Les producteurs forestiers répondent à la forte demande

Au cours des 18 derniers mois, une récession d’une ampleur inattendue a laissé place à une reprise économique vigoureuse, mais inégale. De toute évidence, la volatilité a imprégné le marché des produits forestiers. D’une part, l’inadéquation entre l’offre et la demande de matériaux de construction en bois a propulsé leur prix vers une ascension vertigineuse puis dans une chute tout aussi brutale. D’autre part, hors de l’attention des médias, d’autres produits forestiers comme les pâtes et papiers ont vu leurs marchés s’améliorer après plusieurs trimestres où l’industrie n’a cessé de jongler avec l’offre afin de la coupler avec une demande évasive. Cette volatilité s’est également reflétée dans la mise en marché des producteurs forestiers qui s’est illustrée dans la première moitié de l’année, mais qu’en sera-t-il de la seconde?

Le prix des produits de construction en bois brise des records
La mise en marché des producteurs forestiers est particulièrement sensible au bon fonctionnement des activités de construction et de rénovation puisque tout près des trois quarts de leurs livraisons de bois sont destinés aux scieries de sapin-épinette ainsi qu’aux usines de panneaux OSB.

Le rythme des mises en chantier, tant aux États-Unis qu’au Canada, demeure nettement supérieur au niveau prépandémique en raison des bas taux hypothécaires et de l’avènement du télétravail. En effet, les mises en chantier aux États-Unis et au Canada en juillet ont atteint un rythme moyen de 1,80 million d’unités sur une base annualisée, en hausse de 25 % comparativement à juillet 2019. Seule ombre au tableau, l’émission de permis de construction connaît une trajectoire décroissante depuis le mois de mars 2021, fort probablement en raison de la hausse de prix démesurée des maisons unifamiliales au cours de la dernière année (+20 %).

La revue Forêts de chez nous – septembre 2021 : Bois de scierie mobile : ce qu’il faut savoir avant de l’intégrer à un bâtiment

• Éditorial du président – Amorcer un dialogue constructif avec les élus municipaux
• Actualités
• Bois de scierie mobile : ce qu’il faut savoir avant de l’intégrer à un bâtiment
• Les municipalités au coeur du développement de la forêt privée

Consultez l’édition de septembre 2021 en version PDF.

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec les Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

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Amorcer un dialogue constructif avec les élus municipaux

Au cours des dernières années, nous avons su convaincre les élus provinciaux de l’importance d’améliorer les mesures de soutien aux producteurs forestiers dans l’optique d’accroître l’approvisionnement en bois des usines de transformation et de contribuer ainsi au développement économique de plusieurs régions. Mais, au-delà de ce coup de pouce, les producteurs doivent également pouvoir compter sur un régime d’aménagement qui encourage la mise en valeur de leurs boisés.

Le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation élabore présentement une Stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires afin d’actualiser les orientations d’aménagement du Québec. L’occasion est belle pour notre organisation de proposer des solutions afin d’accroître la cohérence entre les politiques de soutien à la production de bois et le régime d’aménagement des forêts privées.

Par contre, je m’inquiète que le message que nous véhiculons ne trouve pas partout écho, notamment dans le milieu municipal où la complexification du contexte réglementaire mine les efforts d’aménagement durable du territoire forestier. En effet, je me désole de constater que la production forestière y est parfois découragée.

Les élus municipaux ont un rôle significatif à jouer pour simplifier la réglementation en forêt privée puisque ce sont les municipalités qui y régissent l’abattage d’arbres et la protection du couvert forestier. Ils devraient reconnaître et soutenir le travail des 134 000 propriétaires forestiers du Québec qui sont des gestionnaires locaux responsables de la mise en valeur de la majorité du territoire municipalisé du Québec. 

Plusieurs pistes de solution doivent être portées à leur attention. Ils peuvent appuyer l’adoption de dispositions réglementaires simples qui favorisent l’aménagement durable de la forêt privée et répondent aux besoins des producteurs forestiers. Plus simple encore, ils peuvent transférer le pouvoir d’établir des réglementations sur les activités forestières de leur municipalité à leur MRC afin de se doter d’une réglementation uniforme, cohérente et conciliante à l’échelle régionale. Encore mieux, ils peuvent diminuer le taux des taxes foncières de la nouvelle catégorie d’immeubles forestiers afin de soutenir le travail des producteurs forestiers qui vitalisent le tissu économique de leur municipalité.

