Bonification du site PrixBois.ca

La FPFQ annonce l’introduction de nouvelles fonctionnalités pour PrixBois.ca, un site Web entièrement dédié au marché du bois rond. Cette plate-forme numérique permet aux producteurs forestiers du Québec de trouver le meilleur marché disponible pour leur bois rond.

PrixBois.ca évalue toutes les options de livraison disponibles, estime automatiquement les coûts de transport et propose les offres les plus lucratives pour le producteur de boisé. Plus qu’un simple babillard de prix, cet outil offre plusieurs options de personnalisation, notamment en permettant la catégorisation spécifique du bois récolté et des variables de coût de transport.

Plus de 40 000 usagers ont utilisé la plate-forme PrixBois.ca depuis sa mise en ligne en septembre 2016. Sa popularité a encouragé la FPFQ et les syndicat et offces de producteurs de bois à développer de nouveaux modules afin d’améliorer son fonctionnement. Les propriétaires et entrepreneurs forestiers du Québec bénéficieront de ces mises à jour qui permettront encore une fois d’accroître la transparence sur le marché.

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    Calculateur de revenus
    Les utilisateurs avertis apprécieront le nouveau module qui permet de réaliser une estimation complète des revenus de récolte de bois pour un chantier donné. L'usager peut effectuer plusieurs recherches pour différents produits et additionner les résultats de ses recherches dans le calculateur de revenus. Cela permet aux producteurs d'obtenir un portrait global des revenus pour un chantier où il se récolte un panier de produits (sapin-épinettes de qualité sciage, bouleau blanc de qualité sciage et pâte, peuplier de qualité trituration, biomasse, etc.). L'usager peut également répéter le processus pour plusieurs sites de coupe localisés à différents endroits et ainsi évaluer les revenus pour chacun de ces chantiers. Par ailleurs, ce nouveau module permet d'estimer le partage des revenus entre le propriétaire et l'entrepreneur forestier. Cette fonction est devenue une nécessité en raison de l'accroissement de la mécanisation de la récolte en forêt privée.

Changements dans la procédure d’enregistrement au certificat de producteur forestier

Le MFFP a procédé à des modifications concernant le processus d’enregistrement des propriétaires pour l’obtention du certificat de producteur forestier. Depuis le 10 juillet 2020, la date d’échéance du certificat est maintenant la même que celle du plan d’aménagement forestier, prolongeant ainsi la période de validité maximale de 5 ans à 10 ans. Par conséquent, tous les nouveaux enregistrements ou les renouvellements de certificat de producteur forestier auront la même date d’échéance que le plan d’aménagement forestier. Si un producteur forestier détient plusieurs plans d’aménagement forestier, il verra son certificat prolongé jusqu’à la date la plus tardive de ses plans d’aménagement forestier.

Ces changements permettent de simplifier les procédures administratives pour les producteurs forestiers. Toutefois, tous les producteurs forestiers sont tenus d’informer leur bureau d’enregistrement de tout changement pouvant survenir, tel que :

  • la désignation cadastrale (numéro du lot);
  • la superficie enregistrée;
  • l’adhésion ou le retrait d’un organisme de gestion en commun;
  • la date d’expiration du plan d’aménagement forestier;
  • l’unité d’évaluation;
  • le nom du bureau responsable de l’enregistrement.

Des frais de 11,90 $ sont exigés pour enregistrer ces modifications. Toutefois, il n’y a pas de frais pour un changement d’adresse.

Le certificat de producteur forestier permet aux propriétaires de boisés d’avoir accès aux programmes d’aide gouvernementaux pour la réalisation d’activités de protection et de mise en valeur de la forêt. À partir de janvier 2021, ce certificat permettra de faire reconnaître les lots boisés comme immeubles forestiers dans les rôles d’évaluation foncière. Ceci offre dorénavant aux municipalités la possibilité de moduler le taux de taxation de cette catégorie à l’intérieur d’une fourchette de 66 à 100 % du taux de base afin d’encourager la mise en valeur des forêts. Cette mesure ne s’appliquera qu’aux propriétés forestières de 4 hectares et plus (10 acres ou 12 arpents carrés), dont la gestion est encadrée par un plan d’aménagement forestier rédigé par un ingénieur forestier. Ce dernier avantage entrera graduellement en vigueur au cours des 3 prochaines années à mesure qu’aura lieu la révision des rôles d’évaluation foncière des municipalités.

Débroussailleuses : des experts se prononcent

Certains débroussailleurs couvrent une superficie pratiquement deux fois plus grande que d’autres en une journée. C’est une question d’équipement et de techniques de travail. Deux experts dispensent des conseils quant au choix d’une débroussailleuse.

Le dégagement de plantations avec un couteau à taillis nécessite une débroussailleuse d'une puissance variant entre 35 et 45 cc. Un modèle léger doté de poignées ergonomiques facilitera les mouvements. Crédit photo : Martin Ménard

Votre magazine Forêts de chez nous a interrogé deux débroussailleurs de métier qui sont également formateurs en débroussaillage pour la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Dans le cadre de leurs activités de formation, ils ont l’opportunité d’essayer les derniers modèles de débroussailleuses offerts sur le marché. Paul Cyr, qui habite New Richmond en Gaspésie, recommande d’opter pour un modèle de qualité professionnelle. « La machine est plus fiable, ce qui engendre moins de perte de temps en réparations. Et les modèles professionnels ont une meilleure conception ergonomique, ce qui diminue la fatigue du travailleur », note M. Cyr. De plus, il conseille de ne pas s’entêter à conserver la même machine durant des années. « Les nouveaux modèles ont des système antivibrations plus développés, des harnais nettement améliorés et le poids est souvent réduit. La fiabilité d’une machine neuve accroît significativement le rendement du travailleur », affirme-t-il.

