L’empilement du bois, de bonnes pratiques à maîtriser

Les producteurs ont tout intérêt à adopter de bonnes pratiques au moment d’empiler leur bois afin d’assurer la sécurité des personnes qui manutentionnent les billes et de faciliter la cueillette de celles-ci par les transporteurs.

Dans plusieurs régions du Québec, les syndicats de producteurs forestiers multiplient les campagnes
d’information et de sensibilisation sur l’empilement du bois.

En vue de réaliser le travail convenablement, le producteur doit tenir compte de deux facteurs importants : l’emplacement et la méthode d’empilement.

L’endroit où les billes seront empilées doit être choisi judicieusement pour faciliter la manutention du bois par le transporteur et respecter la réglementation.

Il faut reconnaître que les règlements municipaux sur la question ne sont pas uniformes. Le producteur a donc tout intérêt à consulter la réglementation de sa localité ou de sa MRC, car on impose parfois une distance minimale pouvant aller jusqu’à 30 m de la route pour limiter l’impact visuel sur les paysages.

Par exemple, sur une route numérotée, il n’est pas permis de charger le bois à partir de l’emprise du chemin public.

Il peut aussi y avoir des exigences particulières encadrant l’installation des ponceaux pour le fossé à l’entrée du chemin, une largeur maximale de déboisement ainsi qu’une superficie maximale pour l’aire d’empilement du bois.

De plus, si l’empilement est situé loin sur sa propriété, à une bonne distance du chemin principal, le producteur doit s’assurer que le camion-remorque puisse atteindre le bois sans difficulté. Bref, il faut que le chemin du producteur offre une bonne portée pour éviter que le camion s’enlise et assurer un dégagement des branches en largeur et en hauteur.

Il n’est pas rare que des camionneurs refusent de s’aventurer sur un chemin jugé hasardeux. Certes, les producteurs peuvent circuler sans difficulté sur leur chemin avec leur propre véhicule, mais ils doivent prendre en compte les contraintes d’un camion de 50 pieds.

Afin de faciliter l’accès à l’empilement de bois, le chemin idéal devrait donc avoir une surface de roulement d’une largeur supérieure à 12 pieds, n’avoir ni pente ni courbe trop abrupte et offrir un espace permettant au camion de se retourner. De plus, son entrée sera plus large pour faciliter les manoeuvres du camion (environ de 20 à 30 pieds).

Cet empilement fera perdre du temps au transporteur pour démêler cet amoncellement de billes.
Ce chemin est idéal : suffisamment large, il offre de l'espace pour manoeuvrer. Les billes de 4 pieds ou 8 pieds sont disposées perpendiculairement au chemin, sans être trop loin du chemin principal.

« Lorsque le camionneur nous en a parlé, on n’a pas hésité à rapprocher notre bois, a expliqué Alexis Bournival, de la ferme Les Terres maraîchères Norvie, à Saint-Étienne-des-Grès, en Mauricie. On s’est rendu compte que notre chemin forestier comportait une pente trop abrupte. Ce n’était pas beaucoup plus difficile pour moi de rapprocher le bois pour éviter des problèmes avec le camion-remorque. »

En hiver, le chemin d’accès doit évidemment être déneigé. Il faut aussi s’assurer que les obstacles sont bien visibles, par exemple les fossés dans lesquels le camion ou sa remorque pourraient s’enliser.

« C’est une question de sécurité et d’économie, explique Benoit Lévesque, technicien forestier au Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie. Un camionneur pourrait subir des pertes importantes si l’opération de chargement prend trop de temps parce qu’elle se fait dans des conditions difficiles. »

Si le bois est empilé en bordure d’un chemin employé par d’autres utilisateurs (des villégiateurs, par exemple), le producteur devra prévoir un espace suffisant pour empêcher que le camion bloque complètement la voie. L’opération de chargement ne pourra être interrompue afin de laisser passer un autre véhicule. Puis, le producteur ne doit pas perdre de vue que le transporteur a besoin d’espace au cours du chargement. Il doit donc éliminer les obstacles susceptibles d’entraver l’opération.

« Certains propriétaires hésitent à abattre des arbres, ce qui permettrait pourtant d’avoir un dégagement suffisant pour le chargement, explique Benoit Lévesque. Il faut fournir l’espace adéquat, d’autant plus que le dégagement offre un ensoleillement favorisant le séchage du bois et évitant ainsi son pourrissement hâtif. »

Sur les terres agricoles, l’empilement du bois en bordure des champs semble une bonne solution, mais le producteur ne doit pas perdre de vue que l’arrivée tardive du printemps ou de mauvaises conditions climatiques peuvent retarder la cueillette et ainsi compromettre l’utilisation des champs.

Lorsque les opérations de récolte se déroulent durant les périodes de février à mai, il faut s’assurer d’empiler son bois au bord d’un chemin sec et solide afin de permettre un transport en tout temps.

La façon d’empiler est tout aussi cruciale. Les billots tronçonnés doivent être placés perpendiculairement au chemin, et parallèlement dans le cas du bois en semi-longueur.

Le bois empilé avec soin sera plus facile à charger. Il n’est pas rare que l’opérateur de l’équipement de chargement doive « démêler » les pièces de bois pour parvenir à les charger.

Par ailleurs, les usines de transformation de bois exigent souvent de séparer les essences ou groupes d’essences, ce qui oblige à réaliser plusieurs empilements. Dans ce cas, ils doivent être distancés d’une bonne vingtaine de pouces pour favoriser l’aération et ainsi prévenir l’apparition de champignons. Cela permet aussi d’éviter que la pince du camion heurte l’amoncellement de billots se trouvant à proximité de celui qui est en cours de chargement.

L’utilisation de longerons sous le bois est également judicieuse. Ils permettent de réduire le risque que le bois gèle sur le sol et que la terre soit emportée avec le bois au moment du chargement. Le bois livré aux usines doit être exempt de saletés.

Tous ces conseils auront pour effet de faciliter le travail de chargement. Ils favoriseront aussi les bonnes relations entre producteurs et transporteurs et contribueront à la rentabilité des opérations.

Le technicien forestier Benoit Lévesque constate que cet empilement, même s'il ne se trouve pas sous la ligne électrique, n'en est pas suffisamment éloigné.
Pour une question de sécurité, un transporteur refusera de charger le bois empilé sous une ligne électrique.

La sécurité avant tout

Au moment de placer son bois, le producteur doit également considérer la présence de fils électriques et de lignes haute tension.

« C’est certain que les transporteurs vont refuser de charger le camion si le bois se trouve trop près d’une ligne électrique, explique Benoit Lévesque. Il n’y a pas de risque à prendre, même si ce refus engendre des pertes pour le camionneur qui se sera déplacé inutilement. La sécurité est prioritaire. »

Protéger les routes lors du chargement de bois

Tenez-vous-le pour dit : il n’est pas permis d’effectuer une opération de chargement de bois à partir d’une route provinciale. En ce qui concerne les chemins et les routes municipales, tout dépend de la réglementation en vigueur dans chaque localité.

