Création d’une catégorie d’immeubles pour les boisés sous aménagement: la FPFQ défend le projet de loi du gouvernement

Longueuil, le 6 février 2020. – Aujourd’hui en commission parlementaire, la Fédération des producteurs forestiers du Québec a défendu le projet de loi 48 visant à créer une catégorie d’immeubles pour les boisés sous aménagement et permettre aux Municipalités qui le désirent de les taxer différemment afin d’encourager la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises.

Marc-André Côté et Pierre-Maurice Gagnon ont bien expliqué les avantages reliés à la création d'une catégorie d'immeubles pour les boisés sous aménagement.

Le gouvernement du Québec répond ainsi à une demande des producteurs forestiers vieille de 50 ans.

 « Selon la volonté des Municipalités, cette mesure se traduira par un plus grand nombre de propriétaires réalisant des travaux d’aménagement forestier. Il en résultera des forêts plus résistantes aux épidémies d’insectes et aux maladies, du bois pour approvisionner l’industrie des produits forestiers et des milieux sensibles mieux localisés et protégés », a mentionné M. Pierre-Maurice Gagnon, président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec.

Sur les 134 000 individus, familles, petites entreprises et grandes corporations détenant des lots boisés de plus de 4 hectares dans toutes les régions du Québec, 28 819 sont actuellement reconnus comme producteurs forestiers auprès du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Cette reconnaissance est accordée au propriétaire forestier de plus de 4 hectares détenant un plan d’aménagement forestier rédigé par un ingénieur forestier, qui en fait la demande à un bureau d’enregistrement de ce ministère. Cet enregistrement sera nécessaire pour bénéficier d’un taux de taxation distinct qui pourra varier entre 66 et 100 % du taux de taxation de base, selon la décision des élus municipaux. 

À propos de la FPFQ

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 29 800 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses 13 syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires. La FPFQ est une fédération affiliée de l’Union des producteurs agricoles.

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Renseignements :

Marc-André Côté, ing. f., Ph. D.
Directeur général
450 679-0530, poste 8201
macote@upa.qc.ca      foretprivee.ca  

Utiliser la fiscalité foncière pour encourager la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises

  1. Au Québec, 16 % du territoire forestier productif appartient à 134 000 individus, familles, petites entreprises et grandes corporations. Il s’agit principalement des forêts qui entourent nos villes et villages. L’ensemble de ces propriétés représente cependant 33 % de la possibilité de récolte annuelle des forêts du Québec, car la croissance des arbres y est plus rapide en raison de leur localisation. Bien qu’on retrouve quelques propriétaires possédant plus de 100 000 hectares, la superficie moyenne détenue est de 42 hectares.
  2. De plus en plus, la société exprime des demandes auprès des propriétaires forestiers par le biais de politiques gouvernementales, lois et réglementations, programmes et mesures fiscales à leur intention. D’une part, l’État et des groupes de la société civile les invitent à mettre en valeur les multiples potentiels sylvicoles de leurs forêts pour approvisionner les usines de produits forestiers. D’autre part, l’État, les Municipalités et d’autres groupes de la société civile leur demandent de maintenir la biodiversité sur leurs lots boisés, de préserver la beauté des paysages agroforestiers, de conserver les milieux humides, de protéger la qualité des bassins versants des cours d’eau, et aujourd’hui, de séquestrer davantage de carbone.
  3. Fort heureusement, il est possible de répondre à toutes ces demandes, souvent dans la même forêt, à l’aide de stratégies d’aménagement forestier appropriées et des mesures de soutien professionnel et financier conséquentes. Il est utile de savoir que les opérations forestières exécutées sur ces propriétés sont généralement faites à petite échelle, ce qui les distingue des opérations réalisées dans la grande forêt publique. Cette plus petite échelle réduit la rentabilité de l’activité, mais accroît cependant l’acceptabilité sociale de la récolte de bois.

