Budget Girard : Utiliser la foresterie pour lutter contre les changements climatiques

Longueuil, 21 mars 2019. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec accueille favorablement la mesure du budget du ministre des Finances du Québec prévoyant « qu’un soutien particulier sera apporté au secteur forestier afin de favoriser la plantation d’arbres pour lutter contre les changements climatiques ». Depuis longtemps, les producteurs forestiers savent qu’ils peuvent jouer un rôle dans la séquestration de carbone, en autant que les politiques reconnaissent et soutiennent leur travail sylvicole.

À propos de la FPFQ

La Fédération des producteurs forestiers du Québec est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 29 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses 13 syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires. La FPFQ est une fédération affiliée de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

 -30-

Renseignements :                      
Marc-André Côté
Directeur général
450 679-0530, poste 8201
macote@upa.qc.ca
foretprivee.ca

Hommage à un grand défenseur de la forêt privée: Salut M. Léonard Otis!

Rimouski, le 18 mars 2019. – C’est avec regret que nous avons appris le décès de M. Léonard Otis, producteur forestier du Bas-Saint-Laurent. Ce dernier nous a quittés à l’âge de 95 ans, nous rapportait Radio-Canada plus tôt cet avant-midi. Cet homme, de Saint-Damase-de-Matapédia, a toujours défendu les intérêts des propriétaires forestiers afin qu’ils obtiennent un juste prix pour leurs bois et des mesures pour aménager les forêts. Auteur du livre Une forêt pour vivre dont la préface est signée par Richard Desjardins, M. Otis aura, sans contredit, laissé sa marque dans le domaine forestier.

Considéré comme un pionnier du syndicalisme agricole et forestier, ce sylviculteur infatigable a poursuivi son combat contre les politiques et les méthodes de récolte qui ont sacrifié le développement de régions entières pour lesquelles il a prêté sa voix. « M. Otis aura été un ardent défenseur et lorsque l’industrie n’était pas à l’écoute, il prenait les moyens pour se faire entendre. Cela permettait d’obtenir gain de cause. Les juges à l’époque comprenaient l’essence de ses revendications », indique M. Charles Edmond Landry, directeur général du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent (SPFBSL).

M. Léonard Otis a milité au sein de plusieurs organismes, étant président de l’Office des producteurs de bois de Rimouski de mai 1963 à mai 1968 puis, premier vice-président de cette même organisation. Il a aussi présidé d’autres organismes, notamment la Société d’implantation de la papeterie de La Matapédia et du Comité du réaménagement forestier du Témiscouata.

Honoré à maintes reprises, détenteur de multiples prix de reconnaissance, tous ont salué, au fil du temps, son opiniâtreté et sa détermination comme en témoigne l’éditorial du Journal des Forestiers, signé par le conseil d’administration de l’époque, en mars-avril 1988. M. Otis se retirait alors après 40 ans de loyaux services au sein du Syndicat.

Connu de plusieurs comme étant intègre, honnête, direct et entier avec tout ce que cela implique, M. Léonard Otis alias le Jardinier de la forêt, a mis de l’avant plusieurs projets d’envergure dans le monde forestier et dans d’autres domaines, et les a menés à terme avant de nous quitter. « Il laisse sa marque dans le développement régional en général. On pourrait le décrire comme un précurseur de ce qu’on reconnaît aujourd’hui comme étant le développement durable dans tous les sens du mot », précise M. Landry.

Parmi ses nombreux prix, M. Léonard Otis a reçu le Prix Laurent-Barré en 2012. Il a aussi été le premier lauréat du prix Henri-Paul-Gagnon en 2010. Celui-ci permet de souligner une contribution exceptionnelle à la vie syndicale dans le secteur de la forêt privée familiale. Ce prix est remis chaque année par le président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ), lors de son congrès annuel.

Toute l’équipe du SPFBSL tient à offrir ses plus sincères condoléances  à la famille et aux amis de M. Otis. Merci à vous M. Otis, vous laissez une trace indélébile pour les générations à venir!

– 30 –

Source :

Chantale Arseneault
Coordonnatrice à l’information
SPFBSL
carseneault@upa.qc.ca
418 723-1939, poste 4506

Écrasement du vol ET302 en Éthiopie: décès du Canadien Peter deMarsh

Longueuil, le 11 mars 2019. – C’est avec une profonde tristesse que la Fédération des producteurs forestiers du Québec a appris le décès du Néo-Brunswickois Peter deMarsh, dans le terrible écrasement d’avion survenu ce dimanche en Éthiopie. M. deMarsh était président de la Fédération canadienne des propriétaires de boisés et président de l’Alliance internationale de la foresterie familiale.

Pendant des décennies, M. Peter deMarsh a personnifié auprès des autorités publiques le propriétaire souhaitant participer au dynamisme de sa communauté rurale par ses productions agricoles et forestières. Sa présence au sein du travail de représentation des droits des 455 000 familles à travers le pays nous manquera beaucoup.

Convaincu que les dizaines de millions de propriétaires forestiers à travers la planète partagent une réalité similaire, M. deMarsh a travaillé toute sa vie à les convaincre d’agir collectivement au sein d’organisations pouvant défendre leurs intérêts. Il l’a fait en agissant comme président de York Sunbury Charlotte Forest Products Marketing Board au Nouveau-Brunswick entre 1972 et 1988. En 1988, il a travaillé pour la Fédération des propriétaires de boisés du Nouveau-Brunswick qu’il a aidé à fonder en 1976. Il a poursuivi ce travail en cofondant la Fédération canadienne des propriétaires de boisés en 1989 et en participant activement au déploiement de l’Alliance internationale de la foresterie familiale pour porter la voix des propriétaires forestiers au sein des forums nationaux et internationaux.

Homme humble, dont la sagesse était pourtant reconnue par tous ceux qui l’ont côtoyé, M. Peter deMarsh était un être d’exception, un mentor et un ami apprécié de ses collègues.

 

À propos de la FPFQ

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 29 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses 13 syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires. La FPFQ est une fédération affiliée de l’Union des producteurs agricoles.

 

-30-

Renseignements :

Mars-André Côté
Directeur général
Fédération des producteurs forestiers du Québec
450 679-0540, poste 8201
macote@upa.qc.ca      foretprivee.ca

Comment évaluer le potentiel forestier d’un boisé

Quels sont les éléments qu’un futur propriétaire forestier doit considérer lorsqu’il veut acquérir un lot boisé? Quels sont les facteurs qui permettront d’en maximiser la valeur s’il décide un jour de le revendre?