Lorsque la réglementation le permet, il y a des règles à respecter pour éviter la détérioration de la chaussée et préserver la sécurité du public. Le producteur forestier pourrait être tenu responsable des dommages résultant de l’opération de chargement. De plus, le transporteur pourrait refuser de charger le bois.

Les producteurs ne doivent pas perdre de vue qu’une telle opération comporte des risques dont la gravité est influencée par la configuration de la route, les conditions climatiques et l’état de la chaussée.

Parmi les règles élémentaires à observer, il y a l’obligation de ne pas obstruer complètement la voie et la nécessité de respecter une distance minimale de six pieds entre l’accotement et l’empilement. S’il y a présence d’un fossé, on doit faire l’empilement du côté de sa propriété et éviter que la machinerie forestière roule sur la voie publique.

Ne pas oublier que le chargement à partir d’un chemin public impose au propriétaire et au transporteur de nettoyer la voie des déchets engendrés par l’opération. S’il y a des résidences à proximité, il faut planifier le chargement à des heures raisonnables afin de faire preuve de civilité.

 

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition mai 2017.

Des tracteurs pour le travail en forêt

Bien difficile de s’y retrouver dans la panoplie de tracteurs compacts conçus pour le travail forestier. Coup d’oeil sur des engins de 50 à 60 chevaux vapeur (ch) bâtis pour affronter les terrains boisés difficiles.

Antonio Carraro SN 5800

Le constructeur italien Antonio Carraro a redessiné cette année son ancien modèle TRX 6400, rebaptisé SN 5800, pour rehausser son ergonomie et l’habiller d’une carrosserie moins austère. Du coup, en arrondissant le museau, il a amélioré la facilité de conduite de ce tracteur, déjà appréciée.

Bâti sur un châssis articulé capable d’osciller de 15 degrés de part et d’autre, le SN 5800 s’adapte aux terrains accidentés de manière à garder ses quatre roues motrices bien au sol. Selon Jean Gagnon, le distributeur canadien, ce tracteur est aussi le seul du genre qui offre la possibilité de bloquer l’un ou l’autre des différentiels, ou les deux simultanément. La traction est optimisée par une répartition égale du poids sur les quatre roues.

Le SN 5800 se trouve à l’aise en forêt grâce à sa conception compacte (largeur de 1,035 m, hauteur de 2,05 m) et à son court rayon de braquage (2,87 m). Prisé par les vignerons européens, le SN 5800 est également adapté au milieu forestier grâce à l’ajout d’une lame à l’avant, d’un toit et de grilles protectrices. Un treuil peut aussi être installé à l’avant ou à l’arrière.

Doté d’un moteur quatre cylindres Yanmar de 2,2 L, ce tracteur offre une puissance de 50 ch (ou 70 ch avec le SN 7800) et une capacité de levage de 1700 kg sur les trois points arrière. Il dispose d’une transmission à 24 rapports (12/12) et d’une prise de force indépendante à commande mécanique.

Doté d'un moteur quatre cylindres Yanmar de 2,2 L, ce tracteur SN 5800 offre une puissance de 50 ch.

Zetor Major 60

« Un tracteur n’a pas la vie facile en forêt. Sa mécanique doit être simple et robuste, et doit comporter le moins de systèmes électroniques possible. Sur le Major, il n’y a qu’un minimum de fils qui peuvent se faire arracher par une branche », argue Brad Charby, concessionnaire des tracteurs Zetor à Waterloo.

C’est une tradition chez le constructeur tchèque de miser sur une conception simple et robuste pour offrir des engins fiables et faciles d’entretien. Deux ans après le lancement de sa série Major en 2013, Zetor a ajouté les modèles Major 60 et Major 80, tous deux équipés d’un moteur Zetor turbo diesel de 2,9 L. Le Major 60 dispose d’une boîte de vitesse à 24 rapports (12/12) générant une vitesse maximale de 30 km/h. Il est également doté d’une impressionnante capacité de levage de 2 450 kg.

Cela dit, selon M. Charby, le Major 60 se distingue surtout par sa traction au sol, la meilleure de sa catégorie. « D’ordinaire, les tracteurs sont munis d’une simple barre droite en guise d’essieux, alors que le Major est équipé d’essieux planétaires », souligne-t-il.

Outre un arceau de protection pour l’opérateur et des jantes forestières, le Major 60 peut être équipé de plaques sous le châssis, comme la plupart de ses concurrents. « Mais peu de clients les jugent nécessaires, car la garde au sol est élevée et le dessous du Zetor est plat. Ce véhicule est vraiment conçu pour la forêt. »

Zetor

Kubota MX5200​

La vaste gamme Kubota compte une vingtaine de tracteurs d’une puissance de 20 à 70 ch adaptables au travail en forêt. Le MX5200 est cependant particulièrement prisé par les forestiers en raison de sa manoeuvrabilité et de sa polyvalence, affirme Christian Bisson, directeur régional à Kubota Canada.

« Son empattement (1,895 m), son rayon de braquage (2,7 m) et sa garde au sol (38,5 cm) permettent de bien manoeuvrer entre les arbres et de passer au-dessus des obstacles, souligne-t-il. Il peut être équipé des accessoires et des équipements standards, mais aussi d’un chargeur frontal avec un godet ou des fourches à palettes, ou encore d’une véritable rétrocaveuse montée en quatre points capable de creuser jusqu’à une profondeur de 2,789 m. »

Le MX5200 possède une capacité de levage de 1 050 kg. Il est muni de trois valves auxiliaires à l’arrière. Son moteur diesel Kubota turbocompressé de 2,4 L
produit une puissance de 54,7 ch. Il est couplé à une boîte de vitesse manuelle à 16 rapports (8/8) ou à une transmission hydrostatique à trois gammes pour une vitesse maximale de 25,9 km/h.

À l’instar de ses concurrents, le Kubota MX5200 possède un arceau de sécurité repliable pour passer sous des branches basses ou encore des tubulures dans une érablière. Une grille frontale, d’ordinaire fournie avec le chargeur, peut être ajoutée en option.

Le Kubota MX5200 possède un arceau de sécurité repliable pour passer sous des branches basses ou encore des tubulures dans une érablière.

Mahindra 3550 PST

Le constructeur indien a lancé en 2014 sa série de tracteurs 3500 de qualité supérieure, propulsés par un moteur Mahindra de 2,7 L à injection directe. Sa particularité? Une technologie antipollution de niveau 4 qui ne nécessite aucun filtre à particules diesel (DPF) et aucun ajout de fluide d’échappement diesel (DEF). « Cette série est donc sans risque et coûte moins cher pour ce qui est de l’entretien », fait valoir Vincent Comtois, représentant au Centre agricole Wotton.

