Décès de M. Raymond Johnson

C’est avec regret que nous vous annonçons le décès de M. Raymond Johnson qui combattait un cancer depuis plusieurs années. Il est décédé le 17 février 2018 à domicile, à l’âge de 60 ans.
 
M. Johnson était producteur forestier de Blue Sea en Outaouais, et a cumulé 19 années comme administrateur de l’Office des producteurs de bois de la Gatineau, dont 13 années à titre de président. En 2016, il avait reçu le prix Henri-Paul-Gagnon pour sa contribution exceptionnelle à la vie syndicale des producteurs forestiers québécois.
 
La famille recevra les condoléances en l’église de la Visitation de Gracefield à compter de 10h30 le samedi 10 mars 2018, suivi du service religieux à 11 h. Tous les détails se trouvent sur le site de la maison funéraire Mc Connery.
 
Vos marques de sympathies peuvent se traduire par un don à la Fondation québécoise du cancer.

Dates des assemblées régionales et de secteurs 2018

Pour les producteurs forestiers, c’est la saison des assemblées de secteurs et régionales. Nous vous invitons à y assister en grand nombre afin de connaître les derniers développements touchant les marchés du bois, comprendre l’impact des décisions du MFFP sur vos activités, élire vos représentants et exprimer vos besoins.
 
Pour de plus amples renseignements concernant l’heure et le lieu exact des assemblées à venir, communiquez avec le secrétariat de votre syndicat ou office ou consultez le calendrier des assemblées régionales.
 

 
 
 
 
 
 

La revue Forêts de chez nous – février 2018 : accidents en forêt, du travail reste à faire

• Éditorial du président – Ma forêt n’appartient pas à l’état

• Le coût du protectionnisme américain

Sécurité: changement de culture en forêt

Servitude de conservation en forêt privée

• Revue des marchés des produits du bois

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

Pour nous faire part d’un commentaire ou pour nous suggérer un sujet d’article, écrivez-nous !

Ma forêt n’appartient pas à l’état

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Les exigences de la population pour protéger le couvert forestier sont croissantes et, pour y répondre, les autorités provinciales et municipales adoptent des réglementations environnementales de plus en plus sévères pour les 134 000 propriétaires forestiers québécois. Qui peut être contre la protection des habitats d’espèces menacées,la conservation des milieux humides, le maintien de la qualité des cours d’eau ou la préservation des paysages forestiers?

Cependant, plusieurs oublient qu’une large part de cette responsabilité repose sur les épaules de chacun des propriétaires forestiers qui doivent prendre individuellement des décisions de gestion éclairées et assumer les coûts associés au respect de ces réglementations. Certains oublient que ces milieux appartiennent à des gens.

Pour éviter un ressac des propriétaires de ces milieux naturels devant vivre avec de nouvelles contraintes, les réglementations doivent être accompagnées de mesures incitatives, éducatives et compensatoires. Concrètement, les autorités doivent mettre en oeuvre :
• une réglementation adaptée au risque environnemental de l’intervention dans un milieu naturel. Une récolte partielle d’arbres dans une érablière ou la récolte d’une plantation d’épinettes de quelques hectares n’ont pas le même impact environnemental que la construction d’une autoroute ou d’un développement de résidences secondaires dans un milieu forestier;
• un programme d’éducation à l’intention des propriétaires forestiers. Comment protéger un élément quand on ignore sa présence, sa délimitation ou sa valeur sur notre propriété? Pour y arriver, le réseau de conseillers forestiers déjà à l’oeuvre sur le terrain peut être davantage mis à profit;
• un programme de soutien financier pour restaurer et protéger des milieux naturels dégradés. Avec un soutien adéquat, de nombreux propriétaires forestiers se porteront volontaires pour restaurer et protéger un secteur de leur propriété;
• un programme d’indemnisation pour les propriétaires qui subissent une contrainte réglementaire dépassant un seuil raisonnable. Si la jurisprudence autorise l’imposition de réglementations empiétant sur le droit de propriété, elle impose également le droit d’être financièrement indemnisé lorsque celles-ci dépassent une certaine limite.

