M. Marc-André Côté, lauréat 2025 du prix Henri-Paul-Gagnon

Trois-Rivières, le 30 mai 2025. – Monsieur Marc-André Côté, ingénieur forestier, a reçu le prix Henri-Paul-Gagnon lors du banquet du congrès de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) tenu à Trois-Rivières, ce 29 mai.

M. Côté a consacré vingt-cinq ans de carrière à défendre les intérêts des producteurs forestiers, acéricoles et agricoles, dont dix années à titre de directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec entre 2011 et 2020. Son engagement inébranlable et son efficacité redoutable lui ont permis de cumuler plusieurs contributions significatives que ce prix vise à reconnaître.

M. Côté a ainsi réussi à mettre en pratique sa conviction que la fiscalité pouvait permettre à chacun des 160 000 propriétaires forestiers du Québec de détenir un budget d’aménagement forestier. Et que l’action de ceux-ci génère autant de bénéfices économiques qu’environnementaux pour la société. Renouvellement de la disposition de l’étalement du revenu forestier, bonification de la mesure de remboursement des taxes foncières pour les producteurs forestiers, création de la catégorie de taxation municipale pour les boisés sous aménagement, abandon de la taxe sur les opérations forestières pour les petits producteurs forestiers, et reconnaissance de l’importance du plan d’aménagement forestier bonifié de données environnementales constituent aujourd’hui une part non négligeable de la politique visant la mise en valeur des forêts privées.

Pour convaincre le gouvernement d’adopter ces mesures, M. Côté a mis en œuvre plusieurs initiatives pour synchroniser la voix de dizaines de milliers de propriétaires et producteurs forestiers, persuadé grâce aux enquêtes sociologiques qu’il a conduites que ceux-ci vivaient des enjeux et des aspirations semblables, peu importe la région du Québec. En multipliant les canaux de communication, en étayant les connaissances sur la forêt privée et en simplifiant des enjeux complexes, il a fourni aux producteurs des arguments crédibles pouvant nourrir leur réflexion et aider leurs représentations auprès des élus de leur coin de pays. Encore aujourd’hui, foretprivee.ca, l’infolettre Forêts de chez nous PLUS, la Forêt privée chiffrée et diverses études socio-économiques qu’il a supervisées demeurent la référence sur tout ce qui touche de près ou de loin les producteurs et la forêt privée.

Enfin, il a été un ardent défenseur de l’action syndicale pour corriger les évidentes imperfections de marchés que subissent les producteurs acéricoles et forestiers. À titre de directeur général adjoint des Producteurs et Productrices acéricoles du Québec, il a implanté, entre 2003 et 2006, le système de contingentement de la production de sirop d’érable toujours en vigueur aujourd’hui. Comme directeur général de la FPFQ, il a mis de l’avant les potentiels d’approvisionnement des usines en provenance de la forêt privée, notamment par le calcul et le suivi des possibilités de récolte forestière. Il a aussi obtenu des mesures législatives et administratives pour mieux protéger les parts de marchés pour les producteurs de la forêt privée, lors des révisions successives du régime forestier québécois. Et c’est sans compter son travail de soutien aux syndicats de producteurs forestiers souhaitant mieux organiser les conditions de vente du bois aux usines de produits forestiers.

« En syndicalisme, aucune vision ne se matérialise sans la confiance des membres dans l’action de l’organisation et la présence d’une équipe compétente et dédiée à sa mission. J’ai eu la chance dans ma carrière de pouvoir compter sur les deux », a mentionné M. Marc-André Côté à la réception de son prix.

Ingénieur forestier et titulaire d’un doctorat en politique forestière, M. Côté est reconnu pour sa créativité, sa rigueur, sa persévérance et sa capacité à synthétiser des enjeux éminemment complexes. Depuis 2020, il poursuit sa carrière à l’Union des producteurs agricoles en tant que directeur général des fiducies agricoles UPA-Fondaction et REM, où il a établi un modèle de fiducies foncières visant à préserver des terres agricoles menacées par un changement de vocation.

Le prix Henri-Paul-Gagnon

Le prix Henri-Paul-Gagnon est décerné annuellement à une personne ayant contribué de façon exceptionnelle à la vie syndicale dans le secteur de la forêt privée. Institué en 2010, le prix est attribué à la mémoire de M. Henri-Paul Gagnon, originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, président fondateur de la Fédération en 1970.