Pour en savoir plus, Forêts de chez nous est allé à la rencontre de deux ingénieurs forestiers, les seuls experts qualifiés pour réaliser un inventaire de la forêt et en déterminer la valeur potentielle. «On doit regarder le type de peuplements forestiers, les essences présentes ainsi que le volume de bois mature et la qualité du bois», estime Patrick Lupien, responsable de l’aménagement forestier et agroforestier au Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie (SPBM). Un autre aspect important à vérifier pour évaluer le potentiel forestier d’une terre est la possibilité de mettre son bois en marché. «On peut avoir une belle diversité d’essences, mais s’il n’y a pas d’usines pour acheter le bois, le potentiel économique sera fortement diminué.»

«Si on ne trouve pas preneur pour une essence de bois, ça va être considéré comme une perte lors des opérations forestières», renchérit Julie Létourneau, responsable des évaluations à l’Association des propriétaires de boisés de la Beauce (APBB). L’ingénieure forestière cite l’exemple de l’épinette de Norvège, qui s’est retrouvée sans débouché il y a quelques années lorsque plusieurs papetières ont fermé au Québec.

Patrick Lupien, ingénieur forestier au Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie. (Photo courtoisie SPBM)
L’ingénieure forestière Julie Létourneau est la responsable des évaluations à l’Association des propriétaires de boisés de la Beauce. (Photo courtoisie APBB)
À moins d’être également évaluateur agréé, un ingénieur forestier pourra faire l’évaluation d’une érablière par rapport à son potentiel agricole mais pas sur ses biens immobiliers comme la tubulure, les équipements et la cabane à sucre. (Photo Bernard Lepage)

Avec l’aide de photos aériennes et de travail sur le terrain, l’ingénieur forestier peut identifier les peuplements forestiers et estimer le volume de bois que le propriétaire pourra récolter. L’exercice peut aussi être mené pour évaluer les revenus futurs d’une plantation ou d’un peuplement qui n’ont pas encore atteint la maturité.

Dans le cas d’une érablière, l’ingénieur forestier calculera le nombre d’entailles possibles pour déterminer les revenus acéricoles potentiels. «Mais à moins que l’évaluateur possède aussi le titre d’évaluateur agréé, son évaluation ne tient pas compte des habitations qui se trouvent sur un lot. Même chose pour les érablières; nous n’accordons pas de valeur à la tubulure, aux équipements et à la cabane », souligne l’ingénieure forestière.

Accéder au lot… et aux arbres

L’accessibilité de la propriété est évidemment un facteur important. Un lot enclavé, même avec une servitude donnant un droit d’accès, demeure toujours plus à risque.

Avoir accès à son boisé est une chose, accéder à la ressource en est une autre. La présence et la qualité des chemins forestiers sont donc des éléments à vérifer. «Est-ce que c’est un chemin de VTT ou un chemin solide permettant le transport des bois récoltés? Y a-t-il une rivière importante à traverser? Ce sont des éléments qui auront une influence sur le coût des opérations forestières», mentionne Julie Létourneau.

Une petite visite à la municipalité

Un futur acheteur doit également tenir compte d’éléments externes comme la réglementation municipale sur l’abattage d’arbres. «Quelquefois, elle est très contraignante et dans d’autres cas, elle a été rédigée pour que le propriétaire puisse sortir son bois», souligne Patrick Lupien. Par expérience, celui-ci a constaté que la sévérité des règlements municipaux en la matière est un bon indice de la dynamique des relations entre les propriétaires forestiers et leur voisinage. «Comme acheteur, je crois que c’est important de connaître le type de collaboration qui est en place avec les organismes municipaux», note-t-il. Julie Létourneau conseille pour sa part de bien vérifier si les lignes du cadastre reformé correspondent bien à la réalité du terrain. «Cela peut occasionner des chicanes avec le voisin et des frais d’arpentage à la limite», dit-elle.

Que ce soit auprès des Municipalités ou des MRC, il est bon de s’assurer que sa propriété est exempte de zones potentiellement exposées aux glissements de terrain.

«Si c’est 15 hectares qui sont visés, c’est autant de superficies qui poseront des contraintes de production», ajoute la responsable des évaluations à l’APBB.

Par ailleurs, la chasse est toujours une activité fort populaire en forêt privée, et le potentiel faunique d’un boisé est intéressant pour un acheteur qui souhaiterait louer sa terre à des chasseurs afin de générer des revenus complémentaires.

Vision à moyen et long terme

Pour Patrick Lupien, il est important d’avoir une vision à moyen et long terme comme propriétaire afin de maximiser la valeur de sa forêt. Le profil du forestier a considérablement évolué au fil des ans. «Il y a eu un changement qui s’est opéré après la crise forestière. Les propriétaires ne sont plus uniquement intéressés à la production de bois. Ils cherchent plutôt à diversifier leurs activités et leurs types de production.»

Ainsi, la culture d’arbres à noix, tels que les noyers ou les noisetiers, la production de plants à petits fruits – comme le camérisier, l’argousier et le sureau blanc – et la présence de champignons sauvages permettent d’accroître la multifonctionnalité d’un boisé et conséquemment, d’en augmenter la valeur auprès d’une partie de la nouvelle génération de propriétaires. Patrick Lupien constate que celle-ci s’intéresse beaucoup à la question de la mise en marché de produits forestiers non ligneux, contrairement à celle qui l’a précédée. «C’est une façon différente d’exploiter sa forêt», résume-t-il.

Enfin, l’achat ou la vente d’un lot boisé, c’est aussi une question d’émotion reliée à l’aspect esthétique des lieux. La présence d’un ruisseau avec une petite chute, d’une rivière ou d’un lac sur un boisé est un plus. Certains seront même prêts à payer davantage pour s’offrir cet environnement. En général, une propriété de petite dimension aura une meilleure valeur, toutes proportions gardées, qu’une autre de grande superficie, explique Julie Létourneau. «C’est la loi de l’offre et la demande. Il y a tout simplement plus d’acheteurs pour les petites propriétés que pour les plus grandes-», conclut l’ingénieure forestière.

La nouvelle génération de propriétaires accorde de plus en plus d’importance à la mise en valeur des produits forestiers non-ligneux comme les champignons sauvages par exemple. (Photo courtoisie SPBM / Guy Lefebvre)

Quelles sont les deux raisons qui vous inciteraient à vous impliquer davantage dans la mise en valeur des produits forestiers non ligneux (PFNL)?

Quelles sont les deux raisons qui vous inciteraient à vous impliquer davantage dans la mise en valeur des produits forestiers non ligneux (PFNL)?

Voyez les résultats

Loading ... Loading ...

Évaluation foncière vs évaluation forestière

L’évaluation réalisée par un ingénieur forestier est différente de l’évaluation foncière effectuée par un évaluateur agréé. Les Municipalités ont recours à l’évaluation foncière, qui représente la valeur marchande de la propriété. Celle-ci est généralement établie en comparant les transactions immobilières récentes de propriétés semblables dans une région. L’évaluation forestière, quant à elle, permet plutôt d’évaluer le potentiel économique d’une production forestière ou acéricole. Pour en savoir davantage sur l’évaluation foncière, on peut consulter l’article paru dans l’édition de novembre 2018 du magazine Forêts de chez nous. 