Selon mon expérience, si l’un de ces quatre éléments est absent, l’acceptabilité d’un nouveau règlement sera difficile à obtenir chez les propriétaires forestiers. Cela créera une polarisation du débat. Les groupes environnementaux ont donc un intérêt évident à travailler avec les organisations de propriétaires forestiers pour tenter d’obtenir ces mesures auprès du gouvernement. Cet appel est d’autant plus pressant que les ministères et les municipalités concernés semblent prioriser l’adoption de nouvelles réglementations plutôt que l’accompagnement professionnel et les mesures incitatives.

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et Président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de février 2018.

48e congrès de la FPFQ 2017 en images

Voyez quelques-uns des meilleurs moments du 48e congrès de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, en partenariat avec le Syndicat des producteurs de bois du Saguenay Lac-Saint-Jean, tenu à l’hôtel Delta Saguenay, les 31 mai et 1er juin 2017.

Revue des marchés des produits du bois

En ce début d’année, le moment semble idéal pour revisiter l’environnement économique de l’industrie forestière et ainsi permettre aux producteurs de bois d’envisager les conditions de vente en 2018.
 
Le marché immobilier stimule la demande pour les produits du bois
 

 
La demande pour les produits de construction en bois croît à mesure que le marché immobilier américain s’épanouit. En 2017, les mises en chantier ont atteint un rythme de 1,2  million d’unités aux États-Unis. C’est bien, mais toujours insuffisant pour loger les 1,5 million de nouveaux ménages qui se forment chaque année. On estime que depuis 2006, la crise immobilière a créé un gouffre de plus de 6 millions de résidences nécessaires pour loger l’ensemble des nouveaux ménages. Pour pallier à cette demande latente, le rythme de construction devrait s’accroître de 6 % en 2018 et de 24 % d’ici 2021.
 
Consultez l’infolettre en totalité en version PDF :2018-02-01 – Revue des marchés des produits du bois

Élargissement des zones réglementées à l’égard de l’agrile du frêne

Le 24 janvier 2018 – Ottawa (Ontario) – L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a mis à jour sa liste des zones réglementées à l’égard de l’agrile du frêne pour élargir les zones au Québec. Ce changement, qui fait suite à la détection de nouveaux cas d’infestation par l’agrile du frêne dans le sud du Québec en 2017. Voici les ajouts à la zone réglementée au Québec :

  • Lanaudière, dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Matawinie;
  • Centre du Québec, dans les municipalités régionales de comté (MRC) d’Arthabaska, Bécancour, Drummond, L’Érable, Nicolet-Yamaska;
  • Estrie, dans les municipalités régionales de comté (MRC) de Coaticook, Le Granit, Le Haut-St-François, Le Val- Saint-François, Les Sources, Memphrémagog, Sherbrooke;
  • Chaudière-Appalaches, dans les municipalités régionales de comté (MRC) de Beauce-Sartigan, Bellechasse, La Nouvelle-Beauce, Les Appalaches, Les Etchemins, Lévis, Lotbinière, Robert-Cliche;
  • Capitale-Nationale, dans les municipalités régionales de comté (MRC) de La Côte de Beaupré, La Jacques-Cartier, L’île d’Orléans, Portneuf, Agglomération de Québec;
  • Mauricie, dans les municipalités régionales de comté (MRC) de Les Chenaux, Maskinongé, Mékinac, Shawinigan, Trois-Rivières.

Carte de la nouvelle zone réglementée à partir du 24 janvier 2018
 

 
En vigueur immédiatement, il est interdit de déplacer tout produit du frêne, comme les billes, les branches et les copeaux de bois, ainsi que toutes les essences de bois de chauffage provenant des lieux touchés vers l’extérieur des zones réglementées.
 
Si vous devez déplacer à l’extérieur des zones réglementées des produits comme des billes ou branches de frêne ou du bois de chauffage de n’importe quelle essence, veuillez communiquer avec le bureau de l’ACIA de votre région pour demander une autorisation écrite.
 