 

Mémoire déposé dans le cadre de la commission parlementaire sur le projet de loi 48, Loi visant principalement à contrôler le coût de la taxe foncière agricole et à simplifier l’accès au crédit de taxes foncières agricoles.
6 février 2020

Traiter des sujets ruraux pour maintenir la vitalité des régions

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Les 134 000 propriétaires forestiers et leurs familles doivent s’inquiéter de la perte progressive et rapide de l’espace médiatique qui est consacré aux enjeux des milieux ruraux. C’est près de 19 % de la population québécoise qui vit aujourd’hui dans des municipalités de moins de 1 000 habitants, soit plus de 1,5 million de personnes. Leur réalité est différente de celle des milieux urbains; la densité d’occupation du territoire est plus faible, les services de proximité moins présents et les voisins plus éloignés physiquement.

Pour les habitants des milieux ruraux, les médias régionaux demeurent LA façon la plus efficace pour informer, contrer le sentiment d’isolement, et surtout avoir l’information la plus transparente. Or, avec la fermeture ou les fusions de plusieurs journaux locaux, il devient de plus en plus difficile d’être bien informé. Les nouvelles sont diluées, moins variées, plus centralisées. Et pour ajouter à cette perte d’espace médiatique sur des sujets qui nous concernent, on nous donne de moins en moins accès à des journalistes spécialisés. Généralistes pour la plupart, ces journalistes ont peine à s’imprégner des sujets spécifiques à la réalité rurale. On leur demande de parler de tout, en surface, on ne leur donne pas toujours le temps de se pencher sur les vrais problèmes. Les dossiers traités en profondeur sont ainsi devenus de plus en plus rares.

Cette perte d’espace médiatique rural est aussi le fruit de la « montréalisation » de l’information, mais surtout de la crise engendrée par les géants du Web qui ont vampirisé les revenus publicitaires des journaux. Faute de revenus, les médias ont dû s’ajuster. Pour sauver des coûts, on demande à un journaliste de Montréal d’écrire sur un sujet qui se déroule dans une autre région. On priorise également les événements qui se passent dans les grandes villes, à défaut d’avoir des journalistes en région. Oui, c’est une décision économique, me direz-vous. On réduit ainsi le nombre de journalistes dans les salles de presse, on évite les frais de déplacement, tout en ayant l’opportunité de reprendre un même article pour le diffuser dans d’autres journaux du même groupe médiatique.

Oui, des sujets comme l’intelligence artificielle, la création de jeux vidéo ou les Canadiens de Montréal sont l’apanage des grandes villes, mais les milieux ruraux ont aussi des sujets qui leur appartiennent, tout en étant susceptibles d’intéresser bien des urbains.

Pour informer les gens de ce qui se passe en région, il est essentiel de maintenir une couverture rurale. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le traitement de l’actualité par les journalistes de La Terre de chez nous, des bureaux régionaux de Radio-Canada ou du Quotidien au Saguenay–Lac-Saint-Jean, le journal de ma région. Autrement, c’est la vie d’un cinquième des Québécois et Québécoises qui passe inaperçue.

Le rapport des audiences de la commission parlementaire sur l’avenir des médias d’information qui se terminaient en août dernier nous offrira, je l’espère, des recommandations pour conserver une couverture régionale.

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et Président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de février 2020.

Revue du marché du bois d’oeuvre

Revue du marché du bois d’oeuvre

Contrairement à 2018 où le prix du bois d’œuvre a connu sa plus forte hausse et sa plus importante chute jamais enregistrées, l’année 2019 aura été caractérisée par une stabilité relative dans les prix. Effectivement, les prix de l’indice Random Lengths Composite se sont maintenus dans une étroite fourchette de 320 à 380 $ US/MPMP. Le prix du bois d’œuvre est ainsi descendu sous les coûts de production pour plusieurs régions d’Amérique du Nord en cours d’année. Même si, certaines fermetures de scierie ont réussi à faire rebondir les prix à court terme, les prix ne sont pas revenus aux niveaux précédents 2018. Conséquemment, les marges d’exploitation des manufacturiers de bois d’œuvre ont été sous pression comme en attestent les résultats financiers déficitaires des segments de sciage des plus importantes entreprises nord-américaines pour les 3 premiers trimestres de 2019.