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition février 2019.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec lance son nouveau site Web

Longueuil, le 5 mars 2019. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) lance son nouveau site Web avec plusieurs améliorations et nouveautés. Depuis plusieurs années, foretprivee.ca est reconnu comme un site de références dans le domaine forestier. Soucieuse de maintenir des contenus pertinents et de qualité pour les propriétaires de boisés et les intervenants en forêt privée, la FPFQ présente un site Web amélioré qui assure une meilleure navigation, notamment, sur les outils mobiles.

Utilisant la même plateforme Web, les sites du Syndicat des producteurs de bois du Centre-du-Québec, du Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie, de l’Office des producteurs de bois de Pontiac et du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec ont également été améliorés.

Nous vous invitons à naviguer sur foretprivee.ca afin de découvrir le contenu des nouvelles sections Je vends mon bois et Je cherche du financement. La section Je cherche un expert, la galerie vidéos, les outils, les étapes et les conseils reliés à une gestion active de la forêt sauront renseigner les propriétaires et producteurs forestiers.

Consultez le PDF complet pour en savoir davantage sur les nouveautés.

 À propos de la FPFQ

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 29 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses 13 syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires. La FPFQ est une fédération affiliée de l’Union des producteurs agricoles.

 -30-

Renseignements :

Josée Lalande
Agente de communication
Fédération des producteurs forestiers du Québec
Téléphone : 450 679-0540, poste 8288
jlalande@upa.qc.ca

Prévision du prix du bois d’œuvre

Contrairement à 2018, les analystes anticipent que ce sera la variation de la demande et non les interruptions de l’offre qui sera le plus susceptible d’influencer le prix du bois d’œuvre. En effet, puisque les banquiers centraux ont été actifs ces derniers temps, l’impact des hausses de taux d’intérêt sur le marché de l’habitation sera à surveiller avec les chiffres des mises en chantier au Canada et aux États-Unis.

Demande

À court terme, Forest2market et Madison estiment qu’il y aura une forte demande de bois d’œuvre en début d’année 2019. Ce dynamisme proviendra essentiellement des compagnies de construction qui doivent rassembler suffisamment de stock pour reconstituer un inventaire à l’approche du début de la saison de la construction. Ce mouvement saisonnier avait occasionné plusieurs problèmes de transport et le début de la flambée du prix en 2018. Malgré la présence de ce phénomène en 2019, l’impact sur le prix devrait être beaucoup moins important cette année.

Pour l’année 2019, la demande de bois d’œuvre en Amérique du Nord devrait se maintenir grâce aux secteurs immobiliers. Du côté canadien, le marché de l’habitation devrait se contracter légèrement pour une deuxième année. Le consensus pour les prévisions de 2019 cible -6 % par rapport au niveau de mises en chantier de 2018. Conséquemment, la demande de bois pour les produits manufacturiers de construction à destination du Canada devrait reculer marginalement. À l’inverse, les analystes anticipent une modeste hausse de la construction chez nos voisins du sud, ce qui aura pour effet de soutenir les niveaux actuels de produits manufacturés utilisés dans la construction de maisons neuves aux États-Unis.

Dans la récente publication des textes, « Mise à jour sur le marché américain de l’habitation » et « Mise à jour sur le marché canadien de l’habitation » sur le site infobois.ca on y trouve plusieurs détails concernant les principaux points positifs et négatifs affectant les prévisions de la demande de maisons en Amérique du Nord. Parmi les plus importants, il faut noter que le ralentissement de la hausse des taux d’intérêt par les banques centrales américaine et canadienne aura pour effet de stabiliser l’accessibilité au logement dans les deux pays. En effet, une hausse de taux d’intérêt moins importante que prévu aura pour effet de casser la tendance haussière des taux hypothécaires observés depuis le tournant de 2017. De cette façon, la perte de pouvoir d’achat des ménages sera atténuée, ce qui aura un effet bénéfique sur la demande de maisons. À cet effet, l’indice de confiance de la National Association of Home Builders (NAHB) s’est stabilisé au mois de janvier. Selon l’économiste en chef de la NAHB, le récent déclin dans les taux hypothécaires américains est la principale cause du regain de confiance des constructeurs américains sondés. Les taux hypothécaires aux États-Unis ont atteint 5 % à la mi-novembre, pour redescendre sous les 4,5 % à la mi-janvier suivant un changement de ton de la Federal Reserve (FED).

Dans une perspective à plus long terme, il est important de mentionner que le changement de comportement des milléniaux en comparaison aux générations précédentes affecte la demande de maisons aux États-Unis de façon structurelle. Selon la banque Wells Fargo, cette cohorte ne cesse de remettre à plus tard l’achat d’une première maison en raison d’un haut niveau d’endettement relié aux études postsecondaires. Ce retard remet en question la relation entre le taux de chômage et la demande de maisons aux États-Unis. Autrement dit, les analystes anticipaient que la baisse du taux de chômage allait propulser plus fortement le marché immobilier américain.

Offre

Le prix du bois d’œuvre en 2018 a fortement été influencé par les variations de l’offre. Effectivement, l’accumulation de plusieurs entraves dans la chaîne de production a produit une contraction importante de l’offre. Ce sont notamment les feux de forêt en Colombie-Britannique, les problèmes de transport ferroviaire et les grèves qui ont poussé les acteurs du marché à spéculer sur le prix de la matière première. Puisque ces éléments ont caractérisé les variations de prix de l’année dernière, et que des mesures ont été prises afin de limiter l’impact de ceux-ci, la plupart des analystes anticipent que les fluctuations de prix en provenance de l’instabilité de l’offre seront d’une moins grande importance.

Par ailleurs, la rareté de la main-d’œuvre continue de restreindre l’activité de la construction en Amérique du Nord. Malgré la dernière statistique encourageante de la NAHB concernant le recul du nombre de postes vacants aux États-Unis, la rareté de la main-d’œuvre constitue un défi pour les constructeurs. Le dernier rapport fait état de 278 000 emplois non comblés au courant du mois de novembre. Bien que ce niveau soit en dessous du niveau record de 323 000 emplois vacants enregistré au mois d’octobre, Desjardins estime que ce facteur continuera de restreindre l’offre de maisons neuves aux États-Unis. Cette compression de l’offre aura pour effet de diminuer la demande de produits manufacturés à destination de la construction de maison.

