La forêt privée doit contribuer au reboisement de 2 milliards d’arbres

Les plantations en forêt privée

La forêt privée constitue depuis toujours un endroit privilégié pour la sylviculture, notamment pour l’établissement de plantations. Les forêts privées sont généralement situées dans le sud, sur des terres fertiles bénéficiant d’un climat plus clément, à proximité des usines de transformation du bois, près de la main-d’œuvre et d’un réseau routier bien desservi. Le boisement de friches et le reboisement de sites perturbés ou récoltés en forêt privée ont toujours fait partie des solutions préconisées pour accroître et assurer le développement harmonieux du couvert forestier tout en générant des services écologiques et une activité socioéconomique structurante pour plusieurs régions du Canada.

Au fil du temps, plusieurs milliards de plants forestiers ont été établis en forêt privée à l’échelle du pays. Entre 1990 et 2019, pas moins de 1,8 milliard d’arbres ont été mis en terre en forêt privée, soit 9,3 % de l’ensemble des plants forestiers reboisés au pays au cours de cette période. Néanmoins, les efforts de reboisement s’y sont largement estompés à travers le temps, entre autres, par une diminution importante des efforts de reboisement au Québec. Au Canada, le reboisement des forêts privées a périclité, passant de plus de 140 millions de plants en 1990 à moins de 25 millions 30 ans plus tard. Les efforts de reboisement ont principalement diminué en forêt privée au cours de cette période alors que de plus en plus de plants ont été destinés aux forêts publiques. En 2019, à peine 4,3 % des efforts de reboisement canadiens étaient destinés au territoire forestier privé, contrairement à 18 % en 1990.

Changements importants dans la réglementation environnementale des traverses de cours d’eau en forêt privée

Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) a procédé à de nombreux changements réglementaires en ce qui concerne l’encadrement des travaux pour les traverses de cours d’eau. Entre autres, un nouveau règlement vient baliser les autorisations exigées par les municipalités à compter du 1er mars 2022. Toutefois, ces changements sont récents et il est préférable d’en discuter avec l’inspecteur responsable afin de vérifier la conformité de vos travaux. Voici une synthèse produite par la FPFQ en collaboration avec des représentants du MELCCFP. Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas les textes légaux. Les modifications en rouge proviennent de l’omnibus réglementaire adopté en août 2022 et dont les changements entrent en vigueur le 13 février 2023.

Les définitions

Les informations présentées sont spécifiques aux activités d’aménagement forestier dont la définition inclut également les activités acéricoles, mais pas les activités récréatives ou de villégiatures. Bien que les changements réglementaires soient considérables, les définitions suivantes n’ont pas été modifiées.

Cours d’eau : cela inclut les ruisseaux permanents et intermittents (ceux qui ne coulent pas à l’année). Les fossés de voies publiques ou privées et les fossés mitoyens ne sont pas des cours d’eau, à moins qu’un cours d’eau en emprunte le parcours. Dans ce cas, la portion du fossé qui est empruntée par un cours d’eau doit être considérée comme un cours d’eau. Les fossés de drainage dont la superficie du bassin versant est inférieure à 100 hectares ne sont pas non plus considérés comme des cours d’eau.

Rive : réfère à la bande riveraine des lacs et des cours d’eau. Elle ne s’applique pas aux milieux humides ou aux zones inondables. Cette bande mesure 10 m lorsque la pente est inférieure à 30 % ou, dans le cas contraire, présente un talus de 5 m de hauteur ou moins. Elle est de 15 m lorsque la pente est supérieure à 30 % et qu’elle est continue ou présente un talus de plus de 5 m de hauteur. La mesure se prend à partir de la limite du littoral, anciennement appelée la ligne des hautes eaux.

La revue Forêts de chez nous – février 2022 : Incursion dans la forêt numérique

• Éditorial du président – Un changement de garde dans la continuité
• Actualités
• Bienvenue dans la forêt numérique
Le GPS en forêt, bien plus qu’un outil de navigation pour les producteurs forestiers

Consultez l’édition de février 2022 en version PDF.

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec les Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

Pour nous faire part d’un commentaire ou pour nous suggérer un sujet d’article, écrivez-nous!