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Renseignements :
M. Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0540, poste 8201 | vmiville@upa.qc.ca

Ralentissement modeste de la construction résidentielle aux États-Unis au premier trimestre 2025

Selon les données du Bureau du recensement des États-Unis, le mois de mars confirme un ralentissement de l’activité résidentielle, dans un contexte de taux hypothécaires élevés et de coûts de construction accentués par les tarifs douaniers.

Les mises en chantier ont chuté de 11 % par rapport à février, atteignant leur niveau le plus bas depuis novembre 2024. Malgré cette baisse mensuelle, le volume demeure 1,9 % supérieur à celui enregistré en mars 2024. Sur l’ensemble du premier trimestre, les mises en chantier ont reculé de 1,5 % par rapport à la même période de l’an dernier.

La contraction est particulièrement marquée dans le segment des maisons unifamiliales, avec une baisse de 14 % d’un mois à l’autre et un recul de 9,7 % en glissement annuel. Ce repli s’est accentué dans les régions du Sud et de l’Ouest, tandis que le Nord-Est et le Midwest ont connu des hausses modérées.

À l’inverse, les permis de construction indiquant les intentions de construction au cours des prochains mois ont progressé de 1,6 % en mars, atteignant 1,482 million d’unités. Toutefois, les permis pour les maisons unifamiliales ont diminué de 2,0 %, et les permis totaux délivrés au premier trimestre affichent une baisse de 3,7 % sur un an.

Sur le plan financier, les taux hypothécaires à 30 ans sont demeurés stables en mars, autour de 6,65 %, continuant toutefois de freiner la dynamique de construction et les nouveaux projets immobiliers. À cela s’ajoutent les coûts liés aux tarifs douaniers, estimés par la National Association of Home Builders (NAHB) à 10 900 $ US par maison, un fardeau supplémentaire qui pourrait ralentir davantage la reprise de l’activité au cours des prochains mois.

Régime forestier – Un pas en avant pour les producteurs forestiers, mais le sol demeure friable

Longueuil, le 30 avril 2025. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) prend acte du projet de nouveau régime forestier déposé par la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Mme Maïté Blanchette Vézina. S’il présente plusieurs mesures intéressantes et constructives, la FPFQ émet certaines réserves et offre sa collaboration pour l’améliorer afin de répondre pleinement aux attentes des producteurs.

La FPFQ est satisfaite que la ministre ait introduit dans l’objet de la loi le concept de favoriser la contribution de la forêt privée à l’approvisionnement des usines de transformation du bois. Cet ajout témoigne d’une volonté de miser sur le grand potentiel des boisés des 162 900 propriétaires forestiers du Québec et démontre une réelle volonté d’inclure la forêt privée au cœur du régime forestier renouvelé. Toutefois, elle regrette que la ministre ne renforce pas le principe de résidualité, obligeant le ministère à privilégier l’achat de bois des forêts privées par les usines avant d’octroyer des volumes résiduels des forêts publiques.

« Si la volonté du gouvernement est de miser sur le potentiel de la forêt privée, il est impératif que ce principe soit amélioré pour nous garantir un accès aux marchés, tant dans les périodes creuses que fastes d’un cycle économique », a indiqué le président de la FPFQ, M. Gaétan Boudreault.

Qui plus est, la transformation radicale de la gestion des forêts publiques pourrait avoir une incidence sur la concurrence livrée par l’État aux producteurs. Pensons à l’octroi des licences d’aménagement forestier à l’industrie forestière pour une période de 10 ans, rendant la reddition de compte laborieuse quant au respect de la résidualité par les détenteurs de licences. Ou bien aux mécanismes d’établissement des redevances sur le bois des forêts publiques qui demeurent pour l’instant nébuleux et à la discrétion du ministère qui abolit le Bureau de mise en marché des bois. Pour M. Gaétan Boudreault, « le principe de la résidualité ne peut reposer uniquement sur une consultation lors de l’établissement de droits forestiers conférés aux industriels, il doit aussi s’appuyer sur la vente de bois des forêts publiques à un juste prix respectant les conditions de coût de production en forêt privée ».

Cependant le nouveau régime forestier répond à deux attentes significatives pour les producteurs forestiers. Premièrement, il prévoit simplifier l’environnement réglementaire des producteurs en transférant la responsabilité de la réglementation sur l’aménagement des forêts privées des municipalités locales vers les MRC. Ce changement permettra de faciliter les échanges entre les acteurs du monde municipal et forestier afin d’harmoniser le cadre réglementaire. Deuxièmement, la ministre introduit une clause lui permettant de diminuer les volumes de bois récoltés en forêt publique advenant qu’une perturbation entraîne la destruction de massifs forestiers en forêt privée. Même si le mécanisme réglementaire nous semble complexe, l’objectif est de permettre une récupération plus rapide et significative de bois en perdition des forêts privées, sans risquer d’engorger les marchés.