Au chapitre des marques, Stihl, Jonsered et Husqvarna offrent des produits dont la qualité et les performances se comparent. « À mon avis, ce qui devrait véritablement influencer le choix d’une marque de débroussailleuse, c’est le service : un détaillant qui s’y connaît et qui peut réparer rapidement une machine, ça fait toute la différence », estime le formateur.

Lors des travaux d'éclaircie précommerciale, il importe d'utiliser une débroussailleuse assez puissante (plus de 45 cc), dont la longueur du tube dépasse celle des pieds afin d'avoir plus d'options d'abattage. Crédit photo : Martin Ménard

Quelle débroussailleuse choisir?

Pour le travail d’éclaircie précommerciale d’une forêt qui comporte des tiges de ¼ po à 2½ po de diamètre, M. Cyr recommande une débroussailleuse de 50 cc munie d’un pied réducteur de 24 ou 25 degrés et de poignées droites (standards). Ce type d’appareil permet de déterminer l’angle de coupe simplement en levant les poignées vers la droite ou la gauche. L’expérience de M. Cyr en forêt et de plusieurs travailleurs qu’il côtoie l’incite à dire que la lame Oregon à 24 dents demeure la plus populaire, en raison de sa fiabilité et du fait qu’elle garde son tranchant plus longtemps. 

Lorsqu’on doit couper des tiges de 3 ou 4 po de diamètre, M. Cyr recommande un modèle de 57 cc. À l’inverse, si les arbres sont de faible diamètre ou si l’opérateur est de petite stature, un modèle professionnel moins puissant, mais plus léger, sera avantageux.

Dans le cas d’un dégagement de plantation à l’aide d’un couteau à taillis, l’emploi d’un pied réducteur de 35 degrés et d’un capot protecteur approprié est recommandé. De cette façon, les débris de coupe sont projetés vers le sol plutôt que vers le visage de l’opérateur. « Optons aussi pour des poignées ergonomiques, c’est-à-dire courbées [et non standards], qui permettent d’aller en chercher plus grand lors des mouvements gauche-droite, sans torsions supplémentaires du dos », explique M. Cyr. Lors du dégagement de plantations, il suggère aussi de porter des lunettes de sécurité en plus de la visière, « car avec toutes ces projections, certains travailleurs ont malheureusement subi des accidents aux yeux », relate-t-il.

Stratégie

Au bénéfice des travailleurs, Paul Cyr prêche pour sa paroisse en soulignant que les techniques enseignées lors des formations aident réellement les débroussailleurs à augmenter leur productivité tout en réduisant les efforts déployés. « Certains travailleurs, par méconnaissance, font des mouvement inutiles. D’autres ajustent mal les sangles de leur harnais, ce qui répartit le poids de la débroussailleuse inégalement sur les points d’appui. Voilà entre autres ce que nous pouvons corriger grâce aux formations », dit M. Cyr.

Pour diminuer la fatigue et accroître les performances, il faut adopter une bonne stratégie de coupe. La planification du travail s’effectue en fonction du vent, de la pente du terrain, de la présence de cours d’eau, de la densité des peuplements, des points de ravitaillement, etc. « Quand un gars tourne en rond ou qu’il marche inutilement, ça coûte de l’argent », résume le formateur qui recommande aussi aux travailleurs de garder autant leur débroussailleuse que leur état de santé dans la meilleure condition possible.

« Pour maintenir un bon rythme et un niveau d’énergie adéquat, un débroussailleur doit boire de l’eau aux demi-heures, manger des collations et éviter les coups de chaleur », ajoute M. Cyr.

Conseils d’un deuxième expert

Renaud Longrée, qui habite la région de Mont-Laurier, connaît très bien le métier de débroussailleur. D’entrée de jeu, il suggère minimalement un moteur de 45 cc pour les débroussailleuses employées par des forestiers professionnels.

Le formateur Renaud Longrée (à gauche) précise qu'une bonne technique de débroussaillage accroît les performances du travailleur et améliore sa sécurité. Crédit photo : Renaud Longrée

« Une machine de 60 cc se révélera cependant trop lourde lorsque les tiges font moins de 3 po de diamètre ou pour les travaux de dégagement de plantations avec un couteau à taillis », précise-t-il.

Il affirme que la longueur du mat est un aspect souvent négligé en coupe d’éclaircie précommerciale. « Lorsque l’utilisateur peut toucher au garde avec son pied, c’est que le mat est trop court. Et ça accroît les risques de blessures : si l’utilisateur glisse, son pied peut heurter la lame. Le travailleur perd aussi des options d’abattage [pour diriger la chute des tiges] si le mat est trop court », relève-t-il. Lors du dégagement de plantations, un tube plus long permet également de faire de plus grands mouvements gauche-droite.

Bref, au moment d’acheter une débroussailleuse, les gens de plus grande taille doivent envisager la possibilité de commander un tube plus long.

Un mot sur les différentes marques

Renaud Longrée soutient lui aussi que Jonsered, Husqvarna et Stihl offrent toutes des débroussailleuses de bonne qualité, mais au fil des journées passées en forêt, il a noté certaines différences entre les marques. « À mon sens, les Stihl ont des composantes plus solides et plus durables. Les vis, par exemple, ont tendance à se desserrer moins rapidement. Le moteur garde sa compression. Pour ce qui est de Jonsered et Husqvarna, l’ergonomie des débroussailleuses est supérieure; ce sont des scies extrêmement maniables qui permettent une plus grande fluidité des mouvements. Par exemple, le réservoir à essence est situé devant le moteur. Par conséquent, le niveau d’essence a moins d’emprise sur le centre de gravité », explique M. Longrée. 

