La revue Forêts de chez nous – novembre 2019 : Les trésors cachés de votre boisé, PFNL

• Éditorial du président – Créer et partager la richesse – Lettre à mes confrères industriels
• Actualités
Les trésors cachés de votre boisés (PFNL)
• Recettes aux saveurs boréales

 

 

 

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

 

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Les trésors cachés de votre boisé, PFNL

Les champignons, les bleuets, les arbres de Noël et le sirop d’érable, représentent sans doute les plus connus des produits forestiers non ligneux (PFNL). Pour qui apprend à les connaître et à les exploiter, nos boisés recèlent une variété d’aliments, de plantes médicinales, d’éléments ornementaux et de produits naturels et cosmétiques. Des richesses offertes comme autant de sources potentielles de revenus.

S’ils ont longtemps perçu leur forêt uniquement comme une source de produits du bois, les propriétaires forestiers du Québec sont de plus en plus nombreux à élargir leurs horizons. Petits fruits, noix, plantes, fleurs, champignons : ils ont plus que jamais la possibilité de jumeler la production de bois à une multitude d’autres ressources pouvant être tirées de la forêt.

« Avec la perte de débouchés pour le bois au milieu des années 2000, les PFNL sont apparus comme une alternative, rappelle le directeur des communications à l’Association des propriétaires de boisés de la Beauce (APBB), Michel Roy. Nous avons donc offert de la formation – plantes médicinales et comestibles, champignons, ginseng –, puis organisé la mise en marché commune du champignon, des têtes de violon et du sirop de bouleau. »

« Il fallait trouver des solutions à la crise forestière et économique; la valorisation de nouvelles ressources s’avérait nécessaire, ajoute Patrick Lupien, coordonnateur de la Filière mycologique de la Mauricie. En 2009-2010, une étude en forêt privée de 28 plantes et arbres a été réalisée sur le territoire, ce qui a permis, dès 2012, de développer la filière mycologique. Aujourd’hui, chez nous, elle tire tous les autres PFNL vers le haut. »

Par où commencer

Depuis une douzaine d’années, l’expertise dans le domaine progresse et de nombreuses initiatives se déploient un peu partout. Mais pour le propriétaire de boisé, par où commencer? Coordonnateur à l’Association pour la commercialisation des produits forestiers non ligneux (ACPFNL), Sam Chaib Draa confirme que « chaque terrain forestier contient son lot de PFNL ». Il propose ses conseils, voire une démarche à suivre :

• Se former grâce à différents ouvrages de référence, cours, ateliers, sorties, applications mobiles et sites Web. Il importe d’acquérir des connaissances sur l’identification, c’est-à-dire savoir reconnaître le PFNL dans son habitat naturel, avec quelle communauté écologique il se présente, comment il se transforme à travers les saisons, quelles parties utiliser, à quel moment le cueillir, etc. Il faut également se renseigner sur l’éthique de la cueillette – comment favoriser la pérennité et même la croissance de la ressource –, ainsi que sur la manutention et le conditionnement pour apprendre à préserver la fraîcheur du produit et à l’apprêter en garantissant son innocuité.

• Commencer à cueillir les ressources déjà disponibles sur sa terre ou dans sa région pour bien connaître les écosystèmes favorables, se familiariser avec les produits et les cuisiner.

• Goûter des produits faits à partir de PFNL pour découvrir la manière dont les entreprises les transforment et se donner des idées. Les meilleurs chefs du Québec s’engagent de plus en plus à intégrer à leur cuisine des produits du terroir, incluant les comestibles sauvages.

• Faire appel à une organisation qui offre des services-conseils (par exemple : Le chêne aux pieds bleus, Adapterre, Cultur’Innov) afin d’obtenir un inventaire du potentiel des PFNL sur son terrain. Pour les propriétaires admissibles, plusieurs travaux peuvent être subventionnés.

• Encourager des entreprises ou des cueilleurs professionnels à venir développer les PFNL chez soi grâce à des partenariats (location, échanges, etc.). L’ACPFNL et la plateforme Web L’Arterre permettent de créer des maillages entre propriétaires de boisés et entrepreneurs.

• Commencer à petite échelle avec des aménagements modestes afin de se faire la main. Avec le temps et l’expérience, il sera toujours possible d’augmenter peu à peu le volume.

• Aller visiter d’autres initiatives d’implantation de PFNL sur des terres semblables à la sienne. Divers exemples de projets sont répertoriés au culturinnov.qc.ca/realisations.

