Quand le cerf se sert

Crédit photo: Serge Labrosse

Pour le commun des mortels, la manifestation d’une surpopulation de cerfs de Virginie se perçoit principalement par la hausse du nombre d’accidents de la route. Souvent oubliée, la situation vécue par les propriétaires forestiers victimes du broutage excessif n’en est pas moins préoccupante et peut même, dans certains cas, s’avérer dramatique pour la régénération de la forêt.

Dans certains secteurs du sud du Québec, les cheptels de cervidés ont atteint et même dépassé la capacité de la forêt à soutenir ces niveaux de population. On constate alors de lourds dommages à la régénération forestière, surtout les feuillus nobles et le thuya, ce qui nuit à l’avenir des boisés de nombreux propriétaires. Malgré les efforts déployés pour stabiliser ou réduire les populations par la chasse, le problème persiste. Les données manquent pour évaluer les dommages et la plupart des initiatives demeurent isolées.

« Il est établi que les populations de cerfs peuvent influencer la végétation, confirme Bérénice Doyon, biologiste et responsable multiressource à l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées de la Chaudière. Le piétinement, la compaction du sol, le grattage et le frottage sur l’écorce des arbres sont quelques-uns des impacts ressentis, mais le plus important demeure le broutage des feuillages, des rameaux et des semences. »

En mars, le dépôt d’un des rares rapports sur le sujet, intitulé Plan d’orientation des ravages du sud de la Beauce et coordonné par Mme Doyon, a permis de dresser un portrait de la situation faunique et forestière dans trois zones. « L’objectif était qu’on en vienne, de façon concertée, à établir des pistes d’action pour les prochaines années et que toutes les personnes touchées par la problématique puissent y participer », précise-t-elle.

Des évaluation difficiles

Spontanément, il est justifié de se demander à partir de quelle densité l’influence des cervidés devient néfaste pour l’avenir de la forêt et la qualité de son habitat. Biologiste et chercheuse postdoctorale au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Émilie Champagne répond qu’il n’existe pas de données universelles. « Cela dépend des conditions du milieu, par exemple de la nourriture disponible, de la présence d’autres herbivores ou d’infrastructures humaines. »

De la même manière, le coût réel des dégâts causés par les cerfs de Virginie en forêt est difficile à estimer. Les spécialistes s’entendent néanmoins pour dire que la pression de broutage exercée par ces animaux peut diminuer la valeur économique du boisé, compromettre l’équilibre de l’écosystème et réduire la biodiversité. Elle est aussi susceptible de ralentir la croissance des plantes, des arbustes et des arbres, ce qui a une incidence non négligeable sur la protection des sols contre l’érosion.

Le broutage par le cerf de Virginie nuit à l’avenir de nombreux boisés. Crédit photo: Frédérick Lelièvre, MFFP

Un propriétaire excédé

Propriétaire depuis 21 ans d’un boisé privé d’une superficie de 54 acres près de Stratford, en Estrie, Hugues Beaudoin est aux prises avec le problème. Il indique qu’au moment de l’achat il y avait déjà présence de cerfs, « mais en quantité raisonnable ». Vers 2003, le producteur a toutefois commencé à remarquer une hausse du broutage. Aujourd’hui, aucun feuillu n’excède 25 cm et à peine 1 % des arbres parviennent à s’établir pour percer le couvert forestier.

« Ma forêt est tout simplement en train de se métamorphoser; c’est la savanisation qui la guette!, lance M. Beaudoin. Actuellement, les épinettes sont la seule chose qui n’est pas broutée. À titre expérimental, j’ai fait de petits exclos – des zones inaccessibles aux cerfs – pour démontrer les changements qui s’opèrent. Après six ans, j’observe que ça croît de belle façon dans les espaces protégés, mais qu’à l’extérieur des exclos, rien ne pousse! »

Le propriétaire forestier explique en outre avoir effectué des regarnis avec de l’érable à sucre et du chêne rouge, « surtout pour le sentiment qui me lie à mon boisé, puisque cette mesure me coûte 10 $ par arbre! La protection, assurée par un tuteur et une clôture en plastique rigide, suit la croissance. Sinon, il y a la chasse, que je pratique avec trois ou quatre invités non seulement par plaisir, mais aussi par devoir, car c’est la clé du succès ».

Bien que coûteuse, l’installation de protecteurs individuels permettant la croissance de l’arbre peut s’avérer utile. Crédit photo: Hugues Beaudoin

Que faire?

Émilie Champagne atteste également que la chasse sportive représente le moyen le plus efficace pour contrôler les populations. Si la chercheuse du MFFP corrobore l’idée que l’aménagement d’exclos et l’installation de protecteurs individuels peuvent s’avérer utiles – bien que très coûteux –, elle remet en question l’emploi de répulsifs. Les savons et l’urine de prédateurs, dont il faut multiplier les applications, ont un effet limité.

« Une étude réalisée à l’île d’Anticosti laisse par ailleurs penser que la végétation compagne influe sur la probabilité du broutement, qui se répartirait mieux quand il y a davantage de ressources alternatives. Autrement, des travaux expérimentaux sont en cours pour tenter de voir quels composés dans les plantes pourraient offrir un certain niveau de protection contre le broutement, ce qui permettrait ultimement une meilleure sélection des plants pour le reboisement », rapporte la chercheuse.

Les demandes des producteurs

Les producteurs agricoles et forestiers qui subissent des dommages souhaitent une amélioration de la gestion des cervidés. À cet égard, l’Union des producteurs agricoles adresse notamment les demandes suivantes aux gestionnaires de la faune :
• Améliorer la précision des inventaires pour repérer les secteurs problématiques.
• Assurer une gestion des cheptels en fonction de la capacité de la forêt à soutenir les populations de cerfs, c’est-à-dire sans que l’habitat se détériore.
• Bonifier les outils de contrôle des populations pour les secteurs en surpopulation.
• Convenir, avec les propriétaires, de méthodes d’intervention rapide lorsqu’ils subissent des dommages importants par le cerf.
• Harmoniser les territoires de chasse avec le territoire municipalisé afin d’améliorer la gestion et le suivi des populations.

Accueillir des chasseurs sur sa terre

Dans la lutte contre le broutage par les populations de cerfs de Virginie, la chasse constitue à ce jour le moyen de contrôle le plus efficace. Les propriétaires qui ne s’adonnent pas à cette activité ont la possibilité d’accueillir des chasseurs et peuvent obtenir un modèle de contrat pour la location de leur terre en consultant la section Bibliothèque/contrats-types.

