Le prix du bois d’œuvre décolle

Le Pribec décolle cette semaine alors qu’il enregistre de très forts gains. Cet indice de prix du bois d’œuvre publié par le Conseil de l’industrie forestière (CIFQ) a gagné 35 $/MPMP en une semaine. À titre indicatif, un gain de 20 $/MPMP est considéré comme excellent. Cette augmentation permet à l’indice Pribec de franchir le cap des 500 $/MPMP, exprimant une demande soutenue pour le bois d’œuvre.

2017-02-10 Prix BO

Ce gain pourrait s’expliquer par la taxe sur le bois d’œuvre qui sera vraisemblablement appliquée par les Américains ce printemps. Bien que ces droits compensateurs et antidumping ne soient déterminés qu’à la fin avril ou début mai, ils pourraient être appliqués de manière rétroactive sur les expéditions du début février. La hausse du prix du bois d’œuvre pourrait permettre aux scieurs canadiens de provisionner les frais reliés à l’application potentielle de cette taxe sur le bois d’œuvre.

Les gains semblent gagner toutes les catégories de produits, mais plus particulièrement celles liées au bois de colombage 2×4 de 8 pi (+40 $/MPMP), de 9 pi (+65 $/MPMP) et de 10 pi (+55 $/MPMP). Ceci s’explique par le fait que les scieries québécoises occupent une part non négligeable du marché nord-américain du bois de colombage.

Cette hausse indique pour l’instant que les producteurs canadiens sont en mesure de refiler le futur coût de la taxe aux acheteurs. L’imposition de tarifs douaniers sur le bois d’œuvre canadien aura pour effet d’accroître le prix moyen sur le marché nord-américain. Les taxes préliminaires n’ont pas encore été dévoilées et les marchés s’ajustent par anticipation. Le marché du bois d’œuvre risque d’être volatil à court terme.

Vincent Miville, ing. f. M.Sc.
Économiste forestier
2017-02-14


Sources:
 [PRIBEC] 2017. Marché nord-américain de sciage résineux. Pribec CIFQ. Vol.42 no.6. 10 février 2017.
[PRIBEC] Années multiples. Prix composé Pribec. Pribec CIFQ. Années multiples.

Nous sommes les propriétaires des terres que vous convoitez

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Le ministère des Forêts souhaite que nous récoltions plus de bois dans nos boisés pour alimenter l’industrie forestière. Le ministère de la Faune veut que nous assurions une meilleure protection des habitats fauniques. Le ministère de l’Environnement aimerait que nous protégions mieux les milieux humides. Les groupes environnementaux nous sollicitent pour accroître les aires protégées dans le sud du Québec. Hydro-Québec nous demande l’autorisation de traverser nos propriétés pour implanter des lignes de transport d’énergie, tout comme les motoneigistes qui comblent leur besoin de villégiature en circulant chez nous. C’est sans compter les citadins qui ont une idée précise des paysages à conserver pour leur balade du dimanche, forçant les municipalités à adopter des réglementations sur la protection du couvert forestier.

Heureusement que nous sommes 134 000 à posséder une terre forestière, tant les besoins exprimés à notre endroit sont grands. Chacun réussit à sa façon à combler une partie des demandes des uns et des autres. Les propriétaires forestiers répondent à ces multiples attentes, car leur gestion repose avant tout sur la connaissance et la polyvalence des ressources de leurs propriétés. Ils agissent en priorité pour eux et leurs familles, et tant mieux si la société en bénéficie.

Depuis quelques années, je constate une hausse des exigences de la société à l’égard de nos forêts, si bien que le droit de propriété semble un concept dépassé. Pourtant, les frais de financement des terres et les taxes foncières sont là pour nous montrer
qui est le « vrai » propriétaire.

Si l’on exige autant des propriétaires, peuvent-ils attendre un service en retour? Il serait nécessaire pour tous ces intervenants de reconnaître l’intelligence et la sagesse des propriétaires de boisés dans la gestion de leur patrimoine naturel; un patrimoine qui est transféré, dans une majorité de cas, d’une génération à l’autre.