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Sur le radar en 2020

Plusieurs dossiers susceptibles d’avoir des impacts sur les activités des producteurs forestiers devraient connaître une évolution en 2020. Voici 18 dossiers qui interpelleront les acteurs de la forêt privée cette année.

  • 1

    Cet hiver, le MELCC publiera vraisemblablement une nouvelle version du règlement d’application de la Loi sur la qualité de l’environnement contenant les dispositions devant être respectées lors d’une intervention dans un milieu humide ou hydrique. Ce projet de règlement remplacera une version précédente publiée en février 2019 et jugée inachevée par une majorité d’intervenants. Cette publication dans la Gazette officielle du Québec se traduira par une nouvelle période de consultation à laquelle participera la FFPQ qui suit étroitement ce dossier depuis… 2013 (voir le mémoire de la FPFQ).

  • 2

    Surprise de l’année 2019, le projet de modification de la Loi sur les ingénieurs sera fort probablement adopté en 2020 par l’Assemblée nationale du Québec. La version initiale du projet de loi spécifie qu’un devis signé par un ingénieur doit être obtenu lorsque des informations techniques sur la construction d’un chemin ou d’une traverse de cours d’eau sont demandées, éliminant l’exemption qui existait auparavant pour les ouvrages de faible envergure. Cette modification pourrait avoir des conséquences importantes puisque les informations exigées pour obtenir un permis municipal pourraient être considérées comme des « informations techniques » exigeant un devis d’ingénieur. Espérons que le législateur trouvera une formulation permettant de reconduire l’esprit de cette exemption avant l’adoption de ce projet de loi (voir la proposition de la FPFQ).

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Formation: rédaction ou révision de la réglementation sur l’abattage d’arbres et la protection du couvert forestier

Description

La rédaction ou la révision de la réglementation sur l’abattage d’arbres et la protection du couvert forestier peut s’avérer un casse-tête. En effet, comment concilier les attentes et besoins des élus·es municipaux en matière de contrôle du couvert forestier avec la réalité des opérations forestières et des particularités du secteur de l’aménagement forestier ? Quels sont les éléments à prendre en compte dans la rédaction des règlements d’abattage d’arbres afin que ceux-ci permettent à la fois de répondre aux objectifs municipaux tout en favorisant un aménagement durable des forêts ? Comment rédiger et mettre en œuvre une réglementation qui permet d’arrimer les différents usages de la forêt allant de la dynamique des écosystèmes forestiers régionaux, aux profils et motivations des propriétaires de boisés, des marchés des produits forestiers disponibles, de la protection des milieux fragiles et des paysages agroforestiers ?

Objectifs

    • Concilier les attentes et besoins des élus·es municipaux en matière de contrôle du couvert forestier avec la réalité des opérations forestières et des particularités du secteur de l’aménagement forestier
    • Intégrer les objectifs municipaux tout en favorisant un aménagement durable des forêts
    • Rédiger et mettre en œuvre une réglementation qui permet d’arrimer les différents usages 

 

Animateur

Proposée en partenariat avec le Service de la forêt privée du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, cette formation est animée par M. Luc Dumouchel, ingénieur forestier et ancien directeur général de l’Agence forestière de la Montérégie.