Mahindra offre deux types de transmission : une transmission manuelle (12/12) appelée Power Shuttle (PST) et une transmission hydrostatique à trois gammes (HST). À l’instar de ses frères de série, le modèle 3550 est équipé des pneus industriels les plus larges de sa catégorie (14 x 17,5 / 19,5 L x 24). « En raison de cette caractéristique, de son gabarit imposant et de son poids élevé, ce véhicule offre une traction vraiment supérieure et une sécurité accrue », avance M. Comtois.

Malgré les dimensions plutôt costaudes du tracteur, l’opérateur bénéficie d’une grande visibilité sur son travail au sol grâce au profil effilé du compartiment moteur. L’essieu avant a été renforcé de manière que le chargeur frontal puisse soulever une charge maximale de 1 400 kg à pleine hauteur. Détail utile : la grille frontale se rabat pour un accès plus facile au moteur.

Soulignons que le groupe motopropulseur est garanti pour une durée de sept ans (ou 3 000 heures, selon la première éventualité), ce qui est la meilleure assurance offerte au Canada.

Mahindra

John Deere 5055E

« Comme le 5055E est un tracteur économique, sa mécanique est simple et fiable. Il comporte peu d’éléments électroniques, ce qui réduit le risque de défaillance. Tomber en panne, c’est ce qu’on veut éviter en forêt », souligne Réal Tremblay, représentant chez le concessionnaire Agritex.

Misant sur une mécanique éprouvée, le constructeur de l’Illinois a en effet couplé le moteur 2,9 L turbocompressé à une simple transmission à 12 rapports (9/3) à inversion synchronisée pour les travailleurs qui recherchent l’économie. Il offre également en option une transmission à 24 rapports (12/12) avec inverseur électro-hydraulique au volant pour ceux qui privilégient l’efficacité et la simplicité d’opération. Le conducteur peut régler l’inversion à sa guise à l’aide d’un bouton rotatif.

Les essieux, équipés de réducteurs finaux à planétaires, confèrent aussi au véhicule une fiabilité et une solidité à long terme, souligne Rémi Bourgault, spécialiste chez John Deere Canada. De plus, le châssis, solide, n’a pas besoin d’être renforcé pour accueillir un chargeur à attache rapide capable de soulever 1 610 kg.

Détails non négligeables : le châssis comporte de nombreux points d’ancrage pour une installation simple et peu coûteuse de plaques de protection ventrales et d’un grillage frontal. Le grand dégagement aux ailes arrière permet aussi l’utilisation de chaînes.

Le tuyau d’échappement vertical peut gêner les manoeuvres en forêt dense, mais une sortie au sol est proposée en option.

 

John Deere

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition février 2017.

Impact des millénariaux sur la demande de maisons aux États-Unis

Contrairement aux précédents cycles économiques, on constate que le nombre de maisons construites est en dessous de la demande historique des 50 dernières années. En effet, la Banque TD estime qu’avec le niveau de croissance économique et démographique des dernières années, la construction de maisons aurait dû être beaucoup plus élevée aux États-Unis.

Depuis la crise immobilière, les années 2017 et 2018 ont été les deux meilleures années des mises en chantier avec près de 1,2 million d’unités (graphique 1). Cependant, ce niveau correspond aux périodes de crise économique des dernières décennies. Lorsqu’on examine de plus près cette problématique, on remarque que le segment des maisons unifamiliales a beaucoup plus de difficulté à rejoindre la moyenne historique contrairement au segment des logements multifamiliaux (graphiques 2 et 3). Plusieurs raisons ont été soulevées afin de comprendre la source de cet écart. Cependant, toutes semblent pointer vers les difficultés des millénariaux à accéder à la propriété.

Les millénariaux sont nés entre 1982 et 2000. Ils forment maintenant la plus grande génération d’Américains avec plus du quart de la population des États-Unis. Cette génération de 83,1 millions de personnes surpasse en nombre la génération des baby-boomers qui représente 75,4 millions de personnes. Puisque la grande majorité des millénariaux sont maintenant âgés entre 25 et 34 ans, l’étude de cette cohorte devient très intéressante afin de comprendre la trajectoire des mises en chantier aux États-Unis. En effet, cette cohorte génère maintenant environ la moitié de la demande de constructions neuves aux États-Unis. Cette forte consommation de maisons de la part de cette tranche d’âge est beaucoup plus importante dans le segment des maisons d’entrée de gamme. La vigueur de la demande dans ce dernier segment à un effet considérable sur des gammes de maisons plus dispendieuses. En effet, la nouvelle demande de maison d’entrée de gamme permet à l’ancienne cohorte des 25-34 ans de vendre leur première maison d’entrée de gamme et de stimuler la demande de maisons plus dispendieuses. Cette dynamique implique que la demande de maisons de la cohorte des 25-34 ans à des effets collatéraux importants sur le reste du marché immobilier.

Diminution du taux d’accès à la propriété

Dans les années 1990 et 2000, le taux d’accès à la propriété était de près de 46 % chez les jeunes de 25-34 ans. En 2016, ce taux chez les jeunes était de 38 %. Selon la National Association of House Builders (NAHB), cette diminution du taux de formation de ménage depuis 2008 a eu un impact négatif de près de 2,4 millions d’unités sur les mises en chantier américaines. Ce manque à gagner est immense et représente environ 2 années entières de mises en chantier aux niveaux actuels. La NAHB estime qu’il est peu probable que les jeunes de 25-34 ans repoussent leur achat de maison à plus tard puisque la cohorte suivante, les 35-44 ans, a elle aussi enregistré une diminution notable du taux d’accès à la propriété au cours de la même période.

Toutefois, il est important de mentionner que cette diminution du taux d’accès à la propriété aux États-Unis est polarisée sur le plan géographique. Effectivement, les États côtiers comme la Californie, le New Jersey, New York et la Floride enregistrent un très faible taux de formation des ménages, comparativement à la moyenne nationale. Par contre, les États du Midwest, beaucoup plus ruraux, ont de meilleurs taux. Cette diminution du taux d’accès à la propriété implique que les jeunes trouvent des moyens plus abordables de se loger. De 2000 à 2016, la proportion de jeunes adultes âgés de 25 à 34 ans qui habitent avec leur parent est passée de 11,6 % à plus de 21,1 %. On observe également une augmentation de 3,7 % à 5,2 % des jeunes adultes qui habitent avec leur famille élargie et de 5,1 % à 7,5 % pour ceux en cohabitation. Au global, c’est deux fois plus de jeunes qui choisissent une alternative de cohabitation à l’achat d’une maison.

Dans un contexte où la demande de maisons est en dessous du potentiel, il est important de comprendre les motivations de la cohorte des 24-35 ans à retarder l’achat d’une propriété. En effet, la décomposition des facteurs affectant les comportements de ces consommateurs permet de mieux comprendre l’écart entre la demande actuelle et potentielle. Certains facteurs semblent avoir un caractère temporaire, alors que d’autres sont reliés à différentes composantes sociodémographiques.