Dans la pratique, cela veut dire de nous proposer des ententes raisonnables pour les deux parties. Il est normal d’exiger une redevance sur le bois que l’on récolte chez nous, une compensation pour les inconvénients liés aux passages et un rabais de taxes foncières ou une rémunération pour les services que l’on nous demande. Cela veut également dire des réglementations qui balisent les mauvaises pratiques plutôt que de régir la gestion de nos terres. Mais surtout, cela signifie que l’on doit nous écouter : « Nous ne sommes pas un intervenant comme les autres, exprimant une opinion qui en vaut une autre. Nous sommes les propriétaires du territoire visé par les projets de tous. »

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et Président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de février 2017

La Fédération présente au forum régional sur la forêt privée dans Lanaudière

Le 2 février 2017 se tenait à Saint-Liguori, le premier forum régional sur la forêt privée dans Lanaudière. Plus de quatre-vingt-cinq personnes ont participé à l’événement, réunissant notamment des élus, des urbanistes, des inspecteurs et des aménagistes œuvrant au sein des 56 municipalités et six MRC lanaudoises, ainsi que des intervenants du secteur forestier. Le directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, Marc-André Côté, y était à titre de conférencier.

Ce forum, organisé dans le cadre du Programme d’aménagement durable des forêts, souhaitait mobiliser le milieu régional et forestier afin de favoriser la mise en valeur de la forêt privée, la production de bois et l’entretien des boisés.

Durant la journée, six conférenciers invités sont venus informer les participants sur le milieu de la forêt privée lanaudoise en leur démontrant tout son potentiel forestier.  Ils ont également partagé leurs connaissances et leurs expériences, sans oublier les réussites et les enjeux auxquels ils ont été confrontés dans leur région respective. Marc-André Côté, ing.f. Ph.D a pour sa part expliqué comment développer les communautés grâce à laproduction forestière. M. Gaétan Morin, préfet de la MRC de Matawinie, a dit : «Étant moi-même propriétaire forestier actif, j’ai appris, aujourd’hui, des choses que j’ignorais sur la forêt privée.»

 

Les six conférenciers entourant M. Gaétan Morin, préfet de la MRC de Matawinie. De gauche à droite : David Proulx, ing.f. pour la MRC de L’Érable et la MRC de Bécancour, Marc-André Côté, ing.f. Ph.D et directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, Laurence Choquet-Houle, aménagiste à la MRC de L’Assomption, Benoit Couture, ing.f. et directeur général de l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées de Lanaudière, M. Gaétan Morin, Benoit Michaud, président de Ressources Forestières Biotiques et Jean-François Morin du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Les participants étaient invités à identifier les forces, faiblesses, opportunités et menaces s’appliquant à leur réalité économique, sociale et territoriale. Ils étaient ensuite appelés à proposer des actions concrètes qui permettraient d’augmenter l’activité économique découlant de la forêt lanaudoise. De ces actions sont notamment ressortis, l’importance d’informer les propriétaires sur les outils et les programmes disponibles, le besoin de développer une main d’œuvre jeune et qualifiée, prête à prendre la relève, et la nécessité d’accompagner les municipalités afin de développer une réglementation adaptée au contexte d’un aménagement forestier durable. Le bilan du forum sera présenté prochainement aux six MRC lanaudoises afin qu’elles puissent, ensemble, évaluer le plan d’action qui pourrait prendre forme dans le futur et les acteurs du milieu susceptibles de le chapeauter.

À la fin de la journée, M. Morin, s’est permis d’ajouter : « Je suis heureux, aujourd’hui, de constater qu’un esprit de mobilisation et une volonté de passer à l’action sont au rendez-vous. Les retombées économiques seront considérables pour la grande région de Lanaudière si le milieu régional et forestier mais également les propriétaires de terres privées choisissent de miser sur leurs ressources forestières.»

