La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) vient de publier la nouvelle édition de La forêt privée chiffrée. Ce document recense les statistiques décrivant le territoire forestier privé, les propriétaires forestiers québécois, les activités d’aménagement forestier et de récolte des bois.
Une stratégie de mobilisation de bois ou de propriétaires forestiers?
À l’heure où le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs souhaite accroître la récolte de bois en forêt privée, il est bon de se rappeler que la logique d’un ingénieur forestier n’est pas toujours celle d’un propriétaire forestier.
Là où le premier propose de récolter un peuplement forestier mature pour la transformation industrielle, nous avons un propriétaire valorisant les différents usages de sa forêt qu’il espère transmettre un jour à ses enfants.
Là où le premier voit l’opportunité de réduire ses frais d’exploitation par l’agglomération de plusieurs propriétés et une meilleure synchronisation des travaux sylvicoles chez plusieurs voisins, nous avons un propriétaire qui aime prendre ses décisions en toute indépendance, avec le sentiment de bien comprendre les impacts des travaux sylvicoles proposés par les professionnels.
Là où le premier situe le prix du bois en fonction de la demande sur les marchés, nous avons un propriétaire qui, conscient des frais qu’il a engagés dans sa production, remet en question la rentabilité de l’exercice.
La réconciliation des deux univers se fait par l’établissement d’un lien de confiance, entre le professionnel et le propriétaire forestier, qui se développe par une communication assidue pour comprendre la logique de l’autre. Cette réconciliation passe également par la mise en œuvre de mesures incitatives pour le producteur dont la récolte de bois n’est généralement pas l’objectif principal, et qui doit faire face à un marché rébarbatif par sa complexité, à des redevances parfois insuffisantes sur le bois récolté et à un traitement fiscal défavorable.
Cette interaction est sans aucun doute l’un des plus grands bénéfices des programmes gouvernementaux soutenant les travaux sylvicoles : un apprentissage mutuel où l’un apprivoise la réalité de l’autre en discutant des potentiels de mise en valeur d’un lot boisé. Améliorer la résistance d’un peuplement face aux insectes ravageurs, comprendre l’impact d’une éclaircie forestière, discerner le façonnage des bois qui permet d’accroître la rentabilité des travaux de récolte : voilà des sujets de discussion qui demandent du temps aux professionnels, mais qui pourront mener à une plus forte mobilisation de propriétaires envers l’aménagement forestier, ce qui se traduira ultimement par une récolte de bois.
Puisque la livraison des programmes de mise en valeur des forêts privées favorise ce rapprochement, il est essentiel que le gouvernement en maintienne le financement, pourtant en constante régression depuis 2010. J’espère donc que le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs s’efforcera, comme il nous l’a récemment mentionné, d’obtenir une contribution du gouvernement fédéral pour les programmes de mise en valeur des forêts privée, d’améliorer les critères d’admissibilité au Programme de remboursement des taxes foncières pour les producteurs forestiers, d’abolir la taxe sur les opérations forestières, et même de créer un régime d’épargne et d’investissement sylvicole. Il en résultera un plus grand nombre de propriétaires engagés intensivement dans la production forestière.
En moyenne, les propriétaires conservent leurs boisés pendant plus de 20 ans. Imaginez l’impact d’un lien de confiance solide. Imaginez le contraire.
Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et Président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec
. Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de mai 2015
Travaux sylvicoles chez les propriétaires forestiers : le ministre Lessard va battre un record
30 avril 2015 – La Fédération des producteurs forestiers du Québec et le Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec dénoncent vivement l’intention du ministre Lessard de couper de nouveau les investissements sylvicoles en forêt privée. Si les rumeurs se confirment aujourd’hui lors de l’étude des crédits du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, ce sera plus de 30 % des budgets des programmes de mise en valeur qui auront été abolis en moins deux ans. Le ministre pourra alors se targuer d’avoir battu le record de la plus faible contribution gouvernementale des trente dernières années aux programmes visant à mettre en valeur le potentiel des forêts privées québécoises.
Alors que le ministre et l’industrie de la transformation insistent sur la nécessité de récolter le bois de la forêt privée pour profiter de la reprise sur les marchés, ces décisions contribueront plutôt à la détérioration de l’environnement d’affaires des producteurs forestiers.
