Le Québec enregistre la plus forte hausse de production de bois d’œuvre en Amérique du Nord

De janvier à septembre 2016, la production nord-américaine de bois d’œuvre a atteint 46,2 G PMP, en hausse d’un peu plus de 5 % comparativement à la période correspondante l’année dernière. La production américaine s’est chiffrée à 3,4 %, tandis que la production canadienne a grimpé à près de 8 %.

Le Québec a encore une fois fait bonne figure en enregistrant une hausse de plus de 16 % sur un an, pour atteindre une production de 4,9 G PMP en l’espace de neuf mois. Cette hausse est de loin la meilleure enregistrée parmi toutes les régions d’Amérique du Nord. Toutes les provinces canadiennes, à l’exception de l’Alberta, ont surpassé la croissance de production survenue dans toutes les régions des États-Unis.

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À pareille date l’an dernier, la production du Québec équivalait à 21 % de la production canadienne et à 10 % de la production nord-américaine. Ces parts de marché sont passées respectivement à 23 % du Canada et 11 % de l’Amérique du Nord. Le Québec a connu une croissance de production de 0,67 G PMP (670 M PMP) en neuf mois. À titre indicatif, cette production supplémentaire équivaut à trois fois la capacité de production annuelle d’une scierie de grande taille, telle que celle d’Arbec à Péribonka, ou plus de sept fois la capacité de Clermond-Hamel.

Vincent Miville, ing. f. M.Sc.
Économiste forestier


Sources:
[RL] 2016. Canada sets the pace in lumber production increase. Random Lengths 72(50). 9 décembre 2016.
[RL] Années multiples. North American Lumber Output. Random Lengths. Années multiples.
[SC] Années multiples. CANSIM 303-0064 – Production, livraisons et stocks de bois d’oeuvre, selon le Canada et les provinces. Statistique Canada. Années multiples.

Reconnaissance du rôle des 455 000 propriétaires de boisés canadiens dans le Plan canadien de lutte contre les changements climatiques

Longueuil, 20 décembre 2016 – La Fédération canadienne des propriétaires de boisés est heureuse que la contribution des propriétaires de boisés du pays soit reconnue dans le Plan canadien de lutte contre les changements climatiques et de croissance économique adopté par les premiers ministres des provinces canadiennes, le 9 décembre dernier.

Le Plan canadien de lutte contre les changements climatiques et de croissance économique reconnaît que les forêts privées jouent un rôle important dans une économie à faibles émissions de carbone en absorbant et en stockant du carbone atmosphérique. Cela permet aussi de fournir des produits forestiers de substitution à des produits plus polluants. La mobilisation des 455 000 propriétaires de lots boisés et leur famille peuvent ainsi contribuer activement à la lutte aux changements climatiques.

Le plan propose plusieurs mesures pour favoriser l’absorption de carbone. La plantation d’arbres, l’amélioration des pratiques de gestion du carbone des forêts, la minimisation des pertes causées par les feux et les espèces envahissantes et le rétablissement des forêts qui ont été endommagées par les perturbations naturelles, telles que l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, en sont des exemples.

« Dans les prochaines années, on reconnaîtra davantage le travail important des producteurs forestiers. On s’aperçoit aujourd’hui que la forêt et le bois sont des solutions aux enjeux de lutte aux changements climatiques. En partenariat avec leurs gouvernements, les propriétaires de boisés peuvent en faire beaucoup plus pour l’environnement et pour l’économie », souligne le président de la Fédération canadienne des propriétaires de boisés, Peter de Marsh.

À propos de la Fédération canadienne des propriétaires de boisés
La Fédération canadienne des propriétaires de boisés regroupe les associations provinciales de propriétaires forestiers représentant 455 000 familles à travers le pays. Elle fait la promotion d’une gestion durable des ressources forestières pour générer des bénéfices économiques, sociaux et environnementaux dans les communautés rurales du Canada. La Fédération regroupe les organismes suivants: Federation of British Columbia Woodlot Associations, Woodlot Association of Alberta, Woodlot Association of Manitoba, Ontario Woodlot Association, Fédération des producteurs forestiers du Québec, New Brunswick Federation of Woodlot Owners, Federation of Nova Scotia Woodland Owners et PEI Woodlot Owners Association.