« Ces deux éléments devraient favoriser l’environnement d’affaires des producteurs forestiers. Il s’agit d’un pas en avant pour les producteurs forestiers, mais le sol demeure friable. C’est pourquoi nous avons signifié notre intérêt à prendre part aux consultations particulières afin d’offrir notre collaboration aux parlementaires pour améliorer le prochain régime forestier », a conclu M. Gaétan Boudreault.

La forêt privée québécoise appartient à 162 900 individus, familles et entreprises. Tour à tour, ces propriétaires fournissent environ un cinquième de l’approvisionnement en bois rond de l’industrie forestière québécoise. Les activités sylvicoles effectuées en forêt privée et la transformation du bois qui y est récolté génèrent des revenus annuels de 4,7 G$ et près de 24 300 emplois.

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Renseignements :
M. Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
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Régime forestier : Quel avenir pour les forêts privées?

Se projeter dans l’avenir est familier pour nous, les forestiers. J’aime me rappeler que les arbres que j’ai plantés sont davantage un legs aux générations futures qu’une action entreprise pour en profiter de mon vivant. Cet avenir est préparé minutieusement, comme en témoignent mes plans d’aménagement forestier et les réflexions perpétuelles qui m’habitent à propos de mes lots à bois.


Pourtant, il s’avère difficile pour moi de prédire si l’avenir des forêts privées sera radieux… ou obscur. Nous avons bien tenté de définir un futur idéal dans le cadre des Tables de réflexion sur l’avenir de la forêt, mais avons-nous vraiment été entendus?

Laissez-moi un instant voler la boule de cristal et rêver d’une utopie forestière basée sur le principe de résidualité. En remplaçant le volume de bois produit en forêt publique par celui de la forêt privée, les propriétaires forestiers ont un intérêt grandissant à reboiser pour accentuer la production. Le couvert forestier explose, si bien que les éclaircies pratiquées sont accueillies favorablement par Mère Nature. Entre chaque récolte, les producteurs forestiers, finalement reconnus comme de véritables professionnels, s’abreuvent des principes de la sylviculture d’adaptation et sèment des essences mieux adaptées aux changements climatiques. Les pousses d’avenir pullulent et contribuent à faire foisonner la biodiversité. Le besoin de récolter du bois en forêt publique diminue et le gouvernement parvient à atteindre les objectifs d’aires protégées et de protection de la biodiversité établis dans le Plan nature 2030. Le caribou forestier chante son allégresse et retrouve son territoire; son abondance est telle que la chasse est autorisée. On ne pourra jamais nous empêcher de rêver…

À moins qu’un futur dystopique n’attende nos boisés? Des changements climatiques qui abîment nos arbres, des espèces exotiques qui évincent nos érables, des pressions sociales qui se traduisent par des réglementations abusives, et une guerre commerciale qui nous appauvrit en nous empêchant de vendre notre bois à juste prix se liguent contre les forestiers. L’avenir de la forêt privée se trouve probablement entre ces deux visions extrêmes.

La refonte du régime forestier amène son lot de nouveaux défis et d’opportunités qui conditionneront les forêts de demain. Est-ce possible que le gouvernement s’attelle à nous donner un coup de main en forêt privée? Est-ce utopique d’espérer que cette aide vienne renforcer le principe de la résidualité?

Peu importe nos doléances envers la forêt publique, il est de notre responsabilité de veiller à l’avenir de nos forêts privées comme nous l’avons déjà si bien fait par le passé. C’est pourquoi je vous invite à vous joindre à moi pour approfondir la réflexion et participer aux discussions lors de notre prochain congrès. Ensemble, déterminons un avenir de la forêt privée qui nous ressemble.

Gaétan Boudreault
Producteur et président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de mai 2025.

La revue Forêts de chez nous – mai 2025 : Une sélection minutieuse pour une érablière en santé

• Éditorial du président – Régime forestier : Quel avenir pour les forêts privées?
• Actualités
• Choix des arbres pour améliorer la vigueur et la qualité d’une érablière
• Bilan 2024 de la mise en marché du bois de la forêt privée

Consultez l’édition de mai 2025 en version PDF.

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec les Producteurs et productrices acéricoles du Québec. Pour nous faire part d’un commentaire ou pour nous suggérer un sujet d’article, écrivez-nous!