Perte de pouvoir d’achat

Selon la Banque TD, la différence entre le taux de croissance des salaires et des prix des maisons est le principal élément qui réduit l’accès à la propriété. Lors des 3 dernières décennies, le revenu réel médian des Américains âgés entre 25 et 44 ans a décliné. Entre 1999 et 2013, le salaire réel médian des 25-34 ans a chuté de 36 794 $ US à moins de 31 863 $ US (-13 %). Durant cette période, le prix des maisons a augmenté de 13 %. Cet écart entre le revenu réel médian et le prix des maisons est également perceptible au cours des dernières années où la dynamique des prix était différente. En effet, les salaires ont augmenté de 10 % entre 2011 et 2017. Quant au prix des maisons, il a augmenté de plus de 32 % durant le même intervalle. Encore une fois, le prix des maisons a eu une trajectoire beaucoup plus favorable que les salaires. Ainsi, l’institution financière Freddie Mac estime que cette réalité explique environ la moitié de la diminution du taux de formation des ménages aux États-Unis entre 2000 et 2016.

L’importance de la dette étudiante

En 2018, l’ensemble de la dette étudiante américaine s’élevait à plus de 1 500 milliards de dollars américains et représentait environ 10 % de tous les prêts aux États-Unis. Ce sommet a été atteint en raison d’une croissance soutenue au cours des 12 dernières années. Entre 2006 et 2018, la dette étudiante réelle moyenne par personne de 24 à 35 ans a plus que doublé. Elle est passée de 6 000 $ US à environ 15 000 $ US. Cette aggravation de la situation financière des jeunes adultes provient d’un côté de l’augmentation des montants empruntés, mais également du nombre d’étudiants nécessitant un prêt. En effet, la proportion des étudiants nécessitant un prêt est passée de 30 à 40 % entre 2005 et 2014. Cette forte hausse de la dette concorde avec la baisse du taux de formation des ménages chez les jeunes adultes aux États-Unis. Un sondage conjoint entre la National Association of Realtor (NAR) et le American Student Assistance estime que le premier obstacle à l’achat d’une maison chez les jeunes adultes non-propriétaires est la présence d’une dette étudiante. Évidemment, une plus grande partie des revenus est octroyée aux paiements des prêts étudiants. Il est donc plus difficile pour cette cohorte d’épargner pour une mise de fond. De plus, cette charge se traduit souvent par une réduction du pointage de crédit. Cette diminution impacte directement leur capacité à se qualifier pour un prêt hypothécaire. Selon la Federal Reserve (FED), la forte augmentation des emprunts reliés aux études postsecondaires expliquerait environ 20 % du déclin dans le taux de formation des ménages chez les jeunes adultes entre 2005 et 2014.

Repoussement de l’âge médian du mariage et de la naissance des enfants

Le taux de formation des ménages est fortement affecté par l’âge médian du mariage. Selon le US Census Bureau (USCB), entre 1975 et 2018, l’âge médian du mariage est passé de 21 à plus de 27 ans pour les femmes et de 24 à 30 ans chez les hommes. Cette augmentation de l’âge médian du mariage coïncide avec la diminution de la proportion de jeunes femmes au foyer, qui est passée de 43 à 14 % durant la même période. Cette lourde tendance commencée depuis les années 1970 s’est amplifiée à la suite de la Grande Récession de 2008. Selon l’étude de V.K. Oppenheimer (2003) relayée par le USCB, les jeunes adultes sont moins susceptibles de se marier ou de fonder une famille lorsqu’ils s’inquiètent de leur situation financière comme c’est le cas lors d’une grave récession économique. Puisque le mariage est habituellement précurseur de l’achat d’une maison, on peut en déduire que les Américains seront moins longtemps propriétaires d’une maison au cours de leur vie. C’est cette réduction du temps de propriété qui a un impact négatif sur le taux de formation des ménages. Par conséquent, l’augmentation de l’âge médian du mariage pèse sur la demande de maisons et fait en sorte qu’elle est moins importante que chez les générations précédentes.

Diversité ethnique 

Le U.S. Census Bureau estime que la population des personnes de 15 ans et plus augmentera de 2,3 millions chaque année au cours des 5 prochaines années. De cette croissance, c’est la cohorte des 30-34 ans qui croîtra le plus rapidement avec près de 450 000 nouveaux membres chaque année. Cependant, la composition ethnique de cette cohorte est bien différente des précédents cycles économiques. Effectivement, la Banque TD soulève qu’environ 85 % de cette augmentation de la population proviendra de minorités visibles. Cette plus grande diversité ethnique chez les millénariaux implique des choix de consommation différents. En effet, les taux de formation des ménages des Afro-Américains et des Hispaniques sont 40 % moins élevés que ceux des blancs. Cette nouvelle composition de la croissance de la population fait en sorte que le taux de formation des ménages sera moins important que par le passé. Ce facteur creusera donc l’écart entre la demande potentielle, observée dans des contextes de croissance démographique similaires, et la demande réelle.

Urbanité des millénariaux

Comparativement aux années 2000, la génération actuelle des 25-34 ans est beaucoup plus urbaine. Cette migration des millénariaux éduqués vers les grands centres fait partie d’un phénomène plus large nommé le « Rural Brain Drain ». Entre 2000 et 2016, la population de jeunes habitants en milieu urbain est passée de 62,8 % à 81,6 %. Ceci s’explique en partie par le fait que les jeunes adultes détenant un prêt étudiant qui quittent un milieu rural pour un milieu urbain (individus ruraux à urbains) performent mieux sur le plan financier que ceux qui ne déménagent pas (individus ruraux). La FED estime que ceux-ci (individus ruraux à urbains) payent deux fois plus rapidement leur prêt étudiant et sont beaucoup plus susceptibles de contracter une hypothèque. Après 1 an d’activité sur le marché du travail, 14 % des « individus ruraux à urbains » ont contracté un prêt hypothécaire, contre seulement 4 % chez les « individus ruraux ». Après 3 ans sur le marché du travail, l’écart se creuse davantage avec près de 25 % pour le premier groupe et seulement 8 % pour le deuxième groupe. Cet incitatif vers les régions métropolitaines augmente considérablement le prix des maisons et réduit ainsi l’accessibilité à la propriété. De plus, cette tendance vers les grands centres réduit la demande de maisons unifamiliales puisque celles-ci sont beaucoup plus abordables dans les banlieues ou les milieux ruraux.