Le thé du Labrador est consommé en breuvage ou comme condiment. (Crédit photo: Renaud de Repentigny)
La cueillette de champignons sert de levier à tous les autres PFNL en Mauricie. (Crédit photo: Renaud de Repentigny)

Culture, potentiel et utilisation: autres considérations

Cueillette sauvage, introduction de produits dans son boisé, culture indigène en champ : les modèles d’exploitation de PFNL sont diversifiés. « L’intérêt, c’est d’aller chercher un produit à valeur ajoutée. Quels PFNL offrent le plus de potentiel? Difficile de répondre. Il n’y a pas de mauvaises plantes; il s’agit de connaître l’utilité de chacune et de développer un marché », fait valoir Stéphane Demers, biologiste et coordonnateur chez Cultur’Innov.

« Il faut aussi voir ce qui nous intéresse, complète Joanie Bélanger, technicienne chez Cultur’Innov. En étant créatif, avec des plantes communes, on peut arriver à élaborer de beaux produits. » Pour M. Demers, on doit s’interroger sur l’objectif de mise en marché : si le PFNL a une grande valeur ou est requis dans une production quelconque, il peut être plus profitable de le cultiver que de l’acheter. La notion de prix et de qualité entre en jeu.

La récolte en forêt constitue souvent un défi; en champ, on obtient généralement plus de productivité. Dans le cas d’une culture en sous-bois, devrait-on acheter des plants ou des semences? « Ça dépend, décrète le coordonnateur de la coopérative. Ici, ce peut être avantageux de faire affaire avec un professionnel qui nous oriente ou valide nos choix. Une règle cependant : dans la mesure du possible, il vaut habituellement mieux imiter ce que l’on retrouve dans la nature. »

Le biologiste recommande en outre d’éviter d’intervenir là où il y a des plantes indigènes vulnérables. En ce qui concerne les prédateurs comme les oiseaux ou les rongeurs, il suggère au besoin l’installation d’un treillis protecteur pour les petites surfaces. « Pour les grandes superficies, le PFNL est réparti, alors comme la culture n’est pas dense, ce n’est pas un problème majeur. Et en hiver, par exemple, les plantes ne sont plus accessibles aux cerfs de Virginie », note-t-il.

Le défi de la commercialisation

La mise en marché des PFNL comporte son lot de défis. Michel Roy a tiré quelques leçons de l’expérience de commercialisation du champignon lancée en 2009 par l’APBB. « En l’absence de plan conjoint, des propriétaires ont fini par contourner l’entente initiale pour vendre directement à l’acheteur. La météo a également constitué un problème pour le volume de récolte à certains moments. Depuis 2014, nous avons mis fin à l’aventure. »

Du côté de la Filière mycologique de la Mauricie, la création d’un environnement de collaboration a engendré des résultats positifs. « Nous connectons les gens, travaillons sur la cueillette, la transformation, le tourisme, et avec les chefs cuisiniers, en plus de faire de la recherche et du développement.

Notre troisième Rendez-vous de la gastronomie forestière vient d’avoir lieu. Il faut sortir le PFNL du bois et le faire goûter », relève Patrick Lupien.

Celui qui envisage la cueillette ou la culture d’un ou de plusieurs PFNL doit se demander ce qu’il a envie de faire et pourquoi. Après avoir observé ce qui pousse dans son milieu, il doit également déterminer si ce produit sera complémentaire à quelque chose qu’il cultive ou a déjà, bref, se fixer des objectifs de mise en marché. Même chose pour tout ce qui touche la façon de procéder avec les transformateurs, les distributeurs et les vendeurs. Certes, les restaurateurs représentent une clientèle potentielle, mais celui qui se lance dans l’aventure doit aussi être prêt à développer son propre marché.

Attention, fragiles!

Certaines plantes forestières ne peuvent être récoltées; d’autres doivent l’être avec parcimonie. Depuis 2001, par exemple, le ginseng à cinq folioles est une espèce protégée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMV). Il convient de préciser que l’interdiction de le récolter ou de l’acquérir ne s’applique qu’aux populations sauvages et ne vise nullement les spécimens cultivés à partir de semences commerciales.

Plante relativement fréquente dans les érablières du sud du Québec, l’ail des bois a quant à lui été désigné comme espèce vulnérable en 1995. Son commerce sous toutes ses formes est maintenant interdit, de même que sa cueillette dans les aires protégées. À l’extérieur de celles-ci, il demeure néanmoins possible de récolter des spécimens, mais en nombre restreint (50 plants ou bulbes ou 200 g par an de toute partie de l’espèce).