Cependant, il met un bémol aux avantages des nouvelles technologies de carburateurs. Selon lui, les performances d’une machine sont bel et bien supérieures lorsque le contrôle électronique fonctionne bien, mais les défaillances font perdre du temps sur le terrain. « Quand le système électronique fait des siennes, l’utilisateur est incapable d’ajuster le carburateur lui-même, comme à l’époque. Il faut remplacer le module, ce qui n’est pas évident en forêt », donne-t-il en exemple.

Selon M. Longrée, le harnais joue un rôle de premier plan pour ce qui est des performances et de l’endurance du travailleur. Il estime que toutes les marques ont énormément amélioré leur conception, mais à son avis, la palme revient à Jonsered et à Husqvarna. « Les bretelles de leurs harnais sont reliées par un point pivot. Quand l’utilisateur se penche d’un côté, le poids est réparti sur les deux épaules et non seulement sur une seule. La plaque fémorale n’est pas attachée directement à la ceinture, mais plutôt à la plaque pectorale et dorsale, ce qui diminue les tensions au dos et améliore la liberté des mouvements », explique-t-il.

Husqvarna
Jonsered

Cinq trucs de sécurité

  1. Toujours tenir les poignées. Quand un travailleur tente d’attraper un arbre avec sa main parce qu’il a mal dirigé sa coupe, il lâche les poignées et se rend alors vulnérable. En effet, si, à ce moment, la tige tombe sur le moteur ou si la lame touche une autre tige, elle peut effectuer un rebond vers le haut et devenir dangereuse pour l’opérateur.
  2. Les deux pieds par terre. Avant d’amorcer la coupe, il est impératif d’être en équilibre, les deux pieds solidement ancrés dans le sol. Un travailleur qui désire aller trop vite et qui commence à couper une tige alors que son corps est en déséquilibre peut chuter ou subir des tensions aux genoux et au dos.
  3. Les rebonds. Il importe de respecter la zone de rebond de la lame et de ne pas utiliser la section si se situe entre midi et quatorze heures.
  4. Affûtage. Une lame bien affûtée accroît les performances, tout en se révélant moins exigeante pour la mécanique de la débroussailleuse et pour le travailleur. La lame forestière doit avoir minimalement 2 mm d’épaisseur. « Une lame trop mince qui casse et dont un fragment termine sa course dans le cou d’un autre travailleur, on a déjà vu ça », affirme l’un des formateurs. Un couteau à taillis doit aussi être suffisamment épais. On doit éviter d’acheter des lames bon marché qui ne respectent pas les normes et qui pourraient présenter des microfissures. Certains assurent que le couteau à taillis Stihl de 3,2 mm d’épaisseur est l’un des plus sécuritaires.
  5. Premiers soins. Il est recommandé de garder un tampon stérile sur soi. C’est un moyen rapide d’arrêter l’hémorragie avant de marcher jusqu’à la trousse de premiers soins.

Husqvarna

Les deux modèles Husqvarna les plus employés par les forestiers professionnels sont le 545 FX et le 555 FX. Le gérant de territoire pour le sud-ouest du Québec, Jean-François Trottier, recommande d’emblée la technologie X-Torq, qui accroît la puissance et réduit les émissions jusqu’à 75 %, « une nette avancée comparativement aux générations précédentes. De plus, on y retrouve trois composantes mobiles [vilebrequin, bielle et piston] au lieu de cinq, ce qui réduit la vibration et augmente la durabilité ». Les débroussailleuses Husqvarna sont munies d’un bouton arrêt qui revient automatiquement en position de départ lorsque la machine est arrêtée afin de faciliter le prochain démarrage. La manette des gaz se situe au niveau du pouce, ce qui, selon la compagnie, accroît la précision et réduit l’effort des muscles de la main. « Le harnais et les poignées ergonomiques facilitent les mouvements latéraux, répartissent mieux le poids de la scie et la gardent devant soi », ajoute M. Trottier. Finalement, un dispositif breveté de sécurité permet de libérer instantanément la machine du harnais en cas d’urgence.

                                                                                               

Husqvarna

Jonsered

Jonsered

 

La marque Jonsered appartient à Husqvarna, qui a elle-même été achetée par Electrolux en 1978. Sans surprise, les composantes principales des débroussailleuses Husqvarna se retrouvent dans les modèles Jonsered : moteur, manette des gaz actionnée par le pouce, poignées capitonnées pour un confort accro, etc. Deux modèles retiennent l’attention des forestiers professionnels : le FC 2245 et le FC 2256, respectivement de 46 et de 53 cc. Le directeur de la marque Jonsered pour l’est du Canada, Stephen Clark, souligne l’excellente dispersion de la chaleur du moteur, qui permet une plus grande longévité de la machine et un accès facile à la bougie d’allumage et au filtreur à air. À son avis, le harnais de cet appareil est le meilleur sur le marché. « C’est vraiment un harnais ergonomique qui transfère le poids de la machine de façon optimale sur le corps du travailleur. Il comprend une poche pour des outils et un téléphone, des bandes réfléchissantes, etc. Il y a plusieurs caractéristiques qui augmentent le confort et facilitent les mouvements. »

Stihl

« Le modèle forestier le plus commun est le FS 460, de 46 cc. Il coupe facilement des tiges de 2 ou 3 po de diamètre. Pour celles qui sont de plus gros calibre, nous avons une débroussailleuse de 57 cc qui est aussi résistante qu’un tank, mais comme les autres modèles de cette cylindrée, elle est très lourde; il faut des genoux costauds pour travailler avec ça 40 heures par semaine », conseille Yann Allard, gérant des services techniques et de la formation chez Stihl. M. Allard soutient qu’avec une bonne technique, le modèle de 46 cc peut réaliser tous les travaux professionnels, que ce soit l’éclaircie précommerciale ou le dégagement de plantations. Le pied de cette débroussailleuse, dont l’angle est de 25 degrés, sert aux travaux d’éclaircie avec une lame ronde. Pour le dégagement de plantations avec un couteau à taillis, l’utilisateur peut acquérir, en option, un pied incliné à 35 degrés.