Conclusion

Selon la NAHB, il est clair que la tendance des dernières années démontre qu’une part croissante des jeunes adultes a plus de difficulté à accéder à la propriété que les cohortes de 25-34 ans précédentes. Tel que mentionné dans cette synthèse,  l’une des principales causes est reliée à la perte de pouvoir d’achat des jeunes adultes. De plus, l’augmentation de la dette étudiante réduit la capacité financière de ceux-ci et limite ainsi leur chance d’accéder à la propriété. Outre les facteurs monétaires directs, certains facteurs sociodémographiques sont à l’œuvre dans la diminution de la demande de maisons. En effet, le repoussement de l’âge médian du mariage entamé depuis les années 1980 provoque un retardement de la formation des ménages. On constate également que la plus grande diversité ethnique des millénariaux a un impact négatif sur l’accès à la propriété, puisque les Afro-Américains et les Hispaniques ont des taux de formation des ménages plus faibles que les blancs. Finalement, de plus en plus de jeunes adultes préfèrent les milieux urbains, ce qui cause une augmentation des prix dans ces milieux, rendant l’accès à la propriété plus difficile.

Selon la Banque TD, la progression des salaires devrait être plus importante que l’augmentation du prix des maisons en 2019. En effet, le prix des maisons est appelé à se stabiliser et les salaires devraient augmenter de façon plus importante au cours des prochaines années. Ce changement de tendance aura pour effet d’accroître le pouvoir d’achat des jeunes adultes. Étant donné que l’écart entre le prix des maisons et les salaires est le principal élément qui affaiblit la demande de maisons, la Banque TD estime que le secteur devrait pouvoir connaître un rebond au cours de la prochaine année grâce au déblocage de la demande de maisons des jeunes adultes.

Sources:
[NAHB] 2018. Living Arrangement of Young Adults. Repéré à https://www.nahb.org/research/housing-economics/economic-and-housing-forecasts/living-arrangements-of-young-adults.aspx,  8 mai 2019.

[NAHB] 2018. Living Arrangement of Young Adults. Repéré à http://www.nahbclassic.org/generic.aspx?sectionID=734&genericContentID=262638&channelID=311,  8 mai 2019

[TD] 2018.Room to Grow : U.S. Housing Demand to rebound from 2018 Setback. Repéré à https://economics.td.com/us-housing-2019,  8 mai 2019.

[URBAN INSTITUTE] 2015. Headship and Homeownership. Repéré à https://www.urban.org/sites/default/files/2000257-headship-and-homeownership-what-does-the-future-hold.pdf, 8 mai 2019.

[CIBC] 2019.Commodities Forecast Detail. Repéré à https://economics.cibccm.com/economicsweb/cds?ID=6471&TYPE=EC_PDF,  8 mai 2019.

[FED] 2019.Consumer Price Index. Repéré à https://www.minneapolisfed.org/community/financial-and-economic-education/cpi-calculator-information/consumer-price-index-and-inflation-rates-1913,  8 mai 2019.

[FRED] 2019. S&P/Case-Shiller U.S. National Home Price Index. Repéré à https://fred.stlouisfed.org/series/CSUSHPISA,  8 mai 2019.

[US CENSUS] 2019.Median Income and Sex. Repéré à https://www.census.gov/data/tables/time-series/demo/income-poverty/historical-income-people.html,  8 mai 2019.

[US CENSUS] 2019. Millennials Outnumber Baby Boomers and Are Far More Diverse, Census Bureau Reports. Repéré à https://www.census.gov/newsroom/press-releases/2015/cb15-113.html,  8 mai 2019.

[US CENSUS] 2019. Historical Marital Status Tables. Repéré à https://www.census.gov/data/tables/time-series/demo/families/marital.html,  8 mai 2019.

[US CENSUS] 2019. The Changing Economics and Demographics of Young Adulthood: 1975–2016. Repéré à https://www.census.gov/content/dam/Census/library/publications/2017/demo/p20-579.pdf,  8 mai 2019.

[FREDDIEMAC] 2018. Locked Out? Are Rising Housing Costs Barring Young Adults from Buying their First Homes? Repéré à http://www.freddiemac.com/research/insight/20180628_rising_housing_costs.page,  8 mai 2019.

[FREDDIEMAC] 2019. While Seniors Age in Place, Millennials Wait Longer and May Pay More for their First Homes. Repéré à http://www.freddiemac.com/research/insight/20190206_seniors_age_millennials_wait.page?,  8 mai 2019.

[FREDDIEMAC] 2018. Why is Adulting Getting Harder? Young Adults and Household Formation. Repéré à http://www.freddiemac.com/research/insight/20180316_adulting.page?,  8 mai 2019.

[FREDDIEMAC] 2018. The Major Challenge of Inadequate U.S. Housing Supply. Repéré à http://www.freddiemac.com/research/insight/20181205_major_challenge_to_u.s._housing_supply.page?,  8 mai 2019.

[FREDDIEMAC] 2018. Locked Out? Are Rising Housing Costs Barring Young Adults from Buying their First Homes? Repéré à http://www.freddiemac.com/research/insight/20180628_rising_housing_costs.page?,  8 mai 2019.

[FED] 2019.Consumer & community Context. Repéré à https://www.federalreserve.gov/publications/files/consumer-community-context-201901.pdf,  8 mai 2019.

[NAR] 2017. Student Loan Debt and Housing Report 2017 When Debt Holds You Back. Repéré à https://www.nar.realtor/sites/default/files/documents/2017-student-loan-debt-and-housing-09-26-2017.pdf,  8 mai 2019.

[V.K. OPPENHEIMER] 2003. Cohabiting and Marriage During Young Men’s CareerDevelopment Process. Repéré à https://www.census.gov/content/dam/Census/library/publications/2017/demo/p20-579.pdf,  8 mai 2019.

Soutenez la bourse commémorative Peter-deMarsh

Un défenseur des collectivités qui dépendent des forêts

 

Les collectivités qui dépendent des forêts au Canada et dans le monde ont perdu un défenseur, le 10 mars dernier, quand un avion d’Ethiopian Airlines s’est écrasé peu après le décollage, tuant les 157 personnes qui se trouvaient à bord. Peter deMarsh se rendait à une conférence des Nations unies sur l’environnement à Nairobi.

À titre de président de l’Alliance internationale pour la foresterie familiale, Peter défendait le rôle des 25 millions de propriétaires de forêt familiale dans le monde. Il était aussi le président de la Fédération canadienne des propriétaires de boisés.

Peter vivait dans le petit village de Taymouth, au Nouveau-Brunswick, où son engagement en faveur de l’environnement était reconnu, pour avoir démarré un programme local de recyclage, tout en intervenant sur la scène mondiale pour défendre la foresterie durable et le développement rural. Ayant la réputation d’apporter ses bottes de randonnée poussiéreuses partout où il allait, il a laissé son empreinte à travers la planète.

Pour célébrer l’héritage de Peter et poursuivre sa défense passionnée des forêts et du développement rural, la Fédération canadienne des propriétaires de boisés et l’Alliance internationale pour la foresterie familiale, en collaboration avec l’UPA-Développement international, instituent la bourse commémorative Peter-deMarsh, qui sera remise annuellement.

