Plus de 2 Mm3 de bois rond toujours disponibles en forêt privée

La forêt privée dispose toujours d’importants volumes de bois qui permettraient à l’industrie forestière de combler ses besoins en approvisionnement de bois et ainsi réaliser des opportunités d’affaires intéressantes. En tout et pour tout, environ 2,6 Mm³ de bois rond demeurent disponibles en forêt privée pour soutenir des usines de sciage et de trituration.

Pour la période 2018-2023, les 13 gestionnaires régionaux de plans conjoints de producteurs de bois et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) ont conjointement évalué qu’il serait réaliste de mobiliser annuellement 8,8 Mm³ de bois par année en forêt privée, sur une possibilité de récolte forestière de 17,0 Mm³. Ce volume correspond à la somme de tous les produits, résineux et feuillus, de qualité trituration, sciage et déroulage. Le bois de chauffage, estimé à 1,8 Mm³, est exclu de cette évaluation.

Le volume mobilisable est déterminé à l’aide des données de possibilités de récolte forestière, les historiques de production, les conditions d’achat sur le marché, les ressources disponibles pour accompagner les propriétaires dans la récolte et le transport de bois, en plus d’une estimation de la volonté des propriétaires de récolter ou de faire récolter du bois dans leur boisé.

La comparaison entre la récolte réelle et l’estimation du volume de bois mobilisable permet d’établir les volumes de bois sans preneur pouvant soutenir le développement des usines de produits forestiers. À l’échelle de la province, toutes essences confondues, les propriétaires forestiers ont récolté 70 % du bois mobilisable en 2020. Globalement, 86 % des volumes mobilisables de bois de sapin, épinettes et pin gris ont été mis en marché par les producteurs forestiers. À l’inverse, à peine 49 % des feuillus mélangés, 48 % des peupliers et 59 % des autres résineux ont trouvé preneurs. Évidemment, ces volumes de bois délaissés demeurent disponibles pour générer d’importantes retombées économiques liées à leur transformation.

Avis aux producteurs forestiers reconnus

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) procède actuellement à la vérification du registre des producteurs forestiers. Rappelons que le certificat de producteur forestier permet à ceux-ci de bénéficier de différentes mesures et programmes du MFFP, dont celui lié à la nouvelle catégorie foncière des immeubles forestiers.

Certains producteurs ont reçu, ou recevront prochainement, un avis par la poste de la part de leur bureau d’enregistrement leur demandant la correction des informations relatives à leur propriété forestière enregistrée. Lors de la réception de cet avis, il est important de répondre rapidement afin de conserver les avantages reliés au certificat de producteur forestier en retournant à votre bureau d’enregistrement une copie de l’avis reçu accompagnée du compte de taxes des lots identifiés dans l’avis.

La demande de correction est souvent reliée à la récente rénovation cadastrale qui a modifié les numéros de lot ainsi que les numéros de matricules inscrits sur votre compte de taxes ou l’avis d’évaluation municipale. La correction de votre dossier s’effectuera sans frais pour une période limitée.

Ce travail de révision est nécessaire afin de permettre la création de la catégorie d’immeubles forestiers dans les rôles d’évaluation foncière des municipalités. Rappelons que la Loi sur la fiscalité municipale exige dorénavant que les municipalités identifient les propriétés des producteurs forestiers reconnus. Ce changement offre aux municipalités la possibilité de moduler le taux de taxation des immeubles forestiers à l’intérieur d’une fourchette de 66 à 100 % du taux de base afin d’encourager la mise en valeur des forêts privées. L’inscription de la catégorie des immeubles forestiers au rôle d’évaluation foncière des municipalités s’effectuera graduellement au cours des 3 prochaines années selon l’entrée en vigueur du prochain rôle d’évaluation.

En terminant, nous rappelons que les producteurs forestiers sont tenus de signaler à leur bureau d’enregistrement toute modification concernant leur propriété ou leur adresse de correspondance.

Bilan de la mise en marché du bois de la forêt privée en 2020

Entre janvier et décembre 2020, les producteurs forestiers visés par les 13 plans conjoints de producteurs de bois du Québec ont mis en marché environ 6,2 Mm3 de bois, toutes essences confondues. En 2020, 77 % des livraisons de bois en provenance de la forêt privée furent destinées aux usines de sciage, 14 % aux usines de pâtes et papiers et 9 % aux usines de panneaux et autres utilisations.