Rappelons que la forêt privée dans Lanaudière, c’est 230 640 ha de superficie forestière productive, 8 300 propriétaires de boisés de plus de 4 ha, 6,8 millions de $ en chiffre d’affaires et 214 emplois liés aux activités sylvicoles. À l’heure actuelle, à peine 7 % du potentiel forestier lanaudois en terres privées est mis en valeur.

Cette activité a été rendue possible grâce à la collaboration de la MRC de Matawinie, de l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées de Lanaudière, du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, de la MRC de L’Assomption, du Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie, du Groupe Crête, de Domtar et de Ressources Forestières Biotiques.

Dates des assemblées de secteurs et régionales pour les producteurs forestiers

Dans les différentes régions du Québec, c’est la saison des assemblées de secteurs précédant les assemblées régionales pour les producteurs forestiers.

Nous vous invitons à y assister en grand nombre pour connaître les derniers développements touchant les marchés du bois, comprendre l’impact des décisions du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) sur vos activités, élire vos représentants et exprimer vos besoins.

Pour connaître l’heure et le lieu exact, consultez le journal de votre syndicat ou office, ou communiquez directement avec le secrétariat de ces derniers.

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Dates des assemblées en version PDF.

L’impact d’une taxe du bois d’oeuvre sur le prix du bois rond

Les dés sont joués. L’industrie canadienne du bois d’oeuvre se verra sans doute imposer des droits compensateurs et/ou antidumping au cours du printemps sur les expéditions de bois d’oeuvre destinées au marché américain. Déjà, les acteurs du milieu anticipent une taxe de l’ordre de 25 % qui marginalisera les scieurs canadiens, eux qui sont les plus grands compétiteurs des scieurs américains. Les consommateurs américains, les scieries canadiennes, les fournisseurs de bois résineux canadiens et les gouvernements se partageront vraisemblablement la hausse de coût créée par cette barrière tarifaire.

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Les producteurs de bois de la forêt privée subiront assurément des dommages collatéraux, eux qui contribuent à 16 % des approvisionnements des scieries québécoises de bois d’oeuvre. En 2015, ces expéditions de sapins, d’épinettes et de pins gris à destination des scieries ont représenté presque 3 Mm³, soit environ 58 % du volume de bois vendu en forêt privée. Les producteurs forestiers ont raison d’être inquiets.

L’industrie canadienne joue un rôle prépondérant dans le marché américain du bois d’oeuvre. Au cours des trois premiers trimestres de 2016, la demande américaine de bois d’oeuvre a été comblée principalement par les scieurs américains (65 %) et canadiens (34 %). L’imposition d’une taxe aura pour conséquence immédiate de gonfler artificiellement le coût du bois d’oeuvre en provenance du Canada. Cela provoquera une hausse du prix moyen sur le marché américain, à moins que les scieurs américains ne comblent rapidement l’offre. Ce dernier scénario demeure improbable dans la mesure où la production américaine ne peut pas s’accroître substantiellement du jour au lendemain.

Du bois d’œuvre plus cher pour les consommateurs américains

Outre la réduction des parts de marché des scieurs canadiens aux États-Unis, cette hausse de prix du bois d’œuvre est un deuxième objectif poursuivi par les scieurs américains. Ils vendront alors davantage de bois d’œuvre à un prix plus élevé, ce qui décuplera leurs marges de profit. C’est sans compter qu’une proportion des taxes payées par les scieries canadiennes pourrait retourner dans les poches des scieurs américains ayant déposé la plainte. Lors du dernier conflit, les plaignants ont récolté environ 10 % des 5 G$ qui ont été prélevés. Ces éléments justifient amplement la récurrence des accusations portées par les scieurs américains envers leurs concurrents canadiens.

Qui se partagera la facture?

À ce stade, quatre scénarios peuvent être envisagés.