Principales espèces d’arbres utilisées comme nourriture en hiver par le cerf

• Bouleau à papier
• Érable de Pennsylvanie
• Cerisier de Virginie
• Érable rouge
• Chèvrefeuille du Canada
• Noisetier à long bec
• Cornouillers
• Sapin baumier
• Érable à épis
• Saules
• Érable à sucre
• Thuya occidental

 

Article paru dans le Forêts de chez nous de septembre 2019.

Dossier spécial – Élections fédérales 2019

Les élections fédérales auront lieu le 21 octobre prochain au Canada.  Durant la présente campagne électorale, la Fédération canadienne des propriétaires de boisés (FCPB), appuyée par la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ), a rappelé aux partis politiques que le secteur forestier était porteur de solutions face aux enjeux des changements climatiques, de développement socioéconomique des communautés rurales et d’occupation du territoire.

Afin de soutenir le travail des propriétaires forestiers canadiens, trois conditions ont été définies comme essentielles dans une lettre envoyée aux chefs des quatre principaux partis.

Dans cette lettre, la FCPB demandait les engagements des partis face aux conditions suivantes :

  1. Créer un régime d’épargne et d’investissement sylvicole.
  2. Défendre une exemption de taxes et quotas pour le bois d’œuvre produit à partir du bois des forêts privées dans un futur accord de commerce avec les États-Unis.
  3. Financer un programme canadien de reboisement et de travaux sylvicoles visant les 450 000 propriétaires forestiers.
 
Vous pouvez consulter le détail des conditions dans un exemple de lettre envoyée aux partis politiques.

Voici les réponses reçues des partis ou prises sur les plateformes :

Consultez le résumé des réponses des partis dans l‘infolettre Forêts de chez nous PLUS d’octobre 2019.

Notre vidéo en lien avec la condition no 3.

Résultat des élections: Justin Trudeau conserve son poste de premier ministre au sein du Parti libéral du Canada, mais sous un gouvernement minoritaire.

Mise à jour sur le marché du bois d’œuvre 2019

Les fermetures et arrêts de production dans les scieries de la Colombie-Britannique n’ont pas été en mesure de rééquilibrer l’offre et la demande sur le marché du bois d’œuvre. Cette situation d’offre excédentaire provoque une pression baissière sur les prix du bois d’œuvre.

Demande de bois d’œuvre

Sans nommer les récents revers des négociations commerciales avec la Chine et les inconvénients d’un Brexit exempt d’entente avec l’Union européenne, l’un des 10 membres du comité décisionnel de la banque centrale américaine (FED) a mentionné qu’il serait difficile de parvenir à un accord sur un régime commercial mondial stable dans les prochains trimestres.

D’un côté, l’absence d’entente entre les Chinois et les Américains se traduirait par un ralentissement de l’investissement et de la croissance mondiale. De l’autre côté, un Brexit sans entente avec l’Union Européenne réduirait les flux commerciaux entre cette dernière et le Royaume-Uni, ce qui affaiblirait l’économie de l’Europe. Dans ce contexte, le Fonds monétaire international n’a cessé d’abaisser ses projections sur la croissance mondiale depuis l’automne dernier. Entre le mois d’octobre et le mois de juillet, les projections de la croissance mondiale sont passées de 3,8 % à 3,2 % pour 2019. Un ralentissement du PIB est aussi attendu du côté américain. Par exemple, les deux derniers trimestres de 2019 devraient être de 1,8 et 1,6 %, comparativement à 3,4 et 2,6 % à la même période l’an dernier. Parallèlement, les probabilités d’une récession américaine au cours des 12 prochains mois ne font qu’augmenter, passant de 15 % en octobre 2018 à 35 % en juillet 2019.

Dans ce contexte, le 31 juillet dernier, la FED a coupé son taux directeur de 25 points de base (0,25 %) pour une première fois depuis 2008.

Puisque la baisse des taux d’intérêt a pour objectif de stimuler la croissance économique, cette nouvelle aurait dû être bien reçue par le marché. Cependant, compte tenu de la dégradation avancée des relations commerciales entre la Chine et les États-Unis, plusieurs analystes prévoyaient que la FED allait baisser son taux directeur de 50 points de base pour atteindre 2 %. La banque centrale a donc réagi de façon moins importante qu’anticipée, causant ainsi un désappointement sur les marchés. Lorsque les investisseurs sont inquiets des perspectives de croissance, les gestionnaires de portefeuilles rééquilibrent ceux-ci en liquidant une partie de leurs actions d’entreprises et en les remplaçant par des obligations d’État (dettes souveraines des pays industrialisés) afin de préserver le principal de leurs investissements. Ce phénomène, décrit par plusieurs comme une course vers la qualité (« Flight to Quality »), provoque des corrections importantes sur les marchés boursiers et obligataires. Lorsque la demande pour les obligations d’États augmente, le taux d’emprunt pour les États diminue puisque ceux-ci disposent d’un plus grand nombre d’acheteurs pour la même quantité de dettes. Le plus populaire des titres obligataires est l’obligation américaine avec une échéance de 10 ans.

Ce titre financier est le principal indice de référence pour le taux hypothécaire américain fixe de 30 ans qui est le produit hypothécaire le plus vendu aux États-Unis. La tendance à la baisse devrait se maintenir pour les obligations américaines et les taux hypothécaires puisque les probabilités de coupe du taux directeur pour la prochaine réunion de la FED du 18 septembre varient entre 70 et 95 %.

Normalement, une telle chute dans les taux hypothécaires aurait dû stimuler davantage la construction aux États-Unis. L’économiste principal de la National Association of Home Builder (NAHB) estime que cette défaillance provient de deux raisons principales.

Premièrement, cette diminution des taux d’intérêt était mal anticipée par les marchés. L’ajustement prendra donc un certain temps à réagir. Dans le même ordre d’idée, les taux d’intérêt diminuent en raison de l’incertitude économique, ce qui a fait diminuer la confiance des consommateurs américains.

Deuxièmement, l’ampleur actuelle de la baisse du coût de financement ne sera pas en mesure de compenser la hausse des coûts de construction des dernières années.

Afin de stimuler le marché immobilier américain, et par le fait même la demande de bois, il faudra davantage de baisses de taux d’intérêt puisque la récente chute n’a eu comme résultat que d’atténuer les effets d’une croissance économique en décélération.