Ces décisions deviennent contreproductives, car l’intensification des travaux sylvicoles par la mise en oeuvre de programmes d’aide auprès des propriétaires forestiers les amène à récolter davantage de bois par l’intervention professionnelle de conseillers sur leurs propriétés. Qui plus est, une récente étude de la FPFQ a démontré qu’il serait possible de doubler le nombre d’emplois, passant de 9 399 à 19 968 ETP, en utilisant mieux le potentiel sylvicole des boisés privés.
La FPFQ et le RESAM pressent donc le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs de reconduire les investissements en forêt privée à la hauteur de 40,2 M$ correspondant historiquement au budget combiné du Programme de création d’emplois en forêt dédié aux travaux sylvicoles au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées et du Programme d’investissement sylvicole, et d’intervenir auprès de son homologue fédéral pour obtenir une participation financière.
Pour plus d’information sur l’évolution des budgets, consultez l’infolettre Forêts de chez nous PLUS et le Portrait économique des activités sylvicoles.
À propos du RESAM RESAM regroupe les 42 groupements forestiers du Québec et les 38 000 propriétaires qui les constituent. Leur mission intègre l’aménagement intensif des ressources forestières, le développement socioéconomique, la création d’emplois et l’enrichissement du patrimoine fores¬tier de leur région. Le modèle d’affaires des groupements forestiers a été reconnu officiellement par le MFFP et en fait un acteur privilégié de la mise en valeur en foret privée. Les groupements forestiers, issus de l’entrepreneuriat collectif, livrent plus de 73% des programmes d’aide de l’État, procurent de l’emploi à 2 200 travailleurs et produisent un chiffre d’affaires total de 112 M$.
À propos de la FPFQ La Fédération des producteurs forestiers du Québec est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 130 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 35 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses treize syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires.
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Renseignements :
Marc-André Côté, Directeur général FPFQ,
(450) 679-0530 (8200), macote@upa.qc.ca
Marc Beaudoin, Directeur général RESAM
(418) 877-1344 (551) marc.beaudoin@resam.org
Un triste record d’investissement dans les forêts privées
Tout indique que 2015 sera l’année du plus faible investissement gouvernemental des trente dernières années pour des travaux sylvicoles dans les forêts privées. Avec les rumeurs d’abandon du Programme de création d’emplois en forêt, doté d’un budget de 6 M$ pour le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, la contribution gouvernementale aux divers programmes de mise en valeur des forêts privées sera de 42,5 M$ à l’échelle du Québec (sans la contribution de l’industrie forestière estimée à 4,5 M$), une baisse qui s’ajoute à celles des années précédentes…
Bonne lecture!
Les présentations du colloque sur les plantations
Revue de presse de la forêt privée – Une nouveauté de la FPFQ
L’actualité de la forêt privée sera désormais mise au premier plan grâce à notre nouvelle parution nommée Revue de presse de la forêt privée. Vous pourrez suivre les dernières nouvelles sur notre site Internet qui est maintenant alimenté en continu et, chaque semaine, un extrait des dernières informations vous sera expédié.
Pour suivre l’actualité, ajoutez le www.foretprivee.ca/je-minforme/revue-de-presse/ à vos favoris, ou à la page de démarrage de votre navigateur Internet.
Voici notre première édition. Bonne lecture!
Sommaire des statistiques de mise en marché du bois de la forêt privée en 2014
Entre janvier et décembre 2014, les producteurs forestiers visés par les treize plans conjoints régionaux ont mis en marché 4,6 millions de mètres cubes solides de bois, toutes essences confondues, soit une hausse de 12 % par rapport à l’année 2013…
Bonne lecture!
La revue Forêts de chez nous – février 2015: À quoi peuvent s’attendre les producteurs de bois en 2015?

Le contenu forestier de cette parution :
• LES FAITS L’EMPORTENT SUR LES DISCOURS : éditorial de Pierre-Maurice Gagnon,
président
• REVUE 2014 DE L’ACTUALITÉ DE LA FORÊT PRIVÉE
• QUAND FAUT-IL DÉGAGER LES PLANTS DE FORTES DIMENSIONS?
