Bois à vendre en forêt privée!

La forêt privée dispose toujours d’importants volumes de bois qui permettraient à l’industrie forestière de combler ses besoins en approvisionnement et ainsi réaliser des opportunités d’affaires intéressantes. En tout et pour tout, environ 2,1 Mm³ de bois rond demeurent disponibles en forêt privée pour approvisionner plusieurs usines de transformation sur l’ensemble du territoire.

Pour la période 2023-2028, les 13 gestionnaires régionaux de plans conjoints de producteurs de bois et le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) ont conjointement évalué qu’il serait réaliste de mobiliser annuellement 8,1 Mm³ de bois par année en forêt privée, sur une possibilité de récolte forestière de 17,0 Mm³. Ce volume correspond à la somme de tous les produits, résineux et feuillus, de qualité trituration, sciage et déroulage. La récolte de bois de chauffage, estimée à 1,8 Mm³ par année, est exclue de cette évaluation.

Le volume mobilisable est déterminé à l’aide des données de possibilités de récolte forestière, des historiques de production, des conditions d’achat sur le marché, des ressources disponibles pour accompagner les propriétaires dans la récolte et le transport de bois, en plus d’une estimation de la volonté des propriétaires de récolter ou de faire récolter du bois dans leur boisé.

Toutes choses égales d’ailleurs, la comparaison entre la récolte réelle en 2022 et l’estimation du volume de bois mobilisable permet d’établir les volumes de bois sans preneur pouvant soutenir le développement de l’industrie forestière. À l’échelle de la province, toutes essences et qualités confondues, les propriétaires forestiers ont récolté 74 % du bois mobilisable en 2022.

Tordeuse des bourgeons de l’épinette – Les producteurs rassurés de la reconduction du programme de protection

Longueuil, le 4 mai 2023. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est rassurée de l’annonce de reconduction du programme de protection contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette pour la petite forêt privée par la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Mme Maïté Blanchette Vézina.

Au cours des 5 dernières années, près de 75 000 hectares de peuplements forestiers vulnérables ayant bénéficié d’investissements sylvicoles ont profité d’un arrosage d’insecticide biologique Btk. La prolongation pour une durée de 4 ans permettra de soutenir les producteurs forestiers désirant protéger leurs boisés face à cet insecte ravageur.

« Nous avons attendu avec impatience cette annonce de reconduction, car l’épidémie n’a pas pris de pause », a indiqué le président de la FPFQ, M. Gaétan Boudreault. La poursuite des opérations d’arrosage s’avère nécessaire, puisqu’en 2022 l’épidémie ravageait toujours 13 % de la superficie des forêts privées et affectait environ 21 000 propriétaires de boisés.

L’arrosage constitue la pierre d’assise d’une stratégie intégrée de lutte contre cet insecte ravageur, mais d’autres séries de gestes doivent l’accompagner. La FPFQ tient à rappeler aux producteurs l’importance de procéder à des coupes préventives dans les peuplements vulnérables, à défaut de quoi des volumes importants de bois devront être récupérés simultanément.

À cet effet, M. Gaétan Boudreault espère obtenir « la coopération du ministère pour mieux coordonner les récoltes en provenance des forêts publiques et privées afin d’éviter le gaspillage de cette ressource. Il faudra aussi prévoir les mesures de soutien pour remettre en production les sites affectés ».

La FPFQ invite les propriétaires forestiers à consulter le site foretprivee.ca/tordeuse afin de s’informer sur l’épidémie, obtenir des conseils pratiques et se renseigner sur le programme d’arrosage.

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Renseignements :
M. Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0540, poste 8201 | vmiville@upa.qc.ca

La Fédération des producteurs forestiers du Québec salue la bonification du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées

Longueuil, le 2 mai 2023. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) salue l’annonce de la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Mme Maïté Blanchette Vézina, visant à bonifier de 5 M$ le Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées.

Toute action visant à améliorer les enveloppes budgétaires dédiées à l’aménagement des forêts privées permet à davantage de propriétaires forestiers de mettre en valeur leurs boisés en améliorant la qualité de leurs peuplements et en assurant la remise en production des sites récoltés. Rappelons que la FPFQ avait demandé l’accroissement des budgets, car ils permettent de valoriser un peu plus le potentiel de récolte inexploité des forêts privées.