Lire le communiqué complet en version PDF.

Idées cadeaux pour le producteur forestier

Que souhaite trouver sous le sapin de Noël un producteur forestier? La revue Forêts de chez nous s’est penchée sur la question et vous propose ses trouvailles.

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Consultez toutes nos suggestions de cadeaux de Noël.

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de novembre 2016.

Les dommages causés par l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette se poursuivent

Depuis plusieurs années, les régions de l’Abitibi-Témiscamingue, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie et du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont aux prises avec une épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE). Cette épidémie progresse rapidement, et 848 000 hectares de boisés privés sont maintenant touchés, représentant l’équivalent de 17 fois la taille de l’île de Montréal ou de l’agglomération de la ville de Québec.

De nouveaux foyers sont en émergence dans les régions de Charlevoix, la Mauricie et des Laurentides. La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) estime que 14 000 propriétaires de boisés subissent présentement les conséquences de cette épidémie à divers degrés. Rappelons que la dernière épidémie de la TBE s’est échelonnée de 1967 à 1992 et avait affecté 32 millions d’hectares où toutes les régions du Québec avaient été ultimement affectées.

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Source : Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP)
Note : L’inventaire n’a pas été réalisé dans toutes les régions du Québec

LIRE LA SUITE: Infolettre de décembre 2016 – Les dommages causés par l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette se poursuivent

Pour un suivi de l’épidémie en 2017-2018, consultez le dossier complet : Épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette

Création d’une cellule d’urgence sur la gestion de l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette en forêt privée

L’envergure de la problématique surpasse la capacité des organisations œuvrant en forêt privée à faire face seules à cette nouvelle épidémie de la tordeuse des bougeons de l’épinette (TBE). La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) et le Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec (RESAM) ont donc formé une cellule d’urgence afin de coordonner les actions à réaliser pour atténuer les impacts pour les propriétaires de boisées et les communautés rurales.

Ce comité fera, entre autres, l’état des besoins provinciaux en matière de suivi de l’épidémie, de transfert d’information et de soutien technique aux propriétaires, de récupération et de mise en marché des bois affectés, de remise en production des sites récoltés et de protection des peuplements à préserver.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) estime que 14 000 propriétaires de boisés subissent présentement en 2016, à divers degrés, les conséquences de l’épidémie de la TBE. Cette épidémie progresse rapidement, et 848 000 hectares de boisés privés sont déjà touchés, représentant l’équivalent de 17 fois la taille de l’île de Montréal ou de l’agglomération de la ville de Québec. Les régions de l’Abitibi-Témiscamingue, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie et du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont les régions touchées. De nouveaux foyers sont en émergence dans les régions de Charlevoix, la Mauricie et des Laurentides.

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La tordeuse à l’état de chenille. Crédit photo MFFP

Pour en apprendre davantage sur les superficies infestées, sur les initiatives en cours et sur le plan d’intervention demandé, lisez l’infolettre Forêts de chez nous PLUS de décembre 2016.

Pour connaître le cycle de vie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, ainsi que les dommages causés par cet insecte, lisez l’article paru dans la revue Forêts de chez nous de septembre 2015.

Pour un suivi de l’épidémie en 2017-2018, consultez le dossier complet : Épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette

La revue Forêts de chez nous – novembre 2016: la tordeuse des bourgeons menace la forêt privée

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Le contenu forestier de cette parution de novembre 2016:
• Éditorial du président – Produits forestiers orphelins cherchent nouvelles usines
• TBE: l’épidémie menace les peuplements en forêt privée
 Idées cadeaux pour le producteur forestier
• Les arbres remarquables du Québec

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

Les mises en chantier fracassent la barre des 1,3 M d’unités en octobre

Les mises en chantier fracassent la barre des 1,3 M d’unités en octobre pour la première fois depuis août 2007. Plus précisément, les mises en chantier aux États‑Unis ont atteint un rythme annualisé de 1 323 000 unités en octobre 2016 après avoir essuyé un mois de septembre plus que décevant.

La cadence a rebondi de 26 % sur une base mensuelle alors qu’elle avait plutôt ralenti de 9 % au cours du mois précédent. Sur une base cumulative, le rythme des mises en chantier augmente pour l’instant de 7 % en 2016, comparativement à 2015 alors que la majorité des analystes tablaient plutôt sur une croissance avoisinant les 10 %.

