Un autre coup dur pour le bois d’œuvre canadien

Le 25 juillet dernier, Affaires mondiales Canada a confirmé les résultats du sixième examen administratif des droits antidumping sur le bois d’œuvre résineux canadien exporté aux États-Unis. La nouvelle est alarmante : le Département du Commerce des États-Unis a imposé une hausse des droits antidumping, passant de 7,66 % à 20,56 % à compter du 30 juillet.

Ces droits antidumping s’additionnent aux droits compensateurs de 6,74 % actuellement en vigueur pour porter le total des droits combinés (antidumping et compensateurs) à un niveau historique de 27,30 %, contre 14,54 % auparavant.

En plus, ces nouveaux droits antidumping s’appliqueront rétroactivement pour 2023, et resteront en vigueur jusqu’à la publication des résultats du septième examen. Il s’agit d’un double coup de massue, alors que nous estimons que le coût de cette rétroaction pourrait atteindre 944 M$ pour l’industrie forestière canadienne et 195 M$ uniquement pour celle du Québec.

Une flambée des droits compensateurs et antidumping

Cette forte augmentation des taxes sur le bois d’œuvre résineux canadien exporté aux États-Unis marque le plus haut droit combiné jamais enregistré depuis le début de ce conflit en 2016. À eux seuls, les droits antidumping surpassent les droits combinés des dernières années. Ce niveau de taxation sans précédent représente un véritable test de résilience pour l’ensemble du secteur forestier canadien.

Et comme si cela ne suffisait pas, le Département du Commerce des États-Unis publiera également sous peu les résultats définitifs des examens compensateurs. Par conséquent, d’ici la date limite du 8 août 2025, le niveau des droits compensateurs pourrait également augmenter et s’ajouter à cette charge, ce qui aurait un impact supplémentaire sur l’industrie forestière canadienne.

Depuis le début des années 1980, la dispute sur le bois d’œuvre a engendré cinq litiges majeurs et trois accords bilatéraux. Tout au long de ce conflit historique, le gouvernement américain a constamment tenté de restreindre l’accès du bois canadien à son marché en ayant recours à des quotas ou à des tarifs douaniers. Actuellement, les droits appliqués figurent parmi les plus élevés jamais enregistrés depuis le début de ce long bras de fer commercial, n’étant surpassés que lors d’une brève période en 2001-2002. La révision prochaine des droits compensateurs se traduira-t-elle par un triste record de tarifs pour les scieurs canadiens?

Le conflit autour du bois d’œuvre entre le Canada et les États-Unis continue de peser lourdement sur l’industrie forestière canadienne. Une fois de plus, le protectionnisme américain se manifeste par des mesures commerciales injustifiées et punitives. Ces actions unilatérales ne font qu’éroder la compétitivité du bois d’œuvre canadien sur son principal marché d’exportation, les États-Unis, et portent directement préjudice à l’ensemble du secteur forestier. À titre indicatif, environ 38 % de la production totale de bois d’œuvre résineux du Québec est exportée aux États-Unis et se trouve assujettie à ces taxes.

Dernièrement, plusieurs scieries ont dû annoncer des fermetures ou des ralentissements de production. Parmi les entreprises majeures touchées, le groupe Arbec a fermé plusieurs usines, notamment à Port-Cartier, à Saint-Roch-de-Mékinac, à Parent et à L’Ascension-de-Notre-Seigneur. Une reprise graduelle est attendue ici et là. Plus tôt dans l’année, Damabois avait également fermé ses portes pour une durée indéterminée à Saint-Jean-Port-Joli et à Cap-Chat. De son côté, Scierie St-Michel a annoncé tout récemment la fermeture de ses installations, ajoutant à la liste des scieries en difficulté.

Ces décisions ont des conséquences dramatiques pour les communautés locales, pour l’économie régionale et, par ricochet, pour les producteurs forestiers qui dépendent de cette industrie. En 2024, le bois de sciage de sapin-épinette représentait 63 % des volumes mis en marché en forêt privée, générant une valeur de près de 300 millions de dollars. Le contexte géopolitique aura encore une fois une incidence prépondérante sur la capacité des producteurs à mettre en marché du bois.

