Congrès de la Fédération des producteurs forestiers du Québec: des défis à l’horizon pour le gouvernement Legault

Orford, le 7 juin 2019. – Lors de leur congrès annuel tenu à Orford, ces 6 et 7 juin, les délégués des propriétaires et producteurs forestiers de toutes les régions du Québec se sont questionnés sur les orientations du gouvernement Legault vis-à-vis la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises.

Les 134 000 propriétaires forestiers québécois reçoivent actuellement des demandes pressantes de la part de ministères et de la société civile pour accroître la production et la récolte de bois sur leurs propriétés, ainsi que pour protéger les paysages forestiers, la biodiversité, les milieux humides et les habitats des espèces menacées et vulnérables.

Le président de la FPFQ, M. Pierre-Maurice Gagnon prend la parole lors de l'AGA 2019.
Le président de la FPFQ, M. Pierre-Maurice Gagnon prend la parole lors de l'AGA 2019.
M. Martin Caron, premier vice-président à l'UPA prend la parole lors de l'AGA 2019 de la FPFQ.
M. Martin Caron, premier vice-président à l'UPA prend la parole lors de l'AGA 2019 de la FPFQ.

Si l’on sait qu’une bonne gestion des forêts peut permettre de réaliser plusieurs objectifs à la fois,  les représentants des propriétaires forestiers, regroupés sous la Fédération des producteurs forestiers du Québec, ont réitéré l’importance de pouvoir miser sur l’éducation, le soutien professionnel et les mesures incitatives pour favoriser l’évolution des pratiques forestières; les réglementations devant plutôt servir de garde-fou contre les pratiques abusives.

« L’accroissement du financement du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées, le financement de plans d’aménagement forestier bonifiés pour inclure l’information sur les milieux naturels à protéger et une fiscalité municipale encourageant la mise en valeur des potentiels sylvicoles et la rémunération des services environnementaux nous apparaissent comme des nécessités pour répondre aux attentes de tous », a déclaré M. Pierre-Maurice Gagnon, président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec. « Malheureusement, nous n’avons pas encore entendu parler suffisamment de gestion des forêts privées de la part des membres du nouveau gouvernement », a-t-il regretté.

« La vitalité du territoire rural dépend des activités des gens qui y habitent. Les propriétaires forestiers contribuent à générer une industrie de produits forestiers, une industrie récréotouristique et une industrie acéricole, tout en préservant un patrimoine naturel pour la prochaine génération », a ajouté M. Gagnon ».

À propos de la FPFQ

La Fédération des producteurs forestiers du Québec est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 29 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses treize syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires. La FPFQ est une fédération affiliée de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Renseignements :          

Marc-André Côté
Directeur général
450 679-0530, poste 8201 | C. 514 378-6543
macote@upa.qc.ca      foretprivee.ca  

Jean-Pierre Dansereau, lauréat 2019 du prix Henri-Paul-Gagnon

Orford, le 6 juin 2019. – Monsieur Jean-Pierre Dansereau, directeur général du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec (SPFRQ) de 2011 à 2018, et directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec de 2001 à 2011, a reçu le prix Henri-Paul-Gagnon lors du banquet du congrès de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) tenu à Orford, ce 6 juin.

Jean-Pierre Dansereau reçoit le prix Henri-Paul-Gagnon 2019 des mains du premier vice-président et du président de la FPFQ, de MM. Gaétan Boudreault et Pierre-Maurice Gagnon.
Jean-Pierre Dansereau reçoit le prix Henri-Paul-Gagnon 2019 des mains du premier vice-président et du président de la FPFQ, de MM. Gaétan Boudreault et Pierre-Maurice Gagnon.