Nouvelle enquête pour établir le portrait des propriétaires forestiers québécois

Au Québec, des enquêtes ont été réalisées en 1974, 1985, 1998 et 2012 pour suivre l’évolution des motivations et des activités des propriétaires forestiers québécois. L’enquête de 2012 avait été prise en charge par la FPFQ et portait sur la Caractérisation des profils, des motivations et des comportements des propriétaires forestiers québécois par territoire d’agence régionale de mise en valeur des forêts privées.

À l’aube de la révision des planifications forestières régionales par les agences de mise en valeur de la forêt privée, l’actualisation du portrait des propriétaires forestiers aux échelles régionale et provinciale est nécessaire pour adapter les programmes gouvernementaux qui leur sont destinés. La FPFQ a entrepris une nouvelle démarche pour mettre à jour les résultats de la dernière enquête et ainsi être en mesure d’évaluer l’impact de l’évolution sociologique des propriétaires forestiers québécois sur la gestion de leurs boisés, notamment en ce qui a trait aux activités d’aménagement forestier et de récolte de bois. Cette initiative est réalisée en partenariat avec le Groupe AGÉCO, responsable du sondage et elle est financée en partie par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Le questionnaire permettra de suivre l’évolution du profil des propriétaires forestiers et d’évaluer leurs enjeux contemporains.

Un peu plus de 6 100 propriétaires forestiers ont été ciblés dans toutes les régions du Québec afin de répondre à l’Enquête auprès des propriétaires forestiers québécois 2025. Contrairement à l’enquête téléphonique de 2012, les propriétaires forestiers sélectionnés recevront un courrier et auront deux possibilités pour répondre au sondage : remplir la version papier et la retourner sans frais, ou remplir la version en ligne. Dans les deux cas, leur participation les rend éligibles au tirage d’une carte-cadeau d’une valeur de 250 $ dans un magasin de plein air de leur choix. La collaboration des propriétaires forestiers québécois à cette enquête est essentielle pour permettre aux organisations œuvrant en forêt privée et au gouvernement de répondre à leurs attentes et de les soutenir dans la mise en valeur de leurs boisés. La FPFQ espère qu’ils seront nombreux à répondre au sondage.

Élections fédérales 2025

Le 28 avril, 480 000 propriétaires de boisés et leurs familles voteront aux élections fédérales. La FPFQ, par l'intermédiaire de Propriétaires forestiers du Canada (PFC), a interrogé les partis politiques concernant leurs engagements envers la forêt privée. Cette infolettre présente les réponses reçues en date du 24 avril 2025. L’occasion était bonne pour rappeler aux partis politiques que la forêt privée peut contribuer aux enjeux de lutte aux changements climatiques, de développement socioéconomique des communautés rurales et d'occupation dynamique du territoire d’un océan à l’autre.

Baisse de 1,3 % de la production nord-américaine de bois d’œuvre en 2024

Selon les données préliminaires sectorielles, la production nord-américaine de bois d’œuvre s’est établie à près de 57 milliards de pieds mesure de planche (G PMP) en 2024, soit une baisse de 1,3 % par rapport à l’année précédente.

La production américaine, qui représente 64 % du volume nord-américain, a reculé de 1,7 %, pour s’établir à 36,67 G PMP. Cette baisse s’est manifestée dans la plupart des grandes régions productrices. Entre-temps, la production canadienne de bois d’œuvre a légèrement diminué (-0,6 %), pour totaliser 20,29 G PMP.

Au Canada, cette baisse est principalement attribuable à la Colombie-Britannique, où la production a chuté de 5,2 %, atteignant 6,66 G PMP, en raison de difficultés persistantes d’approvisionnement en fibre. À titre comparatif, cette province produisait plus de 12 G PMP de bois d’œuvre résineux en 2014.​ Il s’agit d’une baisse considérable en l’espace d’une décennie, représentant pratiquement l’équivalent de la production québécoise actuelle.