Ces nouvelles données encourageront l’industrie forestière, car la construction résidentielle est un vecteur important du marché des produits forestiers générant 28 % de la demande de bois d’œuvre et 50 % de la demande de panneaux OSB aux États-Unis.

Mises en chantier (milliers d’unités)

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Le rythme de construction des unités résidentielles en logements multiples s’est rattrapé après avoir trébuché le mois précédent. Celles-ci sont  passées de 422 000 unités en août à 255 000 unités en septembre, pour ensuite rebondir de 75 % et revenir à un seuil plus normal de 445 000 unités en octobre. Ce rythme est supérieur de 29 % à celui du mois d’octobre 2015. Globalement, le rythme des mises en chantier de logements multiples est demeuré sensiblement le même en 2016 qu’en 2015 (-1 %). C’est donc dire que la hausse des mises en chantiers aux États‑Unis est principalement attribuable à l’augmentation de la cadence de constructions résidentielles unifamiliales.

Le rythme annuel des mises en chantier de résidences unifamiliales a atteint 869 000 unités, en progression de 26 % par rapport au mois précédent. La demande pour les résidences unifamiliales poursuit sur sa lancée, alors qu’il s’en construit 11 % de plus en 2016 par rapport à 2015. Il s’agit là d’une bonne nouvelle pour les manufacturiers de produits de construction en bois puisque la construction de ces résidences génère une demande accrue comparativement aux résidences à logements multiples.

Mises en chantier (milliers d’unités)

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Une région de prédilection pour les exportations québécoises de bois d’œuvre, le nord-est des États-Unis, a vu ses mises en chantier de résidences unifamiliales augmenter de 11 % sur une base mensuelle. Encore mieux, la progression atteint 18 % en 2016 comparativement à 2015. Les mises en chantier, incluant celles de logements multiples, ont atteint 139 000 unités en octobre dernier, soit un rythme plus de deux fois supérieur à celui enregistré pendant la crise immobilière. Les mises en chantier de logements multiples y ont redécollé plus rapidement à compter de 2013, mais maintenant, celui des mises en chantier de résidences unifamiliales se raffermit. 

Mises en chantier dans le nord-est des États-Unis (milliers d’unités)

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Les demandes de permis aux États-Unis ont, pour une deuxième fois consécutive, atteint la barre des 1,2 M d’unités. Il s’agit d‘une bonne nouvelle, car ces demandes reflètent généralement le rythme de construction résidentielle qui aura lieu dans trois ou quatre mois. Les demandes de permis ont atteint 1 229 000 unités désaisonnalisées en octobre, ce qui est actuellement inférieur aux mises en chantier, mais tout de même mieux que le rythme enregistré en début d’année.

Du côté canadien, le rythme annuel des mises en chantier a régressé de 12 % au cours du dernier mois, pour atteindre 193 000 unités. Le rythme des mises en chantier demeure stable sur une base annualisée (+2 %), et ce, malgré la récession ayant cours dans les provinces productrices de pétrole.
Vincent Miville, ing. f. M. Sc.
23 novembre 2016


Source:
[SCHL] Société canadienne d’hypothèques et de logement. 2016. Le marché de l’habitation : Données provisoires sur les mises en chantier. Novembre 2016.
[USCB] United States Census Bureau. 2016. New Residential Construction. 17 novembre 2016.

L’épinette de Norvège approuvée pour la construction aux États-Unis

L’American Lumber Standards Commitee (ALSC) a approuvé l’utilisation de l’épinette de Norvège dans la construction aux États-Unis. Le bois d’œuvre de cette essence pourra dorénavant servir pour du colombage, pour les planchers, pour les solives de plafond et pour différentes applications industrielles. Fait étonnant, aucune autre essence d’arbre n’avait été certifiée depuis les années 1920.