Parmi ses principales réalisations, M. Dansereau s’est beaucoup impliqué dans les comités qui ont mené à la création du nouveau régime forestier québécois, entre 2008 et 2010. Ses efforts ont permis aux propriétaires forestiers et aux organismes syndicaux qui les représentent de conserver leur droit d’exercer une mise en marché collective du bois au Québec. Au nom de la FPFQ, il a aussi participé activement, en 1995, au Sommet de la forêt privée pour développer la nouvelle gouvernance de la forêt privée qui s’est concrétisée par la création des Agences de mise en valeur de la forêt privée. Membre actif du comité de suivi du Sommet, il a été un acteur majeur pour la préparation de la rencontre des Partenaires de la forêt privée qui s’est tenue au printemps 2006. Durant les années 2000, il a fortement contribué à rebâtir une cohésion des syndicats régionaux au sein de la fédération provinciale. Il est entré à l’Office des producteurs de bois de la région de Québec en 1989, où à cette époque, il s’occupait des dossiers de développement forestier et d’information.

Autant pour ces réalisations que pour ses autres mandats en tant que directeur général au SPFRQ qu’à la FPFQ, M. Dansereau fut identifié comme un rassembleur et un communicateur qui savait garder son calme lors des discussions et des négociations de tous genres. « Jean-Pierre était un très bon navigateur, même en eaux troubles», ajoute le président de la FPFQ, M. Pierre-Maurice Gagnon.

Cet ingénieur forestier de formation est connu et reconnu dans le domaine de la forêt privée pour sa capacité à synthétiser et vulgariser des enjeux complexes. Il était un porte-parole crédible auprès des propriétaires forestiers et des organismes du secteur. Visionnaire et imaginatif dans la recherche de solutions novatrices, M. Dansereau est toujours bien préparé pour défendre ses dossiers et s’impose une rigueur professionnelle en tout temps. Enfin, en plus de préconiser une approche humaine avec ses interlocuteurs, il a un souci de transparence dans toutes ses collaborations.

Depuis juillet 2018, M. Dansereau poursuit sa carrière chez Rexforêt où il occupe le poste de directeur général.

Le prix Henri-Paul-Gagnon

Le prix Henri-Paul-Gagnon est décerné annuellement à une personne ayant contribué de façon exceptionnelle à la vie syndicale dans le secteur de la forêt privée. Institué en 2010, le prix est attribué à la mémoire de M. Henri-Paul Gagnon, originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, président fondateur de la Fédération en 1970.

À propos de la FPFQ

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 29 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses 13 syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires. La FPFQ est une fédération affiliée de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

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Renseignements :
Marc-André Côté
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0540, poste 8201
macote@upa.qc.ca    foretprivee.ca

Défendre les propriétaires de boisés lors de la construction d’infrastructures d’utilité publique

De nombreux projets de construction d’infrastructures d’utilité publique, comme des lignes de transport d’Hydro-Québec, des pipelines, des sentiers de véhicules hors route ou des emprises ferroviaires, sont à l’étude ou en cours de réalisation. Les propriétaires de boisés doivent porter une attention particulière à ces projets qui peuvent affecter la valeur d’une propriété et avoir des impacts sur l’utilisation du lot boisé. Les propriétaires forestiers détiennent 66 % du territoire privé québécois. Ils sont donc grandement sollicités lorsque des entreprises désirent réaliser ce type de projets. De toute évidence, le déboisement pour la construction de ces infrastructures vient en contradiction avec la production forestière et la volonté des propriétaires d’aménager et de protéger leurs boisés. De plus, ces infrastructures génèrent des inconvénients importants pendant et après leur construction. Il est donc normal que les propriétaires de boisés soient peu favorables à l’installation de ces infrastructures sur leur propriété.

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L’entretien d’une scie à chaîne: une routine au quotidien

L’arrivée du printemps signifie, pour de nombreux propriétaires forestiers, un retour sur le terrain pour l’entretien de leur boisé. Si la scie à chaîne a été remisée selon les règles de l’art à la fin de l’automne, elle repartira au quart de tour lorsqu’on tirera sur la poignée du démarreur. Dans le cas contraire, des ajustements sont à prévoir.