Au Québec, neuf espèces sont vulnérables à la cueillette, soit l’adiante du Canada, l’asaret du Canada, la cardamine carcajou, la cardamine géante, le lis du Canada, la matteuccie fougère-à-l’autruche (sauf la partie aérienne), la sanguinaire du Canada, le trille blanc et l’uvulaire à grandes fleurs. Les interdictions limitent la récolte ou le commerce de plus de cinq spécimens sauvages entiers ou parties souterraines de celles-ci.

Source : ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

PFNL: catégories et exemples

Les produits forestiers non ligneux sont définis comme des produits ou des sous-produits des végétaux forestiers autres que la matière ligneuse (fibre) destinée à l’industrie du bois d’oeuvre, des pâtes et papiers, du bois de chauffage ou du charbon. Les usages commerciaux associés aux PFNL sont variés et peuvent être classés dans différentes catégories.

La récolte de sève de bouleau permet de produire un sirop de grande valeur. (Crédit photo: Chantale Levesque)

Source : Ressources naturelles Canada

Produits alimentairesSirop d’érable, bleuets et champignons sauvages, plantes indigènes de sous-étage tels le ginseng sauvage et les crosses de fougère.
Produits ornementaux – Arbres et couronnes de Noël, fleurs et feuillage utilisés à l’état sec ou frais dans la production décorative ou artistique.
Substances extraites de plantes forestières servant à fabriquer des produits pharmaceutiques et d’hygiène personnelle – Paclitaxel (commercialisé sous le nom de TaxolMD et extrait de l’if), huiles essentielles.

Chantale Levesque et le Domaine du Bocage

Sirops, gelées, tartinades, pâtes de fruits, chocolats aromatisés : toute la matière première entrant dans la composition des produits transformés élaborés par Chantale Levesque provient de sa terre de six hectares située à Saint-Ferréol-les-Neiges. D’abord destiné à recevoir une champignonnière de pleurotes, l’endroit est plutôt devenu une forêt nourricière. C’est d’ailleurs un concours de circonstances qui a permis de jeter les bases du Domaine du Bocage il y a 10 ans de cela.

« Je suis originaire du Lac-Saint-Jean et la forêt était mon terrain de jeu. Ma grand-mère, qui préparait des recettes avec des petits fruits cueillis dans le bois, m’a inspirée dès mon plus jeune âge. Lorsque je me suis installée ici avec mon conjoint, j’ai vu qu’il y avait un potentiel. Nous avons jardiné afin d’ouvrir un peu le couvert forestier, ce qui a permis de faire de l’espace pour certaines espèces qui ont ensuite profité », rapporte l’entrepreneure.

Si le sirop de bouleau a représenté un point de départ, avec le temps, un véritable projet structurant s’est déployé. Cet hiver, des ateliers ont même été offerts à des sous-chefs pour leur donner l’occasion de découvrir les produits. Des défis? « Il y en a! Justement, l’éducation du public en est un. Il reste  aussi beaucoup de chemin à faire du point de vue scientifique pour mieux connaître les PFNL », déclare spontanément Chantale Levesque. 

Chantale Levesque et son conjoint Alain La Barre, du Domaine du Bocage, à l'activité Les grandes récoltes, organisée par L'UPA le 14 septembre dernier au Grand marché de Québec.
Fruit de la rosa rugosa, l'églantier peut être utilisé dans la préparation de sirops, gelées et vins. Pour en savoir plus: http://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes/index.htm (Crédit photo: Chantale Levesque)
La catherinette, dont les feuilles et le fruit sont tous deux comestibles.
Très abondant, le maïenthème du Canada tapisse les forêts du Québec.
La fleur et les feuilles de l’érythrone d’Amérique constituent des aliments.

Article paru dans le Forêts de chez nous de novembre 2019.

Quelles sont les deux raisons qui vous inciteraient à vous impliquer davantage dans la mise en valeur des produits forestiers non ligneux (PFNL)?

Quelles sont les deux raisons qui vous inciteraient à vous impliquer davantage dans la mise en valeur des produits forestiers non ligneux (PFNL)?

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RESAM change de nom pour devenir Groupements forestiers Québec

Réunis en assemblée générale le 10 septembre 2019, les membres du Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec (RESAM) ont posé un geste significatif en dotant d’un nouveau nom leur organisation, qui est ainsi devenue Groupements forestiers Québec.