D’autre part, l’offre de bois d’œuvre continue de se contracter en Colombie-Britannique. En effet, les trois plus importants scieurs du Canada ont conjointement annoncé un ralentissement de la production. De son côté la compagnie West Fraser, numéro 1 canadien, a indiqué qu’elle allait supprimer 300 millions de PMP de façon permanente. Celle-ci accuse principalement le faible prix du bois d’œuvre ainsi que les difficultés d’approvisionnement pour justifier ses arrêts de production. Les deux autres plus grosses entreprises de sciage au Canada, Canfor et Interfor, ont également réduit leur production de 10 % et 20 % respectivement. De plus, Forest2market estime qu’il y aura un important déplacement de la production de la plus grande région forestière au Canada vers le Sud des États-Unis où les coûts de production sont plus faibles. En 2019, cette réorganisation des flux commerciaux sera accentuée par la diminution de la disponibilité du bois rond infesté par la dendroctone du pin ponderosa ainsi que par l’effet des tarifs américains en période de faible prix du bois d’œuvre.

Prévision

Les projections du prix du bois d’œuvre de Bloomberg sont préoccupantes pour les producteurs de bois de la forêt privé. Dans un article du 11 janvier 2019, les économistes de Bloomberg prévoient que le prix du bois d’œuvre devrait être de 10 à 15 % plus faible en 2019 par rapport au niveau actuel. Le média et groupe financier américain mentionne que la cause première de cette baisse de prix est reliée à ses attentes modestes concernant le marché de l’immobilier américain. La Banque de Montréal (BMO) est légèrement plus optimiste avec un prix moyen de 345 $ US pour 2019.

Les prévisions de la Banque TD et de la Banque CIBC sont nettement plus favorables. TD et CIBC prévoient un prix moyen pour le bois d’œuvre de 404 et de 402 $ US respectivement. Dans sa publication de décembre, Desjardins ne mentionne pas de prix, mais indique que celui-ci pourrait augmenter au printemps « au fil des nouvelles économiques et des événements ». La Banque Nationale fait un constat similaire à celui de Desjardins en publiant dans sa chronique forestière de novembre qu’un plancher devrait être atteint dans le prix du bois d’œuvre. Kevin Mason, directeur général chez ERA Forest Product research est d’avis que le niveau actuel des prix n’est pas soutenable. Selon lui, on devrait assister à une augmentation de prix ou à une fermeture plus importante de scierie.

Malgré les prévisions divergentes, les analystes s’entendent tous sur le fait que la variation de la demande du marché immobilier américain sera l’une des variables les plus susceptibles de faire fluctuer le prix du bois d’œuvre. Le marché sera donc très sensible aux nouvelles sur les mises en chantier et la demande de permis de construire du Census Bureau afin de déterminer une tendance dans le prix du matériel de construction.

Sources

[TD] 2018. Commodity Price Report. Repéré à https://economics.td.com/commodity-price-report,  16 janvier 2019.
[BNC] 2018.Wood Markets. Repéré à https://www.nbc.ca/content/dam/bnc/entreprise/pdf/wood-markets-nbc-newsletter-2018-november.pdf,  16 janvier 2019.
[BMO] 2019. Commodity Forecast. Repéré à https://economics.bmocapitalmarkets.com/economics/goods/current/, 16 janvier 2019.
[CIBC] 2019.Commodities Forecast Detail. Repéré à https://economics.cibccm.com/economicsweb/cds?ID=6471&TYPE=EC_PDF,  16 janvier 2019.
[DESJARDINS] 2019.Tendances des matières premières. Repéré à https://www.desjardins.com/ressources/pdf/tmp1901-f.pdf,  31 janvier 2019.
[DESJARDINS] 2019.Bois d’œuvre : l’accalmie après une année d’exception. Repéré à https://www.desjardins.com/ressources/pdf/per1218f.pdf?resVer=1545158224000,  31 janvier 2019.
[BOC] 2019.Monetary Policy Report (January 2019). Repéré à https://www.bankofcanada.ca/wp-content/uploads/2019/01/mpr-2019-01-09.pdf,  16 janvier 2019.
[SCHL] 2019.Baisse de la tendance des mises en chantier d’habitations au Canada en décembre. Repéré à https://www.cmhc-schl.gc.ca/fr/media-newsroom/news-releases/2018/canadian-housing-starts-trend-decreases-december,  16 janvier 2019.
[NAHBNOW] 2019.Construction Job Openings Down as Building Activity Slows. Repéré à http://nahbnow.com/2019/01/construction-job-openings-down-as-building-activity-slows/,  16 janvier 2019.
[NAHBNOW] 2019. Lower Interest Rates Stabilize Builder Confidence. http://nahbnow.com/2019/01/lower-interest-rates-stabilize-builder-confidence/, 16 janvier 2019.
[CANFOR] 2018.Investor presentation, Canfor Corporation, Raymond James (November 2018). Repéré à https://www.canfor.com/docs/default-source/investor-relations/raymond-james-november-28-2018.pdf?sfvrsn=2c1ded91_2,  16 janvier 2019.
[MADISON REPORT] 2019.North America Timber Industry Analysis and Assessment: 3Q 2018. Repéré à https://madisonsreport.com/2019/01/11/north-america-timber-industry-analysis-and-assessment-3q-2018-%EF%BB%BF/,  16 janvier 2019.
[FOREST2MARKET] 2019.11 Predictions for Global Wood Consuming Industries in 2019. Repéré à https://blog.forest2market.com/11-predictions-for-global-wood-consuming-industries-in-2019, 16 janvier 2019
[FOREST2MARKET] 2019.11 Predictions for Global Wood Consuming Industries in 2019. Repéré à https://blog.forest2market.com/syp-lumber-prices-finish-2018-in-a-slump-outlook-for-2019, 31 janvier 2019
[BBG] 2019.Monthly Housing Market Update. Repéré à https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-01-11/trump-s-lumber-tariff-is-forcing-canada-producers-to-idle-mills
[CENSUS BUREAU] 2018.Monthly Housing Market Update. Repéré à https://www.census.gov/construction/nrc/pdf/newresconst.pdf, 16 janvier 2018

La Fédération lance son nouveau site Web

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) lance son nouveau site Web avec plusieurs améliorations et nouveautés. Depuis plusieurs années, foretprivee.ca est reconnu comme un site de références dans le domaine forestier. Soucieuse de maintenir des contenus pertinents et de qualité pour les propriétaires de boisés et les intervenants en forêt privée, la FPFQ présente un site Web amélioré qui assure une meilleure navigation, notamment, sur les outils mobiles.

Utilisant  la même plateforme Web, les sites du Syndicat des producteurs de bois du Centre-du-Québec, du Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie, de l’Office des producteurs de bois de Pontiac et du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec ont également été améliorés. 

Nous vous invitons à naviguer sur foretprivee.ca afin de découvrir les contenus, vidéos, outils, conseils et étapes reliés à une gestion active, et développés pour les propriétaires et producteurs forestiers.

Mise à jour sur le marché de l’habitation au Canada

Après une année record en 2017, le marché de l’habitation au Canada en 2018 a ralenti pour la première fois en cinq ans. La décroissance amorcée cette année devrait se poursuivre selon la quasi totalité des analystes du marché. Malgré cette baisse prévue, plusieurs nuances permettent de comprendre l’ampleur de cette décroissance. Le dernier rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, ainsi que plusieurs analyses des institutions bancaires canadiennes font état de la situation.