Le 5 août, le premier ministre Mark Carney a proposé une série de mesures pour soutenir l’utilisation du bois canadien par la diversification des marchés et par le développement de la construction. Il a également offert un soutien financier aux entreprises du secteur et des formations aux travailleurs. Même si ces mesures doivent être accueillies favorablement, aucune n’aide directement les producteurs.

L’avenir du secteur dépend en grande partie d’une résolution rapide du litige sur le bois d’œuvre. Espérons que les gouvernements canadien et américain négocieront bientôt une solution pour mettre fin à cette situation, une solution qui mettra enfin à l’abri les producteurs forestiers d’un litige où ils ne sont que des victimes collatérales.

Nouveau régime forestier

Le gouvernement du Québec s’apprête à revoir en profondeur son régime forestier avec le dépôt du projet de loi no 97. Si cette réforme cible d’abord la gestion des forêts publiques, elle pourrait entraîner des conséquences importantes pour les propriétaires forestiers. La Fédération y voit à la fois des occasions à saisir et des risques à surveiller de près.

Baisse de 16 % de la production de bois d’œuvre québécoise au premier trimestre

La production nord-américaine de bois d’œuvre a chuté de 3,9 % au premier trimestre de 2025 par rapport à l’année précédente. La baisse de production a eu lieu partout en Amérique du Nord, mais c’est vraiment au Canada que la chute a été plus importante.

D’après Statistique Canada, la production canadienne de bois d’œuvre a fortement diminué (-7,0 %), pour totaliser 4,94 milliards de pieds mesure de planche (G PMP). Cette production a chuté dans presque toutes les provinces canadiennes, à l’exception du Nouveau-Brunswick qui a vu sa production stagner.

Une baisse a été observée en Alberta (-2,1%), en Colombie-Britannique (-3,6 %), en Ontario (-5,8 %) et dans les autres provinces (-4,2 %). Mais c’est vraiment au Québec que la chute observée a été la plus importante, avec une baisse de 16 %. La baisse y est également la plus importante en termes absolus (-0,25 G PMP). Fait à noter, les livraisons québécoises ont aussi fortement diminué (-16 %), ainsi que les inventaires (-19 %).

Il ne faudrait pas s’étonner d’une aggravation des résultats économiques au Québec pour le deuxième trimestre. Plusieurs annonces récentes dans le secteur du bois d’œuvre confirment cette tendance. Plusieurs entreprises ont procédé à des fermetures plus tôt cette année. Le Groupe Lebel a fermé son usine de sciage de Saint-Joseph-de-Kamouraska pour une période indéterminée le 5 avril. Damabois a également fermé en mai son usine de bois d’œuvre feuillus à Saint-Jean-Port-Joli pour une durée indéterminée, tout juste deux mois après la fermeture de leur usine de bois d’œuvre résineux à Cap-Chat. Plus récemment, le 6 juin 2025, Arbec a annoncé la fermeture de sept de ses scieries. Ces usines, situées en Mauricie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord, représentent une capacité de production totale de 700 millions de PMP par année.

Divergence des économies canadiennes et américaines

Au premier trimestre de 2025, les trajectoires économiques du Canada et des États-Unis ont pris des directions opposées. Tandis que l’économie canadienne affichait une croissance réelle annualisée de 2,2 %, celle des États-Unis se contractait de 0,2 %, enregistrant sa première baisse trimestrielle depuis l’hiver 2022.

Cette divergence économique est nuancée. Aux États-Unis, la baisse du PIB est perçue comme un ajustement technique masquant une dynamique intérieure meilleure qu’affichée. La diminution des dépenses gouvernementales et les incertitudes liées aux politiques commerciales ont pesé sur le PIB; toutefois, la consommation, la construction résidentielle et l’investissement des entreprises ont été favorables. Inversement, la performance canadienne, bien que positive, repose sur des bases fragiles, car la demande intérieure finale est stagnante et qu’un net ralentissement des dépenses des ménages est observé.