À l’aube des élections municipales qui auront lieu cet automne, il est temps pour tous les producteurs forestiers d’amorcer un dialogue constructif avec les candidats aux élections municipales. Nous ne pourrons être trop nombreux à sensibiliser les quelque 8 000 élus dans plus de 1 100 municipalités du bienfait de nous appuyer dans la mise en valeur de nos boisés.

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de septembre 2021.

Nouveaux crédits compensatoires pour le carbone forestier afin de lutter contre les changements climatiques

Longueuil, le 9 août 2021. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) se réjouit de l’annonce du ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, monsieur Benoit Charrette, qui a dévoilé des protocoles qui permettront la vente de crédits de carbone forestier à la bourse du carbone. Cette initiative permettra dorénavant aux producteurs forestiers du Québec de vendre des crédits compensatoires issus de certains travaux de boisement et reboisement aux entreprises désirant compenser leurs émissions.

Pour le président de la FPFQ, monsieur Pierre-Maurice Gagnon, « les propriétaires forestiers attendaient depuis longtemps cette opportunité d’accéder au marché du carbone afin de financer la mise en valeur de leurs boisés et ainsi poursuivre la séquestration du carbone. Ce geste de reconnaissance officialise le rôle déterminant que peuvent jouer les propriétaires forestiers dans la lutte contre les changements climatiques ».

Au fil du temps, des dizaines de milliers de propriétaires forestiers québécois ont réalisé des travaux sylvicoles pour accroître la productivité de leurs boisés. La saine gestion de ce patrimoine forestier au cours des 50 dernières années a permis d’accroître de 6,8 % le couvert forestier et de 44 % les volumes de bois sur pied dans les forêts privées.

La FPFQ attend avec impatience d’autres protocoles qui permettront de mesurer et rémunérer l’ensemble de la gamme de travaux forestiers qui augmentent la productivité des forêts et accroissent la séquestration de carbone. Pour M. Pierre-Maurice Gagnon, « l’œuvre des producteurs forestiers doit être reconnue au-delà des activités de boisement, car la sylviculture de nos boisés est un outil complémentaire pour nous permettre de relever le défi que posent les changements climatiques ».

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Renseignements :

Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0530, poste 8201
vmiville@upa.qc.ca      foretprivee.ca

Projet de régime transitoire de gestion des zones inondables, des rives et du littoral

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) a annoncé le début d’une consultation publique relativement au projet de régime transitoire de gestion des zones inondables, des rives et du littoral. Il s’agit ici d’un règlement provincial d’application municipale.

Tel que présenté, le principal impact de ce règlement pour les producteurs forestiers serait l’obligation d’obtenir un permis municipal pour les travaux d’entretien, de réfection et de construction de chemins et traverses de cours d’eau réalisés en littoral, en rive ou en zone inondable de récurrence 0 à 20 ans et de 0 à 100 ans. Ceci inclut aussi tous les types de traverses pour les cours d’eau temporaires et intermittents.

L’obtention du permis serait conditionnelle au dépôt d’informations techniques, comme la délimitation des milieux hydriques sur le lot visé et la mesure des superficies affectées par l’activité. Le coût des permis serait fixé par les municipalités. Toutefois, les amendes prévues par le MELCC sont de l’ordre de 2 500 $ à 1,5 M$ advenant une infraction ou si le permis n’a pas été obtenu avant le début des travaux.

Évidemment, la FPFQ s’inquiète face à l’instauration de ce régime d’autorisation municipale et souhaite que l’ensemble des activités d’aménagement forestier soit soustrait de cette obligation. Six raisons motivent cette contestation.

Lancement de la bourse commémorative Peter-deMarsh

Ottawa, le 8 juillet 2021. Afin d’honorer la mémoire de Peter deMarsh, la Fédération canadienne des propriétaires forestiers crée la bourse commémorative qui sera remise annuellement à un étudiant engagé dans un projet de maîtrise ou de doctorat portant sur les propriétaires forestiers, et à un représentant d’un organisme de propriétaires forestiers souhaitant participer à une conférence internationale sur l’environnement.