S’il y a encore de l’essence dans le réservoir, il faut le vider et repartir avec un mélange tout neuf », prévient François Bourdoncle, formateur à l’Association des propriétaires de boisés de la Beauce. Les moteurs à deux temps exigent un mélange d’essence sans plomb et d’huile (50 pour 1), mais il est recommandé de ne pas le conserver plus de trois mois parce que le taux d’octane contenu dans l’essence s’évapore avec le temps.

Un nettoyage des réservoirs à essence et d’huile, de même que des filtres à air et à essence, est de mise avant de commencer la saison, à moins qu’il n’ait été fait avant le remisage.

Routine d’entretien

En fait, l’entretien d’une scie à chaîne devrait faire partie d’une routine quotidienne. « Pour quelqu’un d’habitué, c’est un 30 à 40 minutes tout au plus », souligne Jacquelin Lalancette, un formateur accrédité en abattage manuel sécuritaire de la région du Lac-Saint-Jean. Les deux formateurs s’entendent pour dire que la fin de journée est le meilleur moment pour effectuer cette routine d’entretien afin que l’équipement soit déjà prêt à reprendre du service le lendemain.

Les détenteurs d’une scie munie d’un dispositif hiver/été doivent d’abord s’assurer de le régler à la bonne saison.

« Comme la scie refroidit à l’air, il faut éviter de propulser de l’air chaud dans le filtre à air », explique François Bourdoncle.

Il est aussi recommandé de démonter son guide-chaîne afin de vérifier l’état d’usure du frein à chaîne.

Attention au pignon d’entraînement

Autre élément important : derrière le pignon d’entraînement, il faut s’assurer de bien graisser le système d’embrayage. François Bourdoncle suggère de le faire une fois par semaine en cas d’usage quotidien, et aux deux mois en cas d’usage occasionnel.

Ce pignon d’entraînement doit aussi faire l’objet d’une attention constante. « S’il est usé ou craqué, il vaut mieux le changer tout de suite. Pour une pièce de moins de 10 $, ça vaut la peine, sinon tu vas user prématurément tes nouvelles chaînes sans t’en rendre compte. » Même si certains fabricants comme Oregon recommandent de changer le pignon après chaque deux chaînes, François Bourdoncle estime qu’il est suffisant de le faire lors de l’installation de la quatrième chaîne.

Quant à l’affûtage, on ne devrait jamais attendre que la scie ne coupe plus avant de s’y mettre, recommande François Bourdoncle. Ce dernier juge qu’un minimum d’une ou deux fois par jour est nécessaire. Indice à surveiller : une chaîne bien aiguisée produira de beaux copeaux, tandis qu’une chaîne émoussée donnera de la sciure de bois.

D’ailleurs, c’est souvent sur les chaînes et les guides-chaînes que les ateliers de réparation constatent le plus de dégâts. Un dépositaire des marques Husqvarna, Echo et Shindaiwa à Lac-aux-Sables, en Mauricie, Gilles Champagne, note que bien des clients arrivent quand leur scie est rendue dans un très mauvais état. « Ils attendent à la dernière minute. Ils ont frappé des roches, coupé des arbres pleins de sable. Leur filtre à air est mal entretenu ou leur chaîne a été mal affilée, mais ils nous disent que leur scie coupe bien », affirme-t-il.

Et les débroussailleuses?

Dans le cas des débroussailleuses, l’entretien des différents filtres et réservoirs demeure le même que celui d’une scie à chaîne. Une attention particulière doit toutefois être apportée au pare-étincelles situé à l’extrémité du pot d’échappement. Son emplacement près du moteur génère des résidus d’huile qui peuvent graduellement le boucher et diminuer la performance du moteur, qui finira par étouffer. « L’erreur des gens est souvent d’aller en acheter un neuf, mais c’est facile à nettoyer, explique François Bourdoncle. Il suffit de le démonter, de le mettre dans un étau et de brûler avec une torche au propane les résidus de carbone qui l’obstruent. On passe un coup d’air avec le compresseur et le tour est joué. »