Bien que l’agrile du frêne ne pose aucun risque pour la santé humaine, il s’agit d’un insecte ravageur très destructeur pour les frênes. Il en a déjà tué des millions en Ontario, au Québec et aux États-Unis, et il présente une menace économique et environnementale importante pour les régions urbaines et boisées de l’Amérique du Nord. L’ACIA continue de collaborer avec les gouvernements fédéraux et provinciaux ainsi que les administrations municipales afin de ralentir la propagation de ce parasite.
 
Faits en bref

  • Le déplacement de bois de chauffage non traité est un mode de propagation commun pour les insectes envahissants et les maladies.
  • L’agrile du frêne est originaire de la Chine et de l’Asie orientale. Sa présence au Canada a été confirmée pour la première fois en 2002.
  • Avant la détection de ces cas, la présence de l’agrile du frêne avait été détectée seulement dans certaines régions de l’Ontario et du Québec. L’ACIA réglemente ce parasite pour protéger les forêts, les arbres municipaux et les pépinières du Canada.

Pour plus d’information, consultez le site Web de l’ACIA.

Rétrospective 2017 de la forêt privée

Voici une rétrospective en images répertoriant les principaux événements ou dossiers marquants en forêt privée de l’année 2017.

Janvier

Les prix du bois d’œuvre sur les marchés américains et canadiens décollent et ils se maintiendront élevés tout au long de l’année.

 

Février

La FPFQ réclame, en commission parlementaire, une réglementation (projet de loi no 122) sur l’abattage d’arbres à l’échelle des MRC. Une étude réalisée par Terra Bois et la FPFQ démontrera que 45 % de la possibilité de récolte forestière d’un territoire est susceptible de disparaître par l’adoption des réglementations environnementales et municipales.

 

Mars

Crédit photo: infodimanche.com

Le gouvernement du Québec annonce 10 M$ sur cinq ans pour des arrosages contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette en forêt privée afin de protéger les jeunes peuplements d’avenir ne pouvant pas être récoltés. Les arrosages débuteront au printemps 2018.

 

Avril

Crédit: Gadoury, Terre de chez nous

Les États-Unis imposent des droits compensatoires et antidumping sur le bois d’œuvre canadien exporté aux États-Unis.

 

Mai

La FPFQ réclame, en commission parlementaire, la prise en compte du faible impact environnemental des activités des propriétaires de boisés dans les lois et règlements adoptés par le gouvernement pour la protection des milieux humides et hydriques.

 

Juin

La FPFQ publie et diffuse un nouveau contrat type pour aider le propriétaire qui désire engager un entrepreneur forestier pour la récolte de bois.

 

Juillet

Dans le cadre du conflit sur le bois d’œuvre, la FPFQ unit sa voix à la Fédération canadienne des propriétaires de boisés pour réclamer une exemption de taxes et quotas pour les 455 000 propriétaires de boisés canadiens.

 

Août

La tordeuse des bourgeons de l’épinette poursuit ses ravages et plus de 900 000 ha de boisés privés sont désormais affectés par l’insecte. Environ 15 000 propriétaires de boisés et leurs familles en subissent les conséquences à divers degrés. La FPFQ, le RESAM et l’AETSQ réclament une aide spéciale de 10 M$ par année pour le reboisement de 8,4 millions d’arbres supplémentaires.

 

Septembre

Crédit photo: CIFQ

Initiée par le CIFQ, une importante campagne d’information sur le secteur forestier intitulée « Une forêt de possibilités » est déployée dans les médias. Cette campagne mise sur la collaboration de plus de 45 organismes, dont la FPFQ, réunis dans le « Collectif pour une forêt durable ».

 

Octobre

La FPFQ présente, en commission sénatoriale, un projet pour mobiliser les propriétaires de boisés dans la lutte contre les changements climatiques. La récupération des arbres dépérissant en forêt, la transformation en produits forestiers pour stocker le carbone et la remise en production des sites mal régénérés font partie des solutions proposées par la FPFQ pour améliorer le bilan carbone.