C’est la Northeastern Lumber Manufacturers Association (NELMA) qui est à l’origine des tests réalisés sur cette essence présente dans le nord-est américain. Au total, 1 320 pièces de 2×4, 2×6 et 2×8 furent examinés. Or, il appert que 65 % des pièces relevaient d’une qualité #2 et mieux, ce qui permettra à cette essence d’intégrer le groupe d’essences de qualité SPF-S (spruce-pine-fir south), une combinaison d’essences de bois d’origine américaine. Ce groupe d’essences présente une qualité inférieure en résistance mécanique comparativement aux essences de bois généralement retrouvées au Québec, soit SPF (spruce-pine-fir). Six ou sept scieries québécoises détiennent actuellement l’étampe SPF-S leur permettant de transformer ces essences et de vendre ce bois d’œuvre aux États-Unis.

Groupe d’essence pour la classification du bois d’œuvre

SPF SPF-S
Épinette blanche Épinette blanche
Épinette noire Épinette d’Engelmann
Pin gris Épinette de Norvège*
Sapin baumier Épinette noire
Épinette de Sitka
Pin gris
Pin rouge
Pin tordu
Sapin baumier

Cette intégration à la classification du bois d’œuvre est un débouché intéressant pour les plantations d’épinette de Norvège du nord-est de l’Amérique du Nord. En premier lieu, ces plantations furent établies pour approvisionner l’industrie papetière. Depuis la dégringolade de cette industrie, l’épinette de Norvège avait perdu son utilité, outre quelques utilisations sporadiques, et se trouvait donc sans preneur.

Pour l’instant, seule l’épinette de Norvège du nord-est des États-Unis peut être intégrée à la classification SPF-S. Les producteurs de bois québécois devront attendre la fin de tests sur l’épinette de Norvège en provenance du Québec avant de pouvoir espérer trouver un débouché pour leurs nombreuses plantations. Ces tests, entrepris par FPInnovations de concert avec le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), devraient être complétés au printemps 2017. Au moment de réaliser le dernier calcul de possibilité forestière en forêt privée, on dénotait un volume d’au moins 1,5 Mm³ de bois marchand d’épinette de Norvège en forêt privée au Québec.

Volume de bois marchand d’épinette de Norvège par territoire d’agence régionale de mise en valeur des forêts privées
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Vincent Miville, ing.f. M.Sc.
Économiste forestier


Sources : [BDC] 2016. Norway spruce approved for wall studs, floor and ceiling joists, industrial applications. Building Design + Construction. 1er novembre 2016.
[CIFQ] 2016. Estampille de qualité. Conseil de l’industrie forestière du Québec. 3 novembre 2016.
[CIFQ] 2016. Communications personnelles – Denis Rousseau. 8 novembre 2016.
[NELMA] 2016 a. Norway Spruce Q&A. Northeastern Lumber Manufacturers Association. 27 octobre 2016.
[NELMA] 2016 b. NELMA announces addition of new species to SPFs grouping – Norway spruce inclusion represents industry firts. Northeastern Lumber Manufacturers Association. 27 octobre 2016.
[QWEB] 2016. The SPF Group. Quebec Wood Export Bureau. 3 novembre 2016.
[WCLIB] 2004. Standard grading and dressing rules for lumber. West Coast Lumber Inspection Bureau. 1er janvier 2004.
[WSP et FPFQ] 2015. Détermination de la possibilité de récolte forestière régionale. Rapports multiples produits pour les Agences régionales de mise en valeur de la forêt privée. 2014-2015.

Les scieurs de résineux québécois maintiennent leur production

La production québécoise de bois d’œuvre poursuit sur sa lancée. De janvier à août 2016, les scieries résineuses québécoises ont augmenté de 17 % la cadence de leur production, comparativement à 2015. Au cours des huit premiers mois de 2016, pas moins de 4,29 G PMP ont été sciés au Québec. Si le rythme des scieries se maintient, la production atteindra 6,71 G PMP cette année. Ce rythme, le meilleur en une décennie, ne représente pas encore tout-à-fait la cadence de l’industrie avant qu’elle ne soit secouée par la crise forestière.

Le Québec est la province ayant le mieux fait à ce chapitre en 2016. Dans son ensemble, la production canadienne a augmenté de 8 % en 2016. Plus spécifiquement, l’Alberta (+ 2 %), la Colombie-Britannique (+ 4 %) et les autres provinces canadiennes (+ 12 %) ont toutes vu leur production augmenter en 2016, mais à un degré moindre que le Québec (+ 17 %). La part du Québec dans la production canadienne de bois d’œuvre atteint désormais 23 % après avoir périclité quelquefois sous le seuil des 16 % pendant la crise du bois d’œuvre.