Aidez-nous dans notre effort pour soutenir la prochaine génération d’étudiants et d’organismes communautaires ruraux qui incarnent l’esprit de Peter et son engagement envers le développement rural. Nous espérons obtenir assez de soutien pour pouvoir célébrer l’héritage de Peter et poursuivre son important travail de deux façons:

• des bourses pour des étudiants diplômés canadiens ou étrangers admissibles qui mènent des recherches dans une université canadienne sur le développement communautaire rural, les associations de propriétaires de boisés ou le rôle des propriétaires de boisés pour aider à résoudre les enjeux locaux, nationaux et internationaux en matière d’égalité, de développement et de durabilité de l’environnement.

• du soutien financier pour aider des représentants d’organismes communautaires canadiens ou étrangers à participer à des conférences internationales sur le développement des collectivités rurales par la foresterie.

Faites un don pour la bourse commémorative Peter-deMarsh

Pour les organismes, un don minimal de 5 000 $ est suggéré pour nous permettre d’atteindre notre objectif de 100 000 $. Les particuliers sont aussi encouragés à faire des dons.

Si vous souhaitez contribuer à la bourse commémorative Peter-deMarsh en éducation, vous avez trois possibilités :

  1. Faire un don par le biais de GoFundMe.com sur la page de Peter deMarsh.
  2. Envoyer un chèque à l’ordre de la Fédération canadienne des propriétaires de boisés (555, boulevard Roland-Therrien, bureau 565, Longueuil, Québec,  J4H 4E7 Canada).
  3. Envoyer un chèque à l’ordre de l’UPA — Développement international, si vous voulez recevoir un reçu aux fins du calcul de l’impôt (555, boulevard Roland-Therrien, bureau 020
    Longueuil, Québec,  J4H 4E7 Canada).
Peter se consacrait à soutenir la foresterie familiale partout dans le monde. Il défendait des principes moraux et humains. Il ne pouvait supporter l’exploitation humaine en quelque lieu que ce soit. Son esprit combatif pour ses valeurs était remarquable. Peter était un être humain exceptionnel, un mentor et un ami aimé de ses collègues.
Lennart Ackzell
Membre du conseil d’administration de l’Alliance internationale pour la foresterie familiale
Peter était un fier Néo-Brunswickois, dont on se souviendra avec affection du travail au sein de l’Association communautaire de Taymouth et de l’Alliance internationale pour la foresterie familiale
Blaine Higgs
Premier ministre du Nouveau-Brunswick
Une victime néo-brunswickoise de l’écrasement en Éthiopie restera en mémoire pour son combat pour les gens ordinaires.
CBC News
Marcher en forêt avec Peter était une expérience en soi. Il était la bienveillance même.
Bob Austman
Membre du conseil d’administration de l’Association des propriétaires de boisés du Manitoba
Croyant fermement que les dizaines de millions de propriétaires de boisés dans le monde partagent les mêmes réalités et les mêmes expériences, Peter a travaillé toute sa vie à les convaincre d’agir collectivement au sein d’organismes pour faire valoir leurs intérêts et partager ce qu’ils apprennent.
Marc-André Côté
Directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec
Il n’est pas étonnant que le dernier vol de Peter dût l’amener à une conférence sur les changements climatiques à Nairobi. Peter était un philosophe, et tout le monde au Nouveau-Brunswick aurait été fier de l’avoir comme porte-parole sur la scène mondiale sur cette question aussi urgente que déterminante.
Joe O’Neill
Vice-président de la Division des boisés de Repap Resources Group (retraité)
Peter avait le don de nous mettre à l’aise et de nous rassembler pour atteindre des objectifs communs et faire progresser les collectivités rurales.
Kathy Abusow
Présidente-directrice générale, Sustainable Forestry Initiative

L’annonce de la reconduction du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées 2019 en images

Ce n’est pas tous les jours que deux ministres se déplacent chez un producteur forestier pour faire une annonce. Ce 9 juillet, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et ministre responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue et de la région du Nord-du-Québec, Pierre Dufour, et la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation et ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest, ont annoncé la reconduction du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées (PAMVFP), directement du boisé du président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, Pierre-Maurice Gagnon. 

Crédits photos: Daniel Fillion

Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées: le MFFP annonce 28,5 M$ par année pour 3 ans

Longueuil, le 9 juillet 2019. – La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) se réjouit de la reconduction du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées (PAMVFP) pour 3 ans avec un investissement de 28,5 M$ par année. Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), M. Pierre Dufour, en a fait l’annonce aujourd’hui à Saguenay, en compagnie du président de la FPFQ, M. Pierre-Maurice Gagnon, et de plusieurs représentants du secteur forestier.

François Tremblay, député de Dubuc, Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation et ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et ministre responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue et de la région du Nord-du-Québec, et Pierre-Maurice Gagnon, président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, étaient présents pour l'annonce.

Concrètement, le programme assurera la stabilité du soutien financier gouvernemental dédié aux travaux sylvicoles en forêt privée. Cette aide est nécessaire pour initier des investissements sylvicoles présentant une faible rentabilité financière pour un propriétaire forestier, mais générant des retombées importantes pour la collectivité.

De plus, l’annonce imminente de la répartition de nouveaux crédits pour la séquestration du carbone à l’aide de travaux sylvicoles, prévus dans le dernier Budget du Québec, devrait bonifier cette enveloppe budgétaire du PAMVFP.

« Le gouvernement du Québec perçoit dorénavant la forêt privée comme une source essentielle d’approvisionnement pour l’industrie des produits forestiers, mais également comme un vecteur de services environnementaux pour la collectivité. Cette polyvalence de la forêt est un précieux atout pour le Québec », a déclaré M. Gagnon.

Rappelons que le PAMVFP offre un soutien financier aux propriétaires forestiers réalisant des travaux d’aménagement forestier. Administré par les agences régionales de mise en valeur des forêts privées, le PAMVFP soutient l’encadrement professionnel exercé par les ingénieurs forestiers et la réalisation des travaux sylvicoles admissibles en forêt.

À propos de la FPFQ

La Fédération des producteurs forestiers du Québec est l’organisation provinciale qui travaille à la promotion des intérêts de 134 000 propriétaires forestiers de tous les milieux sociaux, dont 29 000 producteurs forestiers. L’action régionalisée de ses treize syndicats et offices vise la protection et la mise en valeur des forêts privées québécoises, ainsi qu’une commercialisation ordonnée des bois en provenance de ces territoires. La FPFQ est une fédération affiliée de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Renseignements :
Marc-André Côté, ing. f., Ph. D.
Directeur général
450 679-0530, poste 8201
macote@upa.qc.ca      foretprivee.ca  

Utilisation de la possibilité de récolte en forêt privée et opportunités

Le respect de la possibilité de récolte forestière est au cœur des préoccupations des ingénieurs forestiers, tant sur le territoire public que privé. Maintenir un niveau de récolte en dessous de la croissance des forêts sur un territoire, tout en s’assurant que cette récolte permette de préserver des peuplements forestiers dans toutes les strates d’âge favorise une foresterie durable. L’utilisation de la possibilité de récolte forestière à son plein potentiel optimise les retombées associées à la transformation des bois à long terme. Évidemment, les épidémies d’insectes et les feux de forêt sont des catastrophes naturelles venant quelques fois bouleverser ces calculs.