Points positifs

La publication des 213 400 unités mises en chantier au mois de décembre semble avoir rassuré provisoirement les acteurs du marché. En effet, malgré la parution d’une statistique légèrement plus faible que le mois dernier, la Banque TD ainsi que la Banque Nationale affirment que les mises en chantier canadiennes demeurent à un niveau sain. Ceux-ci mentionnent que l’augmentation de la population et le taux de chômage historiquement faible soutiennent le rythme des constructions au Canada. Les derniers rapports sur les mises en chantier indiquent que le secteur de la construction au Québec est en bien meilleure posture que dans les provinces de l’Ontario et de la Colombie-Britannique. Contrairement au Québec, ces régions semblent être affectées de façon plus importante par les nouvelles règles sur les emprunts hypothécaires, ce qui devrait être perçu comme une bonne nouvelle étant donné le contexte des prévisions de ralentissement du marché immobilier canadien. De plus, la Société canadienne d’hypothèques et de logement a revu à la hausse les données de novembre. Celle-ci a ajouté près de 10 000 unités aux 215 900 répertoriées précédemment. Cette dernière publication pour 2018 vient fermer le quatrième trimestre qui enregistre un bond de près de 9 % par rapport au troisième trimestre 2018.

Par ailleurs, la Banque du Canada a signalé lors de son dernier rapport sur la politique monétaire qu’elle envisageait un ralentissement de sa politique expansionniste tout comme son équivalent américain. En effet, les inquiétudes concernant le marché immobilier canadien, jumelées à la récente chute du prix du pétrole (-25 % par rapport à octobre) favorisent une montée des taux beaucoup moins agressive que prévu de la part du gouverneur de la Banque du Canada. Concernant le marché immobilier, celui-ci évoque que la stabilisation du secteur est plus lente que prévu. À cet effet, le Conseil de direction et cadres supérieurs de la Banque du Canada sera attentif au futur développement de ce marché avant de procéder à des hausses de taux d’intérêt. Cette nouvelle attitude de la banque centrale canadienne devrait être bien perçue des différents acteurs du marché immobilier. Effectivement, le ralentissement des hausses de taux devrait influencer positivement l’accessibilité au logement puisque le taux de la Banque du Canada influence directement les taux hypothécaires. Dans sa dernière publication sur le marché immobilier, la Banque Royale du Canada (RBC) note que la majeure partie de la dégradation de l’accessibilité au logement des dernières années est une résultante de la hausse des taux d’intérêt. En plus de ce facteur, la RBC indique que la hausse des salaires, jumelée à un environnement où l’augmentation du prix des maisons sera moins importante que par le passé, soulageront les potentiels acheteurs.

Points négatifs

Le resserrement des règles hypothécaires qui prend la forme d’une simulation de crise a eu un effet similaire à une augmentation de taux d’intérêt pour les ménages canadiens ce qui réduit leur capacité d’emprunt hypothécaire. Selon la Banque de Montréal (BMO), un ménage gagnant 87 000 $ avec une mise de fonds de 20 % pouvait se permettre l’achat d’une maison de 508 069 $ avec un taux de 2,99 %. Depuis janvier 2018, le taux hypothécaire effectif reste le même, mais la simulation oblige le ménage à démontrer sa capacité de payer avec un taux de 5,14 % (exemple du taux hypothécaire fixe de 5 ans de la Banque du Canada en avril 2018). Le ménage peut donc désormais se permettre l’achat d’une maison allant jusqu’à 393 716 $, une diminution de 22,5 % du pouvoir d’achat du ménage.

L’association canadienne de l’immeuble (ACI) a publié le 15 janvier, le quatrième mois de baisse dans les ventes de maison. L’ACI note que la diminution de l’activité dans le secteur de la vente de maisons provient essentiellement des régions de la Colombie-Britannique et de Toronto où le resserrement des règles hypothécaires à un effet plus marqué. De plus, ce recul marqué provient en partie de l’empressement de certains acheteurs à signer leur contrat de vente avant la mise en vigueur de la nouvelle réglementation. En effet, cet empressement a donné lieu à un boum au mois de décembre 2017, dernier moment avant que les nouvelles règles hypothécaires ne soient effectives. Après ce dopage des statistiques, les ventes de maison sont tombées à des niveaux en dessous des 40 000 unités par mois pour l’ensemble des mois de 2018. Ces niveaux n’avaient pas été atteints depuis le premier trimestre de 2014.

En ce sens, les problèmes reliés à la détérioration de l’accessibilité au logement poussent de plus en plus de Canadiens à opter pour des alternatives moins coûteuses pour se loger. RBC estime que la tendance des trois dernières années se poursuivra et la demande pour de plus petites maisons ainsi que pour des condos continuera. Puisque les constructions de logements locatifs consomment 10 fois moins de bois que les constructions unifamiliales, cet élément affectera à la baisse la demande de produit manufacturier de construction de bois à destination du Canada.

Prévisions

Les prévisions des institutions bancaires canadiennes tablent pour une décroissance d’environ 6 % des mises en chantier pour 2019 au Canada. La médiane des prévisions cible 199 000 unités de mises en chantier pour cette année. Une baisse par rapport aux 212 000 unités atteintes en 2018. Pour l’année 2019, la prévision la plus pessimiste provient de la Banque CIBC avec 188 000 unités et les plus optimistes proviennent de la Banque Laurentienne et de la BMO avec 205 000 unités.

Sources

[TD] 2019. Canadian Housing Starts (December 2018). Repéré à https://economics.td.com/ca-housing-starts,  16 janvier 2019.
[BNC] 2019. Nouvelles économiques (9 janvier 2019). Repéré à https://www.bnc.ca/content/dam/bnc/fr/taux-et-analyses/analyse-economique/nouvelles-economiques-construction.pdf,  16 janvier 2019.
[BNC] 2019. L’hebdo économique(9 janvier 2019). Repéré à https://www.bnc.ca/content/dam/bnc/fr/taux-et-analyses/analyse-economique/hebdo-economique.pdf,  16 janvier 2019.
[BMO] 2018. Nouvelles règles hypothécaires : Comment effectuer une simulation de crise relative au prêt hypothécaire? Repéré à https://www.bmo.com/principal/particuliers/prets-hypothecaires/nouvelles-regles-hypothecaires-et-simulation-de-crise/,  16 janvier 2019.
[SCHL] 2019.Baisse de la tendance des mises en chantier d’habitations au Canada en décembre. Repéré à https://www.cmhc-schl.gc.ca/fr/media-newsroom/news-releases/2018/canadian-housing-starts-trend-decreases-december,  16 janvier 2019.
[BOC] 2019.Monetary Policy Report (January 2019). Repéré à https://www.bankofcanada.ca/wp-content/uploads/2019/01/mpr-2019-01-09.pdf,  16 janvier 2019.
[BOC] 2019.Monetary policy: How It Works, and What it takes. Repéré à https://www.bankofcanada.ca/publications/books-and-monographs/why-monetary-policy-matters/4-monetary-policy/,  16 janvier 2019.
[ACI] 2019.Statistique nationale. Repéré à http://creastats.ca/natl_fr/index.html,  16 janvier 2019.
[RBC] 2018.Housing Trends and Affordability. Repéré à http://www.rbc.com/economics/economic-reports/pdf/canadian-housing/house-dec2018.pdf,  16 janvier 2019.
[RBC] 2019.Monthly Housing Market Update. Repéré à http://www.rbc.com/economics/economic-reports/pdf/canadian-housing/housespecial-jan19.pdf,  16 janvier 2019.

