Pour une partie de chasse mémorable et confortable

Se pratiquant parfois dans des environnements hostiles et sous des températures instables, la chasse est un sport qui exige de ses adeptes de la patience et de la persévérance.

Dans ce contexte, il importe que le chasseur accorde de l’importance non seulement au choix et à l’entretien de son arme à feu, de son arc ou de son arbalète, mais aussi au soin des autres équipements et accessoires qui contribueront au succès de son expédition. Forêts de chez nous est allé solliciter les conseils de chasseurs chevronnés et de spécialistes pour savoir quels sont les articles incontournables à apporter lors d’une sortie en forêt (les prix sont à titre indicatif seulement et peuvent différer d’un magasin à l’autre).

Plateformes, abris et miradors

Que ce soit perché au sommet d’un arbre dans un mirador, sur une plateforme, ou au sol dissimulé dans un abri, le chasseur qui a appâté ses proies sur un territoire durant les mois précédant la saison de chasse appréciera le côté pratique de ces équipements et la qualité des matériaux qui sont désormais utilisés dans leur fabrication. « Pour un mirador, je suggère un deux places, avance Claude Villemure, propriétaire de la boutique Pronature Villemure Chasse et Pêche à Shawinigan. Le deuxième siège sert à mettre ton sac à dos et tout le reste. Il y a plus d’espace et tu es plus confortable. »

Dans le cas d’un abri au sol, il en existe plusieurs modèles, mais tous ou presque peuvent être installés en moins de 30 secondes, grâce à leur armature incorporée aux matériaux. Conseiller chez Ecotone à Trois-Rivières, Patrick Tousignant préfère toutefois ceux qui sont dégagés en hauteur et qui permettent ainsi de se tenir debout au lieu d’être assis ou recroquevillé en permanence.

ECOTONE - Cache Club XL Primos - 250 $ - Cache dotée de poches de rangement intégrées et permettant de loger debout deux chasseurs à l'arc ou au fusil
SAIL - The Blockhouse Altan - 300 $ - Construit pour offrir un maximum, de confort pour trois personnes. Sa base large offre 20 % plus d'espace pour votre équipement de chasse
SAIL - Plateforme double shooter Altan - 320 $ - Mirador-échelle de luxe pour deux personnes avec camouflage inclus

Sièges, chaises et coussins

Le chasseur qui guette des heures durant sa proie a tout intérêt à s’équiper d’une chaise pliante ou de coussins confortables pour conserver de bons souvenirs de son expédition. Certains de ceux qui se déplacent en forêt ont adopté le coussin de deux pouces d’épaisseur qu’on attache à l’arrière avec la ceinture du pantalon. « Ce n’est pas dérangeant et c’est plus pratique que de le sortir de son sac à dos et de l’y remettre chaque fois », affirme René Pronovost, un chasseur de Shawinigan, en Mauricie.

SAIL - Chaise autoportante ThermaSeat - 65 $ - Les chaises ThermaSeat augmentent le confort du chasseur au sol grâce à leur dossier autoportant, offrant une surface stable pour reposer son dos
PRONATURE - Coussin Camo Deluxe - 20 $ - Coussin de deux pouces d'épaisseur, idéal pour vous garder confortable, au chaud et au sec
SAIL - Coussin ThermaSeat - 30 $ - Le modèle Predator XT est fabriqué avec de la mousse Softek à alvéoles fermées n'absorbant pas l'humidité et conservant sa souplesse par temps froid

Gants et mitaines

Le choix des gants se fait beaucoup en fonction de la saison et du type de chasse pratiqué. Le chasseur à l’arc ou à l’arbalète recouvrira ses mains de gants simples, mais pour la chasse au chevreuil plus tard à l’automne, le choix de gants doublés est plus approprié. Il faut néanmoins s’assurer de pouvoir glisser facilement son doigt pour activer la détente de l’arme à feu.

Pour les chasseurs qui utilisent leur téléphone intelligent afin de se guider en forêt, certains manufacturiers ont ajouté une petite surface caoutchoutée au bout des doigts visant à activer l’écran tactile du cellulaire sans enlever ses gants.

ECOTONE - Gants légers Tracker - 30 $ - Faite à 100 % de polyester, cette paire de gants est idéale pour pratiquer la chasse à l'arbalète
PRONATURE - Gants doublés - 25 $ - Cette paire de gants doublés unisexe est munie d'un antidérapant qui permet d'avoir une bonne prise sur la détente
ECOTONE - Gants doublés Camo Forest Sportchief - 50 $ - Traitement antimicrobien, membrane imperméable et isolation Thinsulate 40 g

Chandails, manteaux et vestes de sécurité

Toute une gamme de manteaux et de chandails adaptés à la chasse sont offerts sur le marché. Depuis quelques saisons, de nouveaux imprimés inspirés d’uniformes conçus par l’armée sont apparus. Ils se confondent mieux avec l’environnement forestier que les traditionnels habits aux couleurs de feuillage que les proies arrivent parfois à distinguer.

Il existe aussi plusieurs modèles de vestes de sécurité, des plus simples aux plus sophistiqués, comme les gibecières munies de plusieurs ouvertures permettant de ranger son permis, ses munitions, sa lampe et même ses perdrix ou ses lièvres. Rappelons que la veste de sécurité est obligatoire dès qu’on chasse avec une arme à feu, mais qu’elle est facultative dans le cas de la chasse à l’arc ou à l’arbalète. 

ECOTONE - Manteau Concorde pour femmes Sportchief - 330 $ - Ce manteau trois en un avec doublure amovible comprend des coutures scellées et est doté de quatre poches avant munies de fermetures éclair imperméables
SAIL - Manteau de chasse camouflage Badlands - 170 $ - Ce manteau imperméable quatre en un est muni de coutures étanches et enduit d'un isolant qui freine les vents les plus mordants
PRONATURE - Veste gibecière Jackfield Sports - 35 $ - Très fonctionnelle, cette veste de sécurité contient plusieurs poches à fermeture éclair et une cartouchière

Combinaisons et pantalons

Les sous-vêtements sont des accessoires importants en période de chasse automnale. Des ensembles en polyester sont proposés à une quarantaine de dollars, mais pour un peu plus du double, on peut obtenir un pantalon 50 % polyester et 50 % laine de mérinos. « Quand tu vas à la chasse, tu ne sais jamais ce qui peut t’arriver, souligne Mario Boulianne, un chasseur de La Tuque, en Haute-Mauricie. Tu peux te perdre ou te blesser. Il faut toujours te préparer au cas où tu devrais passer deux jours ou même une semaine dans le bois. »

ECOTONE - Sous-vêtement pantalon pour femmes 400 Louis Garneau - 50 $ - FAit de tissu Drytex 4000, ce sous-vêtement permet à la fois de conserver la chaleur corporelle et d'évacuer l'humidité
SAIL - Sous-vêtements pour femmes GKS - 45 $ - Ensemble de sous-vêtements pour femmes 95 % polyester et 5 % élasthanne. La partie haute comporte une fermeture éclair
PRONATURE - Ensemble de sous-vêtements GKS - 40 $ - La partie haute de cet ensemble de sous-vêtements 100 % polyester comporte une ouverture avec fermoir qui permet de l'enlever et de la remettre plus facilement

Bottes, chaussures et chaussettes

En raison des changements climatiques, les températures automnales sont plus élevées qu’avant lorsque la chasse au gros gibier débute. Le choix de ce qu’on porte aux pieds revêt donc beaucoup d’importance. « Chasser l’orignal à 24 °C avec des bottes doublées pour l’hiver, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux », explique Patrick Tousignant, d’Ecotone. Ce type de bottes sera plus approprié plus tard dans la saison.