La possibilité de récolte forestière est définie comme étant « le volume de bois qu’il est permis de prélever chaque année dans une zone donnée. Celle-ci permet de réglementer le niveau de récolte pour garantir un approvisionnement durable en bois » (OIFQ, Dictionnaire de la foresterie).

Le suivi annuel de la récolte forestière est réalisé par les syndicats et offices régionaux de producteurs forestiers qui travaillent à la commercialisation des bois provenant de la forêt privée. Des mécanismes peuvent être mis en place au niveau régional pour orienter les récoltes et l’aménagement forestier afin de permettre d’assurer le respect de la possibilité forestière. Pour ce faire, plusieurs facteurs doivent être évalués, comme les volumes de bois non récoltés dans les années précédentes, la vulnérabilité de la forêt aux perturbations naturelles et les fluctuations dans la demande industrielle pour les bois des forêts privées. Périodiquement, un travail pour réviser les calculs de la possibilité forestière régionale est réalisé pour le compte des agences régionales de mise en valeur des forêts privées. Ces calculs s’appuient sur les plus récentes données des inventaires forestiers produits par le MFFP. Pour en savoir davantage sur les calculs de possibilité de récolte forestière en forêt privée, consultez l’édition du mois d’août 2014 du Forêts de chez nous PLUS.

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Le nerprun bourdaine: un envahisseur exotique qui menace l’établissement des plantations

Le nerprun bourdaine (Rhamnus frangula ou Frangula alnus) est un arbuste exotique envahissant, bien connu dans l’est des États-Unis depuis quelques décennies. Par ses effets documentés sur la flore et les sols, il menace la biodiversité des écosystèmes forestiers. De plus en plus, le nerprun pose aussi des problèmes aux sylviculteurs du sud du Québec, notamment dans les jeunes plantations. Sa croissance très vigoureuse en pleine lumière, pouvant atteindre deux mètres par année, en fait une espèce concurrente particulièrement agressive.

Nerprun bourdaine
Nerprun bourdaine

Description et historique

Le nerprun bourdaine est un arbuste de la famille des rhamnacées, originaire d’Eurasie, où il était utilisé dans la production de poudre à canon et en médecine douce comme laxatif. Ce petit arbre et son cousin, le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica), ont été introduits en Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle, comme plantes ornementales dans les haies brise-vent. Depuis, les deux espèces ont graduellement colonisé le continent, notamment le nord-est des États-Unis. Elles s’installent sur une large gamme de stations et de textures de sols. Le nerprun bourdaine préfère les stations plus humides et les sols plus acides que le nerprun cathartique, mais il peut aussi croître sur des sols secs.

Le nerprun bourdaine peut atteindre la taille d’un arbre, avec un diamètre allant jusqu’à 15 cm mesuré à 1,30 m de hauteur. Son écorce brune porte de nombreuses lenticelles jaunes, rappelant certaines espèces d’aulnes. Ses feuilles sont généralement très lustrées et d’un vert clair sur leur face supérieure. Contrairement à celles du nerprun cathartique, les feuilles du nerprun bourdaine ne sont pas dentelées et comportent des nervures parallèles. À l’automne, elles deviennent jaune clair, puis rouges.

Une reproduction efficace

La période de floraison et de fructification du nerprun bourdaine s’étale sur plusieurs mois, une caractéristique de plusieurs plantes envahissantes. Les fruits contiennent de 2 à 3 graines, et chaque individu peut porter de 430 à plus de 1 800 fruits. Les oiseaux, notamment l’étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), agissent comme agents de dispersion. Les graines peuvent rester en dormance au moins trois ans et former une banque souterraine. Lorsqu’il est coupé, le nerprun bourdaine peut également produire une grande quantité de rejets de souche.

L’ouverture du couvert forestier favorise l’envahissement

Même si le nerprun bourdaine constitue une plante semi-tolérante à l’ombre, qui peut s’installer et croître en milieu fermé, sa vigueur est reliée à la disponibilité de la lumière. En milieu ouvert et lorsque le sol est exposé, il forme rapidement des bosquets denses et pro+te de la lumière ambiante pour croître en largeur et occuper la majeure partie de l’étage arbustif. De plus, la saison de croissance de cette plante est très longue; les feuilles apparaissent tôt au printemps, bien avant les espèces indigènes, et leur sénescence survient tard en automne, après celle des autres espèces. La présence du nerprun diminue fortement la quantité de lumière disponible pour la croissance des semis d’espèces feuillues comme l’érable à sucre (Acer saccharum), l’érable rouge (Acer rubrum) et le frêne blanc (Fraxinus americana). Dans certains milieux envahis, le nerprun peut représenter plus de 90 % de la biomasse présente. De plus, comme il n’a pas de préférence particulière pour un type de peuplements forestiers, il colonise tout aussi facilement les forêts feuillues, mixtes ou résineuses, et même les tourbières.

Territoires où les résultats s'appliquent
Territoires où les résultats s'appliquent

Moyens de contrôle

Plusieurs moyens de contrôle ont été testés aux États-Unis, dans les États aux prises avec cet envahisseur. Pour traiter une petite superficie, l’arrachage manuel s’avère peu coûteux et efficace, pourvu que les individus disposent d’un diamètre à la souche de moins de 1 cm. S’ils affichent un plus fort diamètre (de 1 à 5 cm), ils peuvent être arrachés à l’aide d’un appareil manuel. Le dégagement mécanisé à la débroussailleuse est inefficace pour le nerprun bourdaine, car il faut parfois jusqu’à quatre dégagements par saison pour obtenir des résultats. À l’heure actuelle, l’application d’herbicides en automne lorsque les autres plantes se trouvent en dormance constitue la méthode la plus efficace pour traiter une grande surface. Quelques produits peuvent traiter le nerprun, notamment le glyphosate.

Que faire dans un contexte où l’on ne peut utiliser d’herbicides?

Depuis 2001, l’emploi de phytocides est banni dans les forêts publiques du Québec. Afin de développer des méthodes de rechange pour la maîtrise du nerprun dans les plantations forestières, la Direction de la recherche forestière a installé un dispositif expérimental en Estrie, une région où le nerprun s’avère déjà bien présent. Nous y testons des traitements mécanisés de préparation du sol, dans le but de limiter l’expansion du nerprun lors de l’établissement des plantations. Quatre traitements de préparation de terrain ont été appliqués en 2012, dans des coupes forestières récentes envahies par le nerprun bourdaine :

  • 1
    La mise en andains, qui sert de témoin;
  • 2
    La herse forestière;
  • 3
    Le broyeur forestier;
  • 4
    L’application d’un herbicide.