« Si une personne effectue principalement du dégagement de plantations, je lui recommande le FS 360, doté de poignées courbées qui ne se cogneront pas sur sa cuisse lors des mouvements gauche-droite. C’est aussi une machine destinées aux propriétaires de boisés qui veulent un modèle à tout faire, robuste, mais léger », mentionne M. Allard.

Stihl met en vedette son système antivibrations qui isole les poignées, à la fois du moteur et de l’outil de coupe. De plus, sa technologie M-Tronis ajuste automatiquement le mélange carburé pour une performance optimale dans toutes les conditions. La compagnie affirme avoir réalisé une vraie percée avec son démarrage Easy2Start, où il suffit de tirer la corde au tiers de la force normale… avec deux doigts! »

Crédit photo : Rainer Herzog
Stihl

Article paru dans la revue Forêts de chez nous de mai 2016.

Le rôle des propriétaires de boisés dans la gestion des habitats fauniques

La contribution des propriétaires de boisés au secteur forestier et au développement économique des communautés est bien reconnue. En contrepartie, leur rôle dans la protection, la conservation et la mise en valeur des habitats fauniques est plutôt méconnu. Au Québec, une étude sur les retombées économiques des activités de chasse, de pêche et de piégeage chiffre la pratique de ces activités à plus de 1,6 milliard de dollars. D’après le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, la moitié de ces retombées sont associées aux activités réalisées sur le territoire privé, en milieu agricole ou forestier, ce qui représente des retombées économiques de plus de 800 millions de dollars annuellement.

La faune représente un attrait important pour les propriétaires de lots boisés. Les résultats de l’enquête sur les propriétaires forestiers sont sans équivoque, alors que près de la moitié d’entre eux indiquent posséder un lot boisé pour y pratiquer la chasse ou la pêche. Il n’est donc pas surprenant de constater les multiples initiatives pour mettre en valeur la faune en forêt privée. Depuis plus de 30 ans, la FPFQ collabore avec la Fondation de la faune du Québec, Groupements forestiers Québec et d’autres organismes du secteur forestier à développer et promouvoir l’aménagement faunique en milieu forestier. Au cours des années, de nombreuses formations ont été offertes tant aux professionnels du milieu qu’aux propriétaires. C’est pourquoi, aujourd’hui, les intervenants en forêt privée détiennent une expertise leur permettant de réaliser de nombreux projets de mise en valeur de la faune dans toutes les régions du Québec.

Le gouvernement prépare une première politique faunique

Le gouvernement du Québec a entrepris à l’automne 2019, une démarche pour développer une première politique visant la protection et la mise en valeur des ressources fauniques. Cette politique permettra au gouvernement de se doter d’une vision d’avenir liée aux attentes de la population et des intervenants du milieu faunique. Elle permettra également de définir les grandes orientations qui permettront de répondre aux enjeux actuels et futurs des espèces et des écosystèmes.

Quelques scies mécaniques sous la loupe

L’univers de la tronçonneuse est vaste, mais votre magazine Forêts de chez nous a demandé à quelques experts d’évaluer des scies mécaniques destinées aux forestiers aguerris. Quels sont les bons modèles? Voici les réponses.

Rien de tel qu’un dépositaire qui vend sous un même toit les marques Stihl, Husqvarna et Echo pour établir des comparaisons. Et c’est le cas de Marco Resendes, conseiller et mécanicien spécialisé en scies mécaniques à la Coop Nutrinor de Chicoutimi. Celui-ci précise d’entrée de jeu qu’il n’y a pas, selon lui, de différences majeures entre Stihl et Husqvarna. « Ces deux compagnies proposent une gamme de scies professionnelles avec des technologies similaires. Elles sont équipées de carburateurs contrôlés électroniquement, de systèmes antivibration et de freins semblables. Les deux misent sur des châssis en magnésium et offrent l’option « hiver » avec poignées et carburateur chauffants, etc. En règle générale, les scies professionnelles de ces deux manufacturiers se situent dans la même fourchette de prix ». résume M. Resendes. Mais il y a de légères différences… 

Husqvarna

« Les Husqvarna sont conçues pour être plus étroites. L’ergonomie de la scie donne une meilleure prise en main et l’impression d’avoir une machine plus légère. La chaîne de certains modèles tourne aussi un peu plus vite que celle d’autres marques. Alors au final, même si la différence est mince, je dirais que les Husqvarna sont un peu plus performantes », explique M. Resendes.

Jonsered, le retour

La marque Jonsered appartient à Husqvarna (Husqvarna a été elle-même achetée par Electrolux en 1978). Or, les scies mécaniques Jonsered misent sur la même technologies que les Husqvarna et, malheureusement pour les adeptes de la marque, les efforts de mise en marché ont diminué chez Jonsered ces dernières années. 

Ainsi, plusieurs boutiques spécialisées pour forestiers ont pris la décision de délaisser cette marque pour se concentrer sur Husqvarna. Mais la situation changera, assure Stephen Clark, directeur de la marque Jonsered. « La marque a souffert dernièrement, c’est vrai. Mais nous désirons regagner les parts de marché chez la clientèle professionnelle. Nous rebâtirons le réseau de concessionnaires. C’est le retour de Jonsered », affirme-t-il.