Que ce soit avec un couteau à taillis ou une lame circulaire, le travail avec une débroussailleuse est exigeant pour les pièces. « Quand je travaille avec cet équipement, je lime toutes les heures ou aux deux heures tout au plus, mentionne Jacquelin Lalancette. Dès que tu vois que ça n’entre pas tout seul, tu arrêtes et tu limes. Tu vas le regagner en temps. »

Une coupe moins rapide, des coincements de la lame ou une odeur de brûlé sont autant de signes qu’il est temps de prendre une pause et d’utiliser ses limes. De plus, une lame mal aiguisée augmentera la fatigue du travailleur forestier et l’exposera à des problèmes musculaires causés par un effort excessif pour compenser la mauvaise qualité d’affûtage.

Une question de production et de sécurité

En raison de la loi, les travailleurs forestiers sont obligés de suivre une formation en abattage manuel de 16 heures encadrée par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Outre les règles de sécurité, l’entretien de la scie et les techniques d’affûtage y sont abordés.

« La plupart des gens qui ont suivi cette formation me disent que c’est le jour et la nuit, raconte François Bourdoncle. On démonte et on remonte la scie au complet. À la fin, ils sont capables de faire eux-mêmes leur entretien et économisent en évitant de payer pour qu’un professionnel le fasse à leur place. »

L’entretien de ses équipements sur une base régulière a évidemment une incidence positive sur la production, mais également sur la sécurité de l’opérateur. Une chaîne insuffisamment tendue pourra par exemple dérailler et causer des blessures graves, voire mortelles. Une lame de débroussailleuse fissurée qu’on aura négligé de remplacer par mesure d’économie pourrait voler en éclats et provoquer de sérieuses coupures.

Des formations sont offertes aux propriétaires de boisés par les syndicats et offices de producteurs forestiers régionaux. Pour connaître le lieu de la prochaine formation, consultez le calendrier des formations provincial des formations sur le site Web de la Fédération des producteurs forestiers du Québec.

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition mai 2019.

• Filtre à air
• Filtre à essence
• Guide-chaîne : retourner pour répartir l’usure et limer les bavures sur les côtés
• Chaîne et guide-chaîne à huiler

Avant d’entamer la journée, une revue des dispositifs de sécurité sur la scie s’impose, de même que le resserrement des écrous. Une routine que tout producteur
forestier ne devrait jamais négliger, estime Jacquelin Lalancette.
• Étrier de protection actionnant le
frein de chaîne
• Dispositif de blocage de la commande de gaz
• Protection main arrière
• Attrape-chaîne
• Silencieux et pare-étincelles
• Amortisseurs de vibration

La revue Forêts de chez nous – mai 2019 : L’entretien d’une scie à chaîne, une routine au quotidien


• Éditorial du président – Une chaire universitaire pour mieux comprendre les propriétaires forestiers
• Actualités
Bilan de la mise en marché du bois de la forêt privée
Espèces exotiques envahissantes: des ennemies parmi nous
L’entretien d’une scie à chaîne, une routine au quotidien

 

Consultez la version PDF de l’édition de mai 2019.

 

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

 

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Création d’une chaire universitaire sur la gestion durable des forêts privées

Le 3 avril dernier fut lancée la nouvelle chaire sur la gestion durable des forêts privées, logée à la Faculté de foresterie, de géomatique et de géographie de l’Université Laval. Cette initiative est le fruit de quatre ans d’effort de la part de la FPFQ pour convaincre des partenaires à s’intéresser aux besoins d’enseignement et de recherche sur la forêt privée.

Cette chaire permettra une meilleure formation des futurs ingénieurs forestiers ainsi que le développement de projets de recherche spécifiques aux besoins des intervenants en forêt privée. Les résultats de ces travaux permettront d’améliorer les stratégies à mettre en œuvre pour accroître les bénéfices liés à la protection et la mise en valeur des forêts privées.