Une bourse qui se distingue par son originalité
Une première bourse de 10 000 $ sera remise à un étudiant canadien ou étranger en voie de terminer ses travaux de maîtrise ou de doctorat dans une université canadienne. Le projet de recherche devra s’intéresser aux rôles des propriétaires de boisés ou des associations de propriétaires de boisés dans la résolution d’enjeux sociaux, économiques ou environnementaux. Très souvent, des étudiants ont terminé leurs années de scolarité de maîtrise ou doctorat sans pour autant avoir finalisé la rédaction de leur mémoire ou thèse. Cette bourse permettra d’offrir un délai de quelques mois pour compléter cette rédaction, avant de retourner sur le marché du travail.

De plus, Peter deMarsh était particulièrement préoccupé par l’absence de représentants de propriétaires forestiers, faute de moyen financier pour y participer, aux grands forums internationaux établissant des orientations sur l’environnement. Une bourse pouvant totaliser 3 000 $ pourra ainsi être remise pour aider des représentants d’organismes de propriétaires forestiers canadiens ou étrangers à participer à des conférences internationales portant sur des enjeux interpelant les propriétaires forestiers.

Les règles d’attribution de ces bourses sont disponibles sur le site forestowners.ca.

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À propos de Peter deMarsh
Peter deMarsh a travaillé toute sa vie à convaincre des dizaines de millions de propriétaires forestiers à travers la planète d’agir collectivement au sein d’organisations régionales, nationales et internationales afin de mieux défendre leurs intérêts. Au Nouveau-Brunswick, il l’a fait en participant au développement du North Shore Forest Products Marketing Board et agissant comme président de York Sunbury Charlotte Forest Products Marketing Board entre 1972 et 1988. Cette conviction s’est également manifestée par son implication dans la fondation de la Fédération des propriétaires de boisés du Nouveau-Brunswick en 1976. Il a poursuivi ce travail en cofondant la Fédération canadienne des propriétaires de boisés en 1989 et en participant activement à la création de l’Alliance internationale pour la foresterie familiale en 2002 pour porter la voix des propriétaires forestiers au sein des forums internationaux.

À la présidence de ces organisations, il fut à même de constater que les enjeux vécus par les propriétaires et producteurs forestiers à travers le monde présentent de grandes similarités. L’essence de son message était simple : les propriétaires forestiers sont les mieux placés pour assurer une gestion durable du patrimoine naturel, connaissant intimement leur territoire et le transmettant d’une génération à l’autre, souvent dans la même famille.

À propos de la Fédération canadienne des propriétaires forestiers
La Fédération canadienne des propriétaires forestiers (FCPF) fait la promotion des intérêts économiques et sociaux des propriétaires forestiers en présentant leurs points de vue par une voix nationale unie.

Renseignements :

Marc-André Côté, ing.f., Ph. D.
Fédération des producteurs forestiers du Québec
macote@upa.qc.ca

Accroître la cohérence entre les politiques de soutien à la production de bois et le régime d’aménagement des forêts privées

Adoption d’une stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires

En janvier dernier, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) a procédé au lancement de la conversation nationale sur l’urbanisme et l’aménagement du territoire afin de permettre au gouvernement du Québec de consulter la population sur le cadre législatif d’aménagement.

Cette consultation se soldera par l’adoption de la Stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires au printemps 2022 qui permettra de favoriser le respect de la mise en valeur des différents territoires et de renforcer leur attractivité. Cette plate-forme permet de rappeler que la forêt privée doit être reconnue comme un territoire où la production forestière et acéricole doit être valorisée par des réglementations et politiques d’aménagement cohérentes.

L’incohérence entre les politiques de production de bois et le régime d’aménagement en forêt privée

La forêt privée, qui appartient à 134 000 propriétaires de boisés, représente 64 % du territoire municipalisé du Québec. Sans aucun doute, le régime d’aménagement des forêts privées doit considérer les efforts des producteurs forestiers qui sont des gestionnaires locaux responsables de la mise en valeur de la majorité du territoire municipalisé du Québec.

Portrait géographique de la forêt privée du Québec

Est-ce que le prix du bois d’oeuvre reviendra à la normale?

En l’espace de quelques semaines, le prix du bois d’œuvre a connu sa chute la plus rapide et brutale depuis les années 1980. Le contrat à terme sur le bois d’œuvre, donc inscrit à la bourse, est passé de de 2 044 $ CA/MPMP le 7 mai à moins de 974 $ CA/MPMP le 28 juin. Malgré cette baisse de 52 %, il est important de rappeler qu’au niveau actuel, le prix du bois d’œuvre demeure près de deux fois supérieur à sa moyenne historique (≈570 $ CA/MPMP).