Globalement, 74 % du bois mis en marché provenait d’essences résineuses alors que les feuillus représentaient 26 % du volume des livraisons. La mise en marché de résineux est demeurée stable par rapport à l’année précédente, alors que celle des feuillus a plongé de 16 % en 2020. Ces volumes ne tiennent pas compte de la récolte de bois de chauffage estimée à 1,8 Mm3, composée en majorité d’essences feuillues.

La valeur du bois mis en marché en 2020 est évalué à 397 M$, ce qui est comparable à l’année précédente. En 2020, le revenu total des producteurs, soit la valeur du bois livré à l’usine moins la somme consacrée au transport et aux contributions aux plans conjoints, s’est chiffré à 304 M$, en baisse de 9 M$.

Budget Girard – La Fédération des producteurs forestiers du Québec salue la simplification de la mesure de remboursement de taxes foncières accordé aux producteurs forestiers

Longueuil, le 30 mars 2021. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) tient à saluer une mesure phare du Budget 2021 dévoilé par le ministre des Finances du Québec, M. Éric Girard, soit la simplification de la mesure de remboursement de taxes foncières accordé aux producteurs forestiers.

Depuis 1986, le gouvernement du Québec offre un remboursement des taxes foncières aux petits et grands producteurs forestiers qui réalisent des travaux d’aménagement forestier dans leurs boisés. Dans l’objectif de simplifier l’environnement d’affaires des producteurs forestiers, le gouvernement prévoit dorénavant de permettre l’obtention d’un remboursement de taxes foncières même si la valeur des travaux d’aménagement forestier de l’année est inférieure au montant des taxes foncières. Le montant du remboursement correspondra alors à 85 % de la valeur des travaux admissibles, jusqu’à concurrence de celle des taxes foncières.

Selon M. Pierre-Maurice Gagnon, président de la FPFQ, « il s’agit d’une amélioration significative puisque auparavant, le producteur forestier devait cumuler les dépenses admissibles équivalentes au niveau des taxes foncières avant que cette mesure ne se déclenche, occasionnant un fardeau administratif pour les producteurs forestiers ainsi qu’une utilisation sous-optimale de la mesure ».

Par ailleurs, la simplification éliminera également des formalités administratives pour les producteurs forestiers détenant plusieurs unités d’évaluation en leur permettant de faire une réclamation calculée sur l’ensemble de leurs unités au lieu du calcul actuel se faisant une unité à la fois.

« Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, monsieur Pierre Dufour, peut compter sur notre appui afin de poursuivre le travail visant à offrir un environnement d’affaires favorable aux producteurs forestiers », a indiqué M. Pierre-Maurice Gagnon.

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Renseignements :

Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0530, poste 8201
vmiville@upa.qc.ca      foretprivee.ca

Nouveau service de fiscalistes

L’UPA, ses fédérations régionales et le réseau des SCF ont conjointement décidé de créer SCF Conseils afin d’offrir davantage de services professionnels aux producteurs agricoles et forestiers du Québec. La mission de SCF Conseils consiste à offrir, par l’entremise de ses partenaires, une gamme complète de services professionnels abordables pour contribuer significativement à la prospérité des producteurs, le tout en cohérence avec les valeurs associatives de l’Union des producteurs agricoles.  Déployés aux quatre coins du Québec, ses 300 professionnels aguerris desservent plus de 12 000 entreprises agricoles et forestières qui ont chacune leurs défis, leurs enjeux d’affaires et leurs besoins de services professionnels particuliers.

Les règles fiscales applicables aux propriétaires de boisés privés sont particulières. SCF Conseils met à leur disponibilité des professionnels qui connaissent bien le milieu et qui peuvent les aider à minimiser leurs impôts et autres taxes ainsi que du personnel compétent pour les supporter dans la gestion comptable et financière de leur exploitation.

Consultez le site scfconseils.ca pour en apprendre davantage.

L’importance d’assurer la traçabilité du bois en forêt privée

Dans tous les secteurs d’activités, les gouvernements, la société civile et ultimement les consommateurs exigent toujours plus de transparence sur l’origine des produits afin de s’assurer qu’ils respectent certains critères de qualité. Le secteur forestier n’échappe pas à cet enjeu puisqu’on exige que la matière première transformée soit issue de sources respectant l’encadrement légal local et l’environnement forestier. Afin de répondre à ces exigences, plusieurs compagnies forestières ont procédé à l’implantation d’une chaîne de traçabilité pour leurs produits.