Les deux économies ont subi un choc commun qui a eu un effet inverse sur le PIB : l’anticipation de nouveaux tarifs douaniers. Cette incertitude a poussé les entreprises à devancer leurs commandes, créant une hausse artificielle de l’activité. Au Canada, cela s’est traduit par une hausse des exportations nettes et une accumulation de stocks. Aux États-Unis, les importations ont bondi (+41 %) et l’investissement en équipements a connu une croissance exceptionnelle (+23 %). Ces effets devraient s’inverser dès le deuxième trimestre, ce qui occasionnera une hausse du PIB aux États-Unis et une baisse au Canada selon les prévisions.

Que feront les banques centrales?

Pour juguler l’inflation, une banque centrale augmente généralement ses taux directeurs, ce qui a pour effet d’accroître le coût du crédit pour les entreprises et les particuliers. Inversement, si l’économie ralentit et que des emplois sont abolis, la banque centrale est censée abaisser ses taux afin de donner un coup de fouet à l’activité économique. Malheureusement, dans le contexte actuel et avec l’application de nouveaux tarifs douaniers, les décisions concernant les taux sont particulièrement difficiles à prendre. En effet, les tarifs stimulent l’inflation et ralentissent l’économie. Les deux banques centrales sont donc prises entre l’arbre et l’écorce et adoptent une posture attentiste face à l’incertitude.

C’est sans doute pourquoi la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,75 % pour le deuxième mois consécutif, préférant observer l’économie. Un cycle de réduction des taux semble probable au Canada alors que l’économie ralentira, avec une baisse cumulative de 75 points de base anticipée d’ici la fin de l’année, pour ramener le taux à 2 %. La Réserve fédérale américaine a également maintenu son statu quo (entre 4,25 % et 4,50 %), préoccupée par les effets des nouveaux tarifs de l’administration Trump. Un assouplissement monétaire pourrait devenir inévitable si les signes de récession se confirment aux États-Unis.

Malgré des trajectoires de PIB divergentes au premier trimestre de 2025, la croissance canadienne est fragile et la contraction américaine est pour l’instant davantage reliée à un ajustement technique. L’anticipation de nouveaux tarifs douaniers a gonflé l’activité, un effet qui devrait s’inverser au deuxième trimestre. Les banques centrales restent attentistes, avec des baisses de taux probables au Canada et un possible assouplissement aux États-Unis.

Le dévoilement des prochaines statistiques confirmera vraisemblablement que le secteur forestier canadien traverse un deuxième trimestre 2025 difficile comme en font foi plusieurs fermetures. Nous anticipons un déclin des exportations vers les États-Unis, des pressions sur les prix, et une accumulation de stocks, le tout aggravé par les incertitudes liées aux nouveaux tarifs douaniers, notamment les droits compensateurs et antidumping sur le bois d’œuvre qui devraient bondir. La faiblesse de la demande intérieure canadienne ne compensera pas ce ralentissement. Bien que les baisses de taux de la Banque du Canada puissent offrir un léger répit, elles ne résoudront pas les défis à l’horizon.

Bilan du congrès de la FPFQ, les producteurs forestiers réunis pour discuter de l’avenir du régime forestier

Longueuil, le 9 juin 2025. – Lors de leur congrès annuel tenu à Trois-Rivières les 29 et 30 mai, les délégués des producteurs forestiers de toutes les régions du Québec se sont réunis pour échanger sur l’avenir de la forêt privée et réclamer un nouveau régime forestier qui protège leurs parts de marché.

La modernisation du régime forestier change drastiquement la manière de gérer la forêt québécoise. Pour les producteurs, cela transforme la concurrence qui leur est livrée, car les volumes de bois récoltés en forêt publique et les redevances perçues par le gouvernement ont une incidence concrète sur les marchés du bois. Rappelons qu’en 2023, les forêts publiques ont assuré 68 % des approvisionnements en bois rond de l’industrie forestière du Québec, comparativement à 21 % pour les forêts privées.