Moulins à scie portatifs: l’outil idéal des forestiers

À partir de quel moment l’achat d’un moulin à scie portatif devient-il une bonne affaire? Quel modèle choisir selon mes besoins? Comment bien le manœuvrer pour en tirer le maximum et maintenir ses performances? Est-il préférable de me payer le service ou d’acheter mon propre moulin?

Gracieuseté de Norwood

« C’est l’outil parfait pour le propriétaire d’un boisé privé », résume Jason Laporte, qui en vend depuis 20 ans chez les Industries Renaud Gravel, à Saint-Cléophasde-Brandon dans Lanaudière. « En même temps, précise-t-il, tout dépend du volume de bois que tu prévois transformer. Si tu as 20 billots [qui donneront environ 300 pieds mesure de planche], fais venir quelqu’un. Mais si tu penses en scier 5 000 pieds par année dans les cinq prochaines années, achète-toi-en un. Ça va te revenir à 1 000 $ par année tout dépendamment du modèle [ou 20 ¢ du pied pour l’amortissement de la scierie]. » 

On pourra économiser à produire ses propres matériaux de construction plutôt que de les acheter à la quincaillerie, mais il faut pour cela avoir la matière première sous la main et faire abstraction du coût d’achat de l’équipement et des heures qu’on y consacre. « Il faut voir ça comme un passe-temps qui permet de construire à moindre coût ou de se faire un petit gagne-pain si on le fait pour un autre », ajoute Jason Laporte.

LES FONCTIONS HYDRAULIQUES D’UNE SCIERIE MOBILE PERMETTENT DE SCIER PLUS RAPIDEMENT ET À MOINDRE EFFORT.

Sur le marché, il existe autant de scieries mobiles que de budgets. Détenteur d’un Wood-Mizer LT50 entièrement hydraulique payé 54 000 $ il y a quatre ans, Denis Laprise, de Mascouche, estime qu’un propriétaire forestier pourra trouver un bon moulin pour ses propres besoins en investissant de 5 000 $ à 10 000 $. « Il faut privilégier des marques fabriquées au Canada ou aux États-Unis parce que les pièces sont plus faciles à trouver », conseille celui qui scie sur une base commerciale depuis 12 ans.

L’un des aspects à prendre en considération est bien entendu le diamètre des billots à transformer. Selon les modèles, la grosseur maximale varie de 20 à 36 pouces. Les moulins à scie mobiles peuvent être disposés sur une base fixe, mais ils sont généralement montés sur une remorque facile à déplacer, même avec un VUS. Le modèle LumberPro HD36 de Norwood, par exemple, affiche un poids d’environ 1 800 livres. En règle générale, la tête de coupe est installée sur un chariot qui se déplace sur une table de 16 pieds, permettant ainsi de travailler sur des billes d’une longueur maximale de 13 pieds (9 pieds pour une table de 12 pieds). Mais la plupart des modèles offrent des rallonges de 4 pieds qui permettent de travailler sur de plus longues pièces.

Les fonctions hydrauliques d’une scierie mobile deviennent presque essentielles lorsqu’on travaille avec certaines billes de gros diamètre.

Hydraulique ou manuel?

Les moulins sont également offerts avec de multiples options hydrauliques (chargeur, tourne-bille, pince à bille, déplacement de la tête de coupe sur le chariot, etc.) qui permettent de travailler plus rapidement et à moindre effort que si toutes les opérations devaient être faites manuellement. Il faut prévoir que si on décidait de prendre l’ensemble des fonctions hydrauliques, le prix du moulin doublerait.

La puissance des moteurs est également très variable selon les modèles, passant d’un moteur à essence de 9 HP jusqu’à 35 HP (pour horsepower ou chevauxvapeur). « Tous les moteurs vont pouvoir scier la même bille, explique Jason Laporte. C’est le temps d’exécution de coupe qui va être plus court avec un moteur plus puissant. J’ai déjà coupé un érable de 28 pouces de diamètre avec un moteur de 9 HP. Il faut juste laisser la lame faire son ouvrage. Si tu sens de la résistance, c’est que tu vas trop vite ou que ta lame doit être changée. »

À quel moment changer la lame?

La lame est une pièce maîtresse d’un moulin à scie portatif. Jason Laporte considère qu’après 90 à 120 minutes d’utilisation, elle devrait être affûtée. « Plus je l’étire, plus je pousse fort, moins je coupe vite. La qualité de coupe n’est plus là et j’endommage mes guides-lames. Ce n’est bon nulle part. » C’est le temps d’utilisation qu’en fait également Denis Laprise, qui confie ses lames à un professionnel. « Chaque lame peut être affûtée cinq ou six fois lorsque c’est bien fait. » Selon que l’on coupe du bois mou ou du bois franc, on changera de type de lame.

À environ 25 $ pour une lame neuve cependant, plusieurs utilisateurs vont préférer l’user au maximum avant de la jeter au rebut plutôt que de payer de 10 $ à 15 $ pour la faire affûter. « Je ne recommande pas cela, mais c’est une tendance actuellement. À long terme, tu hypothèques ta machine. » À des prix variant entre 800 $ et 1 200 $, des ensembles d’affûteurs sont aussi offerts aux propriétaires de moulins qui en font une utilisation intensive. Un bon affûtage régulier de la lame améliorera la productivité et la qualité des planches.

90 à 120 minutes: UTILISATION POSSIBLE AVANT AFFÛTAGE / 1 an: ENTREPOSAGE POUR LE BOIS MOU / 1 an et demi: ENTREPOSAGE POUR LE BOIS DUR
Une tranche d’arbre taillée au moyen d’une scierie mobile qui servira à la fabrication d’un mobilier de type live edge.

Le secret est dans le séchage

Tailler ses planches et ses madriers en vue de les utiliser dans une construction est une chose, mais l’étape du séchage demeure capitale si l’on veut obtenir des produits de qualité. Il faut tout d’abord disposer ses pièces de bois sur une base solide, préalablement mise à niveau, dans un endroit exposé au vent. Un espacement d’un pouce entre chacune d’elles est suggéré et le deuxième palier est constitué de lattes disposées aux deux pieds de manière perpendiculaire au niveau précédent. Les baguettes de bois générées par le délignage des planches, par exemple, peuvent très bien servir à cette étape.