L’été suivant, en 2013, nous avons mis en terre des plants de fortes dimensions d’épinettes blanches (Picea glauca). La survie, la croissance et la physiologie de l’épinette blanche seront mesurées après trois ans pour vérifier l’effet compétitif du nerprun sur les arbres mis en terre. Des inventaires annuels de végétation seront aussi réalisés pour suivre l’évolution du couvert de nerprun dans chacun des traitements.

Pour en savoir plus…
. CATLING, P.M., et Z.S. POREBSKI. The History of Invasion and Current Status of Glossy Buckthorn, Rhamnus frangula, in Southern Ontario, Canadian Field-Naturalist, no 108, 1994, p. 305-310.
. GODWIN, H. Frangula Alnus Miller, Journal of Ecology, no 31, 1943, p.77-92.

Remerciements
La Direction de la recherche forestière (DRF) du ministère des Ressources naturelles remercie Mario Dionne, de l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie, pour sa collaboration et son implication dans l’établissement du dispositif expérimental présenté dans cet Avis de recherche.

Les informations de cet article sont issues d’une publication de la DRF du ministère des Ressources naturelles.

Vous pouvez joindre la DRF par téléphone : 418 643-7994 ou par courriel :  recherche.forestiere@mrn.gouv.qc.ca

Article paru dans le Forêts de chez nous de mai 2014.

Espèces exotiques envahissantes: des ennemies parmi nous

Qu’ont en commun l’horticulture, le transport du bois de chauffage et le commerce de marchandises ? Ils représentent tous des voies d’entrée pour les espèces exotiques envahissantes (EEE), une réalité préoccupante et coûteuse à plusieurs égards.

Un nombre sans cesse grandissant d’EEE menace les écosystèmes forestiers. Si les échanges commerciaux entre pays favorisent leur introduction, une multitude d’autres vecteurs sont responsables des problèmes qu’ils causent. Insectes, maladies, plantes : les espèces envahissantes constituent, après la perte d’habitat, le plus important danger pour la biodiversité. Sans compter que leur lutte peut s’avérer très onéreuse.

« Certaines espèces envahissantes vont déplacer les communautés de végétaux indigènes et nuire à la régénération forestière, atteste Romy Jacob-Racine, agente de projets chez Nature-Action Québec. Il faut savoir que chaque plante a une biologie et une façon de s’implanter différentes, d’où la nécessité de bien connaître les EEE et leurs moyens de dispersion. La prévention, combinée à une action rapide et adéquate, peut permettre d’économiser beaucoup d’argent. »

Des exemples de désastres

Les scientifiques du Service canadien des forêts estiment que le Canada a connu, depuis 1882, plus de 80 introductions d’insectes ou de maladies exotiques, dont plusieurs se sont avérées très dommageables pour les forêts canadiennes. Un exemple bien connu est certainement celui de la maladie hollandaise de l’orme, qui, uniquement au Québec, a mené à la destruction ou à l’abattage de 600 000 arbres entre 1945 et 1965.

Actuellement, l’agrile du frêne – qui constitue une menace pour tous les individus appartenant à cette espèce –, la renouée du Japon, considérée comme une véritable peste végétale, et la berce du Caucase, qui provoque de graves réactions cutanées semblables à des brûlures, sévissent et font régulièrement la manchette. Le nerprun bourdaine, un arbuste exotique qui nuit à la régénération forestière, engendre également de graves problèmes pour les propriétaires de boisés.

Le cas du nerprun bourdaine

De plus en plus, le nerprun cause des maux de tête aux sylviculteurs du sud du Québec, en particulier dans les jeunes plantations. Originaire d’Eurasie, l’espèce a été introduite en Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle comme plante ornementale les haies brise-vent. Sa présence diminue fortement la quantité de lumière disponible pour la croissance des semis de feuillus, tels que l’érable à sucre, l’érable rouge ou le frêne blanc.

« Le nerprun bourdaine s’installe en sous-bois dans tous les types de peuplements. Plus fréquent dans les forêts qui sont issues de terres agricoles abandonnées, il finit par prendre toute la place. S’il n’existe pas d’outils pour en limiter l’expansion de façon efficace  présentement, il est important que la recherche se poursuive », intervient le directeur général d’Aménagement forestier et agricole des Sommets inc., Sylvain Rajotte.

Actions gouvernementales

Le gouvernement provincial a récemment lancé un programme d’aide géré par la Fondation de la faune du Québec. Le Programme pour la lutte contre les plantes exotiques envahissantes offre un appui financier aux initiatives visant à réduire ces menaces et leurs impacts sur la biodiversité et l’intégrité des milieux naturels du Québec.

De son côté, le gouvernement fédéral a mis sur pied une Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes basée sur la prévention, la détection précoce, l’intervention rapide et l’éradication, le confinement et le contrôle des EEE qui réussiraient malgré tout à s’introduire au pays.

Nerprun bourdaine
Nerprun bourdaine
Renouée du Japon Crédit : Romy Jacob-Racine
Renouée du Japon - Crédit : Romy Jacob-Racine

Qu’est-ce qu’une espèces exotique envahissante?

Une espèce exotique envahissante (EEE) est un végétal, un animal ou un micro-organisme (virus, bactérie ou champignon) qui est introduit hors de son aire de répartition naturelle. Son établissement ou sa propagation peut constituer une menace pour l’environnement, l’économie ou la société.

Source : MELCC

Un outil de détection

Composé d’une application mobile et d’un système cartographique accessible sur le Web, l’outil de détection Sentinelle a été mis au point par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). Celui-ci permet de faire et de consulter les signalements des plantes et des animaux exotiques envahissants les plus préoccupants et rend disponible un guide basé sur les principaux critères permettant d’identifier les EEE suivies.

Que faire pour éviter la propagation?

• Privilégier l’achat local de bois de chauffage et éviter de le transporter sur de grandes distances. Des espèces très nuisibles à la santé de nos forêts pourraient s’y cacher.
• Végétaliser les sols laissés à nu par des espèces non envahissantes ou par des plantes indigènes du Québec.
• Localiser les espèces envahissantes sur les sites avant d’effectuer des travaux et s’assurer de bien planifier les interventions pour
contrôler leur progression.
• Éviter de composter et de jeter les EEE dans la nature, car elles pourraient survivre, produire de nouvelles pousses et se propager.
• Inspecter et nettoyer ses souliers ou ses bottes, son équipement et son véhicule après chaque sortie. Jeter la terre, la boue, les plantes et les autres organismes visibles aux ordures.
• Effectuer un suivi durant plusieurs années pour éliminer les espèces nuisibles susceptibles de s’établir.
• Rester informé et se faire accompagner au besoin par des spécialistes dans toute démarche.

Source : MELCC

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition mai 2019.

Le congrès 2019 de la FPFQ en images

Revivez, en images, quelques moments du congrès 2019 de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) tenu à Orford, les 6 et 7 juin. 

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