Inscription

No de cours : 1239
Durée: 6 heures
Cours gratuit

Dates des sessions

  • 17 janvier 2020 – Barraute (Abitibi-Témiscamingue)
  • 24 janvier 2020 – Sainte-Luce (Bas-Saint-Laurent)
  • 7 février 2020 – Nicolet (Centre-du-Québec)
  • 8 février 2020 – Saint-Lambert-de-Lauzon (Chaudière-Appalaches)
  • 21 février 2020 – Sainte-Adèle (Laurentides)
  • 28 février 2020 – Magog (Estrie)
  • 13 mars 2020 – Aumond (Outaouais)

Calendrier des assemblées, formations et événements

Évolution de l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette

Les superficies de forêts privées affectées par l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) n’ont pas progressé entre 2018 et 2019. L’inventaire aérien effectué par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a dénombré 970 135 hectares de boisés privés affectés par l’insecte, ce qui représente une diminution de 2 % par rapport à l’année précédente. Cette superficie couvre cependant l’équivalent de 14 % du territoire de l’ensemble des forêts privées québécoises. La FPFQ estime qu’environ 15 000 propriétaires de boisés subissent actuellement les conséquences de cette épidémie à divers degrés. Toutefois, on constate des variations importantes d’une région à l’autre.

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Amélioration au programme de protection contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette et augmentation des investissements pour le reboisement en forêt privée

Longueuil, le 2 décembre 2019. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) et Groupements forestiers Québec saluent l’annonce du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. Pierre Dufour, d’élargir les critères d’admissibilité pour protéger les petites forêts privées contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE). Les deux organisations se réjouissent également des nouvelles sommes accordées pour le reboisement des forêts en perdition et récoltées en raison de cette épidémie.  

Dorénavant, la superficie minimale des blocs d’arrosage d’insecticide biologique sera de 4 hectares pour les opérations d’épandage aérien de la Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies (SOPFIM). De plus, un budget de 3 M$ sur 2 ans s’ajoutera aux programmes existants pour permettre la remise en production des peuplements forestiers dans le contexte de l’épidémie de la TBE. Ces décisions résultent de travaux menés au sein de la cellule d’urgence sur la gestion des conséquences de l’épidémie de la TBE, qui réunit des représentants de la FPFQ, de Groupements forestiers Québec et du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

« Les effets de cette épidémie sont trop importants pour qu’un seul partenaire suffise à gérer cette crise, mais la mise en commun de nos ressources et de nos expertises en réduira les conséquences », a déclaré M. Pierre-Maurice Gagnon, président de la FPFQ, en compagnie de M. Rénald Bernier, président de Groupements forestiers Québec.

À propos de la FPFQ

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 29 800 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses 13 syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires. La FPFQ est une fédération affiliée de l’Union des producteurs agricoles.

À propos de Groupements forestiers Québec

Groupements forestiers Québec regroupe les 39 groupements de propriétaires de lots boisés du Québec qui ont pour mission l’aménagement intensif des ressources forestières dans une optique de développement durable. Ces organismes, formés de 26 000 propriétaires de lots boisés, intègrent dans leur mission le développement socioéconomique de leur région respective, la création d’emplois et l’enrichissement du patrimoine forestier.

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Renseignements :

Marc-André Rhéaume
Directeur général adjoint
Fédération des producteurs forestiers du Québec
T. 450 679-0530, poste 8201
marheaume@upa.qc.ca  
foretprivee.ca

Marc Beaudoin  
Directeur général
Groupements forestiers Québec
T. 418 877-1344, poste 551
marc.beaudoin@resam.org 
resam.org

La revue Forêts de chez nous – novembre 2019 : Les trésors cachés de votre boisé, PFNL

• Éditorial du président – Créer et partager la richesse – Lettre à mes confrères industriels
• Actualités
• Les trésors cachés de votre boisés (PFNL)
• Recettes aux saveurs boréales

 

 

 

Consultez la version PDF de l’édition de novembre 2019.

 

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

 

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Les trésors cachés de votre boisé, PFNL

Les champignons, les bleuets, les arbres de Noël et le sirop d’érable, représentent sans doute les plus connus des produits forestiers non ligneux (PFNL). Pour qui apprend à les connaître et à les exploiter, nos boisés recèlent une variété d’aliments, de plantes médicinales, d’éléments ornementaux et de produits naturels et cosmétiques. Des richesses offertes comme autant de sources potentielles de revenus.