Un changement de garde dans la continuité

Je souhaite d’entrée de jeu consacrer ces premiers mots à un géant qui a su laisser au cours de sa carrière une marque indélébile sur le quotidien des producteurs agricoles et forestiers. Après 10 ans à la tête de la Confédération de l’UPA, M. Marcel Groleau a décidé d’en quitter la présidence.

Il peut partir la tête haute, lui qui a défendu activement l’intérêt de l’ensemble des producteurs, contribué de façon significative à démystifier auprès du public l’essence même de nos durs labeurs et à préserver une culture de collaboration entre les producteurs de tous les horizons.

Étant moi-même producteur agricole et forestier, je peux témoigner de l’importance pour les producteurs de toutes les productions de travailler ensemble sur des enjeux communs. Je me réjouis par ailleurs de l’appui unanime que les producteurs acéricoles et forestiers ont reçu lors du dernier congrès de l’UPA dans une panoplie de dossiers, notamment en ce qui a trait à la mise en marché collective, aux taxes sur le bois d’oeuvre et à la protection du potentiel acéricole.

S’épauler dans l’adversité est une valeur qui rejoint tous ceux qui militent de près ou de loin dans chacune de nos organisations apparentées.

Parce qu'après tout, les profits des 2 x 4 n'appartiennent pas qu'à l'industrie!

Nous en avons eu un exemple éloquent le 10 décembre dernier lorsque les syndicats producteurs forestiers du Sud du Québec, de la Côte-du-Sud et de la région de Québec, accompagnés par l’UPA et votre fédération, ont uni leurs voix lors d’une conférence de presse pour revendiquer la modernisation du modèle de mise en marché du bois rond vendu aux scieries de ces régions. Parce qu’après tout, les profits des 2 X 4 n’appartiennent pas qu’à l’industrie!

Je ne pourrais terminer ce mot sans souhaiter la bienvenue au nouveau président général de l’UPA, M. Martin Caron. Celui-ci est déjà bien au fait des défis qui nous attendent en forêt privée et je n’ai aucun doute qu’il saura défendre les intérêts de l’ensemble des producteurs agricoles et forestiers.

Sur ce, merci Marcel, et bonne chance Martin!

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de février 2022.

Nouveau règlement concernant les traverses de cours d’eau

Un nouveau règlement provincial entrera en vigueur le 1er mars 2022. Il obligera l’obtention d’une autorisation municipale pour réaliser certaines activités dans la rive, le lit d’un cours d’eau ou une zone inondable. Ce nouveau règlement s’ajoute aux règlementations municipales déjà en vigueur.

Des demandes de permis et des autorisations municipales seront dorénavant requises avant de réaliser les activités forestières ou acéricoles suivantes :

  • La construction d’un chemin, sa reconstruction, son remplacement, son déplacement et son démantèlement dans toute rive d’un cours d’eau ou d’un lac (mesurant 10 ou 15 mètres de large selon la pente) ou dans une zone inondable identifiée par le gouvernement, la municipalité ou la MRC. L’entretien et la réparation de ce chemin ne sont pas soumis à une autorisation.
  • La construction d’un ponceau d’une ouverture de 1,2 mètre et plus, et de moins de 4,5 mètres.
  • La construction d’une structure, comme un pont, d’une largeur d’au plus 5 mètres pour traverser un cours d’eau, sans appui ni stabilisation dans le littoral.

Certaines activités ne sont pas visées par ce règlement, telles que les sentiers de débardage du bois, l’utilisation d’un chemin temporaire ou d’hiver dans la rive ou une zone inondable et l’installation d’une traverse de cours d’eau temporaire. L’aménagement d’une traverse à gué d’au plus 7 mètres de large n’est pas visée par une autorisation municipale lorsqu’elle est réalisée dans le cadre d’une activité d’aménagement forestier ou acéricole.