Par ailleurs, selon le type de chasse qu’on pratique, on optera pour des bottes plus légères si on se déplace régulièrement, ou plus lourdes et plus chaudes si on demeure de longues heures dans une cache, par exemple.

Dans tous les cas, il faut s’assurer d’avoir des chaussures qui sont imperméables, mais qui permettent à l’humidité de s’évacuer. « Quand tu marches de longues heures avec des bottes mouillées, tu termines la journée les pieds pleins d’ampoules », raconte Mario Boulianne. Claude Villemure suggère aussi de prêter attention aux semelles. « Un chasseur qui sort souvent devrait opter pour des semelles cousues plutôt que collées parce qu’à la longue, elles vont se décoller. »

PRONATURE - Bottes de chasse camouflage Irish Setter - 170 $ - Cette paire de bottes en cuir comprend une isolation 800 g Thinsulate et une doublure intérieure en nylon permettant l'évacuation de l'humidité
ECOTONE - Bottes de chasse pour femmes Sportchief - 209 $ - Cette paire de bottes pour femmes est équipée d'une membrane aquatex imperméable et d'une isolation 400 g de Thinsulate
SAIL - Chaussettes pour femmes Browning - 20 $ - Fabriquées avec de la laine de mérinos maîtrisant naturellement les odeurs, ces chaussettes comprennent une surface amortissante sous le pied, assurant chaleur et confort

Couteaux et outils

Tout bon chasseur devrait minimalement partir avec deux couteaux : un couteau de chasse et un deuxième pour éviscérer. Il en existe des centaines de variétés sur le marché. Les couteaux dotés d’une poignée en bois ont plus de cachet que ceux munis d’un manche en matériel synthétique, mais ils sont plus fragiles. « Si le manche a une petite fissure et que l’humidité entre, ça peut finir par craquer », avertit Claude Villemure.

Les chasseurs expérimentés vont également transporter une hachette ou une petite scie pliante pour tailler du bois en cas de besoin. « J’ai toujours une pierre à feu et une dizaine de briquettes que j’ai fait tremper dans l’alcool de bois. Avec quelques branches de sapin, j’allume un feu en 30 secondes », raconte Mario Boulianne, qui chasse depuis plus de 40 ans. Le Latuquois suggère aussi d’apporter un fil de pêche avec des hameçons. « Si tu te perds et que tu es mal pris, des vers de terre, ça se trouve partout. »

PRONATURE - Couteau Buck modèle 119 - 75 $ - Garanti à vie, ce couteau emblématique et indémodable est livré dans un étui en cuir solide
SAIL - Ensemble couteau et scie Flip n'blaze - saw combo Outdoor Edge - 100 $ - Cet ensemble comporte un couteau doté d'une lame de 3 ½ pouces et une scie munie d'une lame de 4 3/8 pouces
ECOTONE - Couteau Trophy Hook Boker - 55 $ - Muni d'une lame de 4 2/5 pouces, ce couteau à éviscérer est accompagné d'une garantie à vie pour le propriétaire d'origine
SAIL - Ensemble Expédition Tripack Camillus - 60 $ - Cet ensemble comprend une hache de 13 pouces, un couteau de 6 3/4 pouces et une scie pliante de 10 pouces avec verrou
PRONATURE - Appeau électronique Deadbone - 150 $ - Accompagné d'une télécommande ayant une portée de 150 pieds, cet appareil reproduit les sons des animaux sauvages les plus courants, du mâle à la femelle en passant par le veau
ECOTONE - Control Freak Primos - 13 $ - À asperger sur les vêtements avant votre prochaine expédition de chasse

La sécurité avant tout

Accompagnant son père dans ses expéditions depuis l’âge de trois ans, Carolane Morel-Lemire a toujours la piqûre vingt ans plus tard. Par-dessus tout, la résidente de Terrebonne apprécie chasser à l’arbalète. Comme ce type d’arme exige du chasseur de bien évaluer la distance avec sa cible, la jeune femme s’est équipée d’un range finder ou télémètre en français.

Lorsqu’elle part à la chasse, Carolane Morel-Lemire avoue insister sur sa sécurité. « Je suis craintive un peu de nature, alors j’apporte beaucoup d’outils de sécurité en double comme des lampes de poche par exemple », raconte celle qui travaille comme paramédic dans la vie de tous les jours.

La jeune femme de 23 ans s’est aussi fabriqué une toilette portative qu’elle transporte toujours dans ses parties de chasse. Pour le reste, son sac à dos contient relativement les mêmes outils que celui de son père. « Les boutiques offrent maintenant des vêtements de camouflage pour femmes avec des teintes de rose, mais pour le reste, on part avec les mêmes accessoires que les hommes », conclut-elle.

Carolane Morel-Lemire

René ne part jamais sans...

  • de bons vêtements;
  • de bonnes bottes de chasse imperméables;
  • un dossard s’il chasse à l’arme à feu;
  • des gants chauds;
  • un sac à dos contenant une bouteille d’eau et quelques grignotines (amandes et chocolat);
  • un couteau à éviscérer, deux couteaux de chasse, une petite scie pliante et des gants en latex pour l’éviscération;
  • une cache en hauteur ou une petite tente à montage rapide avec chaise confortable s’il chasse sur un territoire précis;
  • une trousse de sécurité;
  • un GPS s’il se déplace sur une bonne distance;
  • l’envie de laisser la nature telle qu’elle était avant son passage.

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition septembre 2019

Bien élaguer, pour une valeur ajoutée

Le travail d’élagage est un art, et les producteurs de bois ont tout intérêt à le maîtriser en sachant quand et comment exécuter le travail et en utilisant des outils appropriés et de qualité.

L’ingénieur forestier Patrick Lupien, du Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie, coauteur du Guide sylvicole du Québec (tome 2), a plusieurs fois constaté que la méconnaissance et les erreurs peuvent être coûteuses pour les producteurs forestiers. « Un jour, un producteur a voulu me montrer le travail qu’il avait effectué sur sa plantation. J’ai convenu qu’il avait beaucoup travaillé, mais qu’il avait complètement manqué son coup et compromis la rentabilité de sa plantation en n’effectuant pas les bonnes opérations », raconte M. Lupien.

L’élagage consiste à couper les branches mortes ou vivantes dans la partie inférieure de la tige d’un arbre afin de réduire la formation de noeuds dans la production de bois d’oeuvre de qualité pour le sciage ou le déroulage.

La taille de formation, pratiquée dans la partie supérieure de l’arbre, est effectuée de deux à trois ans après la plantation, pour corriger les malformations en supprimant les branches qui déforment le tronc : fourches ou branches latérales qui concurrencent la cime. L’opération permet d’assurer la rectitude de la bille et de faciliter l’élongation de la tige, en somme de lui garantir une structure solide.

Faire une bonne coupe pour des branches de 3 cm et moins

De la bonne façon et au bon moment

La première intervention d’élagage à proprement parler devrait être réalisée au plus de cinq à sept ans après la plantation.