L’Ontario a également enregistré un recul de 1,9 % de sa production, tandis que l’Albert a vu sa production croître légèrement (+0,4 %). En revanche, plusieurs provinces ont connu une croissance, notamment le Nouveau-Brunswick (+7,7 %). Les autres provinces canadiennes ont connu une forte croissance (+10 %), bien que ces dernières représentent moins de 5 % de la production totale.​

Plus spécifiquement en ce qui a trait au Québec, la production a augmenté de 1,5 % en 2024, contribuant à 9,4 % de la production nord-américaine totale de bois d’œuvre. Toutefois, cette hausse fut largement concentrée au premier semestre (+14 % sur un an), alors que nous observons un ralentissement au deuxième (-11 %). Mentionnons également que la hausse totale est aussi tributaire d’une comparaison favorable puisque la production en 2023 avait été amputée par des feux de forêt massifs. Cependant, les inventaires de bois d’œuvre au Québec ont crû de 9,4 % par rapport à 2023, suggérant peut-être des difficultés pour les scieries à écouler leur production ou bien une tactique pour reconstituer des stocks.​

Parallèlement, la production canadienne de bois d’œuvre feuillu a reculé de 4,6 % en 2024. Cette baisse est particulièrement marquée au Québec, où la production a chuté de 11 %, alors que l’ensemble des autres provinces a enregistré une hausse moyenne de 2,5 %. Rappelons que le Québec s’illustre sur ce marché, puisqu’il détient 26 % de la production canadienne.

Bois d’œuvre résineux : les résultats préliminaires du sixième examen annoncent un durcissement commercial envers le Canada

Le Département du Commerce des États-Unis a récemment publié les résultats préliminaires du sixième examen des droits antidumping et compensateurs sur les importations canadiennes de bois d’œuvre résineux, révélant une hausse marquée des taux applicables. Bien que ces résultats ne soient pas encore en vigueur, ils donnent un aperçu clair de la trajectoire que pourrait suivre la décision finale, attendue pour août 2025.​

Les droits antidumping sont appliqués lorsqu’un produit est vendu à l’étranger à un prix inférieur à celui pratiqué sur le marché domestique, ou en dessous de son coût de production, dans le but de capter des parts de marché. Selon les données publiées le 3 mars 2025, le taux antidumping applicable aux exportateurs canadiens non spécifiquement désignés s’élèverait possiblement à 20,07%, à compter d’août 2025, en nette augmentation par rapport au taux actuel de 7,66 %.

Les droits compensateurs sont des taxes imposées sur les importations lorsqu’un produit est jugé subventionné par son pays d’origine, faussant ainsi la concurrence. Dans une publication du 5 avril, le Département du Commerce a annoncé les taux provisoires des droits compensateurs : 16,57 % pour West Fraser, 11,87 % pour Canfor et une moyenne de 14,38 % pour les autres producteurs canadiens. Actuellement, ce taux se limite à 6,74 %.​

Selon le Département du Commerce des États-Unis, les hausses des droits annoncées en 2025 résultent principalement des conditions du marché du bois d’œuvre en 2023, notamment de la volatilité des prix et des allégations de pratiques commerciales déloyales. Ces facteurs ont conduit à l’ajustement des taux de droits pour refléter la situation du marché durant cette période. Ainsi, le taux combiné des droits antidumping et compensateurs atteindrait 34,45 %, comparativement au taux actuel de 14,40 %.

Il s’agit non seulement d’une hausse de plus du double, mais aussi du taux le plus élevé depuis 2017, soit le début du dernier conflit commercial entre le Canada et les États-Unis sur le bois d’œuvre résineux. Cette décision témoigne d’un resserrement significatif de la politique commerciale américaine à l’égard du secteur forestier canadien.

Selon nos estimations, depuis 2017, ces mesures auraient permis aux autorités américaines de percevoir près de 10 milliards de dollars en droits d’exportation auprès de l’industrie forestière canadienne, dont environ 2 milliards pour les expéditions en provenance du Québec.​

Ces droits alourdissent les coûts d’exportation vers les États-Unis, principal marché pour le bois d’œuvre résineux canadien, réduisant ainsi la compétitivité des scieries canadiennes. Le conflit du bois d’œuvre appauvrit l’ensemble des acteurs de la filière, incluant les producteurs de bois, et fragilise plusieurs compagnies et exploitants. En 2024, le bois de sciage de sapin-épinette destiné aux scieries représentait 63 % des volumes mis en marché en forêt privée, avec une valeur au producteur de près de 300 M$. Cette hausse tarifaire pourrait-elle entraîner une diminution des achats de sapin-épinette en forêt privée?

Bilan de la mise en marché du bois de la forêt privée en 2024

Entre janvier et décembre 2024, les producteurs forestiers visés par les 13 plans conjoints de producteurs de bois du Québec ont mis en marché environ 6,4 Mm3 de bois, toutes essences confondues. En 2024, 75 % des livraisons de bois en provenance de la forêt privée furent destinées aux usines de sciage, 11 % aux usines de panneaux et autres utilisations, 12 % aux usines de pâtes et papiers ainsi que 3 % aux usines de biomasse.
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