« Nous remercions la ministre pour cette aide ponctuelle qui permettra de juguler en partie les effets néfastes de l’inflation qui érodent la quantité de travaux d’aménagement pouvant être réalisés en forêt privée », a indiqué le président de la FPFQ, M. Gaétan Boudreault.

D’autres efforts de soutien budgétaire devront manifestement être prévus, et d’autres enjeux adressés, si nous souhaitons accroître le rôle déterminant des producteurs au dynamisme des communautés rurales. La lutte contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette, l’adaptation des forêts aux changements climatiques, l’aide à la protection de la biodiversité et une simplification du contexte réglementaire constituent autant de dossiers qui préoccupent les producteurs souhaitant aménager leurs boisés.

« La ministre peut compter sur la collaboration de la Fédération des producteurs forestiers du Québec pour proposer des solutions qui permettront aux 134 000 propriétaires forestiers québécois de mettre à profit leur patrimoine, leur savoir-faire et leur dynamisme afin de contribuer au développement durable des forêts privées », a conclu M. Gaétan Boudreault.

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M. Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
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La responsabilité du monde municipal dans le développement du secteur forestier

Au fil du temps, et c’est encore le cas aujourd’hui, la sylviculture des forêts privées par les 134 000 propriétaires de boisés du Québec a permis d’assurer le développement et l’occupation dynamique de nombreuses régions ainsi que d’importantes retombées économiques pour une panoplie de communautés.

La faible rentabilité des activités forestières a forcé l’État à mettre en place des mesures pour soutenir le travail des producteurs forestiers afin d’assurer une mise en valeur du potentiel de leurs boisés pour sécuriser l’approvisionnement de l’industrie forestière.

Fait méconnu, l’autorité des municipalités sur la gestion des forêts privées est plus importante que celle exercée par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF). Ainsi, ce sont les municipalités qui disposent, en vertu de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, du pouvoir de réglementer l’abattage d’arbres et la protection du couvert forestier. Le pouvoir de taxation conféré par la Loi sur la fiscalité municipale vise également les boisés privés. Ces deux leviers permettent aux élus de contrôler le niveau d’activité sylvicole dans les forêts privées et les retombées économiques qui en dépendent.

Le cadre réglementaire visant l’aménagement et la protection des forêts privées s’est construit une étape à la fois, mais l’adoption et la multiplication de nouvelles réglementations se sont toujours traduites par un accroissement du degré de complexité lié à l’organisation d’une activité d’aménagement forestier. Pourtant, l’activité forestière peut très bien être complémentaire à une majorité d’autres usages du territoire tout en maintenant les fonctions écologiques des écosystèmes forestiers.

La FPFQ suggère quelques modifications au projet de loi qui permettront de simplifier et d’harmoniser ce cadre réglementaire au bénéfice de l’État, des citoyens et d’un aménagement durable de la forêt privée.

Lire le mémoire en totalité.

Mémoire déposé à la Commission de l’aménagement du territoire dans le cadre des consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi no 16, Loi modifiant la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme et d’autres dispositions.

Avril 2023

Bilan de la mise en marché du bois de la forêt privée en 2022

Entre janvier et décembre 2022, les producteurs forestiers visés par les 13 plans conjoints de producteurs de bois du Québec ont mis en marché environ 6,0 Mm3 de bois, toutes essences confondues. En 2022, 76 % des livraisons de bois en provenance de la forêt privée furent destinées aux usines de sciage, 13 % aux usines de panneaux et autres utilisations et 11 % aux usines de pâtes et papiers.

Globalement, 70 % du bois mis en marché provenait d’essences résineuses alors que les feuillus représentaient 30 % du volume des livraisons. Le volume total mis en marché a diminué de 11 % par rapport à 2021. Ces volumes ne tiennent pas compte de la récolte de bois de chauffage estimée à 1,8 Mm3 chaque année.

La valeur du bois mis en marché en 2022 est évaluée à 533 M$, ce qui représente une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente. En 2022, le revenu total des producteurs, soit la valeur du bois livré à l’usine moins la somme consacrée au transport et aux contributions aux plans conjoints, s’est chiffré à 413 M$, en hausse de 32 M$.