Crédit photo : Martin Ménard

Stihl

« Les Stihl offrent de bonnes performances tout en étant un peu plus fiables. À vrai dire, chez Husqvarna, on constate parfois de petits bris. Par exemple, les clips qui retiennent le capot vont briser plus souvent, ou les vis du silencieux vont prendre du jeu; des problèmes que tu vois moins chez Stihl », fait remarquer M. Resendes. Son collègue Philippe Potvin, de la succursale d’Alma, précise que les pièces d’usure chez Stihl sont bien situées et se changent facilement. 

 

Echo

Les scies Echo comportent d’excellentes composantes, mentionne Marco Resendes. « Mais elles sont fabriquées un peu plus à l’ancienne. Sans être nécessairement plus lourdes, les scies paraissent plus imposantes et leur conception est moins ergonomique. Les deux points forts des tronçonneuses Echo sont sans contredit leur prix [presque la moitié de celui des Stihl et Husqvarna comparables] et la garantie de cinq ans, tout simplement la meilleure. » Le conseiller de Chicoutimi mentionne que les Echo démarrent facielement, peu importe les conditions : « Tu peux les faire dormir dehors à -20 °C, et le lendemain, elle « décollent » sans problème. » Les Echo ne possèdent pas l’option des poignées chauffantes ni le carburateur contrôlé électroniquement.

Éric Viens, propriétaire de Laganière Mini-Moteur à Saint-Hyacinthe, abonde dans le même sens. Les scies Echo affichent une technologie moins avancées et elles sont moins orientées vers la performance que les Stihl et Husqvarna, mais « elles ne sont vraiment pas chères [450 $ pour une 60 cc], elles sont simples d’utilisation et fiables mécaniquement. En un mot, un gars qui achète une Echo n’est pas toujours rendu au garage et il en a pour son argent », indique-t-il.

Laganière Mini-Moteur

Shindaiwa

La marque Shindaiwa appartient maintenant à Echo. En entrevue avec Forêts, Pascal Thivierge, directeur de territoire pour Echo, explique que les scies mécaniques Shindaiwa ne respectaient pas les normes de pollution américaines. Pour continuer à les vendre, la compagnie utilise des modèles Echo aux couleurs de Shindaiwa. « Pour l’instant, il n’y a donc pas de différence entre les deux marques. C’est exactement la même conception et les mêmes moteurs Echo, qui sont d’ailleurs les seuls de l’industrie à être garantis cinq ans et testés pour 2 500 heures », révèle M. Thivierge. Éventuellement, la conception pourrait différer entre les tronçonneuses Echo et Shindaiwa, souligne Pascal Thivierge. 

Une 42 cc pour les forestiers professionnels!

Le bûcheron professionnel a le réflexe d’opter pour une scie puissante. Un modèle avec de la « gâchette », de 61 cc par exemple. Mais oublions la virilité et concentrons-nous sur la maniabilité afin de gagner du temps en forêts, dit Yann Allard, gérant des services techniques et de la formation chez Stihl. « Je propose souvent la scie de 42 cc, plus légère et maniable. Elle entraîne moins de fatigue chez l’opérateur, ce qui lui permet de garder un bon rythme de travail tout au long de la journée », décrit M. Allard. Ce dernier affirme que les techniques d’abattage et d’ébranchage enseignées dans les écoles spécialisées du Québec font appel à des techniques scandinaves qui préconisent l’usage de petites scies. C’est pourquoi on remarque de plus en plus de bûcherons au Québec qui se tournent vers des scies de plus faible cylindrée dotées d’une lame courte. « Pour diminuer la fatigue lors de l’ébranchage et accroître la rapidité d’exécution [ainsi que la sécurité du bûcheron], l’une des techniques scandinaves consiste à faire constamment porter la scie par le tronc. Avec un long guide-chaîne de 51 cm [20 po], si tu t’appuies sur le tronc, ta lame touchera le sol. D’où l’avantage d’une lame courte, par exemple de 38 cm [15 po] », précise-t-il.

Plusieurs bûcherons préfèrent un long guide-chaîne qui leur évite de se pencher lors de l’ébranchage. « C’est moins pénible pour le dos », arguent-ils. Yann Allard préconise l’inverse. « Avec un long guide-chaîne, tu déportes le poids de la scie loin de ton corps, ce qui accroît les efforts lombaires. Et tu t’obliges à soulever la scie inutilement à répétition. La chaîne déraille aussi plus facilement », explique celui qui est bûcheron à ses heures. Même parmi les faibles cylindrées comme celles de 42 cc, il existe des modèles de grade professionnel.

Évidemment, ce type de scie n’est pas appropriée pour tous les travaux. « Si tu coupes de l’érable gelé, une machine de 42 cc sera limitée en termes de rendement. J’opterais alors pour une 50 cc. Et pour débiter une pile de bois [grumes], une scie de plus de 60 cc est de mise », explique M. Allard.

Article paru dans la revue Forêts de chez nous, édition février 2016.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec a 50 ans

Le 3 avril 1970, des syndicats régionaux de producteurs forestiers se sont réunis à Lévis pour former une fédération provinciale. Ses fondateurs, dont mon père Henri-Paul, ont misé sur ce regroupement pour assurer une coordination entre ses membres, fournir une assistance technique aux syndicats régionaux et accroître la voix des producteurs forestiers sur la scène provinciale. On comptait alors 10 syndicats et 5 offices, administrant 26 plans conjoints de producteurs de bois.

L’examen du travail des 50 dernières années montre que la principale raison justifiant notre action collective est toujours d’actualité, même si les propriétaires forestiers et leur environnement institutionnel ont bien changé au cours des années.