1. Les consommateurs américains pourraient absorber la hausse du coût du bois d’œuvre canadien. La National Association of Home Builders évalue qu’une taxe de 25 % sur le bois d’œuvre canadien aurait pour conséquence d’accroître de 1 300 $ US, en moyenne, le coût de construction d’une résidence unifamiliale. Or, il ne faut pas sous-estimer la plasticité des marchés; d’autres sources d’approvisionnement moins onéreuses surgiront et permettront aux consommateurs d’atténuer la hausse de prix. D’ailleurs, les scieries américaines bénéficieront d’un avantage sur les scieries canadiennes, en raison de la taxe supplémentaire, ce qui leur donnera la possibilité
de vendre en deçà du prix des producteurs canadiens, et ainsi, d’accentuer leur production et d’accroître leur part de marché.

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2. Les gouvernements québécois et canadiens pourraient décider d’absorber les coûts de la taxe en mettant en place un système de garanties de prêts à l’industrie dans l’espoir que les tribunaux internationaux statuent en faveur de la position canadienne. Ce soutien permettrait à l’ensemble de la filière de conserver sa structure de coût. Toutefois, est-ce que les gouvernements accepteront de supporter cette facture pendant les années nécessaires à la contestation judiciaire?

3. Les scieries pourraient assumer directement ces coûts. L’ampleur de la taxe anéantira leur marge bénéficiaire et elles essuieront temporairement des pertes. Pas question cette fois-ci de compter sur les sous-produits du sciage tels que copeaux, planures et sciures pour compenser la perte de revenus de bois d’œuvre; il y a déjà trop de stocks de copeaux sur les marchés et la demande pour ces derniers flanche alors que les papetières ferment. Les scieurs miseront sur leurs actifs les plus rentables. Ils scieront le bois le moins cher de leur panier d’approvisionnement. Ils réduiront leur production, mais devraient accroître leur efficacité.

4. Les scieries pourraient refiler une partie des coûts supplémentaires à leurs fournisseurs en exigeant une baisse de prix du bois rond. C’est justement là que le bât blesse pour les producteurs de bois, puisque l’approvisionnement et la manutention du bois rond représentent 59 % de l’ensemble des frais d’exploitation des scieries québécoises. Il y a fort à parier que la chaîne d’approvisionnement en bois (propriétaires forestiers, producteurs/entrepreneurs forestiers et transporteurs) sera appelée à assumer une partie non négligeable des coûts associés à la taxe.

La combinaison de ces scénarios constituera la réalité des prochaines années. Toutes les parties impliquées, à l’exception des scieries américaines, subiront le choc provoqué par la taxe sur le bois d’œuvre. Les consommateurs américains paieront celui-ci plus cher, les gouvernements viendront en aide à l’industrie, les scieurs canadiens verront leurs marges s’effriter et leurs volumes de vente chuter.

Finalement, les producteurs de bois participeront, malgré eux, à l’effort de guerre alors que la capacité de payer des scieries diminuera drastiquement. La demande de bois rond devrait suivre la même tendance que la production canadienne de bois d’œuvre; elle chutera à mesure que les scieurs américains et d’outre-mer accroîtront leurs parts de marché au détriment du Canada. Il y a peu de marché de substitution existant pour ces volumes.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec a proposé une approche originale pour éviter une baisse de revenus des producteurs. Elle milite pour une exemption du bois des forêts privées dans le cadre des négociations entourant le dossier du bois d’œuvre.

D’ici là, l’ensemble de la filière devra faire preuve de résilience et la coopération entre les partenaires sera de mise pour se dresser contre cet acte de protectionnisme américain.

Quel impact pour les emplois au Québec ?

Une taxe sur le bois d’œuvre provoquera une réduction de la récolte de bois rond et une baisse du chiffre d’affaires des producteurs de bois.

À titre d’exemple, une baisse de la récolte d’un million de m³ de bois de sciage résineux en forêt privée se traduirait par une baisse de 550 emplois à temps complet dans les sous-secteurs de l’aménagement forestier, de la récolte et du transport de bois. Parallèlement, le chiffre d’affaires reculerait de 66 M$.

