Infraction de surcharge : une responsabilité qui ne peut pas être assumée par le propriétaire forestier

Le Code de la sécurité routière prévoit le partage de la responsabilité du respect des normes de charges entre l’expéditeur d’un produit et le transporteur. Concrètement, l’expéditeur doit inscrire sur le bon de livraison la masse exacte de la charge à transporter, à défaut de quoi il s’expose à une contravention. De plus, l’expéditeur et le transporteur s’exposent tous les deux à une contravention en cas d’infraction aux normes de chargement.

Cette disposition s’applique difficilement au contexte des opérations en forêt privée puisque les dizaines de milliers de propriétaires forestiers récoltant du bois dans une année ne sont généralement pas impliqués dans le chargement des transports; confiant plutôt cette responsabilité aux transporteurs. De plus, la multiplicité des chantiers de récolte élimine la possibilité pour les syndicats de producteurs de bois de superviser l’ensemble des opérations de chargement.

La FPFQ suggère donc au législateur de procéder à la modification du libellé de l’article 517.2 du Code de la sécurité routière afin d’inclure une mention de coresponsabilité de la surcharge à l’expéditeur ou au responsable du chargement le cas échéant.

Lire le mémoire en totalité: Infraction de surcharge : une responsabilité qui ne peut pas être assumée par le propriétaire forestier

Auteurs:
Marc-André Côté, ing.f., Ph.D.
Directeur général, Fédération des producteurs forestiers du Québec

Vincent Miville, ing.f., M.Sc.
Économiste forestier, Fédération des producteurs forestiers du Québec


Mémoire déposé dans le cadre de la commission parlementaire sur le projet de loi 165 modifiant le Code de la sécurité routière et d’autres dispositions

Décembre 2017

Mobiliser les propriétaires de boisés dans la lutte contre les changements climatiques

Afin de faire valoir le rôle des travaux d’aménagement forestier dans la lutte contre les changements climatiques, la Fédération des producteurs forestiers du Québec a présenté, le 5 octobre 2017 lors d’une rencontre du Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts, le mémoire Mobiliser les propriétaires de boisés dans la lutte contre les changements climatiques.

Les forêts et le carbone

En raison de leur superficie, les forêts agissent comme un puissant capteur et émetteur de carbone affectant le bilan du pays. D’un côté, les forêts émettent du carbone lorsqu’elles meurent et se décomposent à la suite d’un feu de forêt ou une épidémie d’insecte. De l’autre, les arbres emmagasinent du carbone pendant leur croissance. De plus, les produits du bois peuvent remplacer des matériaux de construction présentant un bilan de carbone moins intéressant.

« Au cours des dernières décennies, les forêts du Canada sont devenues des sources de dioxyde de carbone, en rejetant davantage de dioxyde de carbone dans l’atmosphère qu’elles n’en accumulent durant toute l’année. Les feux de forêt et les grandes infestations d’insectes sont en partie responsables de cette situation. »1

Épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette

L’actuelle épidémie de la tordeuse de bourgeons de l’épinette (tordeuse) qui frappe l’est du Canada représente une menace et une opportunité selon les décisions qui seront prises par les autorités publiques. Si rien n’est fait, les forêts de conifères détérioreront le bilan carbone du pays. Cependant, si les arbres sont récoltés, transformés en produits forestiers et les aires reboisées en essences croissant plus rapidement que la forêt naturelle, alors le bilan sera amélioré.

Ainsi, la foresterie traditionnelle peut jouer un rôle important pour lutter contre un problème bien contemporain.

Lire le mémoire en totalité:
Mobiliser les propriétaires de boisés dans la lutte contre les changements climatiques

Auteurs:
Marc-André Côté, ing.f., Ph.D.
Directeur général, Fédération des producteurs forestiers du Québec

Marc-André Rhéaume, ing.f.
Responsable à l’aménagement forestier, Fédération des producteurs forestiers du Québec


[1] Ressources naturelles Canada. Carbone forestier. Consultée le 20 septembre 2017.