Le Régime transitoire de gestion des zones inondables, des rives et du littoral

Ce règlement est complémentaire aux autres règlements précédemment adoptés encadrant les activités réalisées dans des milieux humides et hydriques, soit le Règlement sur l’encadrement d’activités en fonction de leur impact sur l’environnement (REAFIE) et le Règlement sur les activités dans des milieux humides, hydriques et sensibles (RAMHHS) qui ont pour objectif d’identifier les conditions de réalisation de ces activités (consultez une synthèse de la réglementation). Ces trois règlements établiront le Régime transitoire de gestion des zones inondables, des rives et du littoral et ils remplaceront la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables mise en application par le monde municipal depuis une trentaine d’années.

Ce régime est qualifié de transitoire puisqu’il est prévu qu’il soit remplacé dans les prochaines années par un nouveau règlement basé notamment sur de nouvelles cartes de zones inondables approuvées par le MELCC. 

Les documents exigés pour obtenir une autorisation

En plus de tout document exigé par la municipalité locale, toute demande d’autorisation municipale pour une activité visée doit inclure :

  1. le nom et les coordonnées de la personne qui souhaite réaliser l’activité;
  2. la désignation cadastrale du lot;
  3. la description de l’activité;
  4. la localisation de l’activité, incluant la délimitation des milieux hydriques sur le lot visé et les superficies affectées par l’activité;
  5. une déclaration attestant de la conformité aux conditions prévues au RAMHHS et au REAFIE;
  6. une attestation à l’effet que tous les renseignements fournis sont complets et exacts.

Les amendes prévues

Une infraction est passible d’une amende à quiconque fait défaut de respecter toute norme ou toute condition, restriction, interdiction ou exigence liée à une autorisation délivrée par une municipalité en vertu du présent règlement. Dans le cas d’une personne physique, l’amende s’élèvera entre 2 500 $ et 250 000 $. Dans les autres cas, l’amende se chiffrera entre 7 500 $ et 1 500 000 $.

Une infraction est passible, dans le cas d’une personne physique, d’une amende de 5 000 $ à 500 000 $ ou, dans les autres cas, d’une amende de 15 000 $ à 3 000 000 $, pour quiconque :

  • fait une déclaration fausse ou trompeuse;
  • n’a pas obtenu une autorisation de la municipalité.

Les démarches à venir par la FPFQ

Certains allègements ont été apportés par le MELCC comparativement au règlement initial présenté en consultation. Malgré tout, l’application de ce nouveau règlement risque d’accroître les coûts de production de bois en forêt privée. Par exemple, notons que le coût du permis et les documents à fournir sont laissés à la discrétion des municipalités.

Ce nouveau règlement démontre encore une fois l’importance d’accroître la cohérence entre les politiques de soutien à la production de bois et le régime d’encadrement réglementaire des forêts privées. Les consultations pour établir une Stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires, qui se traduira éventuellement par une Politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire, constituent une opportunité de faire valoir l’urgence d’adopter des politiques cohérentes.

Épidémie localisée de spongieuse européenne en contexte forestier privé et de production acéricole

Une forte épidémie de spongieuse européenne (Lymantria dispar dispar [L.]) touche actuellement le Québec. De graves défoliations ont été observées dans les régions de la Montérégie, de l’Estrie, du Centre-du-Québec, de la Mauricie, de l’Outaouais et de la Capitale-Nationale. Déjà, des propriétaires forestiers et des producteurs acéricoles sont inquiets. Certains se rappellent encore la récente épidémie de livrée des forêts ayant notamment sévi dans Lanaudière et dans les Laurentides.

La spongieuse européenne : une chenille défoliatrice

Chenille de la spongieuse européenne. Crédit photo : MFFP - Direction de la protection des forêts.

Qu’est ce qui « stresse » les arbres?