Projet de loi concernant la ligne d’interconnexion Hertel-New York – Défendre les propriétaires de boisés lors de la construction d’infrastructures publiques

Longueuil, le 14 mars 2023. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) a présenté des recommandations à la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles de l’Assemblée nationale du Québec chargée de procéder aux consultations sur le projet de loi concernant la ligne d’interconnexion Hertel-New York.

« Cette audition nous aura permis de rappeler aux élus la nécessité d’agir avec prudence lors de l’implantation d’infrastructures d’utilité publique dans les milieux naturels boisés », a indiqué le président de la FPFQ, M. Gaétan Boudreault.

Le déboisement entraîne une diminution du couvert forestier, ce qui vient en contradiction avec la volonté des propriétaires d’aménager leurs forêts, de protéger leurs boisés et de produire du bois. De plus, chaque perte de superficie forestière dans des milieux fortement humanisés accroît l’intérêt de la société à protéger les territoires naturels résiduels qui sont bien souvent logés chez l’un ou l’autre des propriétaires de boisés du territoire, complexifiant ainsi leur travail.

Dans tous les cas, il faut éviter la perturbation des milieux naturels, minimiser les dommages, compenser les producteurs et soutenir les efforts de ces derniers dans la conservation des milieux naturels résiduels. Le recours aux ententes-cadres, telles que l’Entente sur le passage des lignes de transport en milieux agricole et forestier conclue entre l’UPA et Hydro-Québec, et un encadrement bien mesuré du pouvoir d’expropriation permettent généralement d’assurer l’acceptabilité sociale de ces projets.

Séance de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles

Audition de la FPFQ sur le projet de loi concernant la ligne d’interconnexion Hertel-New York

MM. André Roy, Vincent Miville et Gaétan Boudreault

Consultez le mémoire de la FPFQ en ligne.

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Directeur général
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La revue Forêts de chez nous – février 2023 : Promotion de la diversité dans nos forêts et stratégies d’adaptation

• Éditorial du président – Du concept de la résidualité à celui de la priorité
• Actualités
• Les changements globaux et nos érablières : que faut-il savoir et que pouvons-nous faire?
• La sylviculture pour adapter les forêts aux changements globaux

Consultez l’édition de février 2023 en version PDF.

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec les Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

Pour nous faire part d’un commentaire ou pour nous suggérer un sujet d’article, écrivez-nous!

Du concept de la résidualité à celui de la priorité

D’aussi loin que je me souvienne, les syndicats, les offices et votre fédération ont toujours martelé l’idée de développer l’accès aux marchés des producteurs forestiers.

Ce message, nous le portons aux industriels qui achètent notre bois (et surtout à ceux qui en achètent peu ou pas!). Nous le portons également au ministère des Ressources naturelles et des Forêts qui, par sa gestion des forêts publiques, constitue bien malgré lui notre plus féroce concurrent.

À force de persévérance, le gouvernement a adopté en 1989 le principe de « résidualité » qui confère un caractère résiduel au bois de la forêt publique par rapport aux autres sources d’approvisionnement dans l’établissement des scénarios d’approvisionnement des usines de transformation du bois. En d’autres mots, le ministère consulte les autres fournisseurs, dont la forêt privée, afin de n’accorder que le bois nécessaire aux entreprises forestières pour combler leurs besoins.

Il est vrai que le ministère offre une performance d’équilibre dans l’application du principe de résidualité, lui qui doit jongler avec ses allocations afin de maintenir une structure industrielle forestière vigoureuse sans pour autant léser les producteurs de bois.

Ces fréquents déséquilibres entre l’offre et la demande hypothèquent la capacité des producteurs et de leurs syndicats à négocier des conditions de mise en marché satisfaisantes. Pire encore, certains volumes ne peuvent être récoltés par manque de débouchés.

Au cours de la dernière année, les syndicats et offices de producteurs forestiers ont justement participé à l’exercice de consultation du ministère qui vise à évaluer les volumes disponibles en forêt privée et ainsi déterminer les volumes des forêts publiques qui seront accordés aux industriels entre 2023 et 2028. Il s’agit du socle sur lequel repose le principe de résidualité. Nous saurons donc bientôt quelle place sera accordée aux producteurs forestiers.