Décidément, la course historique du prix du bois d’œuvre entre dans une deuxième phase où le retour à la vie normale provoquera un nouvel équilibre entre l’offre et la demande de bois d’œuvre.

Cet effondrement historique coïncide avec une baisse de la vente de maisons aux États-Unis et d’un ralentissement des activités de rénovation résidentielle. D’une part, le boom immobilier induit par la baisse des taux hypothécaires et l’avènement du télétravail prend une pause au moment où les prix médians des maisons aux États-Unis (+20 %) et au Canada (+37 %) ont bondi au cours de la dernière année.

D’autre part, le retour à la normale dans un monde où plus de 46 % des Américains ont reçu une deuxième dose de vaccin contre la COVID-19 semble tempérer l’engouement des projets de rénovations résidentielles. Rappelons que les projets de rénovation consomment autant sinon plus de bois d’œuvre que la construction résidentielle. Lentement, mais sûrement, nous assistons à un transfert du crédit discrétionnaire des consommateurs du marché immobilier vers les secteurs délaissés pendant la pandémie tels que la restauration, les loisirs et la villégiature. Signe que les Américains quittent leurs patios pour les voyages : le trafic aérien américain est actuellement à 80 % de son rythme de 2019, contrairement à seulement 20 % vers la fin de juin 2020.

Du côté de l’offre, les livraisons de bois d’œuvre par rail ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de la pandémie et plusieurs projets d’agrandissement ou de démarrage de scieries sont en branle. À Princeville, la scierie Bois LIB devrait débuter ses opérations sous peu. Les exportations primordiales de bois d’œuvre de la Colombie-Britannique vers les États-Unis pour les 4 premiers mois de l’année sont en augmentation de 33 % par rapport à 2020. Bien que ces données soient encourageantes afin de résorber la pénurie de bois d’œuvre, la menace de feux de forêt dans l’ouest du continent pourrait mener à une interdiction des activités de récolte, ce qui laisse présager des problématiques d’approvisionnement.

Le consensus du marché prévoit que le prix du bois d’œuvre oscillera autour de 765 $ CA/MPMP en 2022, ce qui est nettement supérieur au prix moyen de 430 $ CA/MPMP observé de 2007 à 2019, suivant l’éclatement de la bulle immobilière américaine. Ainsi, si le secteur immobilier demeure robuste tel qu’anticipé, la nouvelle normale pour le prix du bois d’œuvre pourrait être semblable à la période de 1994 à 2006 où le prix moyen du bois d’œuvre a été de 680 $ CA/MPMP alors que les mises en chantier américaines dépassaient les 1,5 million d’unités par année comme c’est présentement le cas.

Choisir sa fendeuse à bois

Qu’elles soient électriques, à essence, au diesel ou attachées au tracteur, les diverses fendeuses à bois présentes sur le marché disposent de nombreuses options. Forêts de chez nous vous présente une variété de fendeuses utiles pour les abatteurs manuels ou les propriétaires de boisés privés dont les besoins varient de quelques dizaines à quelques centaines de cordes de bois par année.

Avant d’acheter une fendeuse à bois, il faut d’abord déterminer ses besoins et ses préférences. Quelle quantité de bois doit-on couper et quelle est la longueur des bûches désirée? Préfère-t-on utiliser une fendeuse à moteur, une fendeuse électrique ou une fendeuse connectée à un tracteur et quel usage en ferons-nous?

« Quand on choisit une fendeuse qui s’installe sur un tracteur, il faut savoir que le tracteur doit toujours être en marche pour l’utiliser », mentionne Jonathan Gagnon, représentant des pièces pour Équipements Gagnon, à Maskinongé.

Les facteurs à surveiller

Chaque fendeuse ayant des capacités différentes, il importe de déterminer la longueur des bûches qu’on désire couper, de même que la quantité. La hauteur de la table de travail est aussi un élément à surveiller pour faciliter le travail des opérateurs. Par ailleurs, de plus en plus de manufacturiers offrent maintenant la possibilité de fendre le bois à l’horizontale ou à la verticale. Une très belle option pour éviter des blessures, notre Jonathan Gagnon.