Toutes les banques canadiennes à l’exception de la RBC (1 %) prévoient que la croissance dans les mises en chantier américaines sera nulle ou négative en 2019. La prévision de mi-année la plus optimiste concernant les mises en chantier américaines de 2019 provient de Wells Fargo avec 2 % de croissance annuelle par rapport à 2018.

Malgré cela, l’indice de confiance de la NAHB s’est rétabli au cours des 6 derniers mois, laissant entrevoir un optimisme concernant l’activité de la construction aux États-Unis. Depuis le creux du mois de décembre avec 56 points, l’indice a rebondi pour atteindre 66 points au mois d’août. Une statistique au-dessus de 50 points indique que la majorité des constructeurs perçoivent les conditions du marché de la construction résidentielle comme étant meilleures que mauvaises. À cet effet, le dernier rapport du mois d’août fait état d’une forte demande de maisons unifamiliales. Plus précisément, la NAHB s’attend à ce que la demande soit plus forte dans les banlieues des grandes villes où la baisse des taux d’intérêt aura un impact marqué.

Offre de bois d’œuvre

Plusieurs changements importants concernant l’offre ont eu lieu au cours des deux premiers trimestres de 2019. La chute des prix du bois d’œuvre a favorisé des arrêts de production situés presque exclusivement en Colombie-Britannique. Parallèlement, les redevances forestières de cette province ont connu une augmentation substantielle. Dans ce contexte, la plupart des actions des compagnies forestières de cette région ont été à leur plus bas niveau depuis le début de 2017. Un investisseur canadien a jugé que le moment était opportun pour déposer une offre d’achat pour Canfor, une importante entreprise du secteur.

La production de bois d’œuvre a diminué de 9 % au cours des 5 premiers mois au Canada. Cette baisse de la production vient en grande partie des fermetures temporaires ou permanentes en Colombie-Britannique. Il s’est produit 17 % moins de bois dans cette province au cours des 5 premiers mois de 2019 par rapport à la même période l’an dernier. La production québécoise est restée relativement stable avec une décroissance de 3 %.

Le nombre d’arrêts de production semble s’être accéléré entre le mois de juin et le mois d’août en Colombie-Britannique. De cette façon, les données sur la production de bois d’œuvre en Colombie-Britannique devraient continuer à diminuer pour le reste de l’année. Généralement, les compagnies forestières évoquent les conditions défavorables du marché du bois d’œuvre et les coûts élevés de la fibre de bois pour justifier les annonces de fermeture ou de réduction de quarts de travail.

Les coûts du bois rond ont effectivement augmenté considérablement en Colombie-Britannique au cours des 2 dernières années. Le gouvernement britanno-colombien publie mensuellement les prix du bois rond pour la région intérieure de la province et de façon annuelle les redevances forestières pour la région côtière. Au niveau de la côte, les redevances forestières sont passées de 3,56 $/m³ à 16,75 $/m³ entre 2017 et 2019. Pour la région de l’intérieur de la Colombie-Britannique, les statistiques démontrent qu’entre le mois de mai 2017 et le mois de mai 2019, le prix du bois rond sapin, épinette et pin gris a augmenté de 65 %, passant de 62,25 $/m³ à 102,86 $/m³. Toutefois, la RBC estime que les prix des redevances devraient descendre à des niveaux plus soutenables après le troisième trimestre de 2019.

Cette hausse de prix du bois rond arrive au moment où la possibilité forestière de la province a atteint approximativement 70 Mm³, en baisse de 15 % par rapport au niveau de 2010. Selon le gouvernement britanno-colombien, la possibilité forestière de la province continuera de diminuer pour atteindre un creux de 56 Mm³ dès 2027. En résumé, l’offre de bois rond diminue en raison de l’épidémie de la dendroctone du pin ponderosa et les prix du bois d’œuvre sont à la baisse. Cette conjonction d’éléments provoque un important mouvement d’arrêt de production dans cette région de l’Amérique du Nord.

Malgré les coupes successives de possibilités forestières en Colombie-Britannique et les tarifs douaniers américains, un milliardaire de Vancouver s’est porté acquéreur de Canfor, l’une des plus grosses compagnies de bois d’œuvre du pays pour la somme de 980 M$, soit l’équivalent de 16 $ par action. La firme de gestion du milliardaire canadien possède déjà 51 % de l’entreprise. La transaction doit passer au vote lors d’une assemblée d’actionnaires. Ce type de vote doit obtenir plus de 66 % des voix. Canfor dispose d’une capacité de production de 5,9 milliards de PMP de bois d’œuvre avec des scieries en Colombie-Britannique, en Alberta, dans le Sud des États-Unis et en Suède. Cette nouvelle est survenue au moment où le prix des actions des principales compagnies forestières de la Colombie-Britannique avait atteint son plus bas niveau depuis 2017. Afin de mettre en perspective la valeur des actions de ces compagnies, il est approprié de comparer l’évolution du rendement de l’achat d’une action en date du 1er janvier 2017. Le jour précédant l’annonce, le rendement de l’action de Canfor était de -53 %, suivi par Western FP avec -41 % et d’Interfor avec -21 %. À la suite de cette nouvelle, le rendement de l’action de Canfor est revenu en territoire positif avec 2 % de rendement, soit un bond de 55 %.

Prix

Les prévisions des banques canadiennes concernant le prix moyen annuel du bois d’œuvre font toujours état d’une diminution par rapport à 2018. La Banque de Montréal estime que le prix annuel moyen du bois d’œuvre en 2019 diminuera de 28 % par rapport à 2018. L’institution financière la plus optimiste demeure la CIBC avec une baisse de 18 %.