En incluant les activités de première et de seconde transformation du bois, on estime à 2 200 les pertes d’emplois à temps complet. Le chiffre d’affaires de la filière chuterait de 606 M$.

Vincent Miville, ing. f. M. Sc.
Économiste forestier

Lire en version PDF:infolettre de février 2017 – Quel sera l’impact d’une taxe du bois d’oeuvre sur le prix du bois rond? + Dates des assemblées de nos syndicats et offices

Modeste progression du rythme des mises en chantier aux États-Unis en 2016

Le rythme des mises en chantier a progressé de 6 % en 2016 aux États-Unis pour atteindre 1,17 million d’unités. Ces résultats confirment une progression modeste, mais durable de la construction résidentielle américaine. Un fait d’armes fut accompli au cours du mois d’octobre lorsque le rythme a fracassé le niveau de 1,3 million d’unités, du jamais vu depuis 2007. Toutefois, la reprise est encore une fois plus lente qu’anticipée, alors que les prévisionnistes tablaient sur une hausse du rythme de 100 000 unités en 2016 plutôt que les 68 000 enregistrées.

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Le rythme des mises en chantier pour le mois de décembre atteint 1,23 million d’unités, en hausse de 11 % sur le mois précédent et de 6 % par rapport à décembre 2015. La volatilité s’est installée dans ce marché depuis la fin de l’été. En effet, le rythme des mises en chantier a chuté de 10 % en septembre. Il a ensuite repris 25 % en octobre, pour perdre 17 % le mois suivant et terminer l’année avec une hausse de 11 %.

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La volatilité des mises en chantier provient principalement du segment des logements multiples. Au cours du deuxième semestre, ces constructions ont oscillé entre 0,26 million et 0,47 million d’unités. Parallèlement, le rythme des mises en chantier de résidences unifamiliales a poursuivi sa croissance de manière beaucoup plus constante. Le rythme de construction des résidences unifamiliales a crû de 10 % en 2016, pour atteindre 0,78 million d’unités, alors que le rythme de construction de logements multiples a plutôt baissé de 3 % cette année, pour atteindre 0,37 million d’unités. C’est donc dire que la croissance des mises en chantier en 2016 fut exclusivement réalisée dans la catégorie des résidences unifamiliales.

Cette statistique est très intéressante puisqu’elle confirme la confiance des Américains dans le marché immobilier, et elle reflète la capacité des ménages à réinvestir le marché des résidences unifamiliales plutôt que le marché des copropriétés. Même si globalement la croissance des mises en chantier est au-deçà des attentes, le fait est que la résilience du marché des résidences unifamiliales est beaucoup plus intéressante pour l’industrie forestière. En fait, la construction d’une résidence unifamiliale multiplie l’utilisation de produits du bois comparativement à la construction d’une unité résidentielle dans un complexe à logements multiples.

La Banque de Montréal s’attend à ce que le rythme des mises en chantier aux États-Unis atteigne 1,32 million d’unités en 2017, en hausse de 0,15 million d’unités sur un an. La forte croissance anticipée en 2017 contrastera avec 2018 qui devrait se solder par une croissance de seulement 0,04 million d’unités.

Du côté canadien, le rythme annuel des mises en chantier en 2016 a atteint 198 000 unités, en hausse de 4 000 unités par rapport à 2015. Ceci ne cesse d’étonner les économistes alors que les provinces de l’Ouest sont durement touchées par la crise pétrolière. La Banque de Montréal entrevoit une baisse du rythme des mises en chantier à court-terme. Ce rythme devrait osciller entre 180 000 et 185 000 unités en 2017 et 2018.