De plus, la force de la fendeuse est aussi un facteur à ne pas négliger, car elle permet non seulement de produire plus de bois, mais aussi de travailler plus rapidement, remarque pour sa part Marco Lapointe, propriétaire d’Armand Lapointe Équipement, à Saint-Victor, en Beauce. Il note aussi que plusieurs modèles sont offerts avec une alimentation à l’essence ou électrique, mais que cette option permet moins de puissance.

Les plus populaires

Jonathan Gagnon recommande d’opter pour une modèle avec une puissance d’une vingtaine de tonnes. « Pour la majorité des utilisateurs, et même pour certaines utilisations commerciales, c’est une puissance suffisante, dit-il. Les machines les plus populaires sont les fendeuses sur roues avec un moteur indépendant, qui peuvent être utilisées sur n’importe quel véhicule. »

Pour fendre de 30 à 100 cordes de bois par an, Jonathan Gagnon recommande la Métavic 3526.

Pour fendre de 30 à 100 cordes de bois par an, Jonathan Gagnon recommande trois modèles : la Métavic 3526 (3 500 $), la Wallenstein WX980 (3 800 $) et le modèle 40-24 (3 500 $), des Équipements Woody.

« Métavic et Équipements Woody sont deux entreprises québécoises qui font d’excellents produits et les clients apprécient beaucoup que le soutien se fasse en français », dit-il.

Les Équipements Woody, une entreprise québécoise qui fait d'excellents produits.
Gilles Gravel recommande les fendeuses Oregon de 22 et de 28 tonnes, car celles-ci offrent le meilleur rapport qualité-prix pour fendre de 25 à 50 cordes de bois.

De son côté, Gilles Gravel, propriétaire des Industries Renaud Gravel, à Saint-Cléophas-de-Brandon, recommande pour sa part les fendeuses Oregon de 22 et de 28 tonnes, car celles-ci offrent le meilleur rapport qualité-prix pour fendre de 25 à 50 cordes de bois. Le modèle de 22 tonnes, par exemple, se vend 1 595 $. « Par le passé, on faisait nos propres fendeuses, mais il est difficile d’arriver avec d’aussi bons prix qu’un géant comme Oregon », soutient l’homme, qui préfère se concentrer sur des machines pour de plus grandes productions.

Pour les besoins importants

Pour fendre 300 cordes, Gilles Gravel recommande la FGRM (Fendeuse Gravel Remorque Moteur) au coût de 6 000 $, qui offre une meilleure ergonomie, plus de puissance et une plus grande vitesse de travail. Un système hydraulique soulève les bûches avant de les amener sur la table de travail, ce qui réduit la manutention et les blessures. D’autres modèles, comme le FS 300 (12 500 $) de Wood-Mizer offrent également un levier hydraulique en option.

Selon Sylvain Vouligny, propriétaire de Gespro Équipement, les producteurs qui ont des visées commerciales privilégient de plus en plus les modèles qui permettent de ne jamais manipuler le bois à la main. Le système de la compagnie Posch, sous le nom commerciale Parkfix, permet de mettre le bois directement sur une palette et de l’enrober d’un filet qui permet un séchage rapide. Certains modèles permettent aussi d’ensacher le bois directement dans des sacs, autant pour le bois allumage que le bois de foyer. C’est notamment le cas du Syloflam 450 de Rabaud ou d’AutoSplit350 de Posch. Le prix de ces machines oscille entre 15 000 et 35 000 $, selon les options.

La compagnie Gespro Équipement offre aussi du financement ou une location de bail pour ses équipements.

Un combiné scieur/fendeur Xylog 600 en poste fixe, cribleur de bûches et tapis d'évacuation

20 tonnes - Puissance de la fendeuse recommandée pour la majorité des utilisateurs et même certaines utilisations commerciales.
193 $ - Prix pour la location pour une semaine d'une fendeuse Wallenstein chez Simplex.

Des fendeuses différentes pour différents besoins

Processeurs à bois

Brad Charby, représentant pour Wood-Mizer, note que la tendance actuelle est aux processeurs à bois, qui permettent de scier, de fendre et d’empiler le bois en une seule opération. « Le processeur à bois prend une bille de 8 pieds de long, la coupe à 16 pouces, la fend en deux ou en quatre avant de la charger dans la remorque en une minute », lance le représentant qui distribue les produit Hakky Pilke (à partir de 15 000 $), des machines robustes permettant de produire six cordes à l’heure.