Ce premier élagage sera suivi d’un ou de deux autres au cours de la croissance de l’arbre. Ces interventions hâtives sont moins laborieuses, moins coûteuses et réduisent le risque d’infection du bois par des champignons de pourriture.

« Pour produire du bois de qualité, on doit viser une hauteur d’élagage d’au moins 10 à 16 pieds (3 à 4,9 mètres). L’élagage permettra de réduire la quantité de noeuds, assurant ainsi une plus grande valeur au bois », explique M. Lupien.

Le producteur qui effectue lui-même ses travaux devra respecter quelques règles pour ne pas nuire à la croissance de ses arbres. Avant de procéder, il est recommandé de bien s’informer en lisant les fiches explicatives ou en suivant les formations. Le producteur trouvera ces informations sur le site foretprivee.ca.

Il lui faudra éviter de réaliser l’opération lors de périodes de grands froids ou de grandes chaleurs et, bien sûr, durant la période de montée de la sève. Les mois de mai et juin demeurent le moment idéal pour la coupe de branches de faible diamètre de 2,5 cm et moins. La croissance de l’arbre pendant l’été permettra de refermer les plaies.

Le producteur devra aussi se garder de prélever plus de 30 % de branches pour éviter de nuire à la croissance de l’arbre en raison de la réduction du feuillage permettant la photosynthèse.

Pour une cicatrisation rapide, la coupe doit être effectuée à un angle qui respecte la limite de l’arête et du collet situés à l’assise de la branche et, bien sûr, sans endommager l’écorce.

Pour les branches les plus grosses, de 4 cm et plus de diamètre, une coupe d’allègement doit être faite à 30 cm du tronc pour éviter les déchirures de l’écorce du tronc.

Pour effectuer ce travail, il est fortement recommandé d’utiliser des outils bien affûtés et de les désinfecter avec de l’alcool à 70 % lorsqu’on coupe une branche contaminée ou entre chaque arbre pour éviter de propager des maladies.

Les bons outils

Pour que le travail soit exécuté efficacement et de façon sécuritaire, il importe aussi d’utiliser les bons outils et de l’équipement de qualité. Il existe plusieurs marques dont la qualité est variable. Les experts recommandent de se fier aux marques renommées offrant des outils faits en acier et munis de poignées de qualité.

Dans son coffre à outils idéal, pour faire ses travaux d’élagage, le producteur devrait retrouver l’équipement suivant :

Le sécateur (environ 40 $) est adapté à la main de l'utilisateur. Les modèles à poignées de métal avec enduit en PVC sont conseillés. Pour l'entretien, il est recommandé d'affûter la partie bombée de la lame et de nettoyer les pièces métalliques avec un chiffon imbibé d'un mélange pour tronçonneuse afin de prévenir la rouille. Il faut éviter les sécateurs avec système de type lame sur enclume.
Le sécateur (environ 40 $) est adapté à la main de l'utilisateur. Les modèles à poignées de métal avec enduit en PVC sont conseillés. Pour l'entretien, il est recommandé d'affûter la partie bombée de la lame et de nettoyer les pièces métalliques avec un chiffon imbibé d'un mélange pour tronçonneuse afin de prévenir la rouille. Il faut éviter les sécateurs avec système de type lame sur enclume.
L'ébrancheur (environ 50 $) est utile pour les branches d'un diamètre de 2 à 4 cm. Il faut opter pour les modèles à lame et contre-lame dentées pour éviter l'écrasement de la base des branches. Les modèles avec système de démultiplication sont plus efficaces, bien qu'ils soient sujets à devenir vite fragiles. Là encore, on doit éviter d'utiliser les outils avec système de type lame sur enclume.
L'ébrancheur (environ 50 $) est utile pour les branches d'un diamètre de 2 à 4 cm. Il faut opter pour les modèles à lame et contre-lame dentées pour éviter l'écrasement de la base des branches. Les modèles avec système de démultiplication sont plus efficaces, bien qu'ils soient sujets à devenir vite fragiles. Là encore, on doit éviter d'utiliser les outils avec système de type lame sur enclume.
L'échenilloir (environ 160 $) est très utile, mais si la perche d'aluminium est résistante, elle est également lourde et froide. Les tiges en fibre de verre sont plus légères et inaltérables. Il faut préférer celles d'une longueur inférieure à 2 m. L'échenilloir doit être de bonne qualité et muni de poulies qui réduisent l'effort de tirage de la corde. Quant à cette dernière, elle doit être robuste et de la bonne grosseur. Selon qu'il soit à double ou a tripe démultiplication, l'échenilloir permet de couper des branches de 3 à 4,5 cm.
La scie à élaguer (environ 40 $) permet de supprimer les branches au diamètre important ou à l'angle d'insertion trop aigu. La coupe moins franche engendre des plaies plus larges, provoquant une cicatrisation plus lente. Il faut privilégier les modèles à lame étroite et courbée, plus maniables entre les branches. Le lissage de la lame se fait à la toile d'émeri et l'affûtage à l'étau.
La tronçonneuse perche (ou élagueuse sur perche) (environ 1000 $) facilite grandement le travail d'élagage en permettant de couper des branches de bonne dimension en hauteur tout en demeurant au sol. Il s'agit d'une petite tronçonneuse placée à l'extrémité d'une perche de plus de 2 m (pouvant même dépasser 3 m). Si le moteur est placé en bas, près des mains de l'opérateur, on parlera plutôt d'une perche élagueuse. Évidemment, dans ce dernier cas, le poids est moindre à l'extrémité, ce qui peut faciliter l'utilisation, mais la puissance risque d'être réduite en raison de la présence d'un arbre d'entraînement reliant le moteur à la scie.
La tronçonneuse perche (ou élagueuse sur perche) (environ 1000 $) facilite grandement le travail d'élagage en permettant de couper des branches de bonne dimension en hauteur tout en demeurant au sol. Il s'agit d'une petite tronçonneuse placée à l'extrémité d'une perche de plus de 2 m (pouvant même dépasser 3 m). Si le moteur est placé en bas, près des mains de l'opérateur, on parlera plutôt d'une perche élagueuse. Évidemment, dans ce dernier cas, le poids est moindre à l'extrémité, ce qui peut faciliter l'utilisation, mais la puissance risque d'être réduite en raison de la présence d'un arbre d'entraînement reliant le moteur à la scie.

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition mai 2017.

Quand le cerf se sert

Crédit photo: Serge Labrosse

Pour le commun des mortels, la manifestation d’une surpopulation de cerfs de Virginie se perçoit principalement par la hausse du nombre d’accidents de la route. Souvent oubliée, la situation vécue par les propriétaires forestiers victimes du broutage excessif n’en est pas moins préoccupante et peut même, dans certains cas, s’avérer dramatique pour la régénération de la forêt.

Dans certains secteurs du sud du Québec, les cheptels de cervidés ont atteint et même dépassé la capacité de la forêt à soutenir ces niveaux de population. On constate alors de lourds dommages à la régénération forestière, surtout les feuillus nobles et le thuya, ce qui nuit à l’avenir des boisés de nombreux propriétaires. Malgré les efforts déployés pour stabiliser ou réduire les populations par la chasse, le problème persiste. Les données manquent pour évaluer les dommages et la plupart des initiatives demeurent isolées.