Vincent Miville, ing. f. M. Sc.
Économiste forestier


Sources:
[BMO] 2016. Canadian Economic Outlook. BMO Capital Markets. 13 janvier 2017.
[BMO] 2016. United States Economic Outlook. BMO Capital Markets. 13 janvier 2017.
[SCHL] 2016. Le marché de l’habitation : Données provisoires sur les mises en chantier. Société canadienne d’hypothèques et de logement. Janvier 2017.
[USCB] 2016. New Residential Construction. United States Census Bureau. 19 janvier 2017.

Rétrospective 2016 de la forêt privée

Voici une rétrospective en images répertoriant les principaux événements ou dossiers marquants en forêt privée de l’année 2016.

Janvier

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Début des consultations pour la mise à niveau de la norme d’aménagement forestier de FSC Canada (Forest Stewardship Council) qui se poursuivront tout au long de l’année 2016.

 

Février

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Un début d’année très favorable à la production de bois en forêt privée, mais qui a graduellement diminué au courant de 2016.

 

Mars

MARS
Crédit photo: Parti libéral du Québec

Carlos J. Leitao présente un budget provincial qui comporte plusieurs mesures pour aider les producteurs forestiers (taxes sur les opérations forestières, étalement du revenu, amélioration du Programme de remboursement des taxes foncières, renflouement de 6 M$ du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées).

 

Avril

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Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) procède à l’uniformisation provinciale des activités sylvicoles admissibles au Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées.

 

Mai

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Lancement de la nouvelle édition du Guide terrain: saines pratiques d’intervention en forêt privée imprimé en 20 000 exemplaires.

 

Juin

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Crédit photo: Fédération des producteurs acéricoles du Québec

 

L’annonce de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec d’ajouter cinq millions de nouvelles entailles pour la production de sirop d’érable accroît l’activité économique dans les boisés.

 

Juillet

Défoliation causée par la TBE

14 000 propriétaires de boisés au Québec subissent les conséquences de l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE). Le Regroupement des sociétés d’aménagement du Québec (RESAM) et la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) unissent leurs efforts en créant une cellule d’urgence pour gérer cette épidémie en pleine expansion.

 

Août

Crédit photo: Parti libéral du Québec

Le 20 août, le député de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, monsieur Luc Blanchette, devient le nouveau ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs. Il succède à Laurent Lessard.

 

Septembre

Lancement du site PrixBois.ca qui permet aux producteurs de mieux connaître les marchés et les prix offerts pour le bois rond en forêt privée.

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Lancement de notre page Facebook.

 

Octobre

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Au Forum Innovation Bois, les producteurs forestiers des forêts privées indiquent qu’ils ont deux millions de mètres cubes de bois disponibles à la transformation.

 

Novembre

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Un vent de protectionnisme souffle sur les États-Unis avec l’élection de Donald J. Trump. Une coalition américaine dépose une plainte sur les importations canadiennes de bois d’œuvre résineux. Les propriétaires forestiers revendiquent une exemption de taxes et de quotas puisque le litige vise surtout le bois de la forêt publique.

 

Décembre

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Crédit photo: Syndicat des producteurs forestiers du Sud du Québec

Le Plan canadien de lutte contre les changements climatiques et de croissance économique reconnaît le rôle des propriétaires de boisés sur le stockage de carbone.

 

Sur le radar en 2017

Voici nos prévisions et prédictions 2017 sur 12 dossiers en forêt privée susceptibles d’avoir des impacts sur les activités des producteurs forestiers.

Ces dossiers devraient connaître une évolution au cours de la présente année et interpelleront les acteurs de la forêt privée.

1. La guerre commerciale concernant les exportations de bois d’oeuvre résineux canadien sur le marché américain est déjà sur toutes les lèvres. Avec 58 % de leurs livraisons destinées aux scieries de bois d’oeuvre, les producteurs de bois de la forêt privée risquent malheureusement d’en faire les frais. Espérons que les négociateurs canadiens sauront obtenir une exemption pour les bois des forêts privées dans un éventuel accord. Après tout, la réalité des 450 000 propriétaires forestiers canadiens n’est pas différente de celle de leur 10 millions de confrères américains lorsque vient le temps de vendre du bois : tous cherchent à maximiser leur revenu.