Gespro Équipement vante également les mérites des processeurs à bois, soulignant que les modèles haut de gamme de Posch offrent un rendement inégalé. « Il y a le modèle Spaltfix 375 avec scie ronde de Posch par exemple, ou le XYLOG390 de Rabaud, toujours avec scie ronde. Ce type d’équipement est toutefois beaucoup plus cher puisqu’il coûte près de 30 000 $ », explique M. Vouligny. Gespro Équipement offre aussi des processeurs industriels qui peuvent produire automatiquement plus de 30 cordes à l’heure. « Toute l’information nécessaire sur nos différents produits se retrouve sur notre site Web au www.gesproequipement.com », ajoute M. Vouligny.

La location, pourquoi pas?

Finalement, si vous n’avez pas une grande quantité de bois et que vous voulez fendre le tout rapidement, la location d’une fendeuse pourrait s’avérer votre meilleure option. Plusieurs distributeurs d’équipements comme Lou-Tec, Simplex, Location Pro, Équipements Saint0Vallier ou autres, offrent justement ce service à bon marché. Par exemple, Simplex loue une fende à vois Wallenstein de 20 tonnes, qui fonctionne à l’essence à un coût de 57,50 $ par jour, 193 $ par semaine ou 422,50 $ par mois.

Selon Sylvain Vouligny, les modèles haut de gamme de Posch offrent un rendement inégalé.

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de septembre 2018.

Faire d’une pierre deux coups – Produire son bois de chauffage tout en aménageant sa forêt

Au Québec, près de quatre propriétaires forestiers sur cinq récoltent du bois sur leurs lots pour assurer le chauffage de leur maison, de leur chalet ou de leur évaporateur à sirop d’érable. Même si cette pratique remontant au début de la colonisation semble inscrite dans nos gènes, elle n’a plus grand-chose en commun avec l’image traditionnelle des bûcherons de nos livres d’histoires.

« Je dirais qu’on retrouve aujourd’hui autant de propriétaires privés que de producteurs commerciaux, mais ces derniers accaparent environ de 85 à 90 % du marché du bois de chauffage », estime l’ingénieur forestier Sylvain Rajotte.

Directeur général d’Aménagement forestier et agricole des Sommets, à Coaticook, il a été témoin de la transformation du marché. « Il y a 40 ans, on retrouvait des gens qui produisaient des quantités limitées de bois de chauffage comme 20, 30, 40 ou 50 cordes. Puis, ils vendaient ça et ça leur procurait un revenu d’appoint. Aujourd’hui, quelqu’un qui fait du bois de chauffage se doit d’être productif, sinon il va travailler sous le salaire minimum. »

Selon Sylvain Rajotte, il existe deux types de producteurs : celui qui bûche pour ses propres besoins ou ceux de sa famille et celui qui s’équipe en vue d’une production commerciale. « Ce dernier va acquérir un moulin à bois de chauffe qui peut produire de quatre à cinq cordes à l’heure, coupées et fendues. Pour un homme qui travaille manuellement, faire une corde à l’heure, c’est beau pas à peu près. Il va pouvoir le noter dans son agenda. » Le prix des moulins à bois de chauffage varie évidemment selon le modèle et la qualité, mais il faut compter au moins 8 000 $ pour un équipement de base. 

Une situation que confirme Jean-Paul Roy, un entrepreneur électricien à la retraite de Coaticook, qui bûche depuis près de 50 ans. Il faisait partie, jusqu’à il y a quelques années, de ces propriétaires qui vendaient des cordes de bois. « Je ne touche plus à ça. C’est de l’ouvrage pis ce n’est pas vraiment payant. Tu travailles pour 7, 8, 10 $ l’heure. Travailler à ces prix-là dans ce temps-ci, oubliez ça. Les clients sont de plus en plus difficiles et la rentabilité n’est plus là », précise celui qui se contente aujourd’hui de couper les 12 cordes de bois nécessaires à ses propres besoins.

Le conseil de l'ingénieur forestier Sylvain Rajotte aux propriétaires forestiers désireux de récolter leur bois de chauffage : "Ayez une bonne connaissance de votre forêt et, préférablement, un plan d'aménagement pour bien diriger vos interventions."
12 % des Québécois utilisent un appareil au bois comme principale source de chauffage
78 % des gens ont recours à l'électricité

Analyser… puis couper

La première chose que doit savoir un producteur forestier désirant couper son bois de chauffage, c’est qu’il est bien important de bien connaître son boisé. « Un plan d’aménagement, c’est encore mieux puisque ça aide à diriger ses interventions », précise Sylvain Rajotte.