La traçabilité est un processus offrant la possibilité d’identifier l’origine et de reconstituer le parcours d’un produit aux différents stades de la chaîne d’approvisionnement. C’est une méthode efficace de préservation de l’identité d’un produit ainsi que de ses qualités marchandes tout au long de son mouvement dans la chaîne d’approvisionnement et de sa transformation. Dans le secteur forestier, cela se résume à être en mesure de suivre à la trace un produit à partir de la récolte du bois en passant par sa transformation, jusqu’à la commercialisation du produit fini.

Bien que la traçabilité puisse ajouter une lourdeur administrative, elle comporte plusieurs avantages :

  • la production d’informations et de données utiles à la prise de décisions;
  • l’amélioration de l’efficacité dans la gestion des incidents;
  • un meilleur accès aux marchés et une confiance accrue des consommateurs, notamment envers une image de marque permettant de se différencier de la concurrence;
  • une meilleure protection des producteurs et de l’entreprise face aux risques liés à la mise en marché.

L’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette et mon boisé

L’actuelle épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette a débuté en 1992 dans le sud-ouest du Québec, près de la ville de Gatineau. Depuis 2006, les superficies touchées ont augmenté rapidement dans certaines régions du Québec, dont la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) suit la situation de près sur le terrain. Chaque année, il effectue dans les forêts du Québec un relevé aérien des dommages causés par divers insectes, dont ceux liés à la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Pour avoir un aperçu de la situation, consultez les résultats de ce relevé annuel dans la section « Protection du milieu forestier » du site Web du MFFP. www.mffp.gouv.qc.ca/forets/fimaq/insectes/fimaq-insectes-portrait-faits.jsp

Devrais-je me préoccuper  de la tordeuse?

Vous devriez vous en préoccuper lorsque vous aménagez la forêt. En effet, après plusieurs années consécutives de défoliation grave causée par la tordeuse, une partie plus ou moins importante des arbres peut mourir, occasionnant des pertes de revenus. Deux éléments peuvent vous aider à déterminer s’il y a lieu de vous inquiéter : la susceptibilité des arbres et leur vulnérabilité.

Susceptibilité des arbres

La susceptibilité exprime la probabilité qu’un arbre subisse une défoliation sans nécessairement en mourir. Contrairement au feu qui peut détruire tous les arbres sur son passage, la tordeuse n’affecte que certaines espèces, ne tue pas tous les arbres qu’elle touche et met plusieurs années à le faire lorsque c’est le cas. Elle peut se nourrir des aiguilles du sapin baumier ou de celles des diverses sortes d’épinettes (blanche, rouge, noire et de Norvège) peu importe leur âge, que ces arbres soient dans des forêts feuillues, mélangées ou résineuses.

Vulnérabilité des arbres

La vulnérabilité exprime la probabilité que les arbres meurent après plusieurs années rapprochées de défoliation grave. Le sapin est nettement plus vulnérable que les épinettes, et sa vulnérabilité augmente avec l’âge et la densité des peuplements dans lesquels on le trouve. Dans une vieille sapinière, ce sont généralement les arbres les plus chétifs qui meurent en premier lors d’une épidémie. L’épinette blanche peut aussi être vulnérable, entre autres lorsqu’elle a été plantée dans un sol appauvri, lorsqu’elle croît dans un sol trop sec ou trop humide ou lorsqu’elle est très âgée.

Si vous êtes producteur forestier et que le sapin, particulièrement le sapin âgé, occupe une place importante dans votre boisé, vous devez être encore plus vigilant.

La description de la forêt dans le plan d’aménagement forestier de votre boisé permet de cibler les peuplements les plus à risque, notamment les sapinières âgées. Plus le volume de sapins est important, plus votre boisé est vulnérable, particulièrement si l’épidémie y sévit déjà et que vous souhaitez aménager ces peuplements. Votre conseiller forestier peut vous aider à trouver les peuplements les plus à risque de votre boisé.

L'insecte

Qu’est-ce que la tordeuse des bourgeons de l’épinette? 