Lors de leur assemblée générale, les producteurs ont souhaité l’adoption d’un nouveau régime forestier qui renforce le principe de résidualité. « En théorie, ce principe veut que les allocations de bois des forêts publiques soient restreintes pour laisser une part de marché aux producteurs forestiers, mais son application fait défaut » selon le président de la FPFQ, M. Gaétan Boudreault. Notons que ce dernier a reçu la confiance des producteurs pour s’atteler à ce chantier puisqu’il a été réélu par acclamation à la présidence de la FPFQ pour un mandat de deux ans.

Consultations particulières sur le projet de loi n° 97
Moment fort du congrès, la FPFQ a participé le 29 mai aux consultations particulières sur le projet de loi n° 97, Loi visant principalement à moderniser le régime forestier. Lors de l’audience publique, les représentants de la FPFQ ont porté la voix des 162 900 propriétaires et producteurs forestiers du Québec afin qu’ils ne soient pas les remarquables oubliés du nouveau régime forestier.

Bien qu’ils reconnaissent la volonté de la ministre des Ressources naturelles et des Forêts de simplifier l’environnement réglementaire des producteurs en transférant aux MRC la responsabilité de réglementer l’aménagement des forêts privées, les producteurs forestiers ont insisté sur la nécessité de renforcer le principe de la résidualité afin d’instituer un climat d’affaires plus favorable.

La FPFQ propose que l’on subordonne au bois des forêts privées toute attribution de bois des forêts publiques. Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts devrait également adopter un levier pour moduler à la baisse l’offre de bois des forêts publiques lorsque survient une baisse de la demande, ce qui est particulièrement important dans un contexte de guerre tarifaire. De plus, elle souhaite que les redevances sur le bois des forêts publiques respectent la structure de coût de production des forêts privées.

« C’est d’abord une question d’équité envers ses propres citoyens, mais c’est aussi une nécessité si l’on souhaite que les producteurs génèrent des revenus et investissent dans leurs forêts afin de léguer des boisés sains et productifs aux prochaines générations », a affirmé le M. Boudreault.

 

Projet de loi no 97, Loi visant principalement à moderniser le régime forestier

Dans le cadre du Projet de loi n° 97, Loi visant principalement à moderniser le régime forestier, la Fédération des producteurs forestiers du Québec a déposé un mémoire pour que la contribution des forêts privées soit inscrite au coeur du nouveau régime forestier.

Des recommandations selon les quatre axes suivants ont été formulées afin d’améliorer le projet de loi :

  1. Conserver l’accès aux marchés des producteurs forestiers;
  2. Un prix juste pour les bois de la forêt privée;
  3. Uniformisation de la réglementation municipale;
  4. Simplification administrative pour les producteurs forestiers.

Mémoire concernant le Projet de loi n° 97, Loi visant principalement à moderniser le régime forestier.

Mai 2025

M. Marc-André Côté, lauréat 2025 du prix Henri-Paul-Gagnon

Trois-Rivières, le 30 mai 2025. – Monsieur Marc-André Côté, ingénieur forestier, a reçu le prix Henri-Paul-Gagnon lors du banquet du congrès de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) tenu à Trois-Rivières, ce 29 mai.

M. Côté a consacré vingt-cinq ans de carrière à défendre les intérêts des producteurs forestiers, acéricoles et agricoles, dont dix années à titre de directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec entre 2011 et 2020. Son engagement inébranlable et son efficacité redoutable lui ont permis de cumuler plusieurs contributions significatives que ce prix vise à reconnaître.

M. Côté a ainsi réussi à mettre en pratique sa conviction que la fiscalité pouvait permettre à chacun des 160 000 propriétaires forestiers du Québec de détenir un budget d’aménagement forestier. Et que l’action de ceux-ci génère autant de bénéfices économiques qu’environnementaux pour la société. Renouvellement de la disposition de l’étalement du revenu forestier, bonification de la mesure de remboursement des taxes foncières pour les producteurs forestiers, création de la catégorie de taxation municipale pour les boisés sous aménagement, abandon de la taxe sur les opérations forestières pour les petits producteurs forestiers, et reconnaissance de l’importance du plan d’aménagement forestier bonifié de données environnementales constituent aujourd’hui une part non négligeable de la politique visant la mise en valeur des forêts privées.