Et l’élément essentiel que le propriétaire doit toujours conserver en tête, c’est que le bois de chauffage se retrouve au bout de la ligne de la valorisation du bois. Dans un premier temps, un arbre sera donc abattu pour les produits de qualité qu’on pourra en extraire : le bois de déroulage d’abord, puis le bois de sciage, et enfin, ce qu’on appelle communément le bois de palette. Dans un deuxième temps, une autre section de l’arbre servira à alimenter les papetières comme Domtar en Estrie ou Fortress en Outaouais. « C’est juste ensuite qu’on arrive au bois de chauffage », explique l’ingénieur forestier.

Augmenter sa productivité

Tout en permettant de générer une douce chaleur dans les habitations durant les longs mois d’hiver, la récolte du bois de chauffage se veut aussi la meilleure façon d’augmenter la productivité des boisés. « Cela permet de dégager les arbres en pleine croissance qui présentent une plus grande valeur commerciale », note Marc-André Rhéaume, responsable à l’aménagement forestier à la Fédération des producteurs forestiers du Québec. C’est ainsi que l’ingénieur forestier suggère de commencer à couper le bois mort, les arbres qui dépérissent, qui sont renversés ou ont le tronc courbé. « La récolte du bois de chauffage, c’est une bonne activité pour s’initier à l’aménagement de sa forêt », ajoute-t-il.

Sur ses 350 acres de lots, où il extrait annuellement 60 grosses cordes (4 pi x 4 pi x 8 pi) pour le bois d’oeuvre, Jean-Paul Roy met en pratique cette règle de base en sylviculture. « Une forêt, c’est comme un grand jardin. Pis un jardin, ça prend du temps à produire », philosophe-t-il.

La période idéale pour couper le bois est en hiver lorsque la sève a totalement quitté l’arbre, mais on peut aussi s’y mettre à l’automne dès que les feuilles sont tombées, explique Marc-André Rhéaume. « Ce qui fait la qualité du bois, c’est un bon fendage qui permet de bien le sécher et un bon entreposage. Du bois trop humide, c’est ça qui encrasse les cheminées et qui crée une fumée qui n’est pas intéressante », renchérit Sylvain Rajotte.

Une fois coupé et fendu, le bois sera disposé dans un endroit aéré en prenant soin de recouvrir la partie supérieure de la corde pour la protéger de la pluie. L’humidité ayant disparu durant la saison estivale, le bois sera alors prêt à être entré en prévision des grands froids.

La production de bois de chauffage est complémentaire aux activités de récolte forestière usuelle (éclaircie commerciale, coupe de jardinage ou même coupe totale). Il y a toujours des parties de l'arbre (branches, partie ayant de la pourriture, tronc trop courbé) qui ne peuvent pas être vendues aux industriels, et peuvent ainsi être récupérées en bois de chauffage.
La récolte de bois de chauffage peut permettre au propriétaire de s'initier à l'aménagement de son boisé en coupant les arbres ayant peu d'avenir et en favorisant les arbres de qualité

Économie souterraine : une époque révolue ou presque

Comme les producteurs commerciaux dominent le marché – certains produisent près de 1 500 cordes par année -, il n’est pas étonnant de constater que l’époque de la corde de bois payée sous la table en argent comptant est pratiquement révolue. « Ce n’est plus une économie souterraine, acquiesce Sylvain Rajotte. Ce sont des entreprises qui ont pignon sur rue et qui perçoivent la TPS et la TVQ comme n’importe quelle autre. »

Difficile de déterminer le prix d’une corde de bois de chauffage puisqu’il varie d’une région à l’autre. Deux facteurs peuvent justifier ces écarts, explique le directeur d’Aménagement forestier et agricole des Sommets : le coût du transport et le jeu entre l’offre et la demande. « On ne sera pas surpris d’apprendre qu’une corde de bois à Montréal, c’est plus cher qu’en Estrie. »

Pour bien illustrer combien les temps ont changé, Sylvain Rajotte explique qu’un propriétaire forestier sans équipement de pointe ne se lancera jamais dans une production commerciale de bois de chauffage. « C’est comme si on demandait aujourd’hui à un producteur laitier de traire ses vaches à la main », conclut-il.

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de septembre 2018.

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