2017-10-04

10 arguments en faveur d’une exemption pour les bois des forêts privées dans le futur accord sur les exportations de bois d’œuvre aux États-Unis

Mise en contexte

Parallèlement aux démarches judiciaires qui seront initiées par le Canada pour contester l’imposition de droits compensateurs sur le bois d’œuvre exporté aux États-Unis, des négociations seront vraisemblablement poursuivies pour en venir à une entente satisfaisante aux deux pays. Comme ce fut le cas lors des accords précédents, certaines exemptions pourraient alors être négociées. Ainsi, l’Accord sur le bois d’œuvre résineux 2006-2016 prévoyait des clauses d’exemption pour les provinces des Maritimes et les scieries frontalières du Québec en raison de la forte proportion de leur approvisionnement en bois rond en provenance de forêts privées canadiennes et américaines.

Notre position

La Fédération canadienne des propriétaires de boisés et ses membres revendiquent une exemption pour le bois d’œuvre transformé à partir de bois rond provenant des forêts privées canadiennes ou américaines dans le futur accord sur les exportations canadiennes de bois d’œuvre résineux vers les États‑Unis.

Le bois d’œuvre canadien produit à partir de bois rond de forêts privées, dont la traçabilité est démontrée, devrait être exempt de taxes et quotas.

10 arguments supportent une exemption pour le bois d’œuvre résineux produit à partir de bois rond des forêts privées :

  1. Les objectifs et les décisions de gestion des propriétaires forestiers canadiens sont similaires à ceux des propriétaires américains.
  2. Le prix du bois de la forêt privée sur le marché canadien est comparable au prix du bois sur le marché américain.
  3. L’exemption accordée ferait hausser le prix pour une partie des approvisionnements des scieries canadiennes. Au contraire, des taxes et quotas appliqués à l’ensemble des fournisseurs entraîneraient plutôt une baisse généralisée du prix du bois rond permettant l’absorption d’une partie des droits compensateurs.

Pour lire la suite des arguments et tous les détails de ce mémoire, consultez-le dans sa totalité: en français ou en anglais.

Auteurs:
Marc-André Côté, ing.f., Ph.D.
Directeur général, Fédération des producteurs forestiers du Québec

Vincent Miville, ing.f., M.Sc.
Économiste forestier, Fédération des producteurs forestiers du Québec


Mémoire déposé dans le cadre des négociations du futur accord
sur les exportations de bois d’œuvre aux États-Unis
Juin 2017

Projet de loi 132 – Propriétaires forestiers et protection de l’environnement: alliés ou adversaires?

Au Québec, la vaste majorité des 134 000 propriétaires forestiers gèrent leurs boisés en respectant l’environnement. Ils agissent en bon gestionnaire du patrimoine naturel, non pas pour répondre à des politiques et législations, mais en raison de la fierté qu’il en retire et de la volonté de transmettre, chez une majorité, leurs boisés à leurs enfants.

Afin d’accroître l’acceptabilité des mesures législatives proposées, nous invitons le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) à suivre 10 recommandations visant à respecter le droit de propriété et à concilier la protection forestière et la protection des écosystèmes forestiers.

Recommandation 1 :
Inscrire dans le projet de loi une définition des milieux humides d’interprétation simple pour les propriétaires terriens.

Recommandation 2 :
Consulter les parties prenantes et diffuser le règlement (ou les intentions réglementaires) qui définira le niveau de risque associé aux diverses interventions pouvant s’effectuer dans un milieu humide ou hydrique sur le territoire forestier, avant de procéder à l’adoption du projet de loi 132.

Recommandation 3 :
Faire une évaluation sur le nombre de propriétaires qui seront visés par l’application de la Loi sur la conservation des milieux humides et hydriques, et en diffuser le résultat.

Pour lire la suite des recommandations et tous les détails de ce mémoire, consultez-le dans sa totalité. 


Mémoire déposé dans le cadre de la commission parlementaire des transports et de l’environnement sur le projet de loi 132 concernant la conservation des milieux humides et hydriques.
11 mai 2017

Projet de loi no 122 – La responsabilité du monde municipal dans le développement du secteur forestier

Fait méconnu, la juridiction des municipalités sur la gestion des forêts privées est plus importante que celle exercée par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs sur ce territoire. Ainsi, ce sont les municipalités qui disposent, en vertu de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, du pouvoir de réglementer l’abattage d’arbres et la protection du couvert forestier. Le pouvoir de taxation conféré par la Loi sur la fiscalité municipale vise également les boisés privés. Dans les deux cas, les décisions des élus municipaux affectent l’utilisation des forêts privées de leur territoire. D’un côté, des règlements trop contraignants et des taxes municipales trop élevées hypothèquent la rentabilité des opérations sylvicoles. Ces évolutions contribuent à ce que la production forestière soit délaissée. De l’autre, des réglementations bien rédigées permettent de concilier les divers usages de la forêt privée et un régime de taxation adapté pour les boisés sous aménagement favorise la production forestière selon des conditions recherchées, et dynamise l’économie régionale.