« Il est établi que les populations de cerfs peuvent influencer la végétation, confirme Bérénice Doyon, biologiste et responsable multiressource à l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées de la Chaudière. Le piétinement, la compaction du sol, le grattage et le frottage sur l’écorce des arbres sont quelques-uns des impacts ressentis, mais le plus important demeure le broutage des feuillages, des rameaux et des semences. »

En mars, le dépôt d’un des rares rapports sur le sujet, intitulé Plan d’orientation des ravages du sud de la Beauce et coordonné par Mme Doyon, a permis de dresser un portrait de la situation faunique et forestière dans trois zones. « L’objectif était qu’on en vienne, de façon concertée, à établir des pistes d’action pour les prochaines années et que toutes les personnes touchées par la problématique puissent y participer », précise-t-elle.

Des évaluation difficiles

Spontanément, il est justifié de se demander à partir de quelle densité l’influence des cervidés devient néfaste pour l’avenir de la forêt et la qualité de son habitat. Biologiste et chercheuse postdoctorale au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Émilie Champagne répond qu’il n’existe pas de données universelles. « Cela dépend des conditions du milieu, par exemple de la nourriture disponible, de la présence d’autres herbivores ou d’infrastructures humaines. »

De la même manière, le coût réel des dégâts causés par les cerfs de Virginie en forêt est difficile à estimer. Les spécialistes s’entendent néanmoins pour dire que la pression de broutage exercée par ces animaux peut diminuer la valeur économique du boisé, compromettre l’équilibre de l’écosystème et réduire la biodiversité. Elle est aussi susceptible de ralentir la croissance des plantes, des arbustes et des arbres, ce qui a une incidence non négligeable sur la protection des sols contre l’érosion.

Le broutage par le cerf de Virginie nuit à l’avenir de nombreux boisés. Crédit photo: Frédérick Lelièvre, MFFP

Un propriétaire excédé

Propriétaire depuis 21 ans d’un boisé privé d’une superficie de 54 acres près de Stratford, en Estrie, Hugues Beaudoin est aux prises avec le problème. Il indique qu’au moment de l’achat il y avait déjà présence de cerfs, « mais en quantité raisonnable ». Vers 2003, le producteur a toutefois commencé à remarquer une hausse du broutage. Aujourd’hui, aucun feuillu n’excède 25 cm et à peine 1 % des arbres parviennent à s’établir pour percer le couvert forestier.

« Ma forêt est tout simplement en train de se métamorphoser; c’est la savanisation qui la guette!, lance M. Beaudoin. Actuellement, les épinettes sont la seule chose qui n’est pas broutée. À titre expérimental, j’ai fait de petits exclos – des zones inaccessibles aux cerfs – pour démontrer les changements qui s’opèrent. Après six ans, j’observe que ça croît de belle façon dans les espaces protégés, mais qu’à l’extérieur des exclos, rien ne pousse! »

Le propriétaire forestier explique en outre avoir effectué des regarnis avec de l’érable à sucre et du chêne rouge, « surtout pour le sentiment qui me lie à mon boisé, puisque cette mesure me coûte 10 $ par arbre! La protection, assurée par un tuteur et une clôture en plastique rigide, suit la croissance. Sinon, il y a la chasse, que je pratique avec trois ou quatre invités non seulement par plaisir, mais aussi par devoir, car c’est la clé du succès ».

Bien que coûteuse, l’installation de protecteurs individuels permettant la croissance de l’arbre peut s’avérer utile. Crédit photo: Hugues Beaudoin

Que faire?

Émilie Champagne atteste également que la chasse sportive représente le moyen le plus efficace pour contrôler les populations. Si la chercheuse du MFFP corrobore l’idée que l’aménagement d’exclos et l’installation de protecteurs individuels peuvent s’avérer utiles – bien que très coûteux –, elle remet en question l’emploi de répulsifs. Les savons et l’urine de prédateurs, dont il faut multiplier les applications, ont un effet limité.

« Une étude réalisée à l’île d’Anticosti laisse par ailleurs penser que la végétation compagne influe sur la probabilité du broutement, qui se répartirait mieux quand il y a davantage de ressources alternatives. Autrement, des travaux expérimentaux sont en cours pour tenter de voir quels composés dans les plantes pourraient offrir un certain niveau de protection contre le broutement, ce qui permettrait ultimement une meilleure sélection des plants pour le reboisement », rapporte la chercheuse.

Les demandes des producteurs

Les producteurs agricoles et forestiers qui subissent des dommages souhaitent une amélioration de la gestion des cervidés. À cet égard, l’Union des producteurs agricoles adresse notamment les demandes suivantes aux gestionnaires de la faune :
• Améliorer la précision des inventaires pour repérer les secteurs problématiques.
• Assurer une gestion des cheptels en fonction de la capacité de la forêt à soutenir les populations de cerfs, c’est-à-dire sans que l’habitat se détériore.
• Bonifier les outils de contrôle des populations pour les secteurs en surpopulation.
• Convenir, avec les propriétaires, de méthodes d’intervention rapide lorsqu’ils subissent des dommages importants par le cerf.
• Harmoniser les territoires de chasse avec le territoire municipalisé afin d’améliorer la gestion et le suivi des populations.

Accueillir des chasseurs sur sa terre

Dans la lutte contre le broutage par les populations de cerfs de Virginie, la chasse constitue à ce jour le moyen de contrôle le plus efficace. Les propriétaires qui ne s’adonnent pas à cette activité ont la possibilité d’accueillir des chasseurs et peuvent obtenir un modèle de contrat pour la location de leur terre en consultant la section Bibliothèque/contrats-types.

Principales espèces d’arbres utilisées comme nourriture en hiver par le cerf

• Bouleau à papier
• Érable de Pennsylvanie
• Cerisier de Virginie
• Érable rouge
• Chèvrefeuille du Canada
• Noisetier à long bec
• Cornouillers
• Sapin baumier
• Érable à épis
• Saules
• Érable à sucre
• Thuya occidental

 

Article paru dans le Forêts de chez nous de septembre 2019.

Dossier spécial – Élections fédérales 2019

Les élections fédérales auront lieu le 21 octobre prochain au Canada.  Durant la présente campagne électorale, la Fédération canadienne des propriétaires de boisés (FCPB), appuyée par la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ), a rappelé aux partis politiques que le secteur forestier était porteur de solutions face aux enjeux des changements climatiques, de développement socioéconomique des communautés rurales et d’occupation du territoire.

Afin de soutenir le travail des propriétaires forestiers canadiens, trois conditions ont été définies comme essentielles dans une lettre envoyée aux chefs des quatre principaux partis.

Dans cette lettre, la FCPB demandait les engagements des partis face aux conditions suivantes :

  1. Créer un régime d’épargne et d’investissement sylvicole.
  2. Défendre une exemption de taxes et quotas pour le bois d’œuvre produit à partir du bois des forêts privées dans un futur accord de commerce avec les États-Unis.
  3. Financer un programme canadien de reboisement et de travaux sylvicoles visant les 450 000 propriétaires forestiers.
 
Vous pouvez consulter le détail des conditions dans un exemple de lettre envoyée aux partis politiques.

Voici les réponses reçues des partis ou prises sur les plateformes :

Consultez le résumé des réponses des partis dans l‘infolettre Forêts de chez nous PLUS d’octobre 2019.

Notre vidéo en lien avec la condition no 3.

Résultat des élections: Justin Trudeau conserve son poste de premier ministre au sein du Parti libéral du Canada, mais sous un gouvernement minoritaire.