Comme premier résultat, cette initiative aura permis d’embaucher une professeure, Mme Maude Flamand-Hubert, dédiée spécifiquement aux enjeux du territoire forestier privé.

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Une chaire universitaire pour mieux comprendre les propriétaires forestiers

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L’annonce de la création de la Chaire en gestion durable des forêts privées à l’Université Laval est une très bonne nouvelle pour les propriétaires forestiers québécois, mais également pour les intervenants qui travaillent à protéger ou à mettre en valeur les milieux naturels sur le territoire privé.

Le démarrage de cette chaire a déjà entraîné l’embauche d’une professeure, la Dre Maude Flamand-Hubert, qui se concentrera sur l’enseignement des caractéristiques de la gestion des forêts privées aux futurs ingénieurs forestiers et autres professionnels intéressés. Dans les prochains mois se mettra aussi en branle un programme de recherche sur les enjeux propres à ce territoire.

De longue date, les administrateurs de la Fédération des producteurs forestiers du Québec ont dit souhaiter que les professionnels, ingénieurs forestiers, biologistes et aménagistes municipaux comprennent mieux les aspirations de cette clientèle et les particularités des opérations en forêt privée.

Ainsi, le travail portera non seulement sur la formation des futurs ingénieurs forestiers, mais également à intéresser ceux-ci et d’autres professionnels à entreprendre des projets de recherche sur des enjeux des propriétaires et producteurs forestiers. Est-ce que les programmes gouvernementaux visant les propriétaires forestiers doivent être améliorés pour répondre aux besoins de la société? Quelles mesures doivent être mises en oeuvre pour favoriser la protection et la mise en valeur des forêts privées? Voilà des questions auxquelles cette professeure et ses étudiants devront répondre.

Ce projet, né à la Fédération des producteurs forestiers du Québec, n’aurait pu voir le jour sans la collaboration de plusieurs intervenants. La compagnie Domtar, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et l’Université Laval investiront également temps, expertise et argent pour s’assurer du succès de cette initiative. Richard Savard, ancien sous-ministre aux Forêts, à la Faune et aux Parcs, aura aussi joué un rôle déterminant.

Autre exemple du temps nécessaire pour démarrer des projets d’envergure, cette initiative concrétise quatre ans de discussions avec le monde universitaire.

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et Président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de mai 2019.

Évaluation foncière des lots boisés

Lorsque vient le temps d’acquitter son compte de taxes foncières, le propriétaire forestier a souvent une surprise. La plupart du temps, l’évaluation est plus élevée et le mécontentement s’installe. Quels sont les éléments pris en compte pour évaluer un lot? Y a-t-il une partie subjective dans le résultat final? Est-ce que l’analyse peut varier d’une MRC à l’autre? Est-ce qu’un ingénieur forestier peut effectuer la même tâche qu’un évaluateur agréé? Voilà autant de questions qui ont été soulevées auprès de différents intervenants pour faire la lumière sur les enjeux entourant l’évaluation foncière.

Les mêmes méthodes partout

L’évaluation de chacun des immeubles inscrits au rôle d’évaluation d’une municipalité est effectuée par un évaluateur agréé. Ce professionnel doit respecter des normes de pratique et un code de déontologie. Il doit se conformer aux exigences de la Loi sur la fiscalité municipale et aux divers règlements.

Cet exercice est dit triennal parce qu’il est valide pour une durée de 3 ans à l’exception des municipalités de moins de 5 000 habitants qui peuvent l’adopter pour une durée de 6 ans.

Fait important, lorsqu’un propriétaire doute de la justesse de son évaluation, il doit se manifester avant le 1er mai suivant la réception de la nouvelle évaluation de sa propriété.