Le bilan est appréciable lorsqu’on considère le régime graduellement mis sur pied par le gouvernement pour soutenir la protection et la mise en valeur des potentiels des forêts privées québécoises. Les gains ont été nombreux et significatifs, même s’ils étaient souvent obtenus suivant des décennies de représentations ou sous l’effet d’une crise. 

À l’époque, les producteurs réalisaient à forte majorité leurs travaux sylvicoles, à la scie à chaîne, sans soutien financier gouvernemental. Mis à part les syndicats de producteurs forestiers, les usines de pâtes et papiers, et le ministère des Terres et Forêts, peu d’organismes se souciaient de la gestion des forêts privées. Le droit de propriété l’emportait encore sur les demandes sociétales et les réglementations environnementales n’étaient pas encore à l’ordre du jour.

Au fil des ans, les producteurs forestiers ont revendiqué et initié de multiples mesures pour soutenir leurs projets individuels ou collectifs. Il suffit de lire les vieux rapports annuels de la FPFQ pour constater l’énorme travail de consultation des producteurs forestiers qui a mené à la formulation des recommandations pour établir le régime que nous connaissons aujourd’hui. Notre organisation était au centre des débats et doit continuer de l’être si nous voulons que les politiques gouvernementales soient incarnées dans la réalité des gens vivant dans nos communautés rurales.

Parallèlement, le mécanisme pour commercialiser le bois des forêts privées demeure inachevé, d’autant plus que les déséquilibres sur les marchés demeurent. Les réglementations de plans conjoints ont démontré leur performance dans d’autres productions agricoles, au bénéfice des producteurs, de l’industrie de la transformation, des communautés rurales et des gouvernements. Ce parachèvement passe logiquement par l’élargissement de la portée de nos réglementations régionales pour couvrir l’ensemble des bois récoltés en forêt privée et une amélioration de notre performance à les appliquer, en collaboration avec les groupements forestiers et les entrepreneurs forestiers. 

Nous avons aussi assisté à la multiplication des organisations s’intéressant à la gestion du territoire forestier privé, mettant à mal le droit de propriété pour tenir compte des exigences sociétales. Cela s’est traduit par une multiplication des réglementations afin de conserver la biodiversité, protéger les paysages agroforestiers et maintenir la qualité des bassins versants des cours d’eau. Encore ici, le travail de la FPFQ a permis, d’une part, de défendre le droit de propriété en proposant des mesures raisonnables, et d’autre part, de sensibiliser les producteurs forestiers et les entrepreneurs de récolte aux saines pratiques d’intervention à adopter sur le territoire forestier privé.

Tous ces dossiers avaient en commun de placer la FPFQ comme un relais de communication entre l’État, la société civile, incluant l’industrie forestière, et les dizaines de milliers de propriétaires et producteurs forestiers de toutes les régions du Québec.

En cette année d’anniversaire, j’espère que le plus grand nombre reconnaîtra ce rôle et ces réalisations.

Pierre-Maurice Gagnon
Producteur et président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec

Éditorial paru dans la revue Forêts de chez nous, édition de mai 2020.

La revue Forêts de chez nous – mai 2020 : 50e anniversaire de la FPFQ – S’unir pour gagner

• Éditorial du président – La Fédération des producteurs forestiers du Québec a 50 ans
• Actualités
• 50 ans de batailles pour l’avenir
• L’éternel combat des syndicalistes forestiers
• Des dates importantes pour la Fédération

Consultez l’édition de mai 2020 en version PDF.

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Au sujet de la revue
Notre revue Forêts de chez nous aborde des sujets d’intérêt pour les propriétaires forestiers soucieux de voir grandir leur patrimoine forestier. Elle porte un regard différent sur l’actualité forestière notamment par le biais des éditoriaux et des reportages.

La revue Forêts de chez nous est produite quatre fois par année en collaboration avec le Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

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La crise sanitaire contraint l’industrie forestière à une pause

La pandémie a forcé de nombreux gouvernements à confiner la population, ce qui a provoqué une profonde contraction de la consommation de biens et services de par le monde. Le PIB chutera de près de 6 % aux États-Unis et au Canada, soit un recul deux fois plus prononcé que lors de la dernière crise de 2008-2009. Contrairement à la dernière crise financière, les économies émergentes comme la Chine ne pourront amoindrir le choc, car elles entreront également en récession cette année.

L’industrie forestière est majoritairement cyclique, ce qui signifie qu’une crise économique implique une baisse de la demande et des prix. Ceci accentue la pression sur la rentabilité de ces entreprises manufacturières parce qu’il y a simplement trop de fournisseurs et moins de clients. La réponse des industriels du secteur forestier a toujours été de diminuer la capacité de production pour tenter d’assainir le fragile équilibre entre l’offre et la demande. Les économistes anticipent qu’il faudra attendre la fin de 2021 avant de retrouver un niveau d’activité économique similaire à celui qui prévalait avant l’arrivée de la COVID-19. Puisque la crise sanitaire n’affecte pas tous les secteurs de l’économie de la même manière, ce retour à la normale diffèrera d’un produit forestier à l’autre.

Impact de la crise sanitaire sur les marchés des produits forestiers
(variation de la demande depuis le début de la crise)

Le recours au télétravail, la fermeture du milieu scolaire et la baisse des revenus publicitaires des médias papier ont ébranlé la demande pour les papiers d’impression. Au Québec, au moins 8 papetières ont arrêté temporairement leur production. L’inquiétude gagne ces entreprises qui risquent de perdre définitivement leurs clients au fur et à mesure que le confinement se prolonge et que les habitudes de consommation changent. Quant à eux, les producteurs de pâte de bois ont bénéficié de l’appréhension quant à la disponibilité des papiers hygiéniques qui a encouragé les consommateurs à accroître leur réserve au début de la crise. Toutefois, il apparaît fort probable que ce pic de consommation impliquera un contrecoup plus tard cette année.