 

Sources:
[FREDDIEMAC] 2019. Housing Market Sees Increased Momentum Due to Low Mortgage Rates. Repéré à http://www.freddiemac.com/research/forecast/20190730_housing_market_increase.page?,  20 août 2019.
[FREDDIEMAC] 2019. Housing Market Expected to Realize the Positive Impacts of Low Mortgage Rates in 2019. Repéré à http://www.freddiemac.com/research/forecast/20190617_positive_impacts.page?,  20 août 2019.
[FREDDIEMAC] 2019. Mortgage Rates Remain Near Historical Lows. Repéré à http://www.freddiemac.com/pmms/,  20 août 2019.
[NAHB] 2019. Why Lower Interest Rates are Not Boosting the Housing Market. Repéré à http://nahbnow.com/2019/08/why-lower-interest-rates-are-not-boosting-the-housing-market/, 20 août 2019.
[NAHB] 2019. Lower Interest Rates: What They Mean for Housing and the Economy. Repéré à http://eyeonhousing.org/2019/08/lower-interest-rates-what-they-mean-for-housing-and-the-economy/?_ga=2.154092472.1406520804.1565711212-469424381.1565711212&subscribe=success#blog_subscription-2,  20 août 2019.
[NAHB] 2019. Federal Reserve Reduces Rates in July. Repéré à http://eyeonhousing.org/2019/07/fomc_july/, 20 août 2019.
[NAHB] 2019. Fed Rate Cut Good for Housing. Repéré à http://nahbnow.com/2019/07/fed-rate-cut-good-for-housing/, 20 août 2019.
[NAHB] 2019. Builder Confidence Trending Higher as Interest Rates Move Lower. Repéré à http://eyeonhousing.org/2019/08/builder-confidence-trending-higher-as-interest-rates-move-lower/,  20 août 2019.
[WELLSFARGO] 2019. Lower Mortgage Rates Are Unlikely to Reinvigorate Home Buying. Repéré à https://www08.wellsfargomedia.com/assets/pdf/commercial/insights/economics/real-estate-and-housing/housing-chartbook-20190618.pdf,  20 août 2019.
[WELLSFARGO] 2019. Housing Demographics Turn More Positive. Repéré à https://www08.wellsfargomedia.com/assets/pdf/commercial/insights/economics/real-estate-and-housing/housing-demographics-turn-more-positive-20190730.pdf,  20 août 2019.
[BMO] 2019. U.S. Housing Starts Fall. https://economics.bmo.com/en/publications/detail/8eaf388c-f605-4a1d-bb6f-5e5ff2a3365f/, 20 août 2019.
[BMO] 2019. Given Permission, But Unable To Start. Repéré à https://economics.bmo.com/en/publications/detail/93a34b3a-0493-480c-ae22-a688f07fe01f/, 20 août 2019.
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[FINANCIAL POST] 2019. Great timing’ by Jim Pattison — but the 82% premium comes as Canfor treads multi-year lows. Repéré à https://business.financialpost.com/commodities/great-timing-by-jim-pattison-but-the-82-premium-comes-as-canfor-treads-multi-year-lows, 20 août 2019
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[FMI] Années multiples. WORLD ECONOMIC OUTLOOK REPORTS. Repéré à https://www.imf.org/en/Publications/WEO, 20 août 2019
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[BG GOV] Années multiples. Interior Log Market Values. Repéré à https://www2.gov.bc.ca/gov/content/industry/forestry/competitive-forest-industry/timber-pricing/interior-timber-pricing/interior-log-market-reports, 20 août 2019
[BG GOV] Années multiples. Trends in Timber Harvest in B.C.. Repéré à http://www.env.gov.bc.ca/soe/indicators/land/timber-harvest.html, 20 août 2019
[BLOOMBERG] 2019. Economic Concerns Send U.S. Consumer Mood to Seven-Month Low. Repéré à https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-08-16/u-s-consumer-sentiment-drops-to-seven-month-low-on-trade-fears, 20 août 2019
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[CIBC] 2019. Forecast Update, July 8 2019. Repéré à https://economics.cibccm.com/economicsweb/cds?ID=7649&TYPE=EC_PDF, 20 août 2019
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[TD] 2019. U.S.  Ecomomic Outlook. Repéré à https://economics.td.com/domains/economics.td.com/documents/reports/qef/2019-jun/us/1-us-outlook.htm, 20 août 2019
[DESJARDINS] 2019. Economic and Financial Outlook. Repéré à https://www.desjardins.com/ca/about-us/economic-studies/forecasts/economic-financial-outlook/index.jsp, 20 août 2019
[RBC] 2019. Economic and Financial Market Outlook. Repéré à http://www.rbc.com/economics/economic-reports/pdf/quarterly-economic-update/fcst_june2019.pdf, 20 août 2019
[SCOTIABANK] 2019. Scotiabank’s Forecast Table. Repéré à https://www.scotiabank.com/content/dam/scotiabank/sub-brands/scotiabank-economics/english/documents/forecast-tables/forecast_20190712.pdf, 20 août 2019
[NATIONAL BANK] 2019. Monthly Economic Monitor. Repéré à https://www.nbc.ca/content/dam/bnc/en/rates-and-analysis/economic-analysis/monthly-economic-monitor.pdf, 20 août 2019
[BMO] 2019. Economic analsis. Repéré à https://www.nbc.ca/content/dam/bnc/en/rates-and-analysis/economic-analysis/monthly-economic-monitor.pdf, 20 août 2019

Vaisselle et couverts compostables, le SPFBSL passe à l’action!

Le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent (SPFBSL) a récemment mis à la disposition des organismes intéressés, des assiettes, bols, verres et couverts compostables.

Rappelons qu’en mai dernier, les producteurs du SPFBSL adoptaient une résolution à l’effet que des actions soient entreprises dans un premier temps pour que soit sensibilisé l’ensemble des organismes régionaux et provinciaux à cette problématique qui, nous le croyons, va hypothéquer les générations futures. Ensemble, nous souhaitons faire pression sur les divers paliers de gouvernements afin que soient abolis les contenants de styromousse et de plastique, qu’ils soient enlevés de la mise en marché des produits bioalimentaires, et qu’en parallèle soient développées des alternatives par exemple du carton fait à base de fibre de bois. Nous considérons que la situation environnementale se dégrade dans le monde, que l’amélioration de la situation devrait être la préoccupation de toutes les populations et que chaque individu et chaque organisation devraient être partie prenante et faire pression pour que s’améliorent les pratiques nuisibles à l’environnement, dont les marchés d’alimentation ou autres commerces, où l’on retrouve majoritairement des contenants de styromousse et de plastique pour les produits bioalimentaires.

Une contribution tangible
En ce sens, le SPFBSL a procédé à l’achat d’un volume de vaisselle et couverts compostables afin de faciliter l’accès à ces produits à tous ses partenaires de la région bas-laurentienne, Rimouski et ses environs. Le Syndicat prévoit aussi investir dans divers événements en offrant la vaisselle et les couverts compostables en commandites notamment à la Journée Portes ouvertes de l’UPA le 8 septembre, à Saint-Anaclet et à Auclair, ainsi qu’à Packington le 14 septembre lors de l’événement La Forêt sous toutes ses couleurs, une valeur de 1 500 $. Le Marché public de Rimouski pourra aussi bénéficier de cet investissement dans le temps des Fêtes et ses marchands ont reçu l’information. «Déjà, le MAPAQ s’est procuré verres, bâtonnets et assiettes pour ses bureaux à Rimouski et les bureaux satellites. Comme nous serons présents à la Journée Portes ouvertes de l’UPA le 8 septembre et à la Forêt sous toutes ses couleurs le 14 septembre, nous allons offrir à chacun plus de 1000 exemplaires de chaque morceau de vaisselle et les couverts selon leur besoin», a confirmé le directeur général, M. Charles Edmond Landry.