 

Novembre

L’agrile du frêne poursuit sa progression et atteint maintenant la ville de Québec. L’Agence canadienne d’inspection des aliments devra modifier la zone d’interdiction de déplacement du bois de frêne en 2018.

 

Décembre

Après le bois d’œuvre et le papier surcalandré, c’est au tour du papier journal de faire l’objet d’une enquête du gouvernement américain.

 

Sur le radar en 2018

Plusieurs dossiers susceptibles d’avoir des impacts sur les activités des producteurs forestiers devraient connaître une évolution en 2018. Voici 13 dossiers qui interpelleront les acteurs de la forêt privée cette année :

1. Les négociations avec les États-Unis sont actuellement au point mort et la procédure est amorcée pour contester, devant les tribunaux internationaux, la légalité des droits compensateurs et antidumping d’environ 20 % imposés sur le bois d’oeuvre canadien. En attendant, l’effet de ces mesures se fait sentir puisque les parts de marché détenues par les scieurs canadiens sur le marché américain ont déjà connu une baisse, passant de 33,4 % en 2016 à 29,5 % pour les trois premiers trimestres de 2017! Avec 58 % de leurs livraisons destinées aux scieries de bois d’oeuvre, les producteurs de bois de la forêt privée font malheureusement les frais de ce conflit commercial. Espérons que les négociateurs canadiens sauront obtenir une exemption pour les bois des forêts privées dans un éventuel accord qui devra tôt ou tard être négocié entre les deux pays. Après tout, la réalité des 450 000 propriétaires forestiers canadiens n’est pas différente de celle de leur 10 millions de confrères américains lorsque vient le temps de vendre du bois : tous cherchent à maximiser leur revenu (voir la proposition de la FPFQ dans ce dossier).

2. Menaçant nos forêts, l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette poursuit sa progression dans plusieurs régions du Québec. Les derniers inventaires montrent que 13 % de la forêt privée est désormais affectée. Selon l’évolution de cette épidémie, les mesures de soutien deviendront rapidement insuffisantes pour les propriétaires forestiers devant récupérer les bois affectés, remettre les sites en production et protéger les peuplements juvéniles ne pouvant être récoltés. Heureusement, le gouvernement du Québec a dégagé 10 M$ pour protéger par des arrosages d’insecticide biologique les jeunes peuplements forestiers ne pouvant pas être récoltés. À présent, il est pressant de voir le gouvernement soutenir l’effort de reboisement des sites ayant été récupérés. Entre-temps, le RESAM, la FPFQ et le MFFP poursuivent la mise en oeuvre du plan d’action pour atténuer les conséquences de cette épidémie, en collaboration avec les acteurs régionaux concernés (voir le plan d’action).

3. Le redressement des finances publiques des dernières années avait affecté les sommes consacrées aux programmes de mise en valeur des forêts privées. À présent, ces mauvaises nouvelles semblent loin et la campagne électorale pourrait être l’occasion d’accroître le financement des programmes visant la protection et la mise en valeur des forêts privées. À cet égard, les besoins supplémentaires en sylviculture, accompagnement professionnel et production de plants forestiers sont estimés à 28 M$. N’oublions pas que convaincre les propriétaires forestiers du bien-fondé de la récolte du bois sera plus facile si cette étape s’inscrit dans une séquence sylvicole complète, c’est-à-dire que l’on récoltera plus de bois si un soutien existe pour la remise en production et l’éducation des peuplements. L’ensemble des acteurs concernés par la mise en valeur des forêts privées devront néanmoins se montrer persuasifs (voir les explications).

4. Adopté en 2016, le Plan canadien de lutte contre les changements climatiques et de croissance économique mise notamment sur la sylviculture des territoires publics et privés. En décembre 2017, le gouvernement fédéral a annoncé une participation de 50 M$ sur cinq ans pour soutenir ce travail dans les forêts québécoises. À présent, attendons de voir comment le MFFP multipliera cette somme. Cet argent répondrait au besoin de reboisement dans les régions affectées par l’épidémie de la TBE, comme la Fédération canadienne des propriétaires de boisés l’a maintes fois exprimé aux députés et ministres fédéraux dans les deux dernières années.