Pour convaincre le gouvernement d’adopter ces mesures, M. Côté a mis en œuvre plusieurs initiatives pour synchroniser la voix de dizaines de milliers de propriétaires et producteurs forestiers, persuadé grâce aux enquêtes sociologiques qu’il a conduites que ceux-ci vivaient des enjeux et des aspirations semblables, peu importe la région du Québec. En multipliant les canaux de communication, en étayant les connaissances sur la forêt privée et en simplifiant des enjeux complexes, il a fourni aux producteurs des arguments crédibles pouvant nourrir leur réflexion et aider leurs représentations auprès des élus de leur coin de pays. Encore aujourd’hui, foretprivee.ca, l’infolettre Forêts de chez nous PLUS, la Forêt privée chiffrée et diverses études socio-économiques qu’il a supervisées demeurent la référence sur tout ce qui touche de près ou de loin les producteurs et la forêt privée.

Enfin, il a été un ardent défenseur de l’action syndicale pour corriger les évidentes imperfections de marchés que subissent les producteurs acéricoles et forestiers. À titre de directeur général adjoint des Producteurs et Productrices acéricoles du Québec, il a implanté, entre 2003 et 2006, le système de contingentement de la production de sirop d’érable toujours en vigueur aujourd’hui. Comme directeur général de la FPFQ, il a mis de l’avant les potentiels d’approvisionnement des usines en provenance de la forêt privée, notamment par le calcul et le suivi des possibilités de récolte forestière. Il a aussi obtenu des mesures législatives et administratives pour mieux protéger les parts de marchés pour les producteurs de la forêt privée, lors des révisions successives du régime forestier québécois. Et c’est sans compter son travail de soutien aux syndicats de producteurs forestiers souhaitant mieux organiser les conditions de vente du bois aux usines de produits forestiers.

« En syndicalisme, aucune vision ne se matérialise sans la confiance des membres dans l’action de l’organisation et la présence d’une équipe compétente et dédiée à sa mission. J’ai eu la chance dans ma carrière de pouvoir compter sur les deux », a mentionné M. Marc-André Côté à la réception de son prix.

Ingénieur forestier et titulaire d’un doctorat en politique forestière, M. Côté est reconnu pour sa créativité, sa rigueur, sa persévérance et sa capacité à synthétiser des enjeux éminemment complexes. Depuis 2020, il poursuit sa carrière à l’Union des producteurs agricoles en tant que directeur général des fiducies agricoles UPA-Fondaction et REM, où il a établi un modèle de fiducies foncières visant à préserver des terres agricoles menacées par un changement de vocation.

Le prix Henri-Paul-Gagnon

Le prix Henri-Paul-Gagnon est décerné annuellement à une personne ayant contribué de façon exceptionnelle à la vie syndicale dans le secteur de la forêt privée. Institué en 2010, le prix est attribué à la mémoire de M. Henri-Paul Gagnon, originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, président fondateur de la Fédération en 1970.

-30-

Renseignements :
M. Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0540, poste 8201 | vmiville@upa.qc.ca

Ralentissement modeste de la construction résidentielle aux États-Unis au premier trimestre 2025

Selon les données du Bureau du recensement des États-Unis, le mois de mars confirme un ralentissement de l’activité résidentielle, dans un contexte de taux hypothécaires élevés et de coûts de construction accentués par les tarifs douaniers.

Les mises en chantier ont chuté de 11 % par rapport à février, atteignant leur niveau le plus bas depuis novembre 2024. Malgré cette baisse mensuelle, le volume demeure 1,9 % supérieur à celui enregistré en mars 2024. Sur l’ensemble du premier trimestre, les mises en chantier ont reculé de 1,5 % par rapport à la même période de l’an dernier.