  • Oppression
  • Carences nutritives
  • Drainage déficient
  • Pathogènes
  • Sécheresse

La spongieuse européenne est un papillon introduit, à la fin du 19e siècle, par un entomologiste désireux de développer la production de soie en Amérique du Nord. Malheureusement, ces efforts se sont surtout soldés par l’introduction d’un insecte dont les chenilles sont capables de consommer le feuillage de plus de 500 espèces végétales différentes : le chêne rouge est leur essence préférée, mais les larves (chenilles) peuvent aussi se nourrir des feuilles du bouleau à papier et gris, du saule, du tilleul, du mélèze, du peuplier, du hêtre, de la pruche, du pin et de l’épinette. L’érable à sucre est acceptable pour ces chenilles, tandis qu’elles ne toucheront pas à l’érable rouge. En dévorant le feuillage des arbres au printemps et au début de l’été, la spongieuse, comme tous les défoliateurs, réduit la capacité photosynthétique des arbres. La photosynthèse leur permet de produire les sucres nécessaires à l’accomplissement de leurs activités biologiques (croissance longitudinale et radiale, fructification, protection…). Une incapacité à réaliser cette activité essentielle peut avoir des impacts importants. Heureusement, les arbres ont des réserves leur permettant de faire face à ces épisodes. Toutefois, l’état de ces réserves est largement dépendant des conditions dans lesquelles se trouvait l’arbre avant sa défoliation. Ainsi, un arbre « stressé » aurait des réserves plus petites, et donc une capacité à survivre et prospérer à la suite d’une défoliation moins grande qu’un arbre sain évoluant dans des conditions qui lui sont favorables.

Mieux vaut prévenir que guérir

La prévention est la meilleure protection face aux effets négatifs des défoliations. Dans le cas des érablières, cette prévention prend la forme de l’application des recommandations usuelles d’aménagement forestier visant la mise en place de peuplement en bonne santé : 

  • favoriser la diversité d’espèce;
  • favoriser la diversité de classes d’âge;
  • procéder à l’amendement (chaulage et autres matières fertilisantes) du sol de l’érablière si, et seulement si un test de sol et un diagnostic de l’état de santé de l’érablière dûment complété par un professionnel compétent le recommande;
  • favoriser la croissance de peuplement adapté aux conditions de drainage et de texture de sol présente dans le boisé (éviter de favoriser systématiquement l’érable à sucre au détriment de l’érable rouge, surtout dans les sites de drainage plus lent).

Résistance et résilience

La résistance est la capacité d’un écosystème à absorber une perturbation sans diminution de ses fonctions écologiques. 

La résilience est la capacité d’un écosystème à récupérer ses fonctions écologiques rapidement lorsqu’une perturbation vient l’affecter au-delà de sa capacité de résistance.

Comment décider s’il faut épandre un insecticide homologué

Comme la spongieuse défolie les arbres de la fin du printemps au début de l’été, il est malheureusement trop tard, cette année, pour intervenir. Il est toutefois possible d’évaluer le risque que court un boisé pour la prochaine année en procédant à un inventaire des masses d’oeufs. La méthode proposée ici est directement tirée d’une publication du ministère des Ressources naturelles de l’Ontario disponible sur le site de la « Federation of Ontario Cottager’s Associations ».

Spongieuse européenne adulte. À gauche, on aperçoit une masse d'oeufs sous la femelle de couleur pâle et à droite, les papillons foncés sont des mâles. Crédit photo : MFFP - Direction de la protection des forêts.
  • 1

    Inventorier les masses d'oeufs de l'année courante dans des parcelles de 100 mètres carrés (1 hectare) comportant 10 sous parcelles de 1 mètre carré.

  • 2

    Dénombrer les masses d'oeufs aériennes dans la grande parcelle et les masses d'oeufs au sol dans les petites parcelles.
    a. Les masses d'oeufs aériennes sont celles situées sur toutes les surfaces au-dessus du sol comme les troncs, les branches, les tiges et les grosses roches. Des jumelles peuvent être nécessaires pour bien voir les masses d'oeufs situées haut dans les arbres.
    b. Les masses d'oeufs au sol incluent toutes celles sur ou sous les petites roches et les débris ligneux jonchant le sol ainsi que directement au sol. Réaliser le dénombrement sur une seule parcelle n'est pas suffisant. Il faut utiliser plusieurs parcelles réparties dans l'érablière.

  • 3

    Dans l'ensemble de ces inventaires, il est important de ne compter que les masses d'oeufs de l'année : celles-ci ont une couleur plus foncée variant de brun à chamois. Il est toujours possible d'y faire éclater les oeufs ("pop") et elles sont plus fermes et cohésives que celles des années antérieures. Les masses d'oeufs des années antérieures sont plus pâles, elles peuvent s'effriter lorsque nous les grattons et les oeufs n'éclatent pas aussi régulièrement que dans les masses d'oeufs de l'année.