5. Dans son dernier avis, le Forestier en chef du Québec propose de créer des zones de production intensive sur les terres publiques pour sécuriser les approvisionnements en bois de l’industrie forestière. Espérons que la future stratégie de production de bois du MFFP misera également sur les potentiels du territoire forestier privé, où les conditions favorisent une croissance plus rapide des forêts à proximité des usines. La stratégie devra cependant être différente pour répondre aux particularités des forêts privées.

6. Pour répondre à un besoin exprimé par plusieurs intervenants, la Faculté de foresterie, de géomatique et de géographie de l’Université Laval travaille à créer une chaire d’enseignement sur la forêt privée. Si ce projet se concrétise, les futurs ingénieurs forestiers et les autres professionnels interpellés par la gestion de ce territoire seront mieux préparés à œuvrer dans notre secteur d’activité.

7. Voilà maintenant 20 ans que la FPFQ intervient auprès des organismes de certification forestière pour adapter leurs normes au contexte particulier de la petite forêt privée. L’année 2018 pourrait enfin être la bonne, car le Forest Stewardship Council (FSC) et le Sustainable Forestry Initiative (SFI) travaillent parallèlement à l’adaptation de leurs normes pour tenir compte de cette réalité. Il est cependant tard pour plusieurs associations de producteurs forestiers qui reconsidèrent leur certification FSC dans leur stratégie d’affaires. Des normes adaptées pourraient cependant créer un nouvel élan.

8. Les récentes modifications à la Loi sur la qualité de l’environnement permettront au MDDELCC de mieux protéger les milieux humides et hydriques. Toutefois, beaucoup de questions demeurent sans réponse. Quelles seront les pratiques forestières qui seront autorisées sans l’obtention d’un certificat d’autorisation? Quelle sera la nature du programme mis en oeuvre pour protéger ou restaurer des milieux humides? Comment seront indemnisés les propriétaires forestiers qui subiront une perte de droit d’usage dépassant un seuil raisonnable?

9. Le secteur faune du MFFP cherche à étendre aux terres privées les dispositions réglementaires protégeant l’habitat du poisson et les espèces fauniques menacées ou vulnérables. En conséquence, de nouvelles obligations pourront être imposées aux propriétaires forestiers. Souhaitons que les mesures proposées par le ministre Blanchette dans son projet de Loi sur la conservation des habitats fauniques, déposé à l’Assemblée nationale en décembre, tiendront compte du droit de propriété et que le ministre continuera de miser sur des servitudes de conservation volontaires, des mesures incitatives et des programmes d’éducation, plutôt que sur un simple règlement.

10. Si les industriels sont friands de certains produits, plusieurs essences d’arbres de différentes qualités demeurent sans grands preneurs. L’évaluation des volumes de bois mobilisables en forêt privée nous permet d’anticiper 2 Mm3/an de produits orphelins. Ces volumes pourraient attirer de nouveaux investissements industriels pour favoriser leur transformation, d’autant plus s’ils sont combinés aux mêmes produits sans preneur dans les forêts publiques avoisinantes. Cela augmenterait la rentabilité des opérations en forêt et en usine par une consommation optimale des produits récoltés.

11. En 2016, l’adoption du projet de loi pour accroître l’autonomie et les pouvoirs des municipalités fut une occasion ratée de mieux harmoniser les réglementations municipales sur la protection du couvert forestier à l’échelle des MRC. Cette approche aurait pourtant facilité les échanges entre les élus municipaux et les acteurs forestiers régionaux. De plus, les MRC détiennent, dans une majorité de cas, davantage de ressources pour définir des réglementations respectant davantage les sciences forestières et en assurer un contrôle plus uniforme sur le territoire régional. Dans la prochaine année, la FPFQ fera la promotion d’une formation, développée en collaboration avec l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, le RESAM, la Fédération québécoise des municipalités et le MFFP, sur les bonnes pratiques réglementaires à adopter pour concilier les activités sylvicoles et la protection de l’environnement forestier.