Ses avantages
La vaisselle compostable utilisée par le SPFBSL est en bagasse. Fabriquée de fibres résiduelles récupérées après broyage et extraction du jus de canne à sucre, la bagasse représente une alternative aux produits de plastique en étant 100 % compostable et biodégradable. Élégants et durables, les produits offrent une excellente rigidité et une bonne résistance au détrempement pour les aliments lourds ou en sauce. Elle se maintient en excellente qualité dans un endroit frais et sec, idéalement à l’abri de la lumière.

Elle est économique et robuste, elle est imperméable aux graisses, résiste à la chaleur jusqu’à 120°C et peut être mise au micro-onde. Sa durée de vie est de 2 à 8 semaines dans un composteur industriel.

Comment en disposer?
La vaisselle doit être jetée idéalement dans un composteur ou un bac brun pour se transformer en engrais après quelques semaines. Si elle est mise aux poubelles, le temps de décomposition sera un peu plus long.

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Plus de 2 Mm3 de bois rond toujours disponibles en forêt privée

Après plus de 9 années de croissance soutenue, la récolte de bois en forêt privée a atteint son rythme de production d’avant crise. Depuis le creux de 2009, le volume récolté est ainsi passé de 2,8 millions à 6,4 millions de mètres cubes solides en 2018. Cependant, cette progression significative cache des catégories de produits sous-utilisées pouvant servir à des opportunités d’affaire pour les industriels.

Pour la période 2018-2023, il fut conjointement évalué par les 13 gestionnaires régionaux de plans conjoints de producteurs de bois et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) qu’il serait réaliste de mobiliser annuellement 8,8 Mm³ solides de bois en forêt privée, sur une possibilité de récolte forestière de 17,0 Mm³ solides. Ce volume correspond à la somme de tous les produits, résineux et feuillus, de qualité trituration, sciage et déroulage. Le bois de chauffage est exclu de ce volume. Ce volume est déterminé à l’aide des données de possibilités de récolte forestière, les historiques de production, les conditions d’achat sur le marché, les ressources disponibles pour accompagner les propriétaires dans la récolte et le transport de bois, en plus d’une estimation de la volonté des propriétaires de récolter ou de faire récolter du bois dans leurs boisés.

Par la suite, la comparaison entre la récolte réelle et l’estimation du volume de bois mobilisable permet d’établir les volumes de bois sans preneur pouvant soutenir le développement des usines de produits forestiers. À l’échelle de la province, toutes essences confondues, les propriétaires forestiers ont ainsi récolté 73 % du bois mobilisable en 2018. Plus précisément, on constate que les usines ont consommé 86 % des volumes mobilisables de sapin, épinettes et pin gris, 63 % de thuyas, pins et pruches, 56 % des peupliers et 55 % des feuillus durs.

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La revue Forêts de chez nous – septembre 2019 : Équipement: pour une partie de chasse mémorable et confortable

• Éditorial du président – Jouer son rôle dans la lutte contre les changements climatiques
• Actualités
• Une cause commune: Peter deMarsh se battait pour les producteurs
• Quand le cerf se sert
• Équipement: pour une partie de chasse mémorable et confortable

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

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Jouer son rôle dans la lutte contre les changements climatiques

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Les propriétaires forestiers du monde entier sont interpellés par la lutte contre les changements climatiques.

D’une part, leurs boisés subiront les effets des modi€fications de notre climat. La migration d’espèces végétales envahissantes et de nouveaux insectes ravageurs, l’augmentation de la fréquence des catastrophes naturelles dévastant les forêts et l’accroissement des périodes de sécheresse en sont déjà des exemples frappants. Ce constat appelle des modi€fications dans les recommandations des ingénieurs forestiers sur les interventions sylvicoles à préconiser, la sélection des plants à reboiser et la gestion du territoire forestier.

D’autre part, les propriétaires forestiers disposent des actifs pour contribuer à la séquestration de carbone. Bien que les moyens de comptabiliser cette contribution fassent l’objet de débats entre experts, il est acquis que les arbres emmagasinent du carbone en grandissant et en émettent au cours de leur décomposition.

Pour être ef€ficaces dans cette lutte contre les changements climatiques, les politiques de soutien aux propriétaires forestiers devront cependant tenir compte des caractéristiques des forêts privées.

  1. L’afforestation, c’est-à-dire le reboisement de terrains non forestiers, présente un potentiel de séquestration de carbone limité sur le territoire privé québécois en raison des super€ficies disponibles (un constat qui peut s’avérer différent dans d’autres pays). À l’inverse, l’accroissement du stock forestier des forêts existantes grâce à des interventions sylvicoles appropriées présente un meilleur potentiel. En d’autres mots, la sylviculture peut permettre d’accroître le volume de bois à l’hectare dans les forêts dans une période donnée, et cette augmentation doit constituer un gain dans un bilan de carbone.
  2. La récolte des forêts présentant un risque de destruction est essentielle afi€n d’éviter que celles-ci deviennent émettrices de carbone à la suite d’un feu ou d’une épidémie d’insectes. L’actuelle épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, touchant 14 % du territoire de la forêt privée en 2018, est un bon exemple. Il est donc nécessaire de récolter les arbres en perdition, de les transformer en produits forestiers et de reboiser les sites touchés afi€n d’obtenir un gain dans le bilan de carbone.
  3. Le morcellement du territoire forestier et non forestier en des dizaines de milliers de propriétés exige une formule d’agrégation des gains de séquestration de carbone, simple pour chacun des propriétaires, mais crédible pour les autorités responsables de cette comptabilité. Il est irréaliste de penser que chacun des propriétaires participera directement au marché du carbone. À cet égard, nous pouvons compter sur l’expérience de la certi€fication forestière pour nous dicter quoi faire et ne pas faire. Au Québec, les propriétaires forestiers disposent aussi d’organisations pouvant être fort utiles dans cette démarche.
  4. Le soutien €financier gouvernemental pour réaliser des travaux sylvicoles chez les propriétaires forestiers devra être maintenu, voire augmenté, pour accroître cette lutte contre les changements climatiques. Voilà 50 ans que le gouvernement du Québec investit dans la mise en valeur des forêts privées. Aujourd’hui, un nouvel objectif de séquestration de carbone s’ajoutera à ce travail sur le terrain.