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2. Menaçant nos forêts, l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette poursuit sa progression dans l’est du Québec. Selon l’évolution de cette épidémie et les ressources financières disponibles dans les régions affectées, les mesures de soutien deviendront rapidement insuffisantes pour les propriétaires forestiers devant récupérer les bois affectés, remettre les sites en production et protéger les peuplements juvéniles ne pouvant être récoltés. Est-ce que le gouvernement du Québec convaincra le gouvernement fédéral d’intervenir dans ce dossier? Cela apparaît comme une urgence. Entre temps, le RESAM et la FPFQ finalisent un plan de concordance des actions qui devront être réalisées à l’échelle provinciale, de celles nécessitant une mise en oeuvre à l’échelle régionale. Ce plan permettra de mieux synchroniser l’action de l’ensemble des acteurs qui seront impliqués dans la gestion de cette épidémie.

3. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) sera très actif en 2017 avec la révision de la Loi sur la qualité de l’environnement, le dépôt d’un projet de loi sur la conservation et l’utilisation durable des milieux humides et hydriques et la consultation sur la Stratégie québécoise de l’eau. Si ces derniers répondent aux vœux des producteurs forestiers, ces projets feront une différence entre les interventions causant un tort irréversible aux milieux humides et hydriques, de celles entraînant des perturbations temporaires ne changeant pas l’utilisation du territoire.(voir la proposition de la FPFQ)

4. En 2017, le ministre Blanchette poursuivra-t-il l’effort de son prédécesseur pour accroître les budgets des programmes de mise en valeur des forêts privées? Espérons-le, car ces budgets avaient subi des baisses constantes depuis 2009, diminuant ainsi les superficies de travaux sylvicoles réalisés grâce à ces programmes. N’oublions pas que convaincre les propriétaires forestiers du bien-fondé de la récolte du bois sera plus facile si cette étape s’inscrit dans une séquence sylvicole complète, c’est-à-dire que l’on récoltera plus de bois si un soutien existe pour la remise en production et l’éducation des peuplements.

5. Le secteur faune du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) cherche à étendre aux terres privées les dispositions réglementaires protégeant l’habitat du poisson et les espèces fauniques menacées ou vulnérables. En conséquence, de nouvelles obligations pourraient être imposées aux propriétaires forestiers! Espérons que les mesures proposées tiendront compte du contexte de la forêt privée et qu’on misera sur des servitudes de conservation volontaires et des mesures incitatives, comme le suggèrent certains groupes environnementaux.

6. Dès avril, les modalités de livraison du Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées devant être respectées par les conseillers forestiers seront déterminées à Québec plutôt qu’en région. Ces changements devraient laisser une plus grande latitude professionnelle au jugement de l’ingénieur forestier sur le terrain, ce qui réduira, semble-t-il, les formalités administratives. Il devrait s’en suivre une réduction des frais administratifs des agences et des conseillers forestiers favorisant ainsi une hausse de la proportion des budgets dédiés aux travaux en forêt. Un mirage?

7. Où ira le bois de la forêt privée en 2017? Si les industriels sont friands de certains produits, plusieurs essences et catégories de qualité demeurent sans grands preneurs. L’évaluation des volumes mobilisables en forêt privée, actuellement menée de concert par le MFFP et les syndicats de producteurs forestiers, nous permettra de mieux caractériser les produits orphelins. Souhaitons que ces volumes attirent des investissements industriels pour favoriser leur transformation. Cela pourrait être un bon suivi du Forum Innovation Bois.

8. En début d’année, le gouvernement du Québec étudiera le projet de loi pour accroître l’autonomie et les pouvoirs des municipalités. Pourquoi ne pas en profiter pour transférer le pouvoir de réglementer la protection du couvert forestier des municipalités locales vers les MRC? Dans une majorité de cas, les MRC détiennent davantage de ressources pour définir des réglementations respectant de plus en plus les sciences forestières et en assurer le contrôle. Cela faciliterait les lieux de discussions sur cette question entre les élus municipaux et les acteurs forestiers. La FPFQ tentera certainement de convaincre les unions municipales des avantages de cette approche.