La FPFQ est donc d’avis que le législateur doive :

  • transférer le pouvoir d’établir des réglementations sur la protection du couvert forestier aux municipalités régionales de comté (MRC), plutôt qu’aux municipalités locales, afin d’harmoniser les réglementations existantes, faciliter les échanges entre les élus municipaux et les acteurs du secteur forestier, et mieux concilier les différents usages du territoire régional. Cette mesure suppose des modifications aux articles 79.1 et 113(12) de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme;
  • créer une catégorie d’immeuble pour les boisés sous aménagement enregistrés en vertu de l’article 130 de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier. Cette mesure demande une modification à l’article 244.30 de la Loi sur la fiscalité municipale.

Pour lire les enjeux et les recommandations décrits dans ce mémoire, consultez-le dans sa totalité. 

2017-02-21


Mémoire déposé dans le cadre de la commission parlementaire sur le projet de loi 122 visant à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs.
Janvier 2017

Projet de loi no 106 – Loi concernant la mise en œuvre de la Politique énergétique 2030

Le projet de loi no 106 est une pièce législative importante qui comprend deux grands enjeux, soit, d’une part, la mise en œuvre de la Politique énergétique 2030 et, d’autre part, l’adoption d’une loi encadrant le développement et la mise en valeur des hydrocarbures au Québec.
 
La future loi sur les hydrocarbures soulève des préoccupations sociales, environnementales, économiques et politiques d’envergure qui nécessiteront un travail colossal de la part des parlementaires, ce qui retardera d’autant la mise
en œuvre de la politique énergétique du Québec.
 
L’Union des producteurs agricoles demande que le projet de loi soit scindé en deux afin que la nouvelle loi sur les hydrocarbures soit étudiée par les parlementaires de façon distincte aux autres dispositions proposées dans le projet de loi no 106.
 
Dans ce mémoire, les commentaires et recommandations sont présentés en trois temps. Une première section porte sur la mise en place du nouvel organisme Transition énergétique Québec, la seconde sur les changements proposés à différentes lois et la dernière traite de la nouvelle Loi sur les hydrocarbures.
 
 
Mémoire de l’UPA: Projet de loi no 106 – Loi concernant la mise en œuvre de la Politique énergétique 2030 et modifiant diverses dispositions législatives

Loi sur la qualité de l’environnement : les propriétaires forestiers et la protection de l’environnement : alliés ou adversaires?

Les propriétaires possèdent 6,6 millions d’hectares représentant 63 % du territoire privé du Québec, l’autre portion étant occupée par les agglomérations urbaines, les routes et les terres en culture agricole. À ce titre, ils sont des gestionnaires importants du patrimoine naturel du Québec. Par leurs actions, les propriétaires forestiers sont ainsi susceptibles de protéger et mettre en valeur des écosystèmes visés par la Loi sur la qualité de l’environnement.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec souhaite donc transmettre à la Commission des transports et de l’environnement de l’Assemblée nationale ses commentaires et propositions pour la modernisation du régime d’autorisation environnementale de la Loi sur la qualité de l’environnement.

Mémoire FPFQ présenté dans le cadre de l’étude du Livre vert sur la modernisation du régime d’autorisation environnementale de la Loi sur la qualité de l’environnement.

La fiscalité pour renforcer l’économie forestière

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) soutient l’importance d’améliorer les mesures fiscales pour les producteurs forestiers.

Au Québec, certaines mesures fiscales encouragent la production de bois, tandis que d’autres la découragent, générant une incohérence dans l’action de l’État. Il y a donc lieu de réviser le régime de fiscalité sur le revenu et de fiscalité foncière si l’État souhaite accroître les investissements sylvicoles et la récolte de bois sur son territoire. À cet effet, la FPFQ recommande :

1. De finaliser la révision du Programme de remboursement des taxes foncières pour les producteurs forestiers reconnus, amorcée en 1995, procurant un crédit d’impôt pouvant être utilisé lors de la déclaration de revenus.