S’ils ont longtemps perçu leur forêt uniquement comme une source de produits du bois, les propriétaires forestiers du Québec sont de plus en plus nombreux à élargir leurs horizons. Petits fruits, noix, plantes, fleurs, champignons : ils ont plus que jamais la possibilité de jumeler la production de bois à une multitude d’autres ressources pouvant être tirées de la forêt.

« Avec la perte de débouchés pour le bois au milieu des années 2000, les PFNL sont apparus comme une alternative, rappelle le directeur des communications à l’Association des propriétaires de boisés de la Beauce (APBB), Michel Roy. Nous avons donc offert de la formation – plantes médicinales et comestibles, champignons, ginseng –, puis organisé la mise en marché commune du champignon, des têtes de violon et du sirop de bouleau. »

« Il fallait trouver des solutions à la crise forestière et économique; la valorisation de nouvelles ressources s’avérait nécessaire, ajoute Patrick Lupien, coordonnateur de la Filière mycologique de la Mauricie. En 2009-2010, une étude en forêt privée de 28 plantes et arbres a été réalisée sur le territoire, ce qui a permis, dès 2012, de développer la filière mycologique. Aujourd’hui, chez nous, elle tire tous les autres PFNL vers le haut. »

Par où commencer

Depuis une douzaine d’années, l’expertise dans le domaine progresse et de nombreuses initiatives se déploient un peu partout. Mais pour le propriétaire de boisé, par où commencer? Coordonnateur à l’Association pour la commercialisation des produits forestiers non ligneux (ACPFNL), Sam Chaib Draa confirme que « chaque terrain forestier contient son lot de PFNL ». Il propose ses conseils, voire une démarche à suivre :

• Se former grâce à différents ouvrages de référence, cours, ateliers, sorties, applications mobiles et sites Web. Il importe d’acquérir des connaissances sur l’identification, c’est-à-dire savoir reconnaître le PFNL dans son habitat naturel, avec quelle communauté écologique il se présente, comment il se transforme à travers les saisons, quelles parties utiliser, à quel moment le cueillir, etc. Il faut également se renseigner sur l’éthique de la cueillette – comment favoriser la pérennité et même la croissance de la ressource –, ainsi que sur la manutention et le conditionnement pour apprendre à préserver la fraîcheur du produit et à l’apprêter en garantissant son innocuité.

• Commencer à cueillir les ressources déjà disponibles sur sa terre ou dans sa région pour bien connaître les écosystèmes favorables, se familiariser avec les produits et les cuisiner.

• Goûter des produits faits à partir de PFNL pour découvrir la manière dont les entreprises les transforment et se donner des idées. Les meilleurs chefs du Québec s’engagent de plus en plus à intégrer à leur cuisine des produits du terroir, incluant les comestibles sauvages.

• Faire appel à une organisation qui offre des services-conseils (par exemple : Le chêne aux pieds bleus, Adapterre, Cultur’Innov) afin d’obtenir un inventaire du potentiel des PFNL sur son terrain. Pour les propriétaires admissibles, plusieurs travaux peuvent être subventionnés.

• Encourager des entreprises ou des cueilleurs professionnels à venir développer les PFNL chez soi grâce à des partenariats (location, échanges, etc.). L’ACPFNL et la plateforme Web L’Arterre permettent de créer des maillages entre propriétaires de boisés et entrepreneurs.

• Commencer à petite échelle avec des aménagements modestes afin de se faire la main. Avec le temps et l’expérience, il sera toujours possible d’augmenter peu à peu le volume.

Le thé du Labrador est consommé en breuvage ou comme condiment. (Crédit photo: Renaud de Repentigny)
La cueillette de champignons sert de levier à tous les autres PFNL en Mauricie. (Crédit photo: Renaud de Repentigny)

Culture, potentiel et utilisation: autres considérations

Cueillette sauvage, introduction de produits dans son boisé, culture indigène en champ : les modèles d’exploitation de PFNL sont diversifiés. « L’intérêt, c’est d’aller chercher un produit à valeur ajoutée. Quels PFNL offrent le plus de potentiel? Difficile de répondre. Il n’y a pas de mauvaises plantes; il s’agit de connaître l’utilité de chacune et de développer un marché », fait valoir Stéphane Demers, biologiste et coordonnateur chez Cultur’Innov.