Pour en arriver à déterminer la valeur d’un immeuble, l’évaluateur recueille toutes les ventes des contrats notariés d’un territoire en tenant compte du pourcentage des cultures, des boisés, de l’âge des arbres, de la présence de marécages et de cours d’eau. Les ventes de boisés entre les parents et les enfants ne sont généralement pas utilisées dans ce calcul. « Pour améliorer notre calcul, on envoie une fiche à tous les propriétaires forestiers en leur demandant ce qu’ils ont réalisé comme travaux sur leur terre tout en indiquant le pourcentage attribué aux terres en culture, aux boisés, aux érablières, etc. Cette opération de vérification des données techniques revient aux neuf ans », indique Claude Lavoie, évaluateur municipal à la MRC des Sources.

« Nous travaillons avec les données écoforestières du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour déterminer les superficies forestières et évaluer le type de peuplements forestiers, explique Sylvain Méthot, évaluateur agréé au Groupe Altus. Au besoin, nous analysons les informations sur les travaux d’aménagement forestier réalisés au cours des dernières années qui nous sont transmises par le propriétaire. Ces informations peuvent influencer la valeur d’une propriété. Par exemple, une coupe réalisée récemment pourra réduire la valeur marchande du lot. »

M. Méthot ajoute que l’objectif pour fins de taxation est de déterminer la valeur réelle en fonction de la définition de la Loi sur la fiscalité municipale. « Quel est le prix le plus probable qu’un acheteur avisé paierait pour la terre selon les informations disponibles? »

De son côté, l’évaluateur Jean-Pierre Cadrin explique qu’une propriété s’achète avec des droits. Une zone blanche confère plus de droits qu’une zone verte. Par conséquent, le coût d’un lot en zone verte devrait être moins
élevé.

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Claude lavoie, évaluateur pour la MRC des Sources.

Deux options, deux méthodes

Pour évaluer la valeur réelle de son lot, le producteur a deux options : faire appel à un ingénieur forestier ou à un évaluateur agréé. Qui choisir? Tout dépend des besoins.

Tout d’abord, il faut savoir qu’il existe deux méthodes pour évaluer une terre, soit la méthode de la comparaison et celle du revenu. La méthode du revenu consiste à évaluer les essences du boisé, les volumes de bois récoltables et la valeur marchande des bois sur pied afin de déterminer les revenus potentiels pouvant provenir des récoltes.

Traditionnellement, l’ingénieur forestier va appliquer la méthode du revenu, ce qu’un évaluateur n’a pas l’autorisation légale de faire. Selon le Code des professions, il n’y a que l’ingénieur forestier qui est habilité à faire l’inventaire, la classification et l’évaluation du fond et de la superficie des forêts.

« Pour les MRC qui ont accès à un ingénieur forestier, son travail est généralement l’interprétation des cartes écoforestières pour qualifier le boisé. Mais ce n’est pas une obligation de faire appel à un ingénieur forestier pour en déterminer la valeur à des fins d’évaluation », soutient Sylvain Méthot. L’autre méthode d’évaluation est celle de la comparaison des transactions immobilières récentes.

« Pour un boisé, l’évaluateur agréé applique généralement la méthode de la comparaison, souligne Marco Fournier, ingénieur forestier et évaluateur agréé pour Consultants forestiers MS. L’évaluateur va analyser les transactions immobilières pour faire des moyennes dans le but d’établir la valeur. Selon la compétence de l’évaluateur, il peut aller plus ou moins loin dans les détails pour finalement appliquer aux superficies forestières un taux moyen à l’hectare. »

Marco Fournier poursuit en mentionnant que pour appliquer la méthode de comparaison des ventes, on se doit d’avoir une base de données à jour des transactions immobilières dans un secteur.

L’évaluation par la méthode du revenu est intéressante pour un propriétaire souhaitant évaluer le potentiel économique qu’offre un boisé. Par contre, on observe présentement une augmentation des acheteurs de propriétés forestières ayant des motifs de villégiature. Le prix d’achat de celles-ci pourra donc être beaucoup plus élevé que les revenus que l’on peut espérer retirer d’une production forestière.