12. Quelles seront les conditions de vente de bois rond sur les marchés des produits forestiers en 2018? La commercialisation du bois de sciage résineux se maintiendra sous l’effet d’une demande américaine soutenue et malgré des droits compensateurs imposés à la frontière. Le bois de trituration résineux manquera de preneurs d’autant plus que le marché est déjà saturé en copeaux résineux provenant des scieries. Heureusement, la demande devrait se maintenir pour les bois d’essence feuillue. L’excès d’offre de bois rond sur les marchés, ainsi que le conflit commercial avec les États-Unis, auront cependant un impact déterminant sur les prix qui seront offerts aux producteurs de bois des forêts privées québécoises. Il faudra également surveiller le résultat de l’enquête américaine sur les allégations de subventions reçues par l’industrie papetière canadienne. Des droits compensateurs sur diverses catégories de papiers assommeraient une industrie fragile. Ce dossier pourrait être dramatique pour l’ensemble de la filière puisque les papetières consomment beaucoup de fibre sur les marchés.

13. En 2018, plusieurs syndicats de producteurs forestiers sont à revoir leur offre des services sur leur territoire. Dans certaines régions, cela se traduira par une implication accrue dans la négociation des conditions de vente et de transport du bois de sciage. Dans d’autres, des actions seront prises pour améliorer le soutien offert aux entrepreneurs de récolte et aux propriétaires forestiers. L’idée est d’obtenir une plus grande transparence sur les marchés qui entraînera un partage plus équitable de la rente le long de la filière.

Ces dossiers représentent des enjeux importants et la FPFQ poursuivra son travail afin de protéger et d’améliorer l’environnement d’affaire des producteurs forestiers.

Lire en version PDF :
Infolettre de janvier 2018 – Sur le radar 2018

Vous pouvez aussi relire Sur le radar en 2017.

Bien choisir son entrepreneur forestier : le respect du contrat

Ce ne sont pas tous les propriétaires forestiers qui peuvent ou veulent récolter eux-mêmes le bois pour le vendre aux usines de transformation. Or, celui qui songe à confier la récolte de son bois à un entrepreneur a tout intérêt à bien se renseigner avant de voir débarquer la machinerie.

Le propriétaire qui dispose déjà d’un plan d’aménagement et d’un conseiller forestier peut consulter ce dernier pour trouver le bon fournisseur. Certains entrepreneurs sollicitent directement des propriétaires. En pareil cas, il est recommandé de demander des références afin de parler à d’anciens clients. Les entrepreneurs le confirment : le bouche-à-oreille a son importance. Au besoin, certains proposent à leurs clients potentiels de visiter des chantiers situés à proximité.

« C’est rare que le client m’ait été référé par le conseiller forestier. Les producteurs m’appellent directement parce qu’ils ont vu passer mon nom dans le bulletin du syndicat. Il y a du bouche-à-oreille aussi », indique Louis Quintal, entrepreneur établi à Trois-Rivières.

« Le fait est que les entrepreneurs forestiers n’ont pas toujours une bonne réputation. C’est plate, mais c’est comme ça. Souvent, les ententes ne sont pas claires; il arrive qu’aucun papier ne soit signé. Des propriétaires ont parfois l’impression de s’être fait voler du bois », poursuit M. Quintal.

Avant de se déplacer, Éric Valcourt demande au propriétaire « s’il est prêt mentalement ». « La coupe a un effet psychologique. Il faut que le client soit prêt au changement, car lorsque j’arrive avec ma machine, le paysage change », fait observer l’entrepreneur établi à Adstock, dans la MRC des Appalaches.