La prise en compte de ces éléments demande de meilleurs échanges entre la communauté scienti€fique étudiant les changements climatiques, les autorités gouvernementales dé€finissant les politiques pour y faire face et les représentants des propriétaires forestiers détenant une connaissance de la réalité du terrain. Autrement, les protocoles de séquestration de carbone marginaliseront le travail des dizaines de millions de propriétaires forestiers de partout dans le monde.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec, la Fédération canadienne des propriétaires de boisés et l’Alliance internationale pour la foresterie familiale poursuivront les représentations à leur échelle pour sensibiliser les autorités à cette question.

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et Président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de septembre 2019.

Contrat pour transférer sa responsabilité à protéger les investissements sylvicoles lors de la vente d’un boisé

Les propriétaires forestiers ayant bénéficié d’une aide financière d’un programme gouvernemental pour réaliser des travaux sylvicoles se sont normalement engagés à protéger ces investissements pour une période variant de 5 à 30 ans. S’il ne respecte pas cet engagement, le propriétaire pourrait devoir rembourser, en partie ou en totalité, l’aide financière dont il a bénéficié. Par contre, la plupart des propriétaires forestiers ignorent que cet engagement ne se termine pas lors de la vente du lot boisé.

D’un point de vue légal, l’engagement pris auprès d’une agence régionale de mise en valeur des forêts privées est qualifié de droit personnel qui ne repose pas sur la propriété du vendeur. L’engagement à protéger les investissements est un contrat convenu entre le propriétaire et une agence. C’est pourquoi le nouvel acquéreur d’une propriété ne peut pas être lié automatiquement à ce contrat puisqu’il n’a pas donné son consentement. Le vendeur conserve ainsi cette responsabilité civile contractuelle envers l’agence, à moins d’obtenir le consentement de l’acquéreur à poursuivre la protection des investissements sylvicoles. Par la suite, le propriétaire forestier pourra faire des démarches auprès de l’agence afin d’obtenir une libération totale de ses engagements. Autrement, l’agence pourrait réclamer des montants à un ancien propriétaire, même si c’est le nouveau propriétaire qui a détruit les travaux sylvicoles.

Afin de clarifier cette situation, la Fédération des producteurs forestiers du Québec a convenu avec les agences régionales d’une procédure pour libérer de son engagement un propriétaire qui vend son lot boisé. Un modèle de contrat peut être utilisé et est disponible sur le site foretprivee.ca dans la section contrats types de la bibliothèque. Ce contrat a été développé en collaboration avec Me Rémi Jolicoeur de BHLF, avocats.

 

L’empilement du bois, de bonnes pratiques à maîtriser

Les producteurs ont tout intérêt à adopter de bonnes pratiques au moment d’empiler leur bois afin d’assurer la sécurité des personnes qui manutentionnent les billes et de faciliter la cueillette de celles-ci par les transporteurs.

Dans plusieurs régions du Québec, les syndicats de producteurs forestiers multiplient les campagnes
d’information et de sensibilisation sur l’empilement du bois.

En vue de réaliser le travail convenablement, le producteur doit tenir compte de deux facteurs importants : l’emplacement et la méthode d’empilement.

L’endroit où les billes seront empilées doit être choisi judicieusement pour faciliter la manutention du bois par le transporteur et respecter la réglementation.

Il faut reconnaître que les règlements municipaux sur la question ne sont pas uniformes. Le producteur a donc tout intérêt à consulter la réglementation de sa localité ou de sa MRC, car on impose parfois une distance minimale pouvant aller jusqu’à 30 m de la route pour limiter l’impact visuel sur les paysages.

Par exemple, sur une route numérotée, il n’est pas permis de charger le bois à partir de l’emprise du chemin public.

Il peut aussi y avoir des exigences particulières encadrant l’installation des ponceaux pour le fossé à l’entrée du chemin, une largeur maximale de déboisement ainsi qu’une superficie maximale pour l’aire d’empilement du bois.

De plus, si l’empilement est situé loin sur sa propriété, à une bonne distance du chemin principal, le producteur doit s’assurer que le camion-remorque puisse atteindre le bois sans difficulté. Bref, il faut que le chemin du producteur offre une bonne portée pour éviter que le camion s’enlise et assurer un dégagement des branches en largeur et en hauteur.

Il n’est pas rare que des camionneurs refusent de s’aventurer sur un chemin jugé hasardeux. Certes, les producteurs peuvent circuler sans difficulté sur leur chemin avec leur propre véhicule, mais ils doivent prendre en compte les contraintes d’un camion de 50 pieds.

Afin de faciliter l’accès à l’empilement de bois, le chemin idéal devrait donc avoir une surface de roulement d’une largeur supérieure à 12 pieds, n’avoir ni pente ni courbe trop abrupte et offrir un espace permettant au camion de se retourner. De plus, son entrée sera plus large pour faciliter les manoeuvres du camion (environ de 20 à 30 pieds).

Cet empilement fera perdre du temps au transporteur pour démêler cet amoncellement de billes.
Ce chemin est idéal : suffisamment large, il offre de l'espace pour manoeuvrer. Les billes de 4 pieds ou 8 pieds sont disposées perpendiculairement au chemin, sans être trop loin du chemin principal.

« Lorsque le camionneur nous en a parlé, on n’a pas hésité à rapprocher notre bois, a expliqué Alexis Bournival, de la ferme Les Terres maraîchères Norvie, à Saint-Étienne-des-Grès, en Mauricie. On s’est rendu compte que notre chemin forestier comportait une pente trop abrupte. Ce n’était pas beaucoup plus difficile pour moi de rapprocher le bois pour éviter des problèmes avec le camion-remorque. »

En hiver, le chemin d’accès doit évidemment être déneigé. Il faut aussi s’assurer que les obstacles sont bien visibles, par exemple les fossés dans lesquels le camion ou sa remorque pourraient s’enliser.