Mûrement réfléchi, ce choix vise à refléter la réalité des membres sur le terrain. L’organisation regroupe pas moins de 39 groupements forestiers qui se démarquent par leur dynamisme et totalisent ensemble un chiffre d’affaires annuel de plus de 185 millions de dollars.

Groupements forestiers Québec ajoute que ce nouveau nom ne doit rien changer à la relation que l’organisation entretient avec ses partenaires. 

Sondage: Politique gouvernementale sur la faune au Québec

Le 5 novembre dernier, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a annoncé l’élaboration de la première politique gouvernementale sur la faune au Québec. Cette politique permettra au gouvernement de se doter d’une vision d’avenir liée aux attentes de la population et des intervenants du milieu faunique. Elle permettra également de définir les grandes orientations qui pourront répondre aux enjeux actuels et futurs des espèces et des écosystèmes.

Nous vous invitons à contribuer à cette démarche en remplissant le sondage en ligne d’ici le 31 décembre 2019. Sachez que votre participation au sondage est anonyme.

Évolution de la récolte mécanisée en forêt privée

Un phénomène en croissance

Il existe plusieurs circuits de récolte en forêt privée. Le propriétaire forestier pourra faire sa récolte lui-même ou confier cette activité à un entrepreneur de récolte ou à son conseiller forestier. Ce dernier pourra posséder des équipements de récolte ou, à son tour, confier ce travail à un sous-traitant. Le schéma suivant illustre ces possibilités.

Pour plusieurs raisons, la mécanisation de la récolte a néanmoins connu une forte progression au cours des 10 dernières années. En premier lieu, ce phénomène répond aux changements sociologiques chez les propriétaires forestiers qui disposent de moins en moins de temps, d’expertise ou d’équipements pour entreprendre seuls des travaux de récolte dans leurs boisés. Un nombre croissant d’entre eux préfèrent confier ce travail à une entreprise spécialisée. En second lieu, les conseillers des propriétaires forestiers font appel à des sous-traitants mécanisés pour remplacer des équipes d’abatteurs manuels de plus en plus difficiles à trouver à mesure qu’ils prennent leur retraite ou quittent le métier. En dernier lieu, la perte des marchés traditionnels pour les petites billes de bois destinées à la pâte, au profit de plus gros billots destinés au marché du sciage, accroît la difficulté des opérations forestières et les exigences de façonnage des billes.

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Création d’une catégorie d’immeubles pour les boisés aménagés : le gouvernement tient promesse

Longueuil, le 6 novembre 2019. – Avec la création d’une catégorie d’immeubles dans la Loi sur la fiscalité municipale pour les lots boisés aménagés, le gouvernement du Québec répond à une demande des producteurs forestiers vieille de 40 ans. Lorsque le projet de loi présenté hier à l’Assemblée nationale sera adopté, les Municipalités auront la possibilité de taxer différemment les lots boisés qui sont aménagés par rapport aux boisés qui ne le sont pas.

Le président de l'UPA, Marcel Groleau, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Alain Lamontage, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour et le président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, Pierre-Maurice Gagnon, étaient présents pour l'annonce.

« Selon la volonté des Municipalités, cette mesure se traduira par un plus grand nombre de propriétaires réalisant des travaux d’aménagement forestier. Il en résultera des forêts plus résistantes aux épidémies d’insectes et aux maladies, du bois pour approvisionner l’industrie des produits forestiers et des milieux sensibles mieux localisés et protégés », s’est réjoui Pierre-Maurice Gagnon, président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec.

Sur les 134 000 individus, familles, petites entreprises et grandes corporations détenant des lots boisés de plus de 4 hectares dans toutes les régions du Québec, 28 819 sont actuellement reconnus comme producteurs forestiers auprès du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Cette reconnaissance est accordée au propriétaire forestier de plus de 4 hectares détenant un plan d’aménagement forestier rédigé par un ingénieur forestier, qui en fait la demande à un bureau d’enregistrement de ce ministère. Cet enregistrement sera nécessaire pour bénéficier d’un taux de taxation distinct qui pourra varier entre 66 % et 100 % du taux de taxation de base, selon la décision des élus municipaux. 

« Au cours des décennies, des groupes de travail multipartites se sont régulièrement penchés sur le meilleur moyen d’utiliser la fiscalité foncière pour inciter les propriétaires forestiers à protéger et mettre en valeur leurs lots boisés, sans jamais parvenir à un consensus. Aujourd’hui, le gouvernement montre son caractère en dénouant cette impasse », a ajouté M. Gagnon.