« Il faut aussi voir ce qui nous intéresse, complète Joanie Bélanger, technicienne chez Cultur’Innov. En étant créatif, avec des plantes communes, on peut arriver à élaborer de beaux produits. » Pour M. Demers, on doit s’interroger sur l’objectif de mise en marché : si le PFNL a une grande valeur ou est requis dans une production quelconque, il peut être plus profitable de le cultiver que de l’acheter. La notion de prix et de qualité entre en jeu.

La récolte en forêt constitue souvent un défi; en champ, on obtient généralement plus de productivité. Dans le cas d’une culture en sous-bois, devrait-on acheter des plants ou des semences? « Ça dépend, décrète le coordonnateur de la coopérative. Ici, ce peut être avantageux de faire affaire avec un professionnel qui nous oriente ou valide nos choix. Une règle cependant : dans la mesure du possible, il vaut habituellement mieux imiter ce que l’on retrouve dans la nature. »

Le biologiste recommande en outre d’éviter d’intervenir là où il y a des plantes indigènes vulnérables. En ce qui concerne les prédateurs comme les oiseaux ou les rongeurs, il suggère au besoin l’installation d’un treillis protecteur pour les petites surfaces. « Pour les grandes superficies, le PFNL est réparti, alors comme la culture n’est pas dense, ce n’est pas un problème majeur. Et en hiver, par exemple, les plantes ne sont plus accessibles aux cerfs de Virginie », note-t-il.

Le défi de la commercialisation

La mise en marché des PFNL comporte son lot de défis. Michel Roy a tiré quelques leçons de l’expérience de commercialisation du champignon lancée en 2009 par l’APBB. « En l’absence de plan conjoint, des propriétaires ont fini par contourner l’entente initiale pour vendre directement à l’acheteur. La météo a également constitué un problème pour le volume de récolte à certains moments. Depuis 2014, nous avons mis fin à l’aventure. »

Du côté de la Filière mycologique de la Mauricie, la création d’un environnement de collaboration a engendré des résultats positifs. « Nous connectons les gens, travaillons sur la cueillette, la transformation, le tourisme, et avec les chefs cuisiniers, en plus de faire de la recherche et du développement.

Notre troisième Rendez-vous de la gastronomie forestière vient d’avoir lieu. Il faut sortir le PFNL du bois et le faire goûter », relève Patrick Lupien.

Celui qui envisage la cueillette ou la culture d’un ou de plusieurs PFNL doit se demander ce qu’il a envie de faire et pourquoi. Après avoir observé ce qui pousse dans son milieu, il doit également déterminer si ce produit sera complémentaire à quelque chose qu’il cultive ou a déjà, bref, se fixer des objectifs de mise en marché. Même chose pour tout ce qui touche la façon de procéder avec les transformateurs, les distributeurs et les vendeurs. Certes, les restaurateurs représentent une clientèle potentielle, mais celui qui se lance dans l’aventure doit aussi être prêt à développer son propre marché.

Attention, fragiles!

Certaines plantes forestières ne peuvent être récoltées; d’autres doivent l’être avec parcimonie. Depuis 2001, par exemple, le ginseng à cinq folioles est une espèce protégée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMV). Il convient de préciser que l’interdiction de le récolter ou de l’acquérir ne s’applique qu’aux populations sauvages et ne vise nullement les spécimens cultivés à partir de semences commerciales.

Plante relativement fréquente dans les érablières du sud du Québec, l’ail des bois a quant à lui été désigné comme espèce vulnérable en 1995. Son commerce sous toutes ses formes est maintenant interdit, de même que sa cueillette dans les aires protégées. À l’extérieur de celles-ci, il demeure néanmoins possible de récolter des spécimens, mais en nombre restreint (50 plants ou bulbes ou 200 g par an de toute partie de l’espèce).