Le cycle de vie de la tordeuse se déroule en une seule année. Il compte un stade oeuf, six stades chenilles (larvaire), un stade chrysalide et un stade adulte, celui du papillon.

Les dommages

L’épidémie touche-t-elle mon boisé?

Défoliation des pousses annuelles

Il est important d’évaluer l’état réel de votre boisé, si possible avec l’aide de votre conseiller forestier. Lors d’une première année de défoliation modérée ou grave, vous observerez dès la fin du mois de juin la teinte rougeâtre des arbres, due à la présence d’aiguilles mortes attachées aux extrémités des branches. Pour repérer cette défoliation, on doit d’abord regarder la tête et l’ensemble du houppier des épinettes blanches ou des sapins les plus hauts du peuplement. Au fil des ans, les arbres défoliés prennent une teinte grisâtre.

Vous pouvez avoir une idée du nombre d’années de défoliation en observant l’extrémité des branches, puisque les traces de la défoliation s’accumulent au fil des ans sur l’arbre.

Défoliation grave d'une pousse annuelle
Défoliation grave des pousses annuelles des deux dernières années de croissance de l'arbre

L'aménagement en période d'épidémie

Si l’épidémie ne touche pas encore votre boisé et que vous songez à faire une récolte, choisissez les arbres ou les peuplements les plus vulnérables, comme les vieilles sapinières. Vous auriez avantage à vous faire conseiller, car déterminer la bonne façon d’agir dépend de plusieurs facteurs et une action rapide vous permettra d’atténuer le risque de perdre des revenus. Votre conseiller forestier pourra, par exemple, évaluer la possibilité de procéder à des coupes partielles. Cette approche peut présenter de nombreux avantages pour contrer la prolifération d’espèces concurrentes et favoriser l’établissement d’essences désirées. Un bon accès aux secteurs les plus vulnérables de votre boisé sera un atout!

Défoliation totale des arbres

On peut déterminer le risque de mortalité des arbres en évaluant la proportion de feuillage. Les aiguilles du sapin baumier tombent naturellement de cinq à sept ans après avoir poussé. Donc, si la nouvelle pousse est complètement mangée par la tordeuse chaque année, l’arbre n’aura plus aucun aiguille après une période de cinq à sept ans.

Les arbres matures dont l’ensemble du houppier compte moins de 10 % de feuillage sont voués à une mort quasi certaine à brève échéance (moins de deux ans). Ceux qui ont plus de 50 % de leur feuillage ont de bonnes chances de survivre si l’épidémie cesse, sinon ils pourront encore supporter quelques années de défoliation grave avant de succomber. Le sort des arbres auxquels il reste de 10 à 50 % de feuillage est incertain; il dépend notamment de leur vigueur et de la défoliation à venir. Plus le feuillage diminue, plus le risque de mortalité augmente. 

Voici un aperçu du cycle complet d’une épidémie dans les peuplements très vulnérables. La défoliation totale se manifeste par un changement d’apparence générale des arbres, leur couleur passant de vert, lorsqu’ils sont peu ou qu’ils ne sont pas défoliés, à rougeâtre, puis à gris lorsqu’ils sont complètement défoliés.

La surveillance de ces secteurs sera améliorée et la récolte sera facilitée le temps venu.

Dès qu’il y a un signe d’épidémie imminente, vous devriez cesser les éclaircies précommerciales systématiques dans les peuplements composés d’essences vulnérables (sapin baumier et épinettes). L’éclaircie précommerciale systématique comporte à la fois l’élimination des espèces concurrentes, comme les peupliers, et la réduction des résineux en surnombre. Elle devrait être remplacée par le nettoiement qui se limite à éliminer les espèces concurrentes. Le maintien des résineux en surnombre permet de répartir la ponte des papillons sur un plus grand nombre d’arbres, diminuant ainsi la quantité de chenilles par branche. Il permet également de faire face à une mortalité partielle des résineux dans le peuplement. Le dégagement – un traitement qui élimine les espèces concurrentes lorsque les résineux ont moins de deux mètres de haut – devrait continuer à être appliqué dans les plantations d’épinettes dès que l’interception de la lumière par les feuillus atteint 40 %. Dans les peuplements régénérés naturellement, on peut parfois avoir recours au dégagement lorsque la survie des semis est menacées par une végétation concurrente extrêmement dense.