« Afin d’obtenir un régime de fiscalité forestière performant, il restera à finaliser le travail amorcé pour simplifier et moderniser la mesure de remboursement des taxes foncières pour les producteurs forestiers. Ce remboursement prend la forme d’un crédit d’impôt disponible à tous les producteurs forestiers qui investissent dans des travaux d’aménagement forestier sur leurs propriétés », a conclu M. Gagnon.

 

À propos de la FPFQ

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 29 800 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses 13 syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires. La FPFQ est une fédération affiliée de l’Union des producteurs agricoles.

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Renseignements :
Marc-André Côté, ing. f., Ph. D.
Directeur général
450 679-0530, poste 8201
macote@upa.qc.ca      foretprivee.ca  

Créer et partager la richesse – Lettre à mes confrères industriels

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Si la création de richesse est primordiale dans une société, la distribution de celle-ci l’est tout autant pour obtenir une relation harmonieuse entre les diverses couches sociales qui la composent. L’industrie de la transformation joue ainsi un rôle critique en générant de la valeur aux ressources forestières que nous récoltons, mais elle est moins préoccupée à assurer une distribution optimale de cette valeur à ses fournisseurs de bois. Ce n’est d’ailleurs pas son rôle.

Préférant s’appuyer sur les concepts de concurrence et de ruissellement  économique pour distribuer les revenus du marché tout au long de la filière économique, plusieurs minimisent l’effet d’un rapport de force inégal entre les acteurs de la filière sur ce
partage.

C’est ici que le syndicalisme forestier prend tout son sens. Les syndicats de producteurs forestiers procurent un levier pour mieux équilibrer la discussion avec les industriels concernant le partage des revenus forestiers obtenus du marché. Autrement, chaque producteur ne peut compter que sur lui-même pour tirer son épingle du jeu. Est-ce souhaitable?

Les 60 dernières années ont montré que cette relation peut être profitable aux parties lorsque celles-ci se respectent en cherchant à considérer les préoccupations de l’autre (voir mon éditorial de février 2019, La prévisibilité accroît la robustesse d’une filière économique). Dans le cas contraire, des conflits émergent.

Depuis quatre ans, cinq syndicats régionaux de producteurs forestiers travaillent, chacun à leur façon, à accroître leur rôle dans l’établissement des conditions de vente du bois de sciage sur leur territoire. Des industriels s’y opposent avec énergie devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec, le tribunal chargé d’arbitrer les différends sur cette question. J’ai un parti pris évident dans ce débat, mais je n’ai pas l’impression que les approches proposées ont été suffisamment analysées par les opposants, ce qui explique selon moi une partie de leur réaction. Les initiatives syndicales n’entraveront pas la création de richesse par l’industrie de la transformation des bois, mais favoriseront son partage. J’ose même croire que ce meilleur partage contribuera à accroître la richesse.

Le syndicalisme forestier n’est certainement pas la seule initiative favorisant une meilleure répartition de la richesse – l’impôt sur le revenu ou la formule des coopératives en sont d’autres exemples –, mais c’est un modèle qui fonctionne au Québec depuis plusieurs générations et qui donne des résultats.

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et Président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de novembre 2019.

Contribution des propriétaires forestiers à la lutte contre les changements climatiques

En raison de leur superficie, les forêts agissent comme de puissants capteurs ou émetteurs de carbone affectant le bilan du pays. D’un côté, les arbres emmagasinent du carbone pendant leur croissance. De l’autre, les arbres émettent du carbone lorsqu’ils meurent et se décomposent à la suite de la sénescence, de vents violents, d’un incendie ou d’une épidémie d’insectes.

Le secteur forestier peut contribuer à améliorer le bilan carbone du pays par la réalisation de travaux sylvicoles qui réduisent la susceptibilité des forêts aux épidémies d’insectes et aux incendies, et qui augmentent les volumes de bois dans les peuplements forestiers aménagés. De plus, lorsque le carbone du bois est transféré dans les produits ligneux récoltés, ceux-ci peuvent emmagasiner du carbone sur le long terme et les produits du bois peuvent remplacer des matériaux de construction présentant un bilan de carbone moins intéressant.

Les propriétaires de boisés sont des acteurs importants dans la lutte contre les changements climatiques, mais pour que leur contribution soit efficace, il faudra tenir compte des caractéristiques des forêts privées québécoises. Nous formulons ainsi les recommandations suivantes :

  1. Finaliser les protocoles de crédits compensatoires pour la séquestration du carbone engendrée par les travaux sylvicoles, en collaboration avec les représentants des propriétaires de boisés.
  2. Accroître la réalisation des travaux sylvicoles et de protection sur le territoire pour augmenter la séquestration de carbone.
  3. Favoriser la séquestration du carbone des arbres récoltés par la transformation en produits forestiers et la substitution de matériaux dont la production nécessite davantage de combustibles fossiles.
  4. Impliquer activement les propriétaires forestiers dans la lutte contre les changements climatiques.