Mise à jour sur le marché du bois d’œuvre 2019

Les fermetures et arrêts de production dans les scieries de la Colombie-Britannique n’ont pas été en mesure de rééquilibrer l’offre et la demande sur le marché du bois d’œuvre. Cette situation d’offre excédentaire provoque une pression baissière sur les prix du bois d’œuvre.

Demande de bois d’œuvre

Sans nommer les récents revers des négociations commerciales avec la Chine et les inconvénients d’un Brexit exempt d’entente avec l’Union européenne, l’un des 10 membres du comité décisionnel de la banque centrale américaine (FED) a mentionné qu’il serait difficile de parvenir à un accord sur un régime commercial mondial stable dans les prochains trimestres.

D’un côté, l’absence d’entente entre les Chinois et les Américains se traduirait par un ralentissement de l’investissement et de la croissance mondiale. De l’autre côté, un Brexit sans entente avec l’Union Européenne réduirait les flux commerciaux entre cette dernière et le Royaume-Uni, ce qui affaiblirait l’économie de l’Europe. Dans ce contexte, le Fonds monétaire international n’a cessé d’abaisser ses projections sur la croissance mondiale depuis l’automne dernier. Entre le mois d’octobre et le mois de juillet, les projections de la croissance mondiale sont passées de 3,8 % à 3,2 % pour 2019. Un ralentissement du PIB est aussi attendu du côté américain. Par exemple, les deux derniers trimestres de 2019 devraient être de 1,8 et 1,6 %, comparativement à 3,4 et 2,6 % à la même période l’an dernier. Parallèlement, les probabilités d’une récession américaine au cours des 12 prochains mois ne font qu’augmenter, passant de 15 % en octobre 2018 à 35 % en juillet 2019.

Dans ce contexte, le 31 juillet dernier, la FED a coupé son taux directeur de 25 points de base (0,25 %) pour une première fois depuis 2008.

Puisque la baisse des taux d’intérêt a pour objectif de stimuler la croissance économique, cette nouvelle aurait dû être bien reçue par le marché. Cependant, compte tenu de la dégradation avancée des relations commerciales entre la Chine et les États-Unis, plusieurs analystes prévoyaient que la FED allait baisser son taux directeur de 50 points de base pour atteindre 2 %. La banque centrale a donc réagi de façon moins importante qu’anticipée, causant ainsi un désappointement sur les marchés. Lorsque les investisseurs sont inquiets des perspectives de croissance, les gestionnaires de portefeuilles rééquilibrent ceux-ci en liquidant une partie de leurs actions d’entreprises et en les remplaçant par des obligations d’État (dettes souveraines des pays industrialisés) afin de préserver le principal de leurs investissements. Ce phénomène, décrit par plusieurs comme une course vers la qualité (« Flight to Quality »), provoque des corrections importantes sur les marchés boursiers et obligataires. Lorsque la demande pour les obligations d’États augmente, le taux d’emprunt pour les États diminue puisque ceux-ci disposent d’un plus grand nombre d’acheteurs pour la même quantité de dettes. Le plus populaire des titres obligataires est l’obligation américaine avec une échéance de 10 ans.

Ce titre financier est le principal indice de référence pour le taux hypothécaire américain fixe de 30 ans qui est le produit hypothécaire le plus vendu aux États-Unis. La tendance à la baisse devrait se maintenir pour les obligations américaines et les taux hypothécaires puisque les probabilités de coupe du taux directeur pour la prochaine réunion de la FED du 18 septembre varient entre 70 et 95 %.

Normalement, une telle chute dans les taux hypothécaires aurait dû stimuler davantage la construction aux États-Unis. L’économiste principal de la National Association of Home Builder (NAHB) estime que cette défaillance provient de deux raisons principales.

Premièrement, cette diminution des taux d’intérêt était mal anticipée par les marchés. L’ajustement prendra donc un certain temps à réagir. Dans le même ordre d’idée, les taux d’intérêt diminuent en raison de l’incertitude économique, ce qui a fait diminuer la confiance des consommateurs américains.

Deuxièmement, l’ampleur actuelle de la baisse du coût de financement ne sera pas en mesure de compenser la hausse des coûts de construction des dernières années.

Afin de stimuler le marché immobilier américain, et par le fait même la demande de bois, il faudra davantage de baisses de taux d’intérêt puisque la récente chute n’a eu comme résultat que d’atténuer les effets d’une croissance économique en décélération.

Toutes les banques canadiennes à l’exception de la RBC (1 %) prévoient que la croissance dans les mises en chantier américaines sera nulle ou négative en 2019. La prévision de mi-année la plus optimiste concernant les mises en chantier américaines de 2019 provient de Wells Fargo avec 2 % de croissance annuelle par rapport à 2018.

Malgré cela, l’indice de confiance de la NAHB s’est rétabli au cours des 6 derniers mois, laissant entrevoir un optimisme concernant l’activité de la construction aux États-Unis. Depuis le creux du mois de décembre avec 56 points, l’indice a rebondi pour atteindre 66 points au mois d’août. Une statistique au-dessus de 50 points indique que la majorité des constructeurs perçoivent les conditions du marché de la construction résidentielle comme étant meilleures que mauvaises. À cet effet, le dernier rapport du mois d’août fait état d’une forte demande de maisons unifamiliales. Plus précisément, la NAHB s’attend à ce que la demande soit plus forte dans les banlieues des grandes villes où la baisse des taux d’intérêt aura un impact marqué.

Offre de bois d’œuvre

Plusieurs changements importants concernant l’offre ont eu lieu au cours des deux premiers trimestres de 2019. La chute des prix du bois d’œuvre a favorisé des arrêts de production situés presque exclusivement en Colombie-Britannique. Parallèlement, les redevances forestières de cette province ont connu une augmentation substantielle. Dans ce contexte, la plupart des actions des compagnies forestières de cette région ont été à leur plus bas niveau depuis le début de 2017. Un investisseur canadien a jugé que le moment était opportun pour déposer une offre d’achat pour Canfor, une importante entreprise du secteur.

La production de bois d’œuvre a diminué de 9 % au cours des 5 premiers mois au Canada. Cette baisse de la production vient en grande partie des fermetures temporaires ou permanentes en Colombie-Britannique. Il s’est produit 17 % moins de bois dans cette province au cours des 5 premiers mois de 2019 par rapport à la même période l’an dernier. La production québécoise est restée relativement stable avec une décroissance de 3 %.

Le nombre d’arrêts de production semble s’être accéléré entre le mois de juin et le mois d’août en Colombie-Britannique. De cette façon, les données sur la production de bois d’œuvre en Colombie-Britannique devraient continuer à diminuer pour le reste de l’année. Généralement, les compagnies forestières évoquent les conditions défavorables du marché du bois d’œuvre et les coûts élevés de la fibre de bois pour justifier les annonces de fermeture ou de réduction de quarts de travail.

Les coûts du bois rond ont effectivement augmenté considérablement en Colombie-Britannique au cours des 2 dernières années. Le gouvernement britanno-colombien publie mensuellement les prix du bois rond pour la région intérieure de la province et de façon annuelle les redevances forestières pour la région côtière. Au niveau de la côte, les redevances forestières sont passées de 3,56 $/m³ à 16,75 $/m³ entre 2017 et 2019. Pour la région de l’intérieur de la Colombie-Britannique, les statistiques démontrent qu’entre le mois de mai 2017 et le mois de mai 2019, le prix du bois rond sapin, épinette et pin gris a augmenté de 65 %, passant de 62,25 $/m³ à 102,86 $/m³. Toutefois, la RBC estime que les prix des redevances devraient descendre à des niveaux plus soutenables après le troisième trimestre de 2019.