  • 4

    L'automne est la meilleure période pour faire ces inventaires, car c'est durant cette période que les différences entre les masses d'oeufs des différentes années sont les plus grandes.

  • 5

    Une fois les dénombrements complétés dans une parcelle et ses sous-parcelles, il faut calculer en densité de masses d'oeufs (MO) par hectare. Voici la méthode de calcul à effectuer pour chaque parcelle :
    1 - Nombre de MO aérienne X 100 = Total MO aérienne;
    2 - Nombre de MO au sol X 1000 = Total MO au sol;
    3 - Total MO aérienne + Total MO au sol = Total de MO de la parcelle.
       a. Une fois que le total de masses d'oeufs de chaque parcelle a été obtenu, on calcule ensuite la moyenne*.

    1 - Total de MO parcelle A + Total MO parcelle B = Somme MO;
    2 - Somme MO / 2 parcelles* = moyenne de MO.
    * Nous additionnons le total pour chacune de nos parcelles et ensuite, nous divisons cette somme par le nombre total de parcelle. Dans cet exemple, nous avons deux parcelles : parcelle A et parcelle B.

La moyenne obtenue est ensuite comparée à certains barèmes pour déterminer la nécessité d’agir pour combattre l’infestation ou non (voir tableau 1).

Il est important de comprendre que plus le total de masses d’oeufs par hectare diffère d’une parcelle à l’autre, plus il devrait y avoir de parcelles effectuées. 

Tableau 1. Critères déterminant la nécessité d’agir pour combattre l’infestation de spongieuse européenne
Nombre de masses d’oeufs% de défoliation à prévoirConséquences
Moins de 1 25040 % ou moinsGénéralement peu ou pas d’impact sur la survie des arbres.
Plus de 4 000plus de 50 %Impacts sur la santé et la survie des arbres stressés.
Plus de 10 000100 %Impacts sur la santé des arbres. Peut entraîner la mortalité des sujets les moins vigoureux si elle survient pendant plusieurs années consécutives.
Groupe d’arbres défolié par la spongieuse européenne. Crédit photo : MFFP - Direction de la protection des forêts.

Autres éléments à tenir en compte

Bien que les prédictions découlant des inventaires de masse d’oeufs soient déjà bonnes, il est possible de raffiner davantage l’analyse en tenant compte des points suivants :

  • Une majorité de masse d’oeufs plus petite qu’une pièce de 25 sous témoigne d’une population en déclin ce qui diminue la nécessité d’intervenir avec vigeur pour contrôler l’épidémie;
  • Au Québec, les épidémies de spongieuse durent rarement plus de trois ans. Il est donc possible de limiter l’intensité d’intervention si nous sommes déjà à la troisième année;
  • Si nous remarquons déjà une mortalité supérieure à la normale des arbres en général, et des érables en particulier, nous pouvons favoriser un niveau d’intervention plus important. Il faut bien se rappeler toutefois qu’un arbre totalement défolié n’est pas nécessairement un arbre mort;
  • Un diagnostic témoignant d’un problème de santé important dans les érablières, surtout dans les cas d’érablières équiennes âgées ou en présence réduites d’essences compagnes, peut aussi justifier d’intensifier les moyens de luttes.

N’hésitez pas à demander l’aide de professionnels compétents pour ces inventaires et la décision d’intervenir.

Pour terminer

La spongieuse européenne présente son lot d’inquiétude pour les propriétaires et les entreprises acéricoles, mais il est important de prendre en considération plusieurs points avant d’agir, car ce ravageur forestier peut avoir un niveau d’impact différent en fonction des peuplements touchés. La décision d’intervenir, ou non, dans un ou des peuplements d’un lot boisé ou d’une érablière devrait reposer sur une analyse avantages versus coûts : est-ce que les pertes économiques anticipées justifient l’investissement nécessaire pour appliquer un ou des moyens de lutte? Il est certain que la nature des activités pratiquées par le propriétaire forestier dans son boisé aura un effet sur cette analyse. Les producteurs forestiers (de bois) misent généralement sur des revenus passablement espacés dans le temps, soutenus par des investissements plus limités alors que les producteurs acéricoles misent sur des revenus annuels qui demandent des investissements plus importants.