« Au contraire, ça m’aide quand le propriétaire parle à un ancien client. C’est un défi de travailler pour quelqu’un qui ne connaît pas la foresterie et qui a peur. Je lui dis de parler à mes anciens clients. Ils lui diront que les montants prévus sont versés, que les travaux sont faits comme ils doivent l’être. C’est plus crédible que si c’est moi qui le lui dis », précise M. Valcourt.

« Chez nous, 100 % des propriétaires chez qui nous allons ont le sourire au visage quand le chantier est fini. Ils me donnent une tape dans le dos, ils sont très contents », explique Simon-Étienne Carbonneau, entrepreneur à Laurierville, dans la MRC de l’Érable, au Centre-du-Québec.

L’ACCRÉDITATION

Les syndicats et offices de producteurs de bois ont pour la plupart une liste d’entrepreneurs accrédités. Ceux-ci sont encouragés à utiliser le contrat de récolte de bois et de vente de droits de coupe préparé par la Fédération des producteurs forestiers du Québec. Jacques Tremblay est responsable de la mise en marché au Syndicat des producteurs de bois du Saguenay–Lac-Saint-Jean, et il s’occupe du programme d’accréditation des entrepreneurs lancé il y a deux ans. Il surveille à distance les travaux, car le Syndicat doit respecter les exigences de la certification environnementale avec les usines de transformation.

« Les industriels nous demandent d’assurer une vigie des travaux réalisés sur le terrain. Les entrepreneurs accrédités s’engagent à respecter les normes. On les rencontre et on les forme pour cela. On vérifie sur le terrain, avec des mesures, pour voir la conformité. Ça sécurise le propriétaire », précise-t-il.

En 2016, dans cette région, environ 75 % du volume de bois prélevé chez les propriétaires a été coupé par des entrepreneurs en sous-traitance, et tous ont utilisé des abatteuses, poursuit M. Tremblay. Cette proportion comprend aussi les entrepreneurs qui ne sont pas accrédités et qui sollicitent directement les propriétaires.

L’horaire de Louis Quintal, entrepreneur de Trois-Rivières, est bouclé jusqu’au printemps 2019. (Crédit photo : Louis Quintal)

 

Ce ne sont pas tous les entrepreneurs qui sont inscrits auprès d’un syndicat, car plusieurs s’occupent de gérer eux-mêmes le transport et la vente du bois aux usines. C’est le cas de Camil Vigneault, d’Exfor V.M. à Plessisville, dans le Centre-du-Québec, un entrepreneur spécialisé en abattage en forêt feuillue. « Je contrôle la vente du bois, car je trouve ça important pour le partage avec le propriétaire. C’est incontournable », dit-il. Simon-Étienne Carbonneau a lui-même rencontré une centaine d’entrepreneurs forestiers alors qu’il travaillait au Syndicat des producteurs forestiers du Sud du Québec, pour y implanter le programme de certification forestière. Le programme incluait un volet lié à l’accréditation des entrepreneurs. « J’ai pu voir toutes les manières de couper le bois et de l’apporter au bord du chemin, et en apprendre sur la rentabilité des différents procédés », dit-il.

À la naissance de son premier enfant, en 2010, M. Carbonneau est revenu s’établir près de sa ville natale, Beaulac-Garthby, dans la MRC des Appalaches. Il a acheté sa première abatteuse multifonctionnelle et a travaillé en soustraitance pour le groupement forestier, à Ham-Nord. Graduellement, il a acheté un porteur, puis un camion de transport de bois, et enfin une pelle mécanique. Désormais, il s’occupe de gérer les chantiers, mais il n’opère plus la machinerie. « Ça fait un an que je travaille exclusivement avec mes propres clients », dit-il.

Selon Éric Valcourt, bien des propriétaires sont nerveux à la première rencontre, car ils ne sont pas habitués à la récolte mécanisée et craignent que leur terrain subisse des dommages. (Crédit photo : Éric Valcourt)

 

LE RESPECT DU CONTRAT

L’entrepreneur doit offrir un contrat où le partage des rôles et responsabilités des parties est bien établi, et pas seulement le pourcentage des revenus de la coupe qui reviendront au propriétaire. Une clause d’assurance responsabilité doit aussi être prévue. « Souvent, quand ça tourne au vinaigre entre un entrepreneur et le propriétaire, c’est parce que les clauses du contrat n’ont pas été respectées », indique Simon-Étienne Carbonneau.