2. D’abolir la taxe de 10 % sur les opérations forestières, dont les règles n’ont pas été modifiées depuis 1962.

3. De créer une catégorie de taxation spécifique pour les boisés sous aménagement dans la Loi sur la fiscalité municipale afin d’offrir aux municipalités l’opportunité de taxer différemment ces immeubles.

4. D’instaurer un régime d’épargne et d’investissement sylvicole personnel afin de mettre à l’abri de l’impôt une portion du revenu forestier des particuliers, tiré de la vente de bois, en vue d’une utilisation future dans des travaux sylvicoles prédéterminés, à l’image du principe soutenant le Régime enregistré d’épargne étude (REEE).

5. D’améliorer les mesures fiscales pour favoriser le transfert des boisés à ses enfants.

L’application de ces mesures augmenterait la superficie des travaux sylvicoles réalisés chaque année et le niveau de récolte de bois à destination des usines. Ces résultats relanceraient le secteur forestier, renforceraient les communautés rurales et réduiraient la pression sur les forêts publiques.

Mémoire présenté à la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise.

Optimiser la production et la mobilisation de bois dans les forêts privées québécoises

Mémoire de la Fédération des producteurs forestiers du Québec
Consultation nationale du Chantier sur la production de bois
Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Ce mémoire précise que plusieurs conditions doivent être réunies séquentiellement pour générer une activité de production et de récolte chez les propriétaires forestiers.

L’activité de récolte doit d’abord correspondre aux motivations personnelles du propriétaire forestier. Les multiples enquêtes réalisées au Québec et ailleurs dans le monde démontrent que la motivation principale d’une majorité de propriétaires forestiers d’avoir un boisé n’est pas d’obtenir un revenu d’appoint ou d’approvisionner l’industrie forestière. Cette motivation est plutôt liée au plaisir de posséder et d’aménager un milieu naturel, et à la volonté de léguer sa terre à ses enfants. Les sondages démontrent aussi qu’une majorité de propriétaires forestiers québécois possède une culture de l’aménagement forestier et les programmes gouvernementaux d’aide à la mise en valeur des forêts privées, mis en œuvre depuis des décennies, n’y sont pas étrangers.

Le prix du bois sur les marchés, ou la disponibilité de subventions gouvernementales, influencera l’étendue et le calendrier des travaux qui seront entrepris.

Par la suite, la réglementation devra permettre cette activité et le traitement fiscal du revenu du bois devra être raisonnable. L’État québécois a mis en œuvre des dispositions légales ou fiscales qui encouragent, ou découragent, l’aménagement forestier et la récolte de bois chez le propriétaire forestier. Par exemple, il existe un programme de crédit d’impôt pour soutenir financièrement les travaux d’aménagement forestier (Programme de remboursement des taxes foncières), mais les producteurs forestiers doivent verser une taxe de 10 % sur les revenus de leurs opérations forestières.

Finalement, un soutien technique doit exister pour faciliter l’aménagement forestier, la récolte, la commercialisation et le transport des bois. Le Québec dispose d’un important réseau de soutien constitué d’un grand nombre de professionnels et d’organismes œuvrant en forêt privée.

Mémoire : Optimiser la production et la mobilisation de bois dans les forêts privées québécoises.

Consultation sur la protection des milieux humides

Les propriétaires forestiers québécois sont actifs dans la protection des milieux humides et hydriques. De nombreuses initiatives de conservation des milieux humides se déroulent en forêt privée et permettent aux propriétaires de boisé de s’impliquer dans le maintien des rôles et fonctions de ces écosystèmes. Ces initiatives sont principalement soutenues par la Fondation de la Faune, mais aussi par d’autres programmes régionaux, provinciaux ou fédéraux.

De plus, des mesures d’atténuation spécifiques sont souvent identifies dans les plans d’aménagement forestier des producteurs. Lorsqu’il s’agit de milieux très
humides avec peu de potentiel forestier, il est noté que les travaux sylvicoles n’y sont pas suggérés étant donné le drainage déficient du site, l’absence de potentiel forestier ou le peu de croissance forestière qui sera engendrée par les investissements sylvicoles.

FPFQ-RESAM-Consultation ciblée sur les milieu-2014-04-17

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