Enfin, on doit recouvrir le dernier étage de feuilles de tôle sur lesquelles on installera des poids pour maintenir la pression sur les rangées supérieures. Bien que le bois mou perde jusqu’à 50 % de son humidité quelques semaines après avoir été coupé, il faut ensuite compter quelques mois pour que la circulation du vent évacue l’humidité presque totalement – jusqu’à 11 % – des pièces de bois. Pour des planches d’un pouce d’épaisseur, par exemple, certains suggèrent un an d’entreposage pour le bois mou et six mois supplémentaires pour le bois dur. Il est toutefois possible d’envoyer son bois dans des séchoirs commerciaux selon leur disponibilité en région.

Après la taille, il est important de bien disposer ses planches pour leur permettre de sécher.

Une excellente valeur de revente

Une scierie mobile bien entretenue conservera une très bonne valeur de revente. « Durant sept ou huit ans au début des années 2000, on en vendait de 70 à 80 annuellement, explique Jason Laporte. Comme il y a plusieurs détaillants, le marché a été inondé et là, on en retrouve beaucoup de seconde main sur des sites comme Kijiji. » Tout particulièrement pour les gros modèles, celui qui en aura pris soin pourra penser récupérer plus de la moitié de sa mise initiale. Denis Laprise a travaillé avec un Wood-Mizer LT40 durant neuf ans. Il l’a acheté 35 000 $ et revendu 18 000 $. « Mais il était top shape, réglé comme une horloge », précise-t-il.

Les moulins à scie portatifs conserveront une excellente valeur de revente sur le marché à la condition d’avoir été bien entretenus.

Faire scier mes planches?

Plusieurs propriétaires de moulins à scie portatifs proposent leurs services auprès des forestiers. Les tarifs débutent généralement à 50 $/h. Ils varient beaucoup en fonction du type d’équipement utilisé.

Les moulins à scie portatifs avec toutes les options hydrauliques qui seront manoeuvrés par des scieurs expérimentés auront une capacité supérieure et conséquemment, le taux horaire exigé sera plus élevé. Des frais de déplacement peuvent également être facturés.

Même si plusieurs facteurs peuvent influencer le rendement (type de moulin, opérateur, main-d’oeuvre, qualité de la bille, etc.), dans la production de planches et de bois de charpente standards (2 po x 4 po, 2 po x 6 po et 2 po x 8 po), un moulin pourra fournir en moyenne de 400 à 500 pieds mesure de planche (pmp) à l’heure. À ce rythme, le client devrait payer environ trois fois plus s’il devait aller acheter la même quantité de bois à la quincaillerie.

Dans tous les cas, Jason Laporte recommande à ceux qui seraient tentés par l’expérience de toujours se rendre sur place avant d’accepter un contrat de sciage. Des billes de bois enrobées de terre et difficilement accessibles pourraient faire en sorte qu’un passe-temps tourne au cauchemar…

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition février 2019.

Pour calculer le nombre de pieds dans un billot

Les tables de conversion de Roy, Internationale ou du Maine indiquent le nombre de pieds mesure de planche (pmp) contenus dans un billot en fonction de son diamètre et de sa longueur. Par exemple, un billot de 16 pouces de diamètre et de 8 pieds de long donnera 85 pmp selon la table Internationale. Un pied mesure de planche est une unité de volume équivalant à une planche sciée de 1 pied de long sur 1 pied de large sur 1 pouce d’épais.

Pour connaître le nombre de pieds mesure de planche dans une corde de bois, on peut utiliser les facteurs de conversion et mesures.

Mise à jour sur le marché américain de l’habitation

Le marché de l’habitation joue un rôle crucial pour l’économie américaine. Effectivement, plusieurs retombées économiques importantes découlent de ses activités. Ainsi, plusieurs statistiques et rapports sont publiés de façon périodique afin de prendre le pouls de ce secteur. Récemment, le dernier rapport sur le marché de l’habitation du US Census Bureau a dressé le bilan du mois de novembre. Ce dernier était très attendu considérant le ralentissement du secteur des derniers mois jumelé aux inquiétudes grandissantes reliées à la croissance économique américaine. Pour les producteurs forestiers, le segment des maisons unifamiliales est beaucoup plus crucial que celui des logements collectifs considérant que la construction d’une résidence dans la première catégorie consomme deux fois plus de bois.

Points positifs

Selon le plus récent rapport du US Census Bureau, la construction résidentielle aux États-Unis a augmenté de 3,2 % en novembre par rapport au mois précédent. Sur une base annualisée, les mises en chantier américaines ont atteint 1,26 million d’unités, dépassant légèrement les 1,23 million d’unités prévues par le consensus de Bloomberg. Cette augmentation provient presque en totalité du segment des logements collectifs, beaucoup plus volatil que celui des maisons unifamiliales. Effectivement, cette catégorie a crû de 22 % par rapport au mois d’octobre, pour atteindre 417 000 unités, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis le mois de mars 2018. Plus spécifiquement, le Sud des États-Unis a largement contribué à ce bilan positif en enregistrant une hausse de 15 % des mises en chantier. Selon la Banque TD, cette forte augmentation est en partie causée par la reconstruction des zones affectées par les ouragans Florence et Micheal. Néanmoins, la robustesse de l’activité de cette région permet d’espérer que le ralentissement de la construction résidentielle américaine observé durant les derniers mois n’est peut-être que passager.

De plus, les demandes de permis ont fait un bond de près de 5 % pour atteindre 1,33 million. Tout comme la hausse des mises en chantier, cet essor dans les demandes de permis provient essentiellement du segment des logements collectifs. En effet, une augmentation en novembre de près de 15 % a été observée par rapport au mois d’octobre. Selon Wells Fargo, les demandes de permis permettent de prévoir que la tendance se maintiendra dans ce segment.

Par ailleurs, la récente annonce du ralentissement dans les hausses de taux d’intérêt par la banque centrale américaine prévu pour 2019 est bien accueillie aux États-Unis. Effectivement, cet assouplissement de la politique monétaire expansionniste pourrait grandement aider à la stabilisation de l’accessibilité au logement. La majorité des économistes s’entendent sur le fait que la récente hausse des taux d’intérêt est l’un des facteurs principaux qui ont réduit l’accessibilité au logement dans les dernières années. Selon la banque JP Morgan, l’impact de la hausse des taux hypothécaires des deux dernières années a grandement réduit la demande pour les maisons. À titre d’exemple, un acheteur avec un paiement mensuel de 2 500 $ US au mois d’octobre 2016 pouvait se qualifier pour un prêt allant jusqu’à 500 000 $ US. Au mois d’octobre 2018, ce même paiement lui permettait un prêt de 443 000 $ US. Même si les taux d’intérêt restent à des niveaux historiquement bas, cette diminution du pouvoir d’achat de près de 10 % impacte négativement le dynamisme du marché de l’habitation aux États-Unis. À cet effet, JP Morgan précise qu’une fois l’ajustement aux nouvelles conditions de marché, le secteur de la construction devrait se redresser.