Avant de commencer tout travail de lutte à la spongieuse, contactez votre conseiller forestier, votre agence forestière ou votre unité de gestion du MFFP afin d’obtenir de l’aide technique.

Si vous avez des questions ou des commentaires concernant cet article, communiquez avec Martin Pelletier à martinpelletier@centreacer.qc.ca ou au 819 369-4000, poste 402.

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de septembre 2021.

Sur le radar en 2022

La pandémie brouille l’avenir, mais une chose demeure, elle se poursuivra en 2022 à notre plus grand désarroi. Au-delà du contexte sanitaire, voici 19 dossiers susceptibles d’avoir des impacts sur les activités des producteurs forestiers en 2022.

Revenus des producteurs forestiers et marché des produits forestiers

  • 1

    En 2021, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) a refusé aux syndicats du Sud du Québec et de la Côte-du-Sud l’organisation de la mise en marché collective du bois de sciage résineux. Ces syndicats entendent poursuivre les démarches, tel qu’exprimé dans une conférence de presse tenue le 12 décembre 2021 en compagnie de la FPFQ et de l’UPA. Pendant ce temps, le Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec poursuivra sa participation en 2022 aux audiences devant la RMAAQ.

  • 2

    La Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier priorise l’approvisionnement en bois en provenance des forêts privées au détriment de celui des forêts publiques, qualifié de résiduel. Dans ce contexte, le MFFP consulte actuellement les syndicats et offices de producteurs forestiers afin de déterminer l’offre de bois de la forêt privée. Cette étape préliminaire permettra au MFFP d’établir les garanties d’approvisionnement en bois des forêts publiques pour la période 2023-2028. Cette consultation est essentielle, mais demeure insuffisante considérant que les scénarios d’approvisionnement sont fréquemment modifiés par les ventes de gré à gré et le recours aux plans spéciaux de récupération qui accroissent l’offre de bois des forêts publiques. La FPFQ proposera des solutions au MFFP afin d’améliorer le respect du principe de résidualité et accroître sa transparence.

Guide des saines pratiques d’interventions forestières en milieu humide boisé des forêts privées du Québec

L’Agence forestière des Bois-Francs a publié un nouveau guide de pratiques forestières en milieu humide boisé. Ce guide vise à offrir des recommandations pratiques aux professionnelles et professionnels du milieu forestier, aux propriétaires et aux entrepreneuses et entrepreneurs appelés à intervenir dans les milieux humides tout en considérant le rôle des fonctions et des services écologiques de ces écosystèmes particuliers. Les saines pratiques d’interventions forestières en milieu humide boisé peuvent contribuer au maintien de l’intégrité écologique en réduisant l’empreinte des activités forestières tout en soutenant le plein potentiel du site exploité. Elles peuvent aider à réaliser des activités d’aménagement forestier visant la mise en valeur durable des ressources forestières dans les milieux humides boisés.

Cliquez ici pour consulter le guide complet.

Mobiliser les propriétaires forestiers pour faire face aux changements climatiques

Les changements climatiques auront un impact déterminant sur les écosystèmes forestiers, et ce, autant en forêt publique qu’en forêt privée. En première ligne, les 134 000 propriétaires forestiers du Québec seront à même de constater l’ampleur et la diversité de ces conséquences sur leurs boisés.

Par leur localisation à proximité des milieux de vie des citoyens et par leur contribution économique et environnementale considérable, les forêts privées constitueront pour l’ensemble des Québécois une vitrine de l’impact des changements climatiques sur les écosystèmes forestiers. De ce fait, la protection et la mise en valeur de la forêt privée devront constituer une étape charnière et prioritaire dans une Stratégie d’adaptation de la gestion et de l’aménagement des forêts aux changements climatiques.