9. En rédaction depuis plusieurs mois, le Plan d’action national sur la production de bois verra le jour en 2017. Ce document aidera les acteurs de la forêt privée à focaliser leurs actions respectives sur un objectif commun.

10. Quelles seront les conditions de vente de bois rond sur les marchés des produits forestiers en 2017? La commercialisation du bois de sciage résineux sera affectée par les conditions imposées par les Américains dans le cadre du conflit du bois d’œuvre. Le bois de trituration résineux manquera de preneurs d’autant plus que le marché est déjà saturé en copeaux résineux provenant des scieries. Heureusement, la demande devrait se maintenir pour les bois d’essence feuillue. L’excès d’offre de bois rond sur les marchés aura cependant un impact déterminant sur les prix qui seront offerts aux producteurs de bois des forêts privées québécoises.

11. Plusieurs négociations sont en cours entre les syndicats de producteurs forestiers et les associations de transporteurs régionaux. Ces négociations mèneront à de nouvelles conventions de conditions de transport de bois de la forêt privée.

12. Hourra! Le Plan canadien de lutte contre les changements climatiques et de croissance économique, récemment adopté par les gouvernements provinciaux, misera sur la sylviculture des territoires publics et privés. Il ne reste qu’à lier cette orientation à des programmes qui multiplieront les efforts en cours, notamment pour remettre en production les territoires affectés par la TBE qui deviendront des émetteurs nets de carbone.

Lire en version PDF: Infolettre de janvier 2017 – Sur le radar 2017 + l’évolution de la norme d’aménagement forestier de la certification FSC

Vous pouvez aussi relire Sur le radar en 2016.

Dossier: épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette en forêt privée

Depuis plusieurs années, les régions de l’Abitibi-Témiscamingue, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie et du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont aux prises avec une épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE). Cette épidémie progresse rapidement, et 848 000 hectares de boisés privés sont maintenant touchés, représentant l’équivalent de 17 fois la taille de l’île de Montréal ou de l’agglomération de la ville de Québec. De nouveaux foyers sont en émergence dans les régions de Charlevoix, la Mauricie et des Laurentides.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) estime que 14 000 propriétaires de boisés subissent présentement les conséquences de cette épidémie à divers degrés. Rappelons que la dernière épidémie de la TBE s’est échelonnée de 1967 à 1992 et avait affecté 32 millions d’hectares où toutes les régions du Québec avaient été ultimement affectées.

  
 Carte de l’épidémie de la TBE sur le territoire québécois État de la situation de l’épidémie de la TBE au Québec
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etat de la situation pour FCN Plus dc 2016

Infolettre Forêts de chez nous Plus, décembre 2016

 L’épidémie de la TBE et mon boisé

Guide TBE et mon boisée TBE

Guide, version PDF

 L’aménagement forestier, contexte de l’épidémie de la TBE

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Guide, version PDF

 

Les difficultés d’opération dans les forêts affectées

vidéo TBE Résolu

Vidéo

  
  
  
  

Comment reconnaître les arbres en hiver

Il existe un guide pratique sur l’identification des arbres en période hivernale. Il est destiné aux propriétaires de boisés ainsi qu’à tous les amoureux de la nature. Il a été réalisé par l’Association forestière du Sud du Québec (AFSQ).

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Ce document se veut un outil simple, mais efficace pour l’identification des végétaux. L’utilisateur ou l’utilisatrice y retrouvera des informations relatives à la couleur, la forme, la texture et même à l’occasion, le goût de chaque bourgeon et rameau. Une image représentative de chaque sujet, accompagnée d’un court texte descriptif, vient faciliter l’identification de la plante. Il est possible de consulter le guide en format PDF.

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