Points négatifs

En ce qui concerne les mises en chantier de maison unifamiliale, la tendance baissière entamée depuis le mois de septembre se poursuit. Selon le US Census Bureau, ce segment a enregistré une diminution de 5 % par rapport au mois d’octobre. Il s’est construit seulement 824 000 unités, soit la statistique la plus basse depuis 18 mois. Wells Fargo estime que le ralentissement de la construction résidentielle unifamiliale des derniers mois aurait notamment été causé par les feux de forêts en Californie. Effectivement, la région de l’Ouest américain a vu ce type de construction se contracter de près de 25 % en un mois. En raison de la faible augmentation des demandes de permis pour les constructions résidentielles unifamiliales, la banque Wells Fargo prévoit que la croissance pour ce type de bâtiment sera très faible ou nulle pour 2019.

Dans le même ordre d’idée, l’indice de confiance de la National Association of Home Builders (NAHB) a poursuivi sa chute du mois de novembre (-8 points) pour atteindre 56 points au mois de décembre (-4 points). Cette récente baisse de la confiance des deux derniers mois est la plus importante depuis 2001. Une donnée au-dessus de 50 points indique que la majorité des constructeurs perçoivent les conditions du marché de la construction résidentielle comme étant meilleures que mauvaises. Ce niveau reste donc relativement élevé. Cependant, les acteurs du marché seront très sensibles aux prochaines données de ce sondage afin de voir si la tendance baissière de la confiance persiste chez les constructeurs de maison.

À plus long terme, il est important de mentionner que certains changements structurels affectent le marché de l’habitation aux États-Unis. Habituellement, une forte croissance économique jumelée à un faible taux de chômage pousse la demande de maison unifamiliale vers la hausse. Cependant, la croissance limitée des derniers mois dans ce type de bâtiment semble remettre en question cette relation. Selon la banque Wells Fargo, la faiblesse de la corrélation provient d’un changement structurel et non cyclique dans le comportement des consommateurs. Effectivement, la génération des milléniaux retarde davantage l’achat d’une première maison et privilégie les logements locatifs. Plusieurs facteurs expliquent ce comportement qui réduit la demande de maison unifamiliale. L’un des plus importants est certainement un niveau d’endettement anormalement élevé relié aux études postsecondaires qui réduit considérablement le revenu disponible de ce groupe de consommateurs. De plus, ceux-ci ont gradué lorsque le taux de chômage était considérable et n’ont pas encore bénéficié d’une hausse de salaire substantielle leur permettant l’achat d’une première propriété.

Prévisions

Les prévisions des différentes institutions bancaires américaines et canadiennes tablent pour une croissance modeste des mises en chantier pour 2019 aux États-Unis. En effet, même si la plage de prévision est assez large, la médiane des prévisions cible 1,28 million de mises en chantier pour cette année. Une légère hausse par rapport au 1,26 million atteint jusqu’à présent en 2018. Pour l’année 2019, la prévision la plus pessimiste provient de la Banque TD avec 1,24 million et la plus optimiste provient de la banque RBC avec 1,31 million. Basé sur ces estimations, il est possible de conclure que le rythme de production des manufacturiers de produits de construction de bois à destination des États-Unis continuera sans changement majeur pour les prochains trimestres de 2019.

Sources

[The New York Times] 2018. Shiller,Robert The Housing Boom is already Gigangtic. How Long Can it Last? The New York Times. Repéré à https://www.nytimes.com/2018/12/07/business/housing-boom-how-long-can-it-last.html, 3 janvier 2019

[NASDAQ] 2018. 3 Funds to buys as U.S. Housing Gathers Steam. National Association of Home Builders. Repéré à https://www.nasdaq.com/articles/3-funds-to-buy-as-u.s.-housing-gathers-steam-2018-12-27, 3 janvier 2019

[TD] 2019. U.S. Housing Starts and Permits. Repéré à https://economics.td.com/us-housing-starts-and-permits, 4 janvier 2019

[BBG] 2018. U.S. Housing Starts Top Forecasts, Permits Rise to Seven-Month High. Bloomberg. Repéré à https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-12-18/u-s-housing-starts-top-forecasts-on-boost-from-multifamily, 3 janvier 2019

[NAHB] 2019. Economic and Housing Forecast. Repéré à https://www.nahb.org/en/research/housing-economics/economic-and-housing-forecasts.aspx, 4 janvier 2019

[FREDDIE MAC] 2018. Expect Modest Housing Market Growth in 2019. Repéré à https://freddiemac.gcs-web.com/news-releases/news-release-details/freddie-mac-november-forecast-expect-modest-housing-market/, 4 janvier 2019

[TD] 2019. Long-Term Forecast. Repéré à https://economics.td.com/ca-long-term-forecast, 4 janvier 2019

[Desjardins] 2018. The Global Economy Continues to Expand in Spite of Numerous Tensions. Repéré à https://www.desjardins.com/ressources/pdf/peft1812-e.pdf?resVer=1545141469000, 4 janvier 2019

[RBC] 2018. Economic and Financial Market Outlook. Repéré à http://www.rbc.com/newsroom/_assets-custom/pdf/fcst-dec2018.pdf, 4 janvier 2019

[CIBC] 2018. Eyeing What comes Next, Next. Repéré à https://economics.cibccm.com/economicsweb/cds?ID=5929&TYPE=EC_PDF, 4 janvier 2019

[Scotiabank] 2018. Uncertainty on the Rise as Trump’s Policies Start to Hurt. Repéré à https://www.scotiabank.com/content/dam/scotiabank/sub-brands/scotiabank-economics/english/documents/forecast-tables/forecast_20181207.pdf, 4 janvier 2019

[Wells Fargo] 2018.Housing Chartbook: December 2018. Repéré à https://www08.wellsfargomedia.com/assets/pdf/commercial/insights/economics/real-estate-and-housing/housing-chartbook-20181205.pdf, 4 janvier 2019

[US CENSUS BUREAU] 2018.Monthly New Residential Construction, November 2018. Repéré à https://www.census.gov/construction/nrc/pdf/newresconst.pdf, 4 janvier 2019

[NAHB] 2018.Housing Market Index (HMI), December 2018. Repéré à https://www.nahb.org/en/research/housing-economics/housing-indexes/housing-market-index.aspx, 4 janvier 2019

[JPM] 2018. The Housing Sector’s Slowdown, November 2018. https://commercial.jpmorganchase.com/pages/commercial-banking/executive-connect/housing-sector-slowdown, 4 janvier 2019

?>