La contraction est particulièrement marquée dans le segment des maisons unifamiliales, avec une baisse de 14 % d’un mois à l’autre et un recul de 9,7 % en glissement annuel. Ce repli s’est accentué dans les régions du Sud et de l’Ouest, tandis que le Nord-Est et le Midwest ont connu des hausses modérées.

À l’inverse, les permis de construction indiquant les intentions de construction au cours des prochains mois ont progressé de 1,6 % en mars, atteignant 1,482 million d’unités. Toutefois, les permis pour les maisons unifamiliales ont diminué de 2,0 %, et les permis totaux délivrés au premier trimestre affichent une baisse de 3,7 % sur un an.

Sur le plan financier, les taux hypothécaires à 30 ans sont demeurés stables en mars, autour de 6,65 %, continuant toutefois de freiner la dynamique de construction et les nouveaux projets immobiliers. À cela s’ajoutent les coûts liés aux tarifs douaniers, estimés par la National Association of Home Builders (NAHB) à 10 900 $ US par maison, un fardeau supplémentaire qui pourrait ralentir davantage la reprise de l’activité au cours des prochains mois.

Régime forestier – Un pas en avant pour les producteurs forestiers, mais le sol demeure friable

Longueuil, le 30 avril 2025. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) prend acte du projet de nouveau régime forestier déposé par la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Mme Maïté Blanchette Vézina. S’il présente plusieurs mesures intéressantes et constructives, la FPFQ émet certaines réserves et offre sa collaboration pour l’améliorer afin de répondre pleinement aux attentes des producteurs.

La FPFQ est satisfaite que la ministre ait introduit dans l’objet de la loi le concept de favoriser la contribution de la forêt privée à l’approvisionnement des usines de transformation du bois. Cet ajout témoigne d’une volonté de miser sur le grand potentiel des boisés des 162 900 propriétaires forestiers du Québec et démontre une réelle volonté d’inclure la forêt privée au cœur du régime forestier renouvelé. Toutefois, elle regrette que la ministre ne renforce pas le principe de résidualité, obligeant le ministère à privilégier l’achat de bois des forêts privées par les usines avant d’octroyer des volumes résiduels des forêts publiques.

« Si la volonté du gouvernement est de miser sur le potentiel de la forêt privée, il est impératif que ce principe soit amélioré pour nous garantir un accès aux marchés, tant dans les périodes creuses que fastes d’un cycle économique », a indiqué le président de la FPFQ, M. Gaétan Boudreault.

Qui plus est, la transformation radicale de la gestion des forêts publiques pourrait avoir une incidence sur la concurrence livrée par l’État aux producteurs. Pensons à l’octroi des licences d’aménagement forestier à l’industrie forestière pour une période de 10 ans, rendant la reddition de compte laborieuse quant au respect de la résidualité par les détenteurs de licences. Ou bien aux mécanismes d’établissement des redevances sur le bois des forêts publiques qui demeurent pour l’instant nébuleux et à la discrétion du ministère qui abolit le Bureau de mise en marché des bois. Pour M. Gaétan Boudreault, « le principe de la résidualité ne peut reposer uniquement sur une consultation lors de l’établissement de droits forestiers conférés aux industriels, il doit aussi s’appuyer sur la vente de bois des forêts publiques à un juste prix respectant les conditions de coût de production en forêt privée ».

Cependant le nouveau régime forestier répond à deux attentes significatives pour les producteurs forestiers. Premièrement, il prévoit simplifier l’environnement réglementaire des producteurs en transférant la responsabilité de la réglementation sur l’aménagement des forêts privées des municipalités locales vers les MRC. Ce changement permettra de faciliter les échanges entre les acteurs du monde municipal et forestier afin d’harmoniser le cadre réglementaire. Deuxièmement, la ministre introduit une clause lui permettant de diminuer les volumes de bois récoltés en forêt publique advenant qu’une perturbation entraîne la destruction de massifs forestiers en forêt privée. Même si le mécanisme réglementaire nous semble complexe, l’objectif est de permettre une récupération plus rapide et significative de bois en perdition des forêts privées, sans risquer d’engorger les marchés.