D’autant plus que la mise en valeur des forêts permet aux propriétaires forestiers de contribuer activement à la lutte contre les changements climatiques. Au-delà de la captation de carbone atmosphérique par les forêts, la transformation du bois récolté par les producteurs permet de séquestrer du carbone sur de longues périodes.

Lire le mémoire en totalité.

Mémoire déposé dans le cadre de la consultation publique sur le projet de Stratégie d’adaptation de la gestion et de l’aménagement des forêts aux changements climatiques.

Décembre 2021

Les 2X4 qui ne profitent qu’à l’industrie

Sherbrooke, le 10 décembre 2021. – Le Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec (SPFSQ), le Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud (SPBCS) et le Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec (SPFRQ) déplorent les récentes décisions de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) et unissent leur voix pour revendiquer la modernisation du modèle de mise en marché du bois rond vendu aux scieries.

Ils sont soutenus dans leurs efforts par la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) ainsi que par l’Union des producteurs agricoles (UPA) et ses fédérations régionales qui partagent l’indignation et le sentiment d’injustice d’une grande majorité des producteurs de ces régions devant une répartition inéquitable de la richesse générée par leurs boisés.

Rappelons qu’en mai dernier, alors que le cours du bois d’oeuvre battait des records, les producteurs du Sud du Québec recevaient à peine plus d’un dollar pour une bille de bois de 8 pieds vendue aux scieries, alors que ces dernières pouvaient vendre aux consommateurs un 2×4 issu de cette même bille à plus de 8 $. « Les prix obtenus par les producteurs accusent toujours un retard inacceptable par rapport aux prix ayant cours avant la crise forestière », a tenu à rappeler M. Pierre-Maurice Gagnon, président de la FPFQ.

Depuis quelques années, les producteurs forestiers de ces régions ont exprimé par voix démocratique le souhait que leurs organisations négocient collectivement les conditions de mise en marché du bois de sciage des producteurs forestiers, et ce, au même titre que les producteurs de six autres régions du Québec. L’objectif poursuivi est d’accroître la transparence sur le marché du bois de sciage, d’améliorer les conditions des producteurs forestiers, d’accélérer la transmission verticale de la prospérité au travers de la chaîne de valeur et de favoriser une mise en marché efficace, ordonnée, mais surtout équitable et viable pour tous les propriétaires forestiers de ces territoires.

Au cours de la dernière année, la RMAAQ a refusé catégoriquement aux producteurs forestiers du Sud du Québec ainsi qu’aux producteurs de bois de la Côte-du-Sud le droit de négocier collectivement les conditions de mise en marché du bois de sciage.

Ce refus injuste prive les producteurs forestiers de ces régions d’un moyen efficace, démocratique et légitime pour équilibrer le rapport de force permettant de négocier équitablement face à une industrie forestière toujours plus puissante, concentrée et omnipotente.

« Les hausses de prix records du bois d’oeuvre en 2020 et 2021 illustrent de façon indiscutable l’iniquité flagrante générée par le modèle de mise en marché qui a cours actuellement dans plusieurs régions du Québec. Or, ces décisions récentes constituent une amère déception et causent un niveau de frustration sans précédent chez les producteurs forestiers. Elles briment la volonté des producteurs et ternissent l’importance accordée à leurs efforts pour fournir un approvisionnement crucial à l’industrie forestière », ont déclaré MM. André Roy et Noël Dionne, respectivement présidents du SPFSQ et du SPBCS.

Quant aux propriétaires forestiers de la région de Québec, ceux-ci font actuellement face à un barrage sans relâche à la RMAAQ de la part de groupes d’intérêts résolument opposés à la mise en marché collective. Selon M. Gaétan Boudreault, président du SPFRQ, « les efforts concertés de scieurs, de grands propriétaires forestiers et d’intermédiaires pour contester ces projets collectifs occasionnent des délais et des frais considérables pour les producteurs, tout en les empêchant de profiter de l’effervescence qui a cours sur les marchés du bois d’oeuvre ».

