidémie, obtenir des conseils pratiques et se renseigner sur le programme d’arrosage.

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La Fédération des producteurs forestiers du Québec salue la bonification du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées

Longueuil, le 2 mai 2023. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) salue l’annonce de la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Mme Maïté Blanchette Vézina, visant à bonifier de 5 M$ le Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées.

Toute action visant à améliorer les enveloppes budgétaires dédiées à l’aménagement des forêts privées permet à davantage de propriétaires forestiers de mettre en valeur leurs boisés en améliorant la qualité de leurs peuplements et en assurant la remise en production des sites récoltés. Rappelons que la FPFQ avait demandé l’accroissement des budgets, car ils permettent de valoriser un peu plus le potentiel de récolte inexploité des forêts privées.

« Nous remercions la ministre pour cette aide ponctuelle qui permettra de juguler en partie les effets néfastes de l’inflation qui érodent la quantité de travaux d’aménagement pouvant être réalisés en forêt privée », a indiqué le président de la FPFQ, M. Gaétan Boudreault.

D’autres efforts de soutien budgétaire devront manifestement être prévus, et d’autres enjeux adressés, si nous souhaitons accroître le rôle déterminant des producteurs au dynamisme des communautés rurales. La lutte contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette, l’adaptation des forêts aux changements climatiques, l’aide à la protection de la biodiversité et une simplification du contexte réglementaire constituent autant de dossiers qui préoccupent les producteurs souhaitant aménager leurs boisés.

« La ministre peut compter sur la collaboration de la Fédération des producteurs forestiers du Québec pour proposer des solutions qui permettront aux 134 000 propriétaires forestiers québécois de mettre à profit leur patrimoine, leur savoir-faire et leur dynamisme afin de contribuer au développement durable des forêts privées », a conclu M. Gaétan Boudreault.

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Renseignements :
M. Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0540, poste 8201 | vmiville@upa.qc.ca

La responsabilité du monde municipal dans le développement du secteur forestier

Au fil du temps, et c’est encore le cas aujourd’hui, la sylviculture des forêts privées par les 134 000 propriétaires de boisés du Québec a permis d’assurer le développement et l’occupation dynamique de nombreuses régions ainsi que d’importantes retombées économiques pour une panoplie de communautés.

La faible rentabilité des activités forestières a forcé l’État à mettre en place des mesures pour soutenir le travail des producteurs forestiers afin d’assurer une mise en valeur du potentiel de leurs boisés pour sécuriser l’approvisionnement de l’industrie forestière.

Fait méconnu, l’autorité des municipalités sur la gestion des forêts privées est plus importante que celle exercée par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF). Ainsi, ce sont les municipalités qui disposent, en vertu de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, du pouvoir de réglementer l’abattage d’arbres et la protection du couvert forestier. Le pouvoir de taxation conféré par la Loi sur la fiscalité municipale vise également les boisés privés. Ces deux leviers permettent aux élus de contrôler le niveau d’activité sylvicole dans les forêts privées et les retombées économiques qui en dépendent.

Le cadre réglementaire visant l’aménagement et la protection des forêts privées s’est construit une étape à la fois, mais l’adoption et la multiplication de nouvelles réglementations se sont toujours traduites par un accroissement du degré de complexité lié à l’organisation d’une activité d’aménagement forestier. Pourtant, l’activité forestière peut très bien être complémentaire à une majorité d’autres usages du territoire tout en maintenant les fonctions écologiques des écosystèmes forestiers.

La FPFQ suggère quelques modifications au projet de loi qui permettront de simplifier et d’harmoniser ce cadre réglementaire au bénéfice de l’État, des citoyens et d’un aménagement durable de la forêt privée.

Lire le mémoire en totalité.

Mémoire déposé à la Commission de l’aménagement du territoire dans le cadre des consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi no 16, Loi modifiant la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme et d’autres dispositions.

Avril 2023

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