« Ces deux éléments devraient favoriser l’environnement d’affaires des producteurs forestiers. Il s’agit d’un pas en avant pour les producteurs forestiers, mais le sol demeure friable. C’est pourquoi nous avons signifié notre intérêt à prendre part aux consultations particulières afin d’offrir notre collaboration aux parlementaires pour améliorer le prochain régime forestier », a conclu M. Gaétan Boudreault.

La forêt privée québécoise appartient à 162 900 individus, familles et entreprises. Tour à tour, ces propriétaires fournissent environ un cinquième de l’approvisionnement en bois rond de l’industrie forestière québécoise. Les activités sylvicoles effectuées en forêt privée et la transformation du bois qui y est récolté génèrent des revenus annuels de 4,7 G$ et près de 24 300 emplois.

-30-

Renseignements :
M. Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0540, poste 8201vmiville@upa.qc.ca  foretprivee.ca

 

 

Régime forestier : Quel avenir pour les forêts privées?

Se projeter dans l’avenir est familier pour nous, les forestiers. J’aime me rappeler que les arbres que j’ai plantés sont davantage un legs aux générations futures qu’une action entreprise pour en profiter de mon vivant. Cet avenir est préparé minutieusement, comme en témoignent mes plans d’aménagement forestier et les réflexions perpétuelles qui m’habitent à propos de mes lots à bois.


Pourtant, il s’avère difficile pour moi de prédire si l’avenir des forêts privées sera radieux… ou obscur. Nous avons bien tenté de définir un futur idéal dans le cadre des Tables de réflexion sur l’avenir de la forêt, mais avons-nous vraiment été entendus?

Laissez-moi un instant voler la boule de cristal et rêver d’une utopie forestière basée sur le principe de résidualité. En remplaçant le volume de bois produit en forêt publique par celui de la forêt privée, les propriétaires forestiers ont un intérêt grandissant à reboiser pour accentuer la production. Le couvert forestier explose, si bien que les éclaircies pratiquées sont accueillies favorablement par Mère Nature. Entre chaque récolte, les producteurs forestiers, finalement reconnus comme de véritables professionnels, s’abreuvent des principes de la sylviculture d’adaptation et sèment des essences mieux adaptées aux changements climatiques. Les pousses d’avenir pullulent et contribuent à faire foisonner la biodiversité. Le besoin de récolter du bois en forêt publique diminue et le gouvernement parvient à atteindre les objectifs d’aires protégées et de protection de la biodiversité établis dans le Plan nature 2030. Le caribou forestier chante son allégresse et retrouve son territoire; son abondance est telle que la chasse est autorisée. On ne pourra jamais nous empêcher de rêver…

À moins qu’un futur dystopique n’attende nos boisés? Des changements climatiques qui abîment nos arbres, des espèces exotiques qui évincent nos érables, des pressions sociales qui se traduisent par des réglementations abusives, et une guerre commerciale qui nous appauvrit en nous empêchant de vendre notre bois à juste prix se liguent contre les forestiers. L’avenir de la forêt privée se trouve probablement entre ces deux visions extrêmes.

La refonte du régime forestier amène son lot de nouveaux défis et d’opportunités qui conditionneront les forêts de demain. Est-ce possible que le gouvernement s’attelle à nous donner un coup de main en forêt privée? Est-ce utopique d’espérer que cette aide vienne renforcer le principe de la résidualité?

Peu importe nos doléances envers la forêt publique, il est de notre responsabilité de veiller à l’avenir de nos forêts privées comme nous l’avons déjà si bien fait par le passé. C’est pourquoi je vous invite à vous joindre à moi pour approfondir la réflexion et participer aux discussions lors de notre prochain congrès. Ensemble, déterminons un avenir de la forêt privée qui nous ressemble.

Gaétan Boudreault
Producteur et président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de mai 2025.

?>