Le contrat devrait inclure les frais de remise en état du parterre de coupe, là où la récolte et le débardage ont laissé des traces. « Avec un minimum de 30 voyages, j’offre un bloc de quatre heures avec la pelle mécanique pour remettre les chemins en bon état. […] Si on fait une omelette pour la famille le dimanche, quand on a fini et que tout le monde a bien mangé, on ne s’en va pas en laissant la cuisine toute crottée. On fait le ménage », explique M. Carbonneau.

Le contrat prévoit que si le propriétaire n’est pas satisfait du travail réalisé, il peut interrompre le chantier quand bon lui semble. Cependant, il doit indemniser l’entrepreneur pour les frais de déplacement de son matériel. « Ça n’arrive jamais, mais ça rassure le client », confirme Camil Vigneault.

Jacques Tremblay remarque que les propriétaires de sa région utilisent de plus en plus les services d’entrepreneurs pour la récolte de leur bois.

 

CHEMIN D’ACCÈS ET DISTANCE

Les propriétaires de lots boisés qui décident de mettre du bois en marché négligent souvent de construire un bon chemin d’accès à leur propriété. Si cet investissement n’a pas été réalisé durant les années précédant le chantier de récolte, les revenus de la première intervention sylvicole serviront principalement à payer les dépenses reliées au chemin.

Pour Éric Valcourt, un bon chemin d’accès ne sert pas qu’à faciliter la récolte. « Si tu investis 25 000 $ dans un chemin d’accès, ta propriété gagne plus de valeur dès le lendemain. Ce n’est pas perdu, c’est un investissement », explique-t-il.

En forêt privée, les abatteuses les plus performantes ont besoin d’un chemin de 10 pi de largeur pour circuler. L’entrepreneur peut travailler avec des machines plus petites, d’environ 8 pi de large, souvent une excavatrice transformée en abatteuse. Pour cet appareil, les coûts fixes sont très élevés et la production est trop basse, souligne Simon-Étienne Carbonneau. Les machines plus grosses (12 pi de large) sont principalement utilisées en forêt publique.

Les entrepreneurs forestiers fixent habituellement une limite de distance : le chantier doit être situé à moins de 100 km de leur établissement, soit à environ une heure de route. Certains sont prêts à se déplacer un peu plus loin si le volume et la valeur du bois à récolter le justifient.

Si le volume à prélever est plus petit, l’entrepreneur peut organiser son horaire pour desservir plusieurs propriétaires dans la même localité.

 

EXPÉRIENCE

Selon Camil Vigneault, il faut deux ans pour former un bon opérateur d’abatteuse multifonctionnelle, du moins en forêt feuillue. « Mon garçon a 33 ans, mais il a commencé à chauffer une bûcheuse à 16 ans. Il doit avoir fait environ 30 000 heures. J’en ai un autre qui doit être rendu à pas loin de 45 000 heures », note-t-il.

De son côté, Louis Quintal souligne la qualité du travail qui peut être obtenue par un bon opérateur d’abatteuse. « Les plus surpris sont ceux qui me voient arriver chez eux pour faire de l’éclaircie de plantation. Ils regardent la machine et ils sont certains que je ne serai pas capable de faire de l’éclaircie avec cela. Une fois qu’elle est en forêt, c’est surprenant », dit-il.

Jacques Tremblay le confirme : le profil des propriétaires forestiers et le type de production ont beaucoup changé depuis 15 ans. Dans sa région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’effondrement du marché du bois de feuillus a forcé les propriétaires à modifier leur production. « Produire des billes plus longues, ça prend de l’équipement et de la plus grosse machinerie. Les propriétaires prennent de l’âge », dit-il.

 

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, septembre 2017.

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