« C’est une question de sécurité et d’économie, explique Benoit Lévesque, technicien forestier au Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie. Un camionneur pourrait subir des pertes importantes si l’opération de chargement prend trop de temps parce qu’elle se fait dans des conditions difficiles. »

Si le bois est empilé en bordure d’un chemin employé par d’autres utilisateurs (des villégiateurs, par exemple), le producteur devra prévoir un espace suffisant pour empêcher que le camion bloque complètement la voie. L’opération de chargement ne pourra être interrompue afin de laisser passer un autre véhicule. Puis, le producteur ne doit pas perdre de vue que le transporteur a besoin d’espace au cours du chargement. Il doit donc éliminer les obstacles susceptibles d’entraver l’opération.

« Certains propriétaires hésitent à abattre des arbres, ce qui permettrait pourtant d’avoir un dégagement suffisant pour le chargement, explique Benoit Lévesque. Il faut fournir l’espace adéquat, d’autant plus que le dégagement offre un ensoleillement favorisant le séchage du bois et évitant ainsi son pourrissement hâtif. »

Sur les terres agricoles, l’empilement du bois en bordure des champs semble une bonne solution, mais le producteur ne doit pas perdre de vue que l’arrivée tardive du printemps ou de mauvaises conditions climatiques peuvent retarder la cueillette et ainsi compromettre l’utilisation des champs.

Lorsque les opérations de récolte se déroulent durant les périodes de février à mai, il faut s’assurer d’empiler son bois au bord d’un chemin sec et solide afin de permettre un transport en tout temps.

La façon d’empiler est tout aussi cruciale. Les billots tronçonnés doivent être placés perpendiculairement au chemin, et parallèlement dans le cas du bois en semi-longueur.

Le bois empilé avec soin sera plus facile à charger. Il n’est pas rare que l’opérateur de l’équipement de chargement doive « démêler » les pièces de bois pour parvenir à les charger.

Par ailleurs, les usines de transformation de bois exigent souvent de séparer les essences ou groupes d’essences, ce qui oblige à réaliser plusieurs empilements. Dans ce cas, ils doivent être distancés d’une bonne vingtaine de pouces pour favoriser l’aération et ainsi prévenir l’apparition de champignons. Cela permet aussi d’éviter que la pince du camion heurte l’amoncellement de billots se trouvant à proximité de celui qui est en cours de chargement.

L’utilisation de longerons sous le bois est également judicieuse. Ils permettent de réduire le risque que le bois gèle sur le sol et que la terre soit emportée avec le bois au moment du chargement. Le bois livré aux usines doit être exempt de saletés.

Tous ces conseils auront pour effet de faciliter le travail de chargement. Ils favoriseront aussi les bonnes relations entre producteurs et transporteurs et contribueront à la rentabilité des opérations.

Le technicien forestier Benoit Lévesque constate que cet empilement, même s'il ne se trouve pas sous la ligne électrique, n'en est pas suffisamment éloigné.
Pour une question de sécurité, un transporteur refusera de charger le bois empilé sous une ligne électrique.

La sécurité avant tout

Au moment de placer son bois, le producteur doit également considérer la présence de fils électriques et de lignes haute tension.

« C’est certain que les transporteurs vont refuser de charger le camion si le bois se trouve trop près d’une ligne électrique, explique Benoit Lévesque. Il n’y a pas de risque à prendre, même si ce refus engendre des pertes pour le camionneur qui se sera déplacé inutilement. La sécurité est prioritaire. »

Protéger les routes lors du chargement de bois

Tenez-vous-le pour dit : il n’est pas permis d’effectuer une opération de chargement de bois à partir d’une route provinciale. En ce qui concerne les chemins et les routes municipales, tout dépend de la réglementation en vigueur dans chaque localité.

Lorsque la réglementation le permet, il y a des règles à respecter pour éviter la détérioration de la chaussée et préserver la sécurité du public. Le producteur forestier pourrait être tenu responsable des dommages résultant de l’opération de chargement. De plus, le transporteur pourrait refuser de charger le bois.

Les producteurs ne doivent pas perdre de vue qu’une telle opération comporte des risques dont la gravité est influencée par la configuration de la route, les conditions climatiques et l’état de la chaussée.

Parmi les règles élémentaires à observer, il y a l’obligation de ne pas obstruer complètement la voie et la nécessité de respecter une distance minimale de six pieds entre l’accotement et l’empilement. S’il y a présence d’un fossé, on doit faire l’empilement du côté de sa propriété et éviter que la machinerie forestière roule sur la voie publique.

Ne pas oublier que le chargement à partir d’un chemin public impose au propriétaire et au transporteur de nettoyer la voie des déchets engendrés par l’opération. S’il y a des résidences à proximité, il faut planifier le chargement à des heures raisonnables afin de faire preuve de civilité.

 

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition mai 2017.

Des tracteurs pour le travail en forêt

Bien difficile de s’y retrouver dans la panoplie de tracteurs compacts conçus pour le travail forestier. Coup d’oeil sur des engins de 50 à 60 chevaux vapeur (ch) bâtis pour affronter les terrains boisés difficiles.

Antonio Carraro SN 5800

Le constructeur italien Antonio Carraro a redessiné cette année son ancien modèle TRX 6400, rebaptisé SN 5800, pour rehausser son ergonomie et l’habiller d’une carrosserie moins austère. Du coup, en arrondissant le museau, il a amélioré la facilité de conduite de ce tracteur, déjà appréciée.

Bâti sur un châssis articulé capable d’osciller de 15 degrés de part et d’autre, le SN 5800 s’adapte aux terrains accidentés de manière à garder ses quatre roues motrices bien au sol. Selon Jean Gagnon, le distributeur canadien, ce tracteur est aussi le seul du genre qui offre la possibilité de bloquer l’un ou l’autre des différentiels, ou les deux simultanément. La traction est optimisée par une répartition égale du poids sur les quatre roues.

Le SN 5800 se trouve à l’aise en forêt grâce à sa conception compacte (largeur de 1,035 m, hauteur de 2,05 m) et à son court rayon de braquage (2,87 m). Prisé par les vignerons européens, le SN 5800 est également adapté au milieu forestier grâce à l’ajout d’une lame à l’avant, d’un toit et de grilles protectrices. Un treuil peut aussi être installé à l’avant ou à l’arrière.

Doté d’un moteur quatre cylindres Yanmar de 2,2 L, ce tracteur offre une puissance de 50 ch (ou 70 ch avec le SN 7800) et une capacité de levage de 1700 kg sur les trois points arrière. Il dispose d’une transmission à 24 rapports (12/12) et d’une prise de force indépendante à commande mécanique.