Lire le mémoire en totalité :
Contribution des propriétaires forestiers à la lutte contre les changements climatiques


Mémoire déposé en octobre 2019 au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques dans le cadre de son Plan d’électrification et de changements climatiques.

Formations régionales – Petit traité de l’arpentage

Des formations sur l’arpentage seront données prochainement dans différentes régions du Québec.

Le Petit traité de l’arpentage à l’usage des propriétaires de lots boisés est une formation de six heures. Elle a pour objectif de vulgariser et de démystifier les particularités du cadastre du Québec. Elle vise à faire connaître :

  • le champ de compétences de l’arpenteur-géomètre et celui de l’ingénieur forestier;
  • les particularités légales et techniques de la rénovation cadastrale;
  • les enjeux entourant le positionnement des limites de propriété au Québec;
  • les différentes sources d’incertitude pouvant affecter la position d’une limite de propriété;
  • les principes juridiques gouvernant la délimitation des propriétés privées, notamment la possession utile et la prescription acquisitive;
  • les différences fondamentales entre le piquetage et le bornage;
  • les différents principes et actions favorables à adopter comme propriétaire.

Voici les détails se rattachant aux formations. Vous pouvez vous renseigner ou vous inscrire par courriel ou par téléphone.

Association des propriétaires de boisés de la Beauce
19 octobre 2019 à Lac-Etchemin
26 octobre 2019 à Saint-Georges
Information : france.letourneau@apbb.qc.ca
418 228-5110

Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent
16 novembre 2019 à Rimouski
Information : carseneault@upa.qc.ca
418 723-1939, poste 4506

Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec
Évitez les problèmes de limite de propriété! (soirée-conférence)
21 novembre 2019 à Sherbrooke
Information : idubois@upa.qc.ca
819 346-8905, poste 110

Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie
28 novembre 2019 à New Richmond
29 novembre 2019 à Gaspé
Information : jbourque@upa.qc.ca
418 392-7724

Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud
7 décembre 2019 à La Pocatière
Information : spbcs@globetrotter.net
418 856-4639

Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec
24 janvier 2020 à Sherbrooke
Information : idubois@upa.qc.ca
819 346-8905, poste 110

Élections fédérales 2019

Ce 21 octobre, 450 000 propriétaires de boisés et leur famille voteront aux élections fédérales. Par le biais de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ), la Fédération canadienne des propriétaires de boisés (FCPB) est intervenue auprès des partis politiques afin de sonder leurs intentions au sujet de leurs engagements. La FCPB a rappelé aux partis que le secteur forestier était porteur de solutions face aux enjeux des changements climatiques, de développement socioéconomique des communautés rurales et d’occupation du territoire.

Afin de soutenir le travail des propriétaires forestiers canadiens, trois conditions nous apparaissent essentielles. Dans une lettre envoyée aux quatre principaux chefs de partis, la FCPB a demandé si leur formation politique était prête à s’engager à :

  1. Créer un régime d’épargne et d’investissement sylvicole pour mettre à l’abri de l’impôt une partie de ses revenus de vente de bois en vue de réaliser, les années subséquentes, d’autres travaux sylvicoles nécessaires à la croissance de la forêt.
    Actuellement, le régime fiscal du Canada encourage peu les propriétaires à mettre en valeur leurs boisés, car celui-ci ne considère pas que les revenus et les dépenses surviennent à différentes années de production.
  2. Défendre une exemption de taxes et quotas pour le bois d’œuvre produit à partir du bois des forêts privées dans un futur accord de commerce avec les États-Unis.
    Ce ne sont pas les activités sur le territoire privé qui indisposent le gouvernement américain, mais la gestion des forêts publiques. D’ailleurs, la situation des 450 000 propriétaires de boisés canadiens ne diffère pas de celle des 10 millions de propriétaires de boisés américains.
  3. Financer un programme canadien de reboisement et de travaux sylvicoles visant les 450 000 propriétaires forestiers.
    Les travaux sylvicoles peuvent à la fois contribuer à la séquestration de carbone par un accroissement des stocks forestiers et générer du bois pour approvisionner les usines de produits forestiers.

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