Quant à l’éclaircie commerciale, vous devriez demander conseil avant de la réaliser, car elle pourrait augmenter le risque de chablis en période d’épidémie. En effet, une fois l’éclaircie terminée, si la défoliation entraîne une mortalité partielle des arbres, l’effet combiné de cette mortalité et du traitement peut provoquer une ouverture du couvert trop grande pour que le peuplement puisse résister aux vents.

Comprendre la vulnérabilité du sapin et des épinettes à la suite des traitements sylvicoles

La vulnérabilité des arbres à la tordeuse des bourgeons de l’épinette (sapins, épinettes) augmente lors des travaux de dégagement, d’éclaircie précommerciale et de nettoiement dans les jeunes peuplements et lors des coupes partielles dans les peuplements plus âgés. Tous ces traitements diminuent le nombre d’arbres ou d’arbustes dans un peuplement. L’élimination d’une partie du couvert forestier entrâine des modifications dans l’environnement des arbres (quantité de lumière, température, humidité, nappe phréatique, etc.). Ces modifications stressent les arbres restants pendant quelques années, le temps qu’ils s’adaptent aux nouvelles conditions environnementales. Lordqu’un arbre est stressé, il a une capacité réduite à se défendre contre certains insectes défoliateurs comme la tordeuse. De plus, l’augmentation de la quantité de lumière et de la température dans le peuplement accélère le développement de la tordeuse. Cela favorise sa survie puisqu’elle est exposée moins longtemps aux prédateurs et aux parasites. Finalement, lorsque l’on réduit le nombre de sapins ou d’épinettes, les papillons de la tordeuse présents dans le peuplement pondent leurs oeufs sur moins d’arbres, ce qui aura pour effet de concentrer le nombre de chenilles par arbre. Bref, cette augmentation temporaire de la vulnérabilité des arbres devra sérieusement être prise en compte lorsque vous envisagerez d’effectuer un traitement sylvicole en période d’épidémie.

Jeune épinette blanche touchée par l'épidémie

Que faire si des peuplements matures sont touchés?

Ne paniquez pas. Comme la majorité des peuplements contiennent des arbres peu ou pas vulnérables, seul un certain nombre d’arbres seront éliminés, tans que les autres profiteront à moyen terme des trouées laissées par ceux qui sont morts. Les peuplements très vulnérables, par exemple les vieilles sapinières pures où une majorité d’arbres matures pourraient mourir, vont se régénérer naturellement. 

Si votre boisé est gravement atteint et que vous souhaitez faire une récolte pour minimiser vos pertes de revenus, il est primordial de consulter votre conseiller forestier. Ce dernier déterminera la bonne façon d’agir en tenant compte de plusieurs facteurs liés à la fois au peuplement (objectif sylvicole, végétations concurrentes, régénération en place), à sa vulnérabilité à la tordeuse et à la gravité de la défoliation.

Il faut habituellement au moins quatre années rapprochées de défoliation grave des pousses avant que les premiers arbres meurent. Ce sont ceux dont la valeur économique est moindre, les plus faibles et les plus chétifs, qui meurent en premier. La mortalité progresse par la suite à un rythme variable et culmine environ dix ans après le début de l'épidémie. Plus l'épidémie est détectée tôt, plus vous aurez le temps de réagir, d'où l'importance de suivre la situation de près.

La récolte

Mes arbres ont-ils encore une valeur pour la transformation?

Le bois reste sain tant que l’arbre est vivant, même s’il est très défolié et que sa tête est morte ou cassée. Lorsque les arbres sont moribonds ou viennent de mourir, des insectes et des champignons entreprennent le processus de dégradation du bois. Vous devez donc vérifier les standards de qualité du bois recherchés par les acheteurs avant de procéder à la récolte, car ces standards peuvent varier selon la destination et l’usage du bois : sciage ou pâtes et papiers.

Les plantations et les jeunes forêts

Qu’adviendra-t-il de mes plantations d’épinette blanche?

Il existe peu de documentation sur la réaction des plantations d’épinette blanche aux épidémies de la tordeuse puisque la majorité des plantations au Québec ont été faites depuis la dernière épidémie. Toutefois, on sait que celles qui existaient avant la dernière épidémie ont survécu. De façon générale, les plantations d’épinette noire, rouge ou de Norvège ne sont pas préoccupantes. C’est aussi le cas pour les jeunes plantations d’épinette blanche. Par contre, les plantations d’épinette blanche de plus de quarante ans, établies sur un site appauvri (ancienne friche), trop sec ou trop humide, et dont les arbres ont un houppier clairsemé, peuvent être plus vulnérables.