Doté d'un moteur quatre cylindres Yanmar de 2,2 L, ce tracteur SN 5800 offre une puissance de 50 ch.

Zetor Major 60

« Un tracteur n’a pas la vie facile en forêt. Sa mécanique doit être simple et robuste, et doit comporter le moins de systèmes électroniques possible. Sur le Major, il n’y a qu’un minimum de fils qui peuvent se faire arracher par une branche », argue Brad Charby, concessionnaire des tracteurs Zetor à Waterloo.

C’est une tradition chez le constructeur tchèque de miser sur une conception simple et robuste pour offrir des engins fiables et faciles d’entretien. Deux ans après le lancement de sa série Major en 2013, Zetor a ajouté les modèles Major 60 et Major 80, tous deux équipés d’un moteur Zetor turbo diesel de 2,9 L. Le Major 60 dispose d’une boîte de vitesse à 24 rapports (12/12) générant une vitesse maximale de 30 km/h. Il est également doté d’une impressionnante capacité de levage de 2 450 kg.

Cela dit, selon M. Charby, le Major 60 se distingue surtout par sa traction au sol, la meilleure de sa catégorie. « D’ordinaire, les tracteurs sont munis d’une simple barre droite en guise d’essieux, alors que le Major est équipé d’essieux planétaires », souligne-t-il.

Outre un arceau de protection pour l’opérateur et des jantes forestières, le Major 60 peut être équipé de plaques sous le châssis, comme la plupart de ses concurrents. « Mais peu de clients les jugent nécessaires, car la garde au sol est élevée et le dessous du Zetor est plat. Ce véhicule est vraiment conçu pour la forêt. »

Zetor

Kubota MX5200​

La vaste gamme Kubota compte une vingtaine de tracteurs d’une puissance de 20 à 70 ch adaptables au travail en forêt. Le MX5200 est cependant particulièrement prisé par les forestiers en raison de sa manoeuvrabilité et de sa polyvalence, affirme Christian Bisson, directeur régional à Kubota Canada.

« Son empattement (1,895 m), son rayon de braquage (2,7 m) et sa garde au sol (38,5 cm) permettent de bien manoeuvrer entre les arbres et de passer au-dessus des obstacles, souligne-t-il. Il peut être équipé des accessoires et des équipements standards, mais aussi d’un chargeur frontal avec un godet ou des fourches à palettes, ou encore d’une véritable rétrocaveuse montée en quatre points capable de creuser jusqu’à une profondeur de 2,789 m. »

Le MX5200 possède une capacité de levage de 1 050 kg. Il est muni de trois valves auxiliaires à l’arrière. Son moteur diesel Kubota turbocompressé de 2,4 L
produit une puissance de 54,7 ch. Il est couplé à une boîte de vitesse manuelle à 16 rapports (8/8) ou à une transmission hydrostatique à trois gammes pour une vitesse maximale de 25,9 km/h.

À l’instar de ses concurrents, le Kubota MX5200 possède un arceau de sécurité repliable pour passer sous des branches basses ou encore des tubulures dans une érablière. Une grille frontale, d’ordinaire fournie avec le chargeur, peut être ajoutée en option.

Le Kubota MX5200 possède un arceau de sécurité repliable pour passer sous des branches basses ou encore des tubulures dans une érablière.

Mahindra 3550 PST

Le constructeur indien a lancé en 2014 sa série de tracteurs 3500 de qualité supérieure, propulsés par un moteur Mahindra de 2,7 L à injection directe. Sa particularité? Une technologie antipollution de niveau 4 qui ne nécessite aucun filtre à particules diesel (DPF) et aucun ajout de fluide d’échappement diesel (DEF). « Cette série est donc sans risque et coûte moins cher pour ce qui est de l’entretien », fait valoir Vincent Comtois, représentant au Centre agricole Wotton.

Mahindra offre deux types de transmission : une transmission manuelle (12/12) appelée Power Shuttle (PST) et une transmission hydrostatique à trois gammes (HST). À l’instar de ses frères de série, le modèle 3550 est équipé des pneus industriels les plus larges de sa catégorie (14 x 17,5 / 19,5 L x 24). « En raison de cette caractéristique, de son gabarit imposant et de son poids élevé, ce véhicule offre une traction vraiment supérieure et une sécurité accrue », avance M. Comtois.

Malgré les dimensions plutôt costaudes du tracteur, l’opérateur bénéficie d’une grande visibilité sur son travail au sol grâce au profil effilé du compartiment moteur. L’essieu avant a été renforcé de manière que le chargeur frontal puisse soulever une charge maximale de 1 400 kg à pleine hauteur. Détail utile : la grille frontale se rabat pour un accès plus facile au moteur.

Soulignons que le groupe motopropulseur est garanti pour une durée de sept ans (ou 3 000 heures, selon la première éventualité), ce qui est la meilleure assurance offerte au Canada.

Mahindra

John Deere 5055E

« Comme le 5055E est un tracteur économique, sa mécanique est simple et fiable. Il comporte peu d’éléments électroniques, ce qui réduit le risque de défaillance. Tomber en panne, c’est ce qu’on veut éviter en forêt », souligne Réal Tremblay, représentant chez le concessionnaire Agritex.

Misant sur une mécanique éprouvée, le constructeur de l’Illinois a en effet couplé le moteur 2,9 L turbocompressé à une simple transmission à 12 rapports (9/3) à inversion synchronisée pour les travailleurs qui recherchent l’économie. Il offre également en option une transmission à 24 rapports (12/12) avec inverseur électro-hydraulique au volant pour ceux qui privilégient l’efficacité et la simplicité d’opération. Le conducteur peut régler l’inversion à sa guise à l’aide d’un bouton rotatif.

Les essieux, équipés de réducteurs finaux à planétaires, confèrent aussi au véhicule une fiabilité et une solidité à long terme, souligne Rémi Bourgault, spécialiste chez John Deere Canada. De plus, le châssis, solide, n’a pas besoin d’être renforcé pour accueillir un chargeur à attache rapide capable de soulever 1 610 kg.

Détails non négligeables : le châssis comporte de nombreux points d’ancrage pour une installation simple et peu coûteuse de plaques de protection ventrales et d’un grillage frontal. Le grand dégagement aux ailes arrière permet aussi l’utilisation de chaînes.

Le tuyau d’échappement vertical peut gêner les manoeuvres en forêt dense, mais une sortie au sol est proposée en option.

 

John Deere

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition février 2017.

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