Bien évidemment, je souhaiterais plutôt que l’on priorise d’office l’achat de notre bois, car la crainte de ne pouvoir récolter constitue un frein pour le développement de nos entreprises.

Dans une contrée si riche en forêts, les sources d’approvisionnement en bois sont nombreuses, mais j’ai la prétention de penser que nous pouvons aspirer à devenir les meilleurs fournisseurs. Peut-être en améliorant nos services aux acheteurs en contrepartie de meilleures conditions?

À nous de prouver au ministère et aux industriels que nous sommes les mieux placés afin d’assurer un approvisionnement durable, et à ces derniers de nous prouver que l’achat du bois des forêts privées est véritablement priorisé.

Gaétan Boudreault
Producteur et président par intérim de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de février 2023.

S’initier aux crédits de carbone forestier

La forêt est une alliée naturelle dans la lutte contre les changements climatiques en raison de la capacité des arbres à séquestrer le carbone. Le secteur forestier peut aussi contribuer par la mise en place de stratégies d’aménagement forestier visant à augmenter les stocks de carbone sur un territoire ou en assurant sa séquestration à long terme dans des produits forestiers.

Les entreprises sont encouragées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) en adoptant de meilleures pratiques, à défaut de quoi elles peuvent compenser leurs émissions en procédant à l’achat de crédits compensatoires sur le marché du carbone. La financiarisation de la lutte contre les changements climatiques peut intéresser les propriétaires forestiers puisqu’il s’agit d’une avenue permettant de financer des investissements en sylviculture en procédant à la vente de crédits compensatoires. Les initiatives visant à vendre des crédits de carbone forestier s’accentuent, autant sur le marché volontaire que sur le marché réglementaire. Bien que ces deux marchés soient distincts, ils fonctionnent selon les mêmes préceptes.

La reconnaissance des projets

Il faut s’attarder aux 7 critères reconnus internationalement pour identifier et comprendre le fonctionnement des crédits de carbone forestier.

  • 1

    Réel : les gains revendiqués tiennent compte des émissions de CO2 du projet. De plus, les bénéfices ne doivent pas conduire à un déplacement des émissions, soit au principe de la « fuite ». Ainsi, selon certaines normes, la reconnaissance d’un boisement ne peut pas se faire au détriment du déboisement d’un autre secteur d’une propriété.

  • 2

    Additionnel : les crédits ne sont accordés que pour le carbone supplémentaire séquestré par rapport à celui quantifié dans un scénario de référence (en absence du projet).

Sur le radar en 2023

Comme chaque début d’année, la FPFQ retrace les grands enjeux susceptibles d’avoir des impacts sur les activités des producteurs forestiers en 2023. Voici une vingtaine de dossiers à surveiller.

Revenus des producteurs forestiers et marché des produits forestiers

  • 1

    La Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier priorise l’approvisionnement en bois des forêts privées au détriment de celui des forêts publiques, qualifié de résiduel, dans les scénarios d’approvisionnement des usines de transformation du bois. Dans ce contexte, le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) a consulté à la fois les syndicats et les offices de producteurs forestiers afin de déterminer l’offre de bois de la forêt privée et les bénéficiaires de droits forestiers sur les volumes potentiels qu’ils pourraient obtenir de la forêt publique. En début d’année, le MRNF devrait se prononcer sur les garanties d’approvisionnement en bois des forêts publiques pour la période 2023-2028. Cette consultation est essentielle, mais demeure insuffisante considérant que les scénarios d’approvisionnement sont fréquemment modifiés par les ventes de gré à gré et le recours aux plans spéciaux de récupération qui accroissent l’offre de bois des forêts publiques. La FPFQ poursuivra ses représentations afin d’assurer le respect du principe de résidualité.

  • 2

    Les politiques monétaires mises en place par les gouvernements pendant la crise économique, les disruptions des chaînes d’approvisionnement au cours de la pandémie et la guerre en Ukraine ont créé une inflation persistante que tentent de casser les banques centrales en haussant les taux directeurs. Cette action visant à refroidir l’économie en surchauffe ralentira le marché immobilier. Après deux années fastes sur les marchés des produits forestiers, 2023 sera beaucoup plus morose.

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