Qu’adviendra-t-il des jeunes peuplements de moins de 30 ans gravement défoliés?

Même s’ils sont susceptibles de subir une défoliation, on sait que les jeunes sapins sont moins vulnérables que les plus âgés. Il y a donc une forte probabilité que la majorité de ces jeunes sapinières, établies sur de bons sites (frais ou humides), survivent malgré l’apparence grisâtre peu rassurante qu’elles pourraient avoir à la suite de défoliations graves et répétées. Il en va de même pour les jeunes peuplements éclaircis depuis assez longtemps pour qu’ils soient moins vulnérables à la tordeuse. Soyez patient et ne concluez pas trop rapidement qu’ils sont perdus uniquement à cause de leur apparence.

Ne vous méprenez pas

Faites la distinction entre la brûlure des pousses du sapin et les dommages causés par la tordeuse

Dommages causés par Delphinella balsameae
Dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l'épinette

La brûlure des pousses du sapin est une maladie causée par le champignon Delphinella balsameae qui affecte le sapin baumier. Depuis quelques années, sa présence augmente dans plusieurs régions du Québec, dont le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, les Laurentides et l’Estrie. Le champignon qui cause la brûlure s’attaque plus particulièrement aux jeunes arbres, mais il peut aussi affecter les plus vieux. Les premiers arbres à être atteints se trouvent souvent le long des cours d’eau. L’infection a lieu sur les pousses très tôt après le débourrement des bourgeons, mais en général elle ne compromet pas la survie de l’arbre.

La tordeuse attaque la tête de l’arbre en premier alors que le champignon affecte d’abord la partie inférieure du houppier et ne touche généralement pas à la tête. Par ailleurs, les aiguilles ne sont pas mangées, comme c’est le cas de celles touchées par la tordeuse. Le champignon cause un rougissement de la pousse annuelle ou de quelques aiguilles qui flétrissent puis se recroquevillent.

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition septembre 2015.

Pénurie de matériaux de construction en bois – Commençons par exploiter le potentiel des forêts privées du Québec

Longueuil, le 15 février 2021. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) comprend l’inquiétude des quincailliers, entrepreneurs en construction et rénovateurs du dimanche qui constatent avec stupéfaction le prix des matériaux en bois s’envoler. À cet effet, certains acteurs voient d’un bon œil l’idée d’accroître la récolte forestière afin d’éviter une pénurie.

Les producteurs forestiers œuvrant en forêt privée peuvent certainement combler en partie ce besoin, eux qui disposent toujours de plus de 2 millions de mètres cubes de bois rond à vendre. Toutefois, un fait demeure; la récolte de bois doit présenter une opportunité financière suffisamment lucrative pour rémunérer le travail du producteur et de ses sous-traitants.

Selon le président de la FPFQ, M. Pierre-Maurice Gagnon, « le prix offert pour le bois rond des producteurs n’a pas augmenté du tout dans la majorité des régions du Québec malgré la hausse fulgurante du prix des produits de construction en bois. Cela crée de l’insatisfaction chez plusieurs producteurs forestiers qui voient en contrepartie leurs coûts d’exploitation augmenter. »

La FPFQ souscrit à l’idée d’accroître la récolte de bois dans les forêts québécoises pourvu que les conditions de mise en marché des producteurs forestiers soient améliorées. À ce titre, il faut d’abord commencer par exploiter le potentiel des forêts privées du Québec et demeurer prudent avec la gestion des récoltes dans les forêts publiques afin de ne pas effriter les parts de marché des producteurs forestiers. Rappelons que le principe de résidualité, enchâssé dans la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, accorde au bois des forêts privées un statut prioritaire sur celui des forêts publiques qualifié de résiduel.

« Il faut trouver des solutions pour rémunérer équitablement l’ensemble des acteurs de la filière si on désire exploiter tout le potentiel des forêts privées. Cela permettra d’accroître les volumes de bois produits puis transformés au Québec et ainsi pallier en partie à la pénurie de matériaux en bois qui se dessine », a ajouté M. Pierre-Maurice Gagnon.