Tout comme la grande majorité des matières premières, la demande ainsi que le prix du bois d’œuvre et des panneaux structuraux en bois ont rapidement diminué avec l’imposition des mesures de confinement et le ralentissement de la construction. À partir de la fin avril, le regain de confiance des marchés, la mise en arrêt de près du tiers des usines nord-américaines ainsi que la résilience de la demande en provenance de la rénovation résidentielle ont permis au prix des produits de construction en bois de presque regagner leur niveau d’avant la crise. Toutefois, il est peu probable que le ralliement se poursuive alors que l’attractivité actuelle des prix devrait engendrer une augmentation de l’offre et provoquer une baisse des prix. Ceci à moins bien sûr que le rythme des mises en chantier aux États-Unis ne connaisse une reprise rapide après avoir chuté de 45 % entre les mois de janvier et avril 2020. Ce serait tout de même surprenant considérant une hausse de 40 millions de nouveaux chômeurs depuis le 21 mars 2020.

Cette situation engendrera une baisse de la demande pour le bois à pâte et de sciage des producteurs forestiers. Ces derniers auraient intérêt à se maintenir informés des marchés disponibles en consultant régulièrement leur syndicat de producteurs de bois ainsi que le site Web Prixbois.ca.

La certification forestière en forêt privée

La certification forestière est un processus qui permet aux consommateurs de reconnaître les produits forestiers issus de pratiques forestières respectant des normes d’aménagement durable des forêts. Ces normes peuvent agir à deux niveaux. Le premier niveau concerne les activités d’aménagement forestier et ne s’applique qu’aux adhérents de la certification dans la gestion de leur lot boisé. Le deuxième niveau concerne les producteurs forestiers désirant livrer du bois à un industriel qui détient une certification pour ses produits forestiers. Ceci peut donc affecter tous les producteurs forestiers, et ce, peu importe qu’ils participent activement ou non à une initiative de certification forestière. De nombreuses usines de transformation de produits forestiers détiennent une certification dotée d’une chaîne de traçabilité du bois. Ce faisant, elles doivent s’assurer que leur approvisionnement en bois ne provient pas d’activités forestières indésirables ou illicites. Ces industriels doivent donc implanter des mesures de contrôle lorsque le bois ne provient pas d’un territoire certifié, comme c’est souvent le cas en forêt privée. Évidemment, le travail de mise en marché du bois des syndicats et offices de producteurs forestiers permet de soutenir les industriels dans l’atteinte des normes de traçabilité du bois.

La FPFQ participe activement aux différentes activités de consultation des organismes de certification afin d’adapter les normes au contexte de la forêt privée. Ce travail est crucial, car une norme mal adaptée pourrait avoir de graves conséquences sur l’accès aux usines de produits forestiers. À cet effet, 2020-2021 sera une période charnière alors que FSC et SFI procèdent simultanément à la révision de leur norme. En parallèle, la FPFQ et deux syndicats de producteurs forestiers procèdent à la mise en place d’un certificat de groupe FSC provincial pour la forêt privée.

Choisir son équipement pour débarder son bois

Crédit photo : Denis Marois

Michel Pigeon, courtier en assurance commerciale de Saint-Odilon-de-Cranbourne, en Chaudière-Appalaches, prépare sa retraite. Il pourra alors passer beaucoup plus de temps à travailler sur ses lots à bois. Pour se faciliter la tâche, il s’est équipé d’une chargeuse à bois. « C’est la plus belle bébelle que je n’ai jamais achetée », lance-t-il. La chargeuse de Michel Pigeon lui permet de produire des billes de 3,7 m (12 pi), dont le prix est plus avantageux que celui des billes plus courtes.

Lorsqu’un arbre est abattu et ébranché, il doit par la suite être débardé jusqu’au bord d’une route carrossable où un transporteur sera en mesure de prendre le bois en charge pour l’acheminer à l’acheteur. Avant de faire l’acquisition d’une chargeuse à bois, il y a cinq ans, Michel Pigeon empilait manuellement ses billots dans une remorque à l’aide d’un crochet pour les transporter avec un VTT à partir de ses sentiers de débardage jusqu’au bord du 10e Rang. Et il les déchargeait de la même façon. « C’est un travail physique qui demande beaucoup de jus de bras », soupire le propriétaire forestier. 

M. Pigeon exploite 2 lots forestiers familiaux de 40,5 ha chacun. L’un appartenait à son grand-père jusqu’en 1975. L’autre, qui lui vient de son père, est sa propriété depuis 10 ans. Environ 35 % de bois franc et 65 % de résineux composent ces lots. Le fils de M. Pigeon, Justin, donne un coup de main à son père pour les différents travaux que requiert l’exploitation de ces terres à bois.

Des chargeuses pour tous les besoins

Des chargeuses à bois, il y en a une panoplie de modèles. De nombreux manufacturiers québécois, en plus de quelques distributeurs de produits importés, se disputent le marché. Les producteurs forestiers font leur choix selon plusieurs facteurs, dont le véhicule qui tractera la chargeuse et la remorque, tel que VTT, tracteur ou camion, le type et l’intensité du travail qu’ils effectuent, comme l’entretien d’érablière, le jardinage, la coupe intensive, et les essences de leur forêt.