Pourtant, 76 % des délégués des producteurs forestiers du Sud du Québec, 71 % des délégués des producteurs de bois de la Côte-du-Sud et 96 % des délégués des propriétaires forestiers de la région de Québec ont voté en faveur de ce changement de modèle de mise en marché afin que leurs syndicats respectifs négocient collectivement au nom de tous les producteurs, comme le permet depuis 65 ans la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche.

« La RMAAQ se range derrière les arguments des opposants qui s’enrichissent avec le statu quo et qui font fi de la volonté collective des producteurs. Nous sommes toutefois déterminés à ce que cette iniquité soit corrigée. Il est impératif de permettre aux producteurs forestiers l’accès qu’ils réclament à une part juste et équitable de la prospérité de l’industrie du bois d’oeuvre. Ces derniers méritent une juste rétribution des efforts consentis pendant plusieurs décennies pour produire ce bois. C’est une question de justice sociale, rien de moins », a déclaré M. Martin Caron, président de l’UPA.

« Ce refus constitue un malheureux détour, mais nous entendons relancer une consultation auprès des producteurs afin de définir un projet de mise en marché collectif qui leur sied », a déclaré le président du SPFSQ, M. André Roy. « Et nous nous attendons cette fois-ci à un résultat différent, à la mesure des attentes exprimées légitimement et démocratiquement par les producteurs », a lancé M. Noël Dionne, du SPBCS.

Rappelons qu’on retrouve 134 000 propriétaires forestiers au Québec, fournissant, à tour de rôle en fonction de l’état de leur boisé, environ 20 % des approvisionnements en bois rond des scieries, des papetières et des usines de panneaux du Québec. Les activités sylvicoles effectuées en forêt privée et la transformation du bois qui y est récolté génèrent des revenus annuels de 4,3 milliards de dollars et près de 25 000 emplois.

À propos de l’Union des producteurs agricoles
L’Union des producteurs agricoles est une organisation syndicale professionnelle qui a pignon sur rue dans chaque région du Québec. Sa mission principale est de promouvoir, défendre et développer les intérêts des 41 000 producteurs agricoles et des 134 000 propriétaires forestiers québécois. L’Union regroupe aujourd’hui 12 fédérations régionales et 25 groupes spécialisés.

À propos de la Fédération des producteurs forestiers du Québec
La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts des 134 000 propriétaires forestiers. Son action vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises ainsi qu’une commercialisation ordonnée du bois en provenance de ces territoires.

À propos du Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec
Le Syndicat est le gestionnaire du Plan conjoint des Producteurs forestiers du Sud du Québec. Il regroupe 15 700 propriétaires de boisés dans les régions administratives de l’Estrie, de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches. Son territoire couvre 24 450 km2 (2 454 440 hectares ou 6 millions d’acres) dont 43 % sont composés de terrains forestiers productifs. Plus de 90 % des forêts du Sud du Québec appartiennent à des propriétaires forestiers privés.

À propos du Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud
Le Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud est un organisme à but non lucratif qui est chargé de l’administration du Plan conjoint des producteurs de bois de la Côte-du-Sud, soit 3 000 producteurs de bois actifs et 315 200 hectares de forêt privée productive dans plus de 50 municipalités. Il est un office de mise en marché au sens de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche, un syndicat professionnel en vertu de la Loi sur les syndicats professionnels et il est un syndicat spécialisé au sens de la Loi sur les producteurs agricoles.

À propos du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec
Le Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec est un organisme à but non lucratif qui est responsable de l’administration du Plan conjoint des producteurs de bois de la région de Québec. Il a pour objet l’étude, la défense et le développement des intérêts professionnels, économiques, sociaux ainsi que moraux des producteurs de bois de la région de Québec. À cet effet, il regroupe près de 15 000 propriétaires forestiers dans plus de 117 municipalités locales réparties dans les régions administratives de la Côte-Nord, Capitale-Nationale, Mauricie, Chaudière-Appalaches et Centre-du-Québec. Il est un office de mise en marché au sens de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche, un syndicat professionnel en vertu de la Loi sur les syndicats professionnels et il est un syndicat spécialisé au sens de la Loi sur les producteurs agricoles.

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Renseignements :
Martine Perreault
Cell. : 819 817-1272
Courriel : mperreault@mapestrategie.ca

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