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Renseignements :

Vincent Miville, ing.f., M. Sc.
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0530, poste 8201
vmiville@upa.qc.ca      foretprivee.ca

La revue Forêts de chez nous – février 2021 : Une année mouvementée sur le marché du bois et des produits forestiers

• Éditorial du président – Récolter plus à condition de vendre plus
• Actualités
• Milieux humides et hydriques en forêt privée – Soyez avisés de la nouvelle réglementation
• Qu’est-ce qu’un milieu humide et un milieu hydrique?
• Comment identifier un milieu humide sur un lot boisé?
• Une année mouvementée sur le marché du bois et des produits forestiers

Consultez l’édition de février 2021 en version PDF.

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec les Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

Pour nous faire part d’un commentaire ou pour nous suggérer un sujet d’article, écrivez-nous!

Récolter plus à condition de vendre plus

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a dévoilé à la toute fin de 2020 une Stratégie nationale de production de bois qui vise à faire fructifier la valeur des forêts québécoises. L’objectif poursuivi est d’accroître la richesse collective tout en contribuant activement à la lutte contre les changements climatiques.

Je me réjouis de constater que les producteurs forestiers sont aux premières loges de cette stratégie puisqu’un axe entier leur est dédié. En priorisant l’accroissement de la production et de la récolte de bois en forêt privée, le MFFP envoie le message clair aux producteurs forestiers qu’il compte sur leur apport pour faire de cette stratégie un succès.

Dès lors, il faudra que le MFFP prévoie des mesures d’aide concrètes pour soutenir davantage de propriétaires forestiers à réaliser plus de travaux sylvicoles. Pourquoi alors ne pas profiter de l’occasion pour procéder à la simplification de la mesure de remboursement de taxes foncières des producteurs forestiers? Voilà une façon simple d’accroître la capacité des producteurs forestiers à réaliser des investissements sylvicoles dans leurs forêts et ainsi contribuer de manière pérenne au succès de cette stratégie.

Bien entendu, la vigilance sera de mise pour s’assurer que les hausses de récolte également prévues en forêt publique ne viennent pas éroder les parts de marché des producteurs forestiers. Les producteurs nécessitent un accès prévisible aux marchés, sans quoi ils ne pourront produire plus.

Espérons que l’appétit des forestières pour le bois des forêts privées sera à l’image des ambitions du MFFP que nous partageons. Des volumes de bois importants sont déjà disponibles dans de nombreuses régions, mais ne sont pas mobilisés, faute de marchés. Je pense immédiatement à l’hécatombe qui sévit chez mes collègues des régions des Laurentides et de l’Outaouais depuis la fermeture inopportune de Fortress il y a plus d’un an déjà. La déstructuration des marchés se solde toujours par une démobilisation des producteurs qui y perdent leur gagne-pain. Après tout, pourquoi produirait-on plus de bois si nous ne pouvons le récolter et le vendre à un juste prix à l’industrie forestière?

La Politique d’intégration du bois dans la construction dévoilée simultanément par le gouvernement se veut une réponse partielle à cet enjeu puisqu’elle a pour objectif de stimuler la demande pour les produits de construction en bois. Toutefois, cela élude la problématique du marché du bois à pâte qui ne cesse de péricliter depuis une trentaine d’années. La sous-mobilisation de ces volumes de trituration dans de nombreuses régions heurte la capacité des producteurs à récolter plus et mieux. En ce sens, la réouverture officielle de l’usine de panneaux de Chambord viendra combler les attentes de bon nombre de producteurs. Cependant, je souhaite que l’ensemble des producteurs forestiers du Québec puisse aussi bénéficier de tels investissements structurants pour la filière.

En terminant, je demeure sensible aux inquiétudes de mes confrères acériculteurs qui craignent que la stratégie gouvernementale ne vienne mettre en danger le potentiel acéricole de nos forêts publiques. Après tout, 18 % de la production acéricole s’effectue actuellement sur cette tenure et un peu plus de la moitié du potentiel de développement s’y retrouve. Il serait évidemment regrettable que les acériculteurs fassent les frais des forestiers, alors qu’il s’agit en fait des mêmes producteurs. L’expérience nous montre que les producteurs qui ont su tirer parti des multiples ressources de leurs boisés sont souvent ceux qui s’en sont tirés le mieux.

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de février 2021.

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