Cette hausse de prix du bois rond arrive au moment où la possibilité forestière de la province a atteint approximativement 70 Mm³, en baisse de 15 % par rapport au niveau de 2010. Selon le gouvernement britanno-colombien, la possibilité forestière de la province continuera de diminuer pour atteindre un creux de 56 Mm³ dès 2027. En résumé, l’offre de bois rond diminue en raison de l’épidémie de la dendroctone du pin ponderosa et les prix du bois d’œuvre sont à la baisse. Cette conjonction d’éléments provoque un important mouvement d’arrêt de production dans cette région de l’Amérique du Nord.

Malgré les coupes successives de possibilités forestières en Colombie-Britannique et les tarifs douaniers américains, un milliardaire de Vancouver s’est porté acquéreur de Canfor, l’une des plus grosses compagnies de bois d’œuvre du pays pour la somme de 980 M$, soit l’équivalent de 16 $ par action. La firme de gestion du milliardaire canadien possède déjà 51 % de l’entreprise. La transaction doit passer au vote lors d’une assemblée d’actionnaires. Ce type de vote doit obtenir plus de 66 % des voix. Canfor dispose d’une capacité de production de 5,9 milliards de PMP de bois d’œuvre avec des scieries en Colombie-Britannique, en Alberta, dans le Sud des États-Unis et en Suède. Cette nouvelle est survenue au moment où le prix des actions des principales compagnies forestières de la Colombie-Britannique avait atteint son plus bas niveau depuis 2017. Afin de mettre en perspective la valeur des actions de ces compagnies, il est approprié de comparer l’évolution du rendement de l’achat d’une action en date du 1er janvier 2017. Le jour précédant l’annonce, le rendement de l’action de Canfor était de -53 %, suivi par Western FP avec -41 % et d’Interfor avec -21 %. À la suite de cette nouvelle, le rendement de l’action de Canfor est revenu en territoire positif avec 2 % de rendement, soit un bond de 55 %.

Prix

Les prévisions des banques canadiennes concernant le prix moyen annuel du bois d’œuvre font toujours état d’une diminution par rapport à 2018. La Banque de Montréal estime que le prix annuel moyen du bois d’œuvre en 2019 diminuera de 28 % par rapport à 2018. L’institution financière la plus optimiste demeure la CIBC avec une baisse de 18 %.

 

Sources:
[FREDDIEMAC] 2019. Housing Market Sees Increased Momentum Due to Low Mortgage Rates. Repéré à http://www.freddiemac.com/research/forecast/20190730_housing_market_increase.page?,  20 août 2019.
[FREDDIEMAC] 2019. Housing Market Expected to Realize the Positive Impacts of Low Mortgage Rates in 2019. Repéré à http://www.freddiemac.com/research/forecast/20190617_positive_impacts.page?,  20 août 2019.
[FREDDIEMAC] 2019. Mortgage Rates Remain Near Historical Lows. Repéré à http://www.freddiemac.com/pmms/,  20 août 2019.
[NAHB] 2019. Why Lower Interest Rates are Not Boosting the Housing Market. Repéré à http://nahbnow.com/2019/08/why-lower-interest-rates-are-not-boosting-the-housing-market/, 20 août 2019.
[NAHB] 2019. Lower Interest Rates: What They Mean for Housing and the Economy. Repéré à http://eyeonhousing.org/2019/08/lower-interest-rates-what-they-mean-for-housing-and-the-economy/?_ga=2.154092472.1406520804.1565711212-469424381.1565711212&subscribe=success#blog_subscription-2,  20 août 2019.
[NAHB] 2019. Federal Reserve Reduces Rates in July. Repéré à http://eyeonhousing.org/2019/07/fomc_july/, 20 août 2019.
[NAHB] 2019. Fed Rate Cut Good for Housing. Repéré à http://nahbnow.com/2019/07/fed-rate-cut-good-for-housing/, 20 août 2019.
[NAHB] 2019. Builder Confidence Trending Higher as Interest Rates Move Lower. Repéré à http://eyeonhousing.org/2019/08/builder-confidence-trending-higher-as-interest-rates-move-lower/,  20 août 2019.
[WELLSFARGO] 2019. Lower Mortgage Rates Are Unlikely to Reinvigorate Home Buying. Repéré à https://www08.wellsfargomedia.com/assets/pdf/commercial/insights/economics/real-estate-and-housing/housing-chartbook-20190618.pdf,  20 août 2019.
[WELLSFARGO] 2019. Housing Demographics Turn More Positive. Repéré à https://www08.wellsfargomedia.com/assets/pdf/commercial/insights/economics/real-estate-and-housing/housing-demographics-turn-more-positive-20190730.pdf,  20 août 2019.
[BMO] 2019. U.S. Housing Starts Fall. https://economics.bmo.com/en/publications/detail/8eaf388c-f605-4a1d-bb6f-5e5ff2a3365f/, 20 août 2019.
[BMO] 2019. Given Permission, But Unable To Start. Repéré à https://economics.bmo.com/en/publications/detail/93a34b3a-0493-480c-ae22-a688f07fe01f/, 20 août 2019.
[BMO] 2019.North America Timber Industry Analysis and Assessment: 3Q 2018. Repéré à https://madisonsreport.com/2019/01/11/north-america-timber-industry-analysis-and-assessment-3q-2018-%EF%BB%BF/,  16 janvier 2019.
[BMO] 2019. Commodity Index Hits Oil Slick. Repéré à https://economics.bmo.com/en/publications/detail/a8c4a007-ca69-47c0-83b2-0184d33af322/, 20 août 2019
[FED] 2019. Federal Reserve issues FOMC statement. Repéré à https://www.federalreserve.gov/newsevents/pressreleases/monetary20190731a.htm, 20 août 2019
[FED] 2019. A Sea Change in U.S. Monetary Policy. Repéré à https://www.stlouisfed.org/~/media/files/pdfs/bullard/remarks/2019/bullard_nec_washington_dc_6_august_2019.pdf?la=en, 20 août 2019
[FEDFUNDWATCH] 2019. CME FedWatch Tool. Repéré à https://www.cmegroup.com/trading/interest-rates/countdown-to-fomc.html, 20 août 2019
[FINANCIAL POST] 2019. Great timing’ by Jim Pattison — but the 82% premium comes as Canfor treads multi-year lows. Repéré à https://business.financialpost.com/commodities/great-timing-by-jim-pattison-but-the-82-premium-comes-as-canfor-treads-multi-year-lows, 20 août 2019
[CANFOR] 2018. Annual information form. Repéré à https://www.sedar.com/DisplayCompanyDocuments.do?lang=EN&issuerNo=00000485, 20 août 2019
[FEDFUNDWATCH] 2019. CME FedWatch Tool. Repéré à https://www.cmegroup.com/trading/interest-rates/countdown-to-fomc.html, 20 août 2019
[FMI] Années multiples. WORLD ECONOMIC OUTLOOK REPORTS. Repéré à https://www.imf.org/en/Publications/WEO, 20 août 2019
[BG GOV] Années multiples. Coast Average Stumpage Rates. Repéré à https://www2.gov.bc.ca/gov/content/industry/forestry/competitive-forest-industry/timber-pricing/coast-timber-pricing/coast-average-stumpage-rates, 20 août 2019
[BG GOV] Années multiples. Interior Log Market Values. Repéré à https://www2.gov.bc.ca/gov/content/industry/forestry/competitive-forest-industry/timber-pricing/interior-timber-pricing/interior-log-market-reports, 20 août 2019
[BG GOV] Années multiples. Trends in Timber Harvest in B.C.. Repéré à http://www.env.gov.bc.ca/soe/indicators/land/timber-harvest.html, 20 août 2019
[BLOOMBERG] 2019. Economic Concerns Send U.S. Consumer Mood to Seven-Month Low. Repéré à https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-08-16/u-s-consumer-sentiment-drops-to-seven-month-low-on-trade-fears, 20 août 2019
[IA] 2019. Tensions commerciales et chute des taux d’intérêt : doit-on craindre une récession? Repéré à https://ia.ca/actualites-economiques/articles/2019/aout/tensions-commerciales-et-chute-des-taux-d-interet-doit-on-craindre-une-recession?utm_source=infolettre-FR&utm_medium=courriel&utm_campaign=actualites-economiques-2019-08-16, 20 août 2019
[CIBC] 2019. Forecast Update, July 8 2019. Repéré à https://economics.cibccm.com/economicsweb/cds?ID=7649&TYPE=EC_PDF, 20 août 2019
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[YAHOO! FINANCE] 2019. Western Forest Product. Repéré à https://finance.yahoo.com/quote/WEF.TO/, 20 août 2019
[STATISTIQUE CANADA] 2019. Bois Sciés, production, livraisons et stocks par espèces. Repéré à https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/cv.action?pid=1610001701, 20 août 2019
[FRED] 2019. 10-Year Treasury Constant Maturity Rate. Repéré à https://fred.stlouisfed.org/series/DGS10, 20 août 2019
[TD] 2019. U.S.  Ecomomic Outlook. Repéré à https://economics.td.com/domains/economics.td.com/documents/reports/qef/2019-jun/us/1-us-outlook.htm, 20 août 2019
[DESJARDINS] 2019. Economic and Financial Outlook. Repéré à https://www.desjardins.com/ca/about-us/economic-studies/forecasts/economic-financial-outlook/index.jsp, 20 août 2019
[RBC] 2019. Economic and Financial Market Outlook. Repéré à http://www.rbc.com/economics/economic-reports/pdf/quarterly-economic-update/fcst_june2019.pdf, 20 août 2019
[SCOTIABANK] 2019. Scotiabank’s Forecast Table. Repéré à https://www.scotiabank.com/content/dam/scotiabank/sub-brands/scotiabank-economics/english/documents/forecast-tables/forecast_20190712.pdf, 20 août 2019
[NATIONAL BANK] 2019. Monthly Economic Monitor. Repéré à https://www.nbc.ca/content/dam/bnc/en/rates-and-analysis/economic-analysis/monthly-economic-monitor.pdf, 20 août 2019
[BMO] 2019. Economic analsis. Repéré à https://www.nbc.ca/content/dam/bnc/en/rates-and-analysis/economic-analysis/monthly-economic-monitor.pdf, 20 août 2019