Au Québec, neuf espèces sont vulnérables à la cueillette, soit l’adiante du Canada, l’asaret du Canada, la cardamine carcajou, la cardamine géante, le lis du Canada, la matteuccie fougère-à-l’autruche (sauf la partie aérienne), la sanguinaire du Canada, le trille blanc et l’uvulaire à grandes fleurs. Les interdictions limitent la récolte ou le commerce de plus de cinq spécimens sauvages entiers ou parties souterraines de celles-ci.

Source : ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

PFNL: catégories et exemples

Les produits forestiers non ligneux sont définis comme des produits ou des sous-produits des végétaux forestiers autres que la matière ligneuse (fibre) destinée à l’industrie du bois d’oeuvre, des pâtes et papiers, du bois de chauffage ou du charbon. Les usages commerciaux associés aux PFNL sont variés et peuvent être classés dans différentes catégories.

La récolte de sève de bouleau permet de produire un sirop de grande valeur. (Crédit photo: Chantale Levesque)

Source : Ressources naturelles Canada

Produits alimentaires – Sirop d’érable, bleuets et champignons sauvages, plantes indigènes de sous-étage tels le ginseng sauvage et les crosses de fougère.
Produits ornementaux – Arbres et couronnes de Noël, fleurs et feuillage utilisés à l’état sec ou frais dans la production décorative ou artistique.
Substances extraites de plantes forestières servant à fabriquer des produits pharmaceutiques et d’hygiène personnelle – Paclitaxel (commercialisé sous le nom de TaxolMD et extrait de l’if), huiles essentielles.

Chantale Levesque et le Domaine du Bocage

Sirops, gelées, tartinades, pâtes de fruits, chocolats aromatisés : toute la matière première entrant dans la composition des produits transformés élaborés par Chantale Levesque provient de sa terre de six hectares située à Saint-Ferréol-les-Neiges. D’abord destiné à recevoir une champignonnière de pleurotes, l’endroit est plutôt devenu une forêt nourricière. C’est d’ailleurs un concours de circonstances qui a permis de jeter les bases du Domaine du Bocage il y a 10 ans de cela.

« Je suis originaire du Lac-Saint-Jean et la forêt était mon terrain de jeu. Ma grand-mère, qui préparait des recettes avec des petits fruits cueillis dans le bois, m’a inspirée dès mon plus jeune âge. Lorsque je me suis installée ici avec mon conjoint, j’ai vu qu’il y avait un potentiel. Nous avons jardiné afin d’ouvrir un peu le couvert forestier, ce qui a permis de faire de l’espace pour certaines espèces qui ont ensuite profité », rapporte l’entrepreneure.

Si le sirop de bouleau a représenté un point de départ, avec le temps, un véritable projet structurant s’est déployé. Cet hiver, des ateliers ont même été offerts à des sous-chefs pour leur donner l’occasion de découvrir les produits. Des défis? « Il y en a! Justement, l’éducation du public en est un. Il reste  aussi beaucoup de chemin à faire du point de vue scientifique pour mieux connaître les PFNL », déclare spontanément Chantale Levesque. 

Chantale Levesque et son conjoint Alain La Barre, du Domaine du Bocage, à l'activité Les grandes récoltes, organisée par L'UPA le 14 septembre dernier au Grand marché de Québec.
Fruit de la rosa rugosa, l'églantier peut être utilisé dans la préparation de sirops, gelées et vins. Pour en savoir plus: http://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes/index.htm (Crédit photo: Chantale Levesque)
La catherinette, dont les feuilles et le fruit sont tous deux comestibles.
Très abondant, le maïenthème du Canada tapisse les forêts du Québec.
La fleur et les feuilles de l’érythrone d’Amérique constituent des aliments.

Article paru dans le Forêts de chez nous de novembre 2019.

Quelles sont les deux raisons qui vous inciteraient à vous impliquer davantage dans la mise en valeur des produits forestiers non ligneux (PFNL)?

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