Au mois de mai 2016, les inventaires québécois de bois d’œuvre atteignaient 0,90 G PMP, en baisse de 2 % par rapport au mois précédent, mais en hausse de 5 % sur une période d’un an. Pour l’instant, ces inventaires représentent 1,76 fois la production mensuelle actuelle. Les inventaires du Québec sont plus élevés en moyenne qu’au Canada, alors que la moyenne nationale des inventaires de bois d’œuvre s’élevait en août à 1,21 fois la production mensuelle.

La demande soutenue, un prix intéressant sur les marchés et la période de libre-échange d’un an entre les États-Unis et le Canada sur le bois d’œuvre ont tous grandement stimulé la production québécoise. Les scieurs canadiens tenteront de poursuivre la cadence au cours des prochains mois afin d’écouler un maximum de leur production avant l’imposition de droits compensateurs par les États-Unis.

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Vincent Miville, ing.f. M.Sc.
Économiste forestier


Sources : [SC] 2016. Cansim 303-0064 Production, livraisons et stocks de bois d’œuvre. Statistique Canada. 2 novembre 2016.
[CIFQ] 2016. Pribec – Marché nord-américain de sciage résineux. Conseil de l’industrie forestière du Québec. Années multiples.

Produits forestiers orphelins cherchent nouvelles usines

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Actuellement, environ deux millions de mètres cubes de bois mobilisables en forêt privée peuvent difficilement trouver preneur, car la demande structurelle pour certaines essences et classes de qualité est trop limitée au Québec. Autrement dit, il n’y a plus suffisamment d’usines pour transformer les volumes disponibles de peupliers au Saguenay–Lac-Saint-Jean, de bois résineux de petite dimension ou de trituration dans les régions de la vallée du Saint-Laurent, de peupliers en Abitibi-Témiscamingue ou de résineux dans l’ouest du Québec.

Au même moment, on assiste à un accroissement des exigences des acheteurs de bois relativement aux essences acceptées et aux classes de qualité des tiges livrées aux usines restantes. La hausse de ces exigences s’explique par un surplus d’offres de bois sur les marchés, provenant de divers endroits, dont la forêt publique. Des bois qui normalement auraient trouvé preneur sont aujourd’hui rejetés.

Pour en ajouter, l’intensification des travaux d’éclaircies dans les jeunes plantations résineuses et la récupération des peuplements affectés par l’épidémie de la tordeuse des bourgeons d’épinette généreront des volumes de bois sans grands débouchés.

Cette situation freine l’effort d’aménagement chez les propriétaires forestiers, qui jugent sévèrement une récolte laissant trop de déchets sur les parterres ou des parties de leurs boisés non traitées faute de marchés adéquats.

Il faut se rappeler qu’environ 180 usines ont fermé leurs portes dans les 10 dernières années, parce que le secteur forestier était en crise. Sans souhaiter le retour d’unités de production d’une autre époque, un potentiel forestier inutilisé existe dans toutes les régions du Québec. L’exploitation de ce plein potentiel aiderait les communautés rurales qui sont à la recherche de sources de développement économique.

Cela doit se traduire par des investissements de la part d’industriels qui voient une utilisation potentielle pour ces bois : de nouvelles usines fabriquant des produits forestiers d’avenir. Malheureusement, le Québec échappe plusieurs de ces projets d’investissements au profit d’autres juridictions en Amérique du Nord. Oui, il se construit encore des usines de produits forestiers en Amérique du Nord.

Ces investissements ne se réaliseront pas sans un soutien de l’État. Le Québec a pu développer une industrie pharmaceutique, aérospatiale et de jeux vidéo en faisant un démarchage agressif à l’échelle internationale. Il est grand temps que celui-ci se fasse également pour les régions forestières. Le secteur forestier aura un avenir si les investissements pour moderniser les usines existantes ou en construire de nouvelles se multiplient.

J’espère donc que le Forum Innovation Bois, organisé le 31 octobre dernier par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, se traduira en projets concrets… rapidement.

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et Président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

. Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de novembre 2016

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