Vaisselle et couverts compostables, le SPFBSL passe à l’action!

Le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent (SPFBSL) a récemment mis à la disposition des organismes intéressés, des assiettes, bols, verres et couverts compostables.

Rappelons qu’en mai dernier, les producteurs du SPFBSL adoptaient une résolution à l’effet que des actions soient entreprises dans un premier temps pour que soit sensibilisé l’ensemble des organismes régionaux et provinciaux à cette problématique qui, nous le croyons, va hypothéquer les générations futures. Ensemble, nous souhaitons faire pression sur les divers paliers de gouvernements afin que soient abolis les contenants de styromousse et de plastique, qu’ils soient enlevés de la mise en marché des produits bioalimentaires, et qu’en parallèle soient développées des alternatives par exemple du carton fait à base de fibre de bois. Nous considérons que la situation environnementale se dégrade dans le monde, que l’amélioration de la situation devrait être la préoccupation de toutes les populations et que chaque individu et chaque organisation devraient être partie prenante et faire pression pour que s’améliorent les pratiques nuisibles à l’environnement, dont les marchés d’alimentation ou autres commerces, où l’on retrouve majoritairement des contenants de styromousse et de plastique pour les produits bioalimentaires.

Une contribution tangible
En ce sens, le SPFBSL a procédé à l’achat d’un volume de vaisselle et couverts compostables afin de faciliter l’accès à ces produits à tous ses partenaires de la région bas-laurentienne, Rimouski et ses environs. Le Syndicat prévoit aussi investir dans divers événements en offrant la vaisselle et les couverts compostables en commandites notamment à la Journée Portes ouvertes de l’UPA le 8 septembre, à Saint-Anaclet et à Auclair, ainsi qu’à Packington le 14 septembre lors de l’événement La Forêt sous toutes ses couleurs, une valeur de 1 500 $. Le Marché public de Rimouski pourra aussi bénéficier de cet investissement dans le temps des Fêtes et ses marchands ont reçu l’information. «Déjà, le MAPAQ s’est procuré verres, bâtonnets et assiettes pour ses bureaux à Rimouski et les bureaux satellites. Comme nous serons présents à la Journée Portes ouvertes de l’UPA le 8 septembre et à la Forêt sous toutes ses couleurs le 14 septembre, nous allons offrir à chacun plus de 1000 exemplaires de chaque morceau de vaisselle et les couverts selon leur besoin», a confirmé le directeur général, M. Charles Edmond Landry.

Ses avantages
La vaisselle compostable utilisée par le SPFBSL est en bagasse. Fabriquée de fibres résiduelles récupérées après broyage et extraction du jus de canne à sucre, la bagasse représente une alternative aux produits de plastique en étant 100 % compostable et biodégradable. Élégants et durables, les produits offrent une excellente rigidité et une bonne résistance au détrempement pour les aliments lourds ou en sauce. Elle se maintient en excellente qualité dans un endroit frais et sec, idéalement à l’abri de la lumière.

Elle est économique et robuste, elle est imperméable aux graisses, résiste à la chaleur jusqu’à 120°C et peut être mise au micro-onde. Sa durée de vie est de 2 à 8 semaines dans un composteur industriel.

Comment en disposer?
La vaisselle doit être jetée idéalement dans un composteur ou un bac brun pour se transformer en engrais après quelques semaines. Si elle est mise aux poubelles, le temps de décomposition sera un peu plus long.

Procurez-vous la vaisselle et les couverts compostables au prix coûtant en communiquant avec Chantale Arseneault, par courriel au carseneault@upa.qc.ca ou par téléphone au 418 723-1939 poste 4506 ou cellulaire 418 392-0386.

Plus de 2 Mm3 de bois rond toujours disponibles en forêt privée

Après plus de 9 années de croissance soutenue, la récolte de bois en forêt privée a atteint son rythme de production d’avant crise. Depuis le creux de 2009, le volume récolté est ainsi passé de 2,8 millions à 6,4 millions de mètres cubes solides en 2018. Cependant, cette progression significative cache des catégories de produits sous-utilisées pouvant servir à des opportunités d’affaire pour les industriels.