La force du tracteur que Michel Pigeon possède a été le premier critère sur lequel il s’est basé pour choisir sa chargeuse. Il a jeté son dévolu sur le modèle Woody 130 HD, qu’il considérait comme idéal pour son tracteur de 65 chevaux. Ce sont toutefois la conception des cylindres à l’huile insérés à l’intérieur des pattes des stabilisateurs télescopiques (pattes d’ancrage au sol) et la facilité de manipulation de la chargeuse qui ont séduit le propriétaire forestier. La proximité de l’entreprise Les équipements Woody, localisée dans la municipalité où demeure M. Pigeon, s’avérait aussi intéressante.

La chargeuse de Michel Pigeon est munie d’un mât d’une portée maximale de 4 m (13 pi), dont la capacité de levage est de 635 kg (1 400 lb) lorsqu’il est complètement étendu. L’ouverture maximale du grappin (la pince au bout du mât) est de 91 cm (36 po). La chargeuse est montée sur une remorque tandem de 188 cm (74 po) de large. « J’y entasse trois quarts de corde de billes de 12 pi [3,7 m], raconte le producteur. Du moment que j’ai eu cette machine, j’ai arrêté de faire du 4 pi [1,2 m], car c’est plus payant de faire du 8, du 9 ou du 12 pi [2,3 m, 2,7 m ou 3,7 m]. »

« Le modèle 130 que M. Pigeon a choisi ainsi que le modèle 115, juste un peu plus petit, sont nos deux chargeuses pour tracteurs les plus populaires, affirme Sébastien Labbé, copropriétaire avec son frère Jérôme des Équipements Woody. Mais notre plus gros vendeur depuis deux ans, c’est notre chargeuse pour VTT. » M. Labbé explique cette nouvelle situation par l’explosion du nombre de baby-boomers retraités qui ont comme passe-temps l’entretien d’un boisé. Une chargeuse leur permet d’alléger leurs tâches.

Sébastien Labbé est propriétaire des Équipements Woody avec son frère Jérôme. Crédit photo : Denis Marois
La manipulation des chargeuses est d'une grande simplicité. Crédit photo : Denis Marois

Débarder sans chargeuse

Tous les propriétaires forestiers n’ont pas envie d’investir dans l’achat d’une chargeuse ou ne sont pas en mesure de le faire. Certains endroits sont aussi trop accidentés pour permettre une utilisation sécuritaire de cette machine. Le treuil hydraulique ou mécanique peut alors s’avérer une bonne solution. Installé derrière le tracteur, il sera utilisé pour tirer un arbre de son point d’abattage jusqu’au chemin de débardage, puis pour le transporter en bordure d’une route. Le travailleur forestier doit d’abord dérouler le câble du treuil, qui fait généralement 30 m (100 pi) et plus. Par la suite, il fixe un ou plusieurs troncs d’arbres au câble à l’aide d’élingues. Remorqués jusqu’au point d’arrivée, il sont alors détachés et tronçonnés.

Un treuil pour VTT ou une arche de débusquage conviennent pour les propriétaires d’une petite terre forestière ou dans le cas où peu d’arbres doivent être débardés. Une chaîne retient la bille qui est soulevée du sol à une extrémité pour éviter l’accumulation de boue lors du transport. Sur certains modèles, une roue positionnée de chaque côté de la bille procure plus de stabilité et aide à franchir les obstacles au sol.

Travailler avec une chargeuse rend la vie de producteur forestier plus facile, selon Michel Pigeon. Crédit photo : Denis Marois

Câble synthétique et pattes télescopiques

Le câble d’acier fait face à un rival imposant depuis peu. La corde synthétique enduite d’uréthane, beaucoup plus légère et plus résistante, remplace graduellement le câble d’acier de même dimension sur les treuils des chargeuses et des autres treuils forestiers. « Depuis un an, tous nos modèles de chargeuses et de treuils sont munis de câbles synthétiques. En plus d’avoir une plus grande force de rupture, ce câble ne s’emmêle pas », assure Sébastien Labbé, des Équipements Woody. Il est possible de se procurer de la corde synthétique de différents diamètres chez certains fournisseurs d’équipements agricoles et forestiers.

Les stabilisateurs télescopiques pour l’ancrage des chargeuses au sol ne représentent pas une innovation récente, mais ils tendent à s’imposer fortement par rapport aux pattes papillon. Ces dernières, levées vers le ciel lorsque la chargeuse est au repos ou en déplacement, sont déployées au sol pour stabiliser la chargeuse et la remorque lors du chargement. Elles sont requises sur les chargeuses pour VTT afin d’être en mesure d’aller chercher un large écartement. « Lorsque nous avons acheté l’entreprise, il y a 13 ans, toutes les chargeuses étaient fabriquées avec des pattes papillon, mentionne Sébastien Labbé. Maintenant, il n’y a plus que notre modèle pour VTT. Nos chargeuses pour tracteurs sont munies de pattes télescopiques. Celles-ci ont une plus grande durabilité et elles n’arracheront pas si on oublie de les remonter en partant avec la chargeuse. Elles ont moins de portée, mais lorsqu’on attache la remorque sur la barre de tir comme le font maintenant la majorité des producteurs plutôt que sur la barre hydraulique, l’ancrage au sol des pattes télescopiques fait lever l’arrière du tracteur, ce qui procure une excellente stabilité à la remorque. »

La corde synthétique, plus légère et plus résistante, remplace avantageusement le câble d'acier des treuils de chargeuses et d'autres machines. Crédit photo : Denis Marois
Les pattes télescopiques procurent une grande stabilité à la chargeuse, tout en offrant commodité et durabilité. Crédit photo : Denis Marois
Depuis deux ans, la chargeuse pour VTT vole la vedette aux Équipements Woody. Elle fait le bonheur des baby-boomers qui entretiennent un boisé. Ce modèle est muni de pattes papillon. Crédit photo : Denis Marois

Article paru dans le Forêts de chez nous de mai 2015.

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