• CONJONCTURE DU MARCHÉ DES PRODUITS FORESTIERS : À QUOI PEUVENT
S’ATTENDRE LES PRODUCTEURS DE BOIS EN 2015?
La revue est offerte en version papier aux abonnés du journal La Terre de chez nous produit par l’Union des producteurs agricoles. Pour s’abonner au format papier.
Les faits l’emportent sur les discours
Depuis son assermentation, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. Laurent Lessard, n’a cessé de dire qu’il souhaite mobiliser davantage de bois des forêts privées. Voilà qui devrait être une bonne nouvelle pour les producteurs forestiers du Québec.
Cependant, les gestes posés par le ministère de M. Lessard en 2014 génèrent l’effet contraire. La réduction des budgets des programmes de mise en valeur des forêts privées, la hausse des mêmes budgets pour les terres publiques, l’augmentation des allocations de bois des forêts de l’État, l’absence de discussion à propos des autres facteurs qui freinent cette mobilisation, telles une fiscalité inadaptée à la production de bois ou une bureaucratie environnementale en progression, n’encouragent guère les producteurs à accroitre leur production, et ce, malgré le climat de reprise du secteur forestier.
Il y a bien eu plusieurs consultations visant différents éléments du régime forestier québécois au cours de la dernière année, mais celles-ci ne se sont pas encore traduites en une amélioration du climat d’affaires des producteurs forestiers.
Qu’espérer alors pour 2015?
Une meilleure évaluation de l’état des marchés avant l’allocation de nouveaux volumes de bois de la forêt publique serait la bienvenue. Pour certains produits, les industriels ont des besoins que les producteurs en forêt privée ne peuvent combler, mais pour d’autres les nouvelles allocations réduisent la capacité des producteurs à négocier des conditions qui devraient normalement refléter le prix des produits manufacturés sur les marchés et favoriser la mobilisation en générant une redevance raisonnable pour le propriétaire forestier. Je l’ai déjà écrit, tant les industriels que leurs fournisseurs de biens et services doivent faire des profits pour que la filière soit viable.
La confirmation des budgets de mise en valeur des forêts privées avant le printemps permettrait de mieux planifier les travaux de l’été et l’ajout d’argent pour les régions qui ont subi des baisses critiques en 2014 est nécessaire pour mettre à profit leurs ressources. Une réflexion sérieuse sur l’effet de la fiscalité et de la réglementation municipale sur la production de bois devra être amorcée. D’autres juridictions expérimentent des formules qui auraient le mérite d’être regardées. Pour notre part nous avons proposé plusieurs idées à considérer, notamment par le biais de nos mémoires.
Les producteurs forestiers représentent des milliers de petites entreprises, bien implantées dans toutes les communautés rurales du Québec. L’incertitude dans leur environnement économique produit le même effet que sur les grandes compagnies : moins d’investissements et moins de retombées. Le Portrait économique des activités sylvicoles sur les terres privées publié en 2014, montre pourtant que la création de 5 000 emplois supplémentaires, incluant ceux que l’on retrouve en usine, serait possible grâce à une récolte de bois similaire à 2006, effectuée sur ce territoire. Cette réalité devrait faire réfléchir le ministre Lessard sur l’appui à donner aux producteurs de bois en forêt privée en 2015.
Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et Président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec
. Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de février 2015
S’améliorer pour mieux servir les producteurs forestiers
Un rendez-vous incontournable pour réseauter, s’informer et s’exprimer!
Le congrès 2015 de la FPFQ aura lieu les 4 et 5 juin 2015 à Saint-Georges dans la région de la Beauce.
La FPFQ a une structure démocratique et on y retrouve diverses instances de consultation des propriétaires et des producteurs forestiers, aux échelles locales, régionales et provinciales. Les syndicats et offices de producteurs de bois organisent des assemblées de secteur pour les producteurs et une assemblée annuelle pour l’ensemble de leur territoire.
Enfin, la FPFQ tient une assemblée générale annuelle. Afin d’égaliser le poids politique des producteurs lors des votes sur des orientations, une formule de représentation par délégués est utilisée. Environ une centaine de délégués en provenance des 13 plans conjoints de producteurs forestiers participent annuellement au congrès.
L’horaire du congrès 2015 sera disponible sous peu.
Pour consulter les présentations du congrès de l’an dernier.