Pour la période 2018-2023, il fut conjointement évalué par les 13 gestionnaires régionaux de plans conjoints de producteurs de bois et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) qu’il serait réaliste de mobiliser annuellement 8,8 Mm³ solides de bois en forêt privée, sur une possibilité de récolte forestière de 17,0 Mm³ solides. Ce volume correspond à la somme de tous les produits, résineux et feuillus, de qualité trituration, sciage et déroulage. Le bois de chauffage est exclu de ce volume. Ce volume est déterminé à l’aide des données de possibilités de récolte forestière, les historiques de production, les conditions d’achat sur le marché, les ressources disponibles pour accompagner les propriétaires dans la récolte et le transport de bois, en plus d’une estimation de la volonté des propriétaires de récolter ou de faire récolter du bois dans leurs boisés.

Par la suite, la comparaison entre la récolte réelle et l’estimation du volume de bois mobilisable permet d’établir les volumes de bois sans preneur pouvant soutenir le développement des usines de produits forestiers. À l’échelle de la province, toutes essences confondues, les propriétaires forestiers ont ainsi récolté 73 % du bois mobilisable en 2018. Plus précisément, on constate que les usines ont consommé 86 % des volumes mobilisables de sapin, épinettes et pin gris, 63 % de thuyas, pins et pruches, 56 % des peupliers et 55 % des feuillus durs.

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La revue Forêts de chez nous – septembre 2019 : Équipement: pour une partie de chasse mémorable et confortable

• Éditorial du président – Jouer son rôle dans la lutte contre les changements climatiques
• Actualités
• Une cause commune: Peter deMarsh se battait pour les producteurs
Quand le cerf se sert
Équipement: pour une partie de chasse mémorable et confortable

Consultez la version PDF de l’édition de septembre 2019.

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

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Jouer son rôle dans la lutte contre les changements climatiques

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Les propriétaires forestiers du monde entier sont interpellés par la lutte contre les changements climatiques.

D’une part, leurs boisés subiront les effets des modi€fications de notre climat. La migration d’espèces végétales envahissantes et de nouveaux insectes ravageurs, l’augmentation de la fréquence des catastrophes naturelles dévastant les forêts et l’accroissement des périodes de sécheresse en sont déjà des exemples frappants. Ce constat appelle des modi€fications dans les recommandations des ingénieurs forestiers sur les interventions sylvicoles à préconiser, la sélection des plants à reboiser et la gestion du territoire forestier.

D’autre part, les propriétaires forestiers disposent des actifs pour contribuer à la séquestration de carbone. Bien que les moyens de comptabiliser cette contribution fassent l’objet de débats entre experts, il est acquis que les arbres emmagasinent du carbone en grandissant et en émettent au cours de leur décomposition.

Pour être ef€ficaces dans cette lutte contre les changements climatiques, les politiques de soutien aux propriétaires forestiers devront cependant tenir compte des caractéristiques des forêts privées.

  1. L’afforestation, c’est-à-dire le reboisement de terrains non forestiers, présente un potentiel de séquestration de carbone limité sur le territoire privé québécois en raison des super€ficies disponibles (un constat qui peut s’avérer différent dans d’autres pays). À l’inverse, l’accroissement du stock forestier des forêts existantes grâce à des interventions sylvicoles appropriées présente un meilleur potentiel. En d’autres mots, la sylviculture peut permettre d’accroître le volume de bois à l’hectare dans les forêts dans une période donnée, et cette augmentation doit constituer un gain dans un bilan de carbone.
  2. La récolte des forêts présentant un risque de destruction est essentielle afi€n d’éviter que celles-ci deviennent émettrices de carbone à la suite d’un feu ou d’une épidémie d’insectes. L’actuelle épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, touchant 14 % du territoire de la forêt privée en 2018, est un bon exemple. Il est donc nécessaire de récolter les arbres en perdition, de les transformer en produits forestiers et de reboiser les sites touchés afi€n d’obtenir un gain dans le bilan de carbone.
  3. Le morcellement du territoire forestier et non forestier en des dizaines de milliers de propriétés exige une formule d’agrégation des gains de séquestration de carbone, simple pour chacun des propriétaires, mais crédible pour les autorités responsables de cette comptabilité. Il est irréaliste de penser que chacun des propriétaires participera directement au marché du carbone. À cet égard, nous pouvons compter sur l’expérience de la certi€fication forestière pour nous dicter quoi faire et ne pas faire. Au Québec, les propriétaires forestiers disposent aussi d’organisations pouvant être fort utiles dans cette démarche.
  4. Le soutien €financier gouvernemental pour réaliser des travaux sylvicoles chez les propriétaires forestiers devra être maintenu, voire augmenté, pour accroître cette lutte contre les changements climatiques. Voilà 50 ans que le gouvernement du Québec investit dans la mise en valeur des forêts privées. Aujourd’hui, un nouvel objectif de séquestration de carbone s’ajoutera à ce travail sur le terrain.

La prise en compte de ces éléments demande de meilleurs échanges entre la communauté scienti€fique étudiant les changements climatiques, les autorités gouvernementales dé€finissant les politiques pour y faire face et les représentants des propriétaires forestiers détenant une connaissance de la réalité du terrain. Autrement, les protocoles de séquestration de carbone marginaliseront le travail des dizaines de millions de propriétaires forestiers de partout dans le monde.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec, la Fédération canadienne des propriétaires de boisés et l’Alliance internationale pour la foresterie familiale poursuivront les représentations à leur échelle pour sensibiliser les autorités à cette question.

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et Président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de septembre 2019.

Contrat pour transférer sa responsabilité à protéger les investissements sylvicoles lors de la vente d’un boisé

Les propriétaires forestiers ayant bénéficié d’une aide financière d’un programme gouvernemental pour réaliser des travaux sylvicoles se sont normalement engagés à protéger ces investissements pour une période variant de 5 à 30 ans. S’il ne respecte pas cet engagement, le propriétaire pourrait devoir rembourser, en partie ou en totalité, l’aide financière dont il a bénéficié. Par contre, la plupart des propriétaires forestiers ignorent que cet engagement ne se termine pas lors de la vente du lot boisé.

D’un point de vue légal, l’engagement pris auprès d’une agence régionale de mise en valeur des forêts privées est qualifié de droit personnel qui ne repose pas sur la propriété du vendeur. L’engagement à protéger les investissements est un contrat convenu entre le propriétaire et une agence. C’est pourquoi le nouvel acquéreur d’une propriété ne peut pas être lié automatiquement à ce contrat puisqu’il n’a pas donné son consentement. Le vendeur conserve ainsi cette responsabilité civile contractuelle envers l’agence, à moins d’obtenir le consentement de l’acquéreur à poursuivre la protection des investissements sylvicoles. Par la suite, le propriétaire forestier pourra faire des démarches auprès de l’agence afin d’obtenir une libération totale de ses engagements. Autrement, l’agence pourrait réclamer des montants à un ancien propriétaire, même si c’est le nouveau propriétaire qui a détruit les travaux sylvicoles.

Afin de clarifier cette situation, la Fédération des producteurs forestiers du Québec a convenu avec les agences régionales d’une procédure pour libérer de son engagement un propriétaire qui vend son lot boisé. Un modèle de contrat peut être utilisé et est disponible sur le site foretprivee.ca dans la section contrats types de la bibliothèque. Ce contrat a été développé en collaboration avec Me Rémi Jolicoeur de BHLF, avocats.

 

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