Pour plus d’informations à ce sujet, consultez le guide sur l’évaluation foncière et la taxation municipale.

La réforme cadastrale: un mal nécessaire?

Le gouvernement du Québec procède à la rénovation cadastrale parce que le registre produit en 1860 était devenu incomplet et imparfait. Selon les estimations, 850 000 propriétés n’étaient pas immatriculées distinctement au cadastre et 750 000 lots contenaient des anomalies. Ainsi, plusieurs propriétaires ont découvert avec stupéfaction que des parties de leur lot se trouvaient chez leur voisin.

C’est le cas d’Alain Corriveau, producteur forestier, acéricole et bovin de Stornoway. « Nous avons découvert que mon voisin est propriétaire de 80 000 pi2 d’une partie de mon lot. Toutefois, tant que je serai propriétaire, j’aurai un droit d’occupation et de bûcher. J’ai toujours payé les taxes foncières, mais je n’ai pas les titres de propriété. Le problème va se poser à la revente. Soit je le mentionne avec l’accord de mon voisin, soit celui-ci récupère cette partie. »

Pour lui, la réforme cadastrale est venue brouiller les cartes. Il ajoute que le bureau d’enregistrement régional ne dispose même pas des mêmes informations qu’à Québec. Fort heureusement, Alain Corriveau s’entend très bien avec son voisin. Mais le jour où il devra vendre, ce dernier n’aura pas le choix de mentionner l’erreur à son notaire. « Ensuite, je sais ce qui m’attend : les audiences devant le Tribunal administratif et les frais d’avocat vont suivre. »

Quant à son voisin Louis Lapierre, également producteur forestier et acéricole, il indique que cet imbroglio provient simplement d’une erreur d’arpentage vieille de 100 ans.

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition novembre 2018.

Carrefour forêts 2019 en images

Du 2 au 4 avril se tenait au Centre des congrès de Québec, le Carrefour forêts 2019. Organisé par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, le Carrefour Forêts 2019,  «Des connaissances à la création de valeur», a accueilli plus de 2 000 personnes. Son objectif principal était de faire état des connaissances actuelles à la base de l’aménagement durable des forêts dans une perspective de création de valeur.

La Fédérations des producteurs forestiers du Québec y tenait un kiosque en plus d’une participation à un atelier, une table ronde et un colloque.

C’était aussi l’occasion de réunir quatre partenaires pour la signature de l’entente conclue avec l’Université Laval, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Domtar et la Fédérations des producteurs forestiers du Québec pour la création d’une chaire de leadership en enseignement en gestion durable des forêts privées. Cette chaire va, entre autres, permettre de mieux former les professionnels qui auront à œuvrer en forêt privée.

Bilan de la mise en marché des bois de la forêt privée en 2018

Entre janvier et décembre 2018, les producteurs forestiers visés par les 13 plans conjoints de producteurs de bois du Québec ont mis en marché environ 6,4 Mm³ solides de bois, toutes essences confondues, soit une hausse de 4 % par rapport à l’année 2017. En 2018, 76 % des livraisons du bois en provenance de la forêt privée furent destinées aux usines de sciage, 15 % aux usines de pâtes et papiers et 9 % aux usines de panneaux et autres utilisations.

Globalement, 72 % des bois mis en marché provenaient d’essences résineuses alors que les feuillus représentaient 28 % du volume des livraisons. La mise en marché de résineux a augmenté de 6 % en 2018, alors que celle des feuillus est restée stable par rapport à l’année précédente. Ces volumes ne tiennent pas compte de la récolte de bois de chauffage estimée à 1,8 Mm³, composée en majorité d’essences feuillues.

La valeur du bois mis en marché en 2018 est évaluée à 408 M$, en hausse de 37 M$ comparativement à l’année précédente. En 2018, le revenu total des producteurs, soit la valeur des bois livrés à l’usine moins la somme consacrée au transport et aux contributions aux plans conjoints, s’est chiffré à